‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 399 sur 534 · II. TÉRÉBINTHACÉES MÉDICINALES. — LeS SUbstan · texte numérisé non relu

II. TÉRÉBINTHACÉES MÉDICINALES. — LeS SUbstan

ces que les Térébinthacées fournissent à la médecine consistent surtout en résines ; il n'y en a que trois chez lesquelles on utilise une des parties de la plante; ce sont:

1° Le Fustet (Rhus cotinus), arbrisseau de l'Europe méridionale dont l'écorce est quelquefois usitée comme fébrifuge.

2° Le Sumac vénéneux (Rhus toxicodendron), arbrisseau de l'Amérique boréale dont les feuilles servent à préparer un extrait ordonné contre certaines affections cutanées. Le suc de ces feuilles fraîches renferme un principe acre, volatil, extrêmement vénéneux, capable" de déterminer un érysipèle du visage ou des brûlures cuisantes sur les mains; mais, comme il est volatil, on peut en débarrasser les feuilles en les soumettant aune température suffisamment élevée.

3° VAnacardium occidentale, dont le fruit , nommé noix d'acajou, donne plusieurs extraits; on les emploie contre les cors aux pieds et les ulcères.

Les Térébinthacées qui produisent des résines sont :

t° Le Lentisque (Pistacia lentiscus), qui laisse écouler de son écorce une résine nommée mastic à cause de l'usage que l'on en fait en Orient comme masticatoire : cette résine, tonique et astringente, parfume l'haleine et fortifie les gencives. Pour l'obtenir, on fait, dans le courant de l'été, de nombreuses incisions au tronc et aux grosses branches de l'arbre; elle s'écoule sous la forme d'un liquide, puis elle se durcit peu à peu au contact de l'air et se fige sous forme de larmes. Le lentisque est cultivé en Orient et particulièrement dans l'île de Chio. Il est acclimaté en Provence et dans le midi de l'Europe ; mais dans ces dernières localités il ne donne pas de mastic, probablement parce que le climat n'y est pas assez chaud.

2° Le Pistachier atlantique, arbre des États- Unis, qui atteint plus de vingt mètres de haut et dont le tronc peut avoir un mètre de diamètre; il donne un mastic tout à fait semblable h celui du lentisque.

3° Le Térébinthe, arbre qui croît spontanément dans l'île de Chio et dans la Barbarie; il laisse écouler de son écorce un suc résineux nommé térébenthine, qui a été pendant longtemps la térébenthine la plus estimée du commerce. Pour recueillir cette térébenthine, il suffit de placer au pied de l'arbre de grandes pierres plates sur lesquelles cette substance tombe au fur et à mesure qu'elle s'écoule des fissures naturelles de l'écorce ou des incisions qu'on y a pratiquées. Cette résine se rapproche beaucoup du mastic, de sorte qu'on a souvent proposé de substituer le mastic à la térébenthine; car chaque térébinthe ne donne qu'une très faible quantité de térébenthine dans une année. La térébenthine, de même que le mastic, est entièrement soluble dans l'éther; elle se dissout dans l'alcool avec un léger résidu. Le commerce emploie de préférence les résines des conifères *, qui sont beaucoup plus abondantes et par conséquent d'un prix moins élevé.

4° Le Boswellia thurifera, arbre de l'Inde et du Bengale qui laisse écouler de son écorce une résine nommée encens ou oliban. L'encens d' Arabie provient probablement de la même espèce ou d'une espèce très voisine. Dans l'antiquité, on brûlait de l'encens dans les temples pour dissimuler les émanations désagréables provenant des animaux offerts en sacrifice à la Divinité. De nos jours on en brûle encore dans les églises consacrées au culte catholique ; cet usage est un souvenir des pratiques religieuses des Hébreux.

5° lïlcica guyanensis. Cet iciquier de la Guyane donne aussi de l'encens.

6° Le Canarium commune, de l'île Ceylan, qui produit la résine élémi.

7° VElaphrium elemiferum, du Mexique, qui donne une résine identique à Y élémi.

8° Les Balsamo'tendro?is de l'Arabie Heureuse. Il y en a deux espèces, qui laissent écouler de leur écorce une sorte de térébenthine d'odeur suave, que l'on nomme baume de Judée, baume de la Mecque, baume de Giléad. Une goutte de baume de la Mecque liquide, que l'on fait tomber dans un vase plein d'eau, pénètre dans le liquide jusqu'à une certaine profondeur, puis remonte à la surface et s'y étale immédiatement et complètement en une couche uniforme; si l'on attend quelques instants, l'essence que renferme ce baume s'évapore et la couche formée à.la surface de l'eau devient assez solide pour qu'on puisse l'enlever en une seule masse consistante. Ce baume se dissout entièrement dans l'éther, tout comme le mastic et la térébenthine, et laisse dans l'alcool un léger dépôt.

9° Vlcica aldssima d'Amérique. Il laisse écou-

TÉRÉBINTHACÉES

TERRAINS

1er uno résine connue dans le commerce sous le nom de goin» e carana, qui remplace tout h fait le baume de Giléad.

10° Le Balsamodendron Afrieanum. Sa résine est vendue dans le commerce sous le nom de bdellium.

11° Le Ralsaynoderidron Myrrha, arbrisseau épineux de l'Arabie et de l'Abyssinie. Il laisse écouler de son écorec une gomme-résine connue, dès la plus haute antiquité, sous le nom de myrrhe. La myrrhe était une des substances aromatiques qui entraient dans la composition de l'huile sainte des Hébreux. Pour les Grecs, l'arbre qui donne la myrrhe tirait son nom de Myrrha, la mère d'Adonis, que les dieux compatissants avaient changée on arbre; quant à la myrrhe elle-même, c'étaient les pleurs de cette mère désolée. La myrrhe se trouve dans le commerce sous forme de larmes pesantes, rougeâtres, semi-transparentes, fragiles €t à cassure luisante.

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