‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 405 sur 534 · RO.SO» + A12033S03 + 24HO · texte numérisé non relu

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L'alun est le type d'une nombreuse classe de composés isomorphes. Dans les aluns proprement dits la base R peut être la potasse, la soude, l'ammoniaque, la lithine, etc.; mais il existe aussi toute une série de composés improprement appelés aluns, où l'alumine est remplacée aussi par des sesquioxydes de chrome, de fer, de manganèse ; enfin à l'acide sulfurique lui-même peuvent se substituer les acides isomorphes, sélénique, tellurique. Il existe des aluns naturels impurs, mais le plus souvent on exploite des sulfates alumino-ferreux efflorescents sur des pyrites mélangées d'argile, et se décomposant lentement à l'air humide. Ces corps sont purifiés par cristallisation, alliés à des sulfates alcalins. L'alun de potasse s'obtient en magnifiques cristaux du 1e" système, ordinairement cube tronqué par les faces de l'octaèdre ; cette forme s'obtient très pure dans une dissolution acide, tandis que le cube s'obtient dans les dissolutions alcalines.

L'alun chauffé fond, puis perd par parties successives son eau de cristallisation; à la fin, cette opération s'accompagne comme pour le borax d'un boursouflement remarquable; à une plus haute température, le sulfate d'alumine se décompose, et l'alumine reste mélangée au sulfate de potasse. L'alun ammoniacal laisse de l'alumine pure.

Les alutfe sont utilisés en médecine comme astringents, l'alun calciné même comme caustique. Ils sont employés pour les teintures, le mégissage des peaux, la clarification des eaux bourbeuses.

L'emploi de l'alun est moins rationnel que celui du sulfate d'alumine, qui le remplace souvent aujourd'hui dans l'industrie. Ce dernier s'obtient comme les aluns, mais en évitant l'addition des sulfates alcalins, et aussi par l'action lento de l'acide sulfurique sur les argiles.

Le chlorure d'aluminium est obtenu à l'état anhydre en traitant par le chlore un mélange poreux d'alumine et de charbon. Ce corps est très avide d'eau. Une fois qu'il en a absorbé, il ne l'abandonne plus totalement; chauffé, le chlorure hydraté dégage de l'acide chlorhydrique et laisse de l'alumine. En ajoutant du sel à ce me-

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lange, on obtient le chlorure double qui sert à la préparation de l'aluminium.

Un fluorure naturel d'aluminium et de sodium, la cryolithe, qui se trouve au Groenland, a aussi servi à la préparation de l'aluminium. On en a quelquefois aussi, au début, préparé artificiellement dans ce but.

L'acétate d'alumine est un antiseptique de premier ordre, dans une dissolution duquel on a recommandé de tremper, après usage, les linges des personnes atteintes d'affections contagieuses, afin de détruire les germes qui pourraient se trouver dans ces linges. Cette dissolution s'obtient en mélangeant de l'alun et de l'acétate de plomb ; il se forme du sulfate de plomb insoluble, et il reste de l'acétate d'alumine en dissolution.

Les sels d'alumine ont une saveur douceâtre, astringente ; la potasse y produit un précipité soluble dang un excès de réactif. L'ammoniaque en précipite aussi l'alumine, mais ne peut redissoudre le précipité.

On a vu, à l'article Silice, qu'il existe un grand nombre de silicates alumineux. Ceux qui se décomposent par l'action lente de l'air, de l'eau, par les désagrégations produites par les changements de température, abandonnent les silicates alcalins, et laissent des silicates d'alumine plus ou moins purs, argile, glaise, kaolin, utilisés pour le modelage et la fabrication de la porcelaine et des poteries.

Nous terminerons cet article en citant quelques-unes des terres non alcalines employées dans l'industrie :

Terre d'Arménie, argile ocreuse.

Terre bleue, argile colorée par de l'oxyde de cuivre.

Terre d'Ambre ou d'Ombre, argile très colorée ■en brun qui se trouve en Ombrie.

Terre do Sienne, ocre jaune très fine qui rougit par la calcination. [Paul Robin.]

TERRES ARABLES. — Agriculture, 1. — La terre arable est la couche superficielle du sol, dans laquelle se développent les racines des plantes cultivées. On a fait parfois une distinction subtile entre le sol végétal, dans lequel se répandent les racines, et le sol arable formé par la couche que remuent les instruments de culture. Mais, dans la réalité des choses, cette distinction n'existe pas; car un grand nombre de plantes projettent leurs racines bien au-dessous de la couche atteinte par les instruments, et d'un autre côté, la limite assignée à celle-ci est purement arbitraire, car elle dépend des soins de culture qui, suivant les exploitations, varient dans de très grandes proportions. La connaissance de la terre arable est de la plus haute importance pour l'agriculteur, car elle exerce une très grande influence sur le rendement des récoltes, et de sa nature même dépend souvent le mode d'exploitation qui doit être adopté.

Formation des terres arables. — La terre arable est formée par la réduction en fragments plus ou moins ténus des roches qui forment l'écorce terrestre, et par le mélange, avec ces fragments, des débris organiques provenant de la décomposition des plantes. Elle peut être formée sur place ou par transport. Dans les deux cas, il y a, dans la plupart des circonstances, non seulement modification physique, mais encore changement dans la composition chimique. C'est sous l'influence soit des agents météoriques, soit des eaux, que ce double phénomène se produit.

Lorsque la terre végétale s'est formée surplace, au-dessous de la couche superficielle, la roche est délitée en pierres qui deviennent de plus en plus grosses, jusqu'à ce qu'on arrive à la roche pure, à une profondeur plus ou moins grande suivant la

facilité avec laquelle cette roche se laisse pénétrer par les agents extérieurs et surtout par l'eau. Dans ce cas, le sous-sol, c'est-à-dire la couche qui succède immédiatement à la terre arable, est de même nature que celle-ci.

Au contraire, lorsque la terre arable est une terre de transport, il arrive le plus souvent que le sous-sol est de nature différente, parfois même tout à fait opposée. Les terres de transport, qu'elles appartiennent aux alluvions anciennes ou aux alluvions modernes, résultent, en effet, des dépôts formés, à des époques diverses, par les courants d'eau qui ont sillonné en tous sens le globe terrestre. Le nombre de ces terres de transport est extrêmement considérable : on en trouve dans toutes les régions en des couches d'une épaisseur très variable, superposées à toutes les formations géologiques. On comprend dès lors le rôle important que jouent les recherches de géologie dans la connaissance des terres arables.

La différence d'origine implique une très grande diversité dans la composition des terres arables. Toutefois les éléments principaux qui les constituent sont presque constamment les mêmes, et c'est surtout dans leurs proportions relatives que se trouvent les différences. Ces éléments sont l'argile, la silice, la chaux, et enfin la matière organique ou humus.

L'argile, qu'il est facile de distinguer par sa propriété de faire une pâte liante avec l'eau et de se durcir sous l'action de la chaleur, est formée par une combinaison de 52 pour 100 de silice, 33 d'alumine et 15 d'eau. On la rencontre dans presque toutes les formations géologiques ; eUf absorbe une grande quantité d'eau et devient imperméable quand elle en est saturée; elle emmagasine aussi les substances solubles, et les dégage quand elle est endettée.

La silice se rencontre dans le sol sous diverses formes: tantôt pure et à l'état de quartz, insoluble dans l'eau; tantôt sous forme de silicates, en combinaison avec la potasse, le fer, la soude; tantôt enfin sous la forme d'une poudre très fine provenant de la décomposition de ces silicates. Sous forme de quartz, la silice constitue ce que l'on appelle le sable, qui peut être plus ou moins gros; quand il est très fin, il absorbe jusqu'à oO pour 100 d'eau ; s'il est grossier, il n'en absorbe pas plus de 20 pour 100. Le sable laisse facilement filtrer les substances solubles, et à ce point de vue ses caractères sont diamétralement opposés à ceux de l'argile.

Le calcaire est l'ensemble des combinaisons terreuses dans lesquelles la chaux joue le rôle de base. Leur caractère essentiel est qu'elles font effervescence sous l'action des acides ; mais leur composition varie dans de très grandes propor- . tions. Le calcaire est un principe essentiellement utile à la végétation des plantes cultivées. Sa présence dans les sols purement siliceux ou sableux leur donne de la consistance; aux terres argileu- , ses, il communique la propriété de se diviser sous : l'action de l'humidité, et de laisser filtrer l'eau i surabondante, en même temps qu'il corrige leur tendance à se durcir sous l'action de la sécheresse. '

A côté de ces principes minéraux qui sont considérés comme les éléments constitutifs des terres arables, quelques autres jouent un rôle dans la végétation. Ce sont, d'après les connaissances actuelles sur ce sujet: le manganèse, le fer, la potasse, la soude, les phosphates, etc. Quoique de moindre importance, ces éléments sont cependant assez actifs dans la végétation pour que leur absence puisse empêcher un sol de porter telles ou telies plantes.

La matière organique qui, sous le nom générique d'humus, est formée par les détritus des organes des plantes qui ont poussé sur le sol, se

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