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du mouvement de rotation, la force centrifuge était naturellement prépondérante.
Ce sont ces zones qui ont donné naissance aux planètes isolées ou aux groupes de planètes et d'astéroïdes.
Pour qu'il en fût autrement, pour que les zones détachées de la nébuleuse générale eussent conservé la forme d'anneaux concentriques au Soleil, il aurait fallu qu'un équilibre parfait eût continué d'exister entre les diverses molécules composant ces anneaux. Mais c'eût été là, selon l'expression de Laplace, un grand hasard.
Les anneaux se divisèrent, et les débris les plus considérables, attirant et s'aggrégeant les autres, formèrent de nouveaux centres ou noyaux nébuleux. Ce qu'il importe maintenant de remarquer, c'est que chacun d'eux dut être animé de deux mouvements simultanés, l'un de rotation autour de son propre centre, l'autre de translation autour du centre commun. De plus, comme ces deux mouvements n'étaient que la continuation du mouvement antérieur général, leur sens resta le même que celui de la rotation de tout le système ou du noyau solaire.
Les planètes une fois formées, on comprend parfaitement comment ces nébuleuses partielles, semblables à la nébulosité totale, purent donner lieu à la naissance de nouveaux corps gravitant et tournant autour de chacune d'elles; telle est l'origine des satellites.
Laplace explique alors comment les satellites ne formèrent plus de satellites nouveaux, et pourquoi ces corps secondaires présentent la même face à la planète autour de laquelle ils gravitent; c'est que la faible distance, donnant à l'attraction de celle-ci une influence prépondérante, les sphères composant les satellites, encore à l'état fluide, s'allongèrent vers le centre de la planète : et il en résulta pour le mouvement de rotation une durée presque identique à celle de leur mouvement de révolution. Après un certain nombre d'oscillations, ces durées devinrent rigoureusement égales.
Au lieu de supposer, comme l'a fait Laplace, que la nébuleuse primitive qui a donné naissance au Soleil, puis aux planètes et à leurs satellites, s'est condensée en un seul noyau central, quelques astronomes pensent que cette nébuleuse avait, dès l'origine, plusieurs centres de condensation. D'après M. Faye, l'immense température dont ces noyaux ont été doués et qui est encore le partage de la masse solaire centrale, n'existait pas à l'origine : c'est la conversion en chaleur de la force de gravitation qui peu à peu lui donna naissance. Mais quelles que soient les différences qui existent entre la cosmogonie proposée par Laplace, et les théories qui en ont modifié les détails, il y a cela de commun entre elles, c'est que toutes admettent la fluidité primitive des planètes et notamment celle de la Terre, à une époque prodigieusement éloignée de l'époque actuelle. Ainsi l'astronomie, la physique et la géologie s'accordent dans la même manière de concevoir les origines de notre planète. [A. Guillemiu.]
TERUES. — Chimie, XVII. — Les chimistes ont donné le nom de terres à un grand nombre de produits extraits de la terre, pulvérulents, insolubles ou peu solubles, ayant les couleurs ditîérentes que présente la terre en divers points, et aussi à des préparations artificielles ayant conservé l'apparence de la terre. Dans sa classification, Lavoisier avait donné ce nom à des corps alcalins qu'il supposa, avec grande raison, être des oxydes de métaux, dits terreux. Les principales terres alcalines sont la chaux, la baryte, la slrontiane, la magnésie, l'alumine. Tous ces corps sont blancs, plus denses que l'eau; aucun agent physique ne les altère.
Les trois premiers sont assez solubles dans l'eau,
2e PARTIE.
à laquelle ils communiquent une réaction franchement alcaline. Leurs dissolutions se troublent en présence de l'acide carbonique et forment des carbonates. L'absorption de ce gaz par l'eau de chaux ou de baryte offre un moyen de dosage du carbone, utilisé en chimie organique. Ces trois corps absorbent l'eau avec grand dégagement de chaleur, et, une fois hydratés, retiennent un équivalent d'eau qui ne peut être chassé par la chaleur seule.
La magnésie est aussi très légèrement soluble dans l'eau, mais, contrairement à la baryte, elle l'est plus dans l'eau froide que dans l'eau chaude. Elle absorbe très lentement l'acide carbonique.
Ces quatre corps peuvent être obtenus par les calcinations des carbonates naturels ou artifi .-tels. Dans ces conditions, la magnésie obtenue est très légère. Ce procédé est utilisé pour obtenir industriellement la chaux, et la décomposition de son carbonate est facilitée par les courants gazeux produits par la combustion du bois ou de la houille avec lesquels il est mêlé. On obtient la baryte et la strontiane en décomposant, de préférence par la chaleur, leurs azotates, composés beaucoup moins stables; on agit de même quand on veut avoir de la chaux très pure ou de la magnésie très compacte.
L'alumine se rapproche de la magnésie par l'apparence extérieure, mais en réalité elle devrait être placée, pour ses propriétés chimiques, à coté des sesquioxydes de fer, de chrome, d°. manganèse, bases peu énergiques. Ses propriétés durèrent de celles des quatre autres terres avec lesquelles on l'étudié ordinairement. Obtenue par précipitation d'un de ses sels par l'ammoniaque, elle a l'aspect gélatineux et retient une grande quantité d'eau qu'elle perd en majeure partie par dessiccation à l'air libre ou par la chaleur. Elle ne forme pas de carbonate, ne se combine aisément qu'aux acides énergiques en jouant le rôle de base faible.
Les métaux des terres basiques furent, comme le potassium et le sodium, d'abord obtenus en décomposant par la pile un de leurs composés. Celui qui réussit le mieux est le chlorure fondu. Le calcium, le baryum, le strontium sont sans intérêt. Le magnésium et Y aluminium s'obtiennent industriellement en décomposant à une haute température, par le sodium, les chlorures doubles de ces métaux et de sodium, et parfois, pour l'aluminium, le fluorure naturel ou cryolithe.
Le magnésium en fils ou rubans brûle aisément avec une lumière qui rappelle la lumière électrique, et qui permet d'obtenir des photographies de nuit. Il est précieux et son usage s'étendra chaque fois qu'il s'agira d'obtenir pour un temps assez court une lumière très intense. Pour des temps considérables la lumière électrique et celle de Drummond seraient plus économiques. Le magnésium tient par son altérabilité le milieu entre les métaux alcalins et les métaux usuels.
L'aluminium au contraire est d'une grande inaltérabilité, soit à l'air sec ou humide, soit à la chaleur. Les composés chlorurés, sel marin, acido chlorhydrique, sont ceux qui ont le plus d'action sur lui. Produit d'abord en globules, en 1827, par Wohler, il a été obtenu par H. Sainte-Claire Deville en masses considérables et à un prix relativement bas, une centaine de francs le kilog. Lors de sa première fabrication en grand, vers 186<>, il fut l'objet d'une grande vogue pour la fabrication des bijoux. Cette vogue s'éteignit rapidement d'une manière complète; il en résulta pour ce métal une défaveur imméritée. Il est certain qu'il reconquerra la grande place que lui assignent dans les arts et l'industrie ses propriétés remarquables. Le plus léger de tous les métaux, sa densité est à peu près celle du verre; il est huit fois moins
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dense que le platine, dont il a l'apparence extérieure. Il se travaille aisément par fusion, repoussé, cisèlement. Son brillant et son mat, moins beaux peut-être que ceux de l'argent, ne sont pas noircis, comme chez ce dernier métal, par les vapeurs sulfurées, et par le moindre attouchement. Dans les circonstances ordinaires, ils soin pratiquement inaltérables. L'aluminium est donc le métal blanc de premier choix pour les œuvres d'art et dans toutes les circonstances où la lcsèreté est désirable. En étudiant ses alliages, M. Debray en a trouvé un qui possède également des propriétés qui lui assurent un grand développement. Le bronze d'aluminium (aluminium J, cuivre 9) est beau comme l'or, et dans la pratique ordinaire inaltérable comme lui. Il a presque la densité du cuivre, il est plus tenace que le meilleur acier. Il se travaille aussi très aisément. C'est donc le métal jaune des futures œuvres d'art, le métal de choix des appareils qui doivent être inaltérables, résistants et légers.
Donnons quelques détails sur les sels terreux, en laissant de côté ceux de chaux dont il a déjà été ouestion ailleurs (V. Chaux).
Les sels de baryte, comme leur base, sont d'une densité remarquable ; d'où leur nom (en grec : ôarys, lourd).
Le carbonate est insoluble dans l'eau ordinaire, soluble dans l'eau carbonique. Le sulfate est le plus insoluble des corps blancs pulvérulents. Ces deux sels se trouvent à l'état naturel et sont les sources de baryte. Le premier fournit aisément les divers sels en changeant son acide carbonique pour un acide plus énergique. On peut aussi les obtenir du second, transformé en sulfure par la calcination avec du charbon. L'azotate de baryte sert à la fabrication des feux de Bengale vert-pâle. Le chlorure de baryum est un antiseptique, excellent conservateur des préparations à la glycérine et à la gélatine, dont les arts et la science commencent à tirer bon parti. On obtient d'ailleurs toute la série des sels, dont la plupart n'ont qu'un intérêt théorique. Ils sont tous vénéneux, précipitables par les carbonates et les sulfates soiubles. Dissociés dans une flamme, ils la colorent en vert. La baryte entre dans la composition d'un verre très fusible, aimé des chimistes. Le sulfate de baryte précipité est une couleur blanche, qui couvre moins que le carbonate de plomb, mais ne s'altère pas.
Presque tout ce qu'on a dit des sels de baryte s'applique à ceux de strontiane. Signalons les différences. Le sulfate est un peu moins insoluble. De l'eau agitée avec ce sulfate en dissout assez pour donner un léger nuage. Les sels de strontiane dissociés dans une flamme la colorent en rouge, et l'azotate sert à faire les bengales rouges.
Les raies fournies par les flammes du baryum et du strontium au spectroscope sont des plus remarquables et des plus caractéristiques.
La magticsie caustique peu calcinée et la magnésie précipitée sont les antidotes recommandés dans les cas d'empoisonnement par les acides, et en particulier par l'acide arsénieux. Tous les sels de magnésie sont en effet purgatifs mais non vénéneux. Le sulfate est un produit naturel qui s'extrait des caux-mères des salines, se trouve en abondance dans les eaux médicinales naturelles de Sedlitz etd'Epsom, d'où les noms souvent donnés à ce sel. Le carbonate ou plutôt l'hydrocarbonate s'obtient en précipitant ce sulfate par un carbonate alcalin. Sa composition varie suivant les conditions et surtout la température de l'expérience. Ce produit très léger constitue la magnésie blanche des pharmaciens. A part le citrate de magnésie, ou limonade purgative de Royer, les autres sels de cette base n'ont pas d'importance pratique.
Les 8<Ms do magnésie sont précipités en partie par l'ammoniaque, lue partie forme un sel double soluble que l'ammoniaque ne précipite pas. Le carbonate ammoniacal ne la précipite pal, Les autrès alcalis et carbonates solublea y forment un précipité soluble dans le sel ammoniac.
L'alumine précipitée par l'ammoniaque d'une dissolution d'un de ses sels a l'aspect gélatineux; elle contient une grande quantité d'eau; on peut l'obtenir anhydre en calcinant ce précipité, ou mieux le double, sulfate d'alumine et d'ammoniaque. L'alumine calcinée a peu d'affinité pour les acides; elle peut absorber jusqu'à 15 p. 100 d'eau hygrométrique que la chaleur rou^e seule peut chasser. Elle fond au chalumeau oxyhydrique en donnant un produit excessivement dur. L'alumine hydratée forme avec les bases des combinaisons faciles à décomposer; elle absorbe les matières colorantes en formant avec elles des laques utili»ées dans la peinture et l'impression des papiers peints. A l'état naturel, l'alumine constitue le corindon, l'émeri, le minéral le plus dur après le diamant. Colorés par des traces d'oxydes métalliques, les beaux échantillons suit des pierres précieuses, le rubis rouge de feu, la topaze orientale jaune, le saphir oriental bleu, l'améthyste orientale pourpre. Sa densité est 4.
Les sels d'alumine les plus importants sont les aluns, sulfates doubles d'alumine et d'un alcali, dont la formule générale est :