‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 411 sur 534 · THERMOMÈTRE · texte numérisé non relu

THERMOMÈTRE

TïERS-ETAT

dérer les thermomètres à mercure, à réservoir de verre, comme comparables pour la plupart des expériences où ils peuvent servir.

Il faut cependant faire une réserve : on a trouvé que le zéro s'élève un peu dans les thermomètres faits depuis quelque temps. On attribue ce résultat à un travail moléculaire, une sorte de trempe que subit le verre quand il a été chauffé et qu'il est presque subitement refroidi par l'air. La connaissance de ce fait oblige à rechercher quel est le déplacement du zéro dans l'appareil que l'on veut employer à une constatation précise de la température et à en tenir compte dans les résultats trouvés.

l.e thermomètre à mercure peut donner les températures jusqu'à 340°, pas au-dessus parce que le liquide approche de son point d'ébullition ; au-dessous du zéro il peut aller jusqu'à 30° et pas beaucoup plus bas parce quu le liquide est près de son point de congélation et qu'alors sa dilatation devient irrégulière. On se sert pour les températures bas-es du thermomètre à alcool, ce liquide offrant l'avantage de ne se congeler à aucune des plus basses températures que nous savons produire

U. Thermomètre ù abool. — L'instrument a la même forme que le précédent; le liquide est l'alcool rougi par l'orseille.

Le remplissage <iu tube est analogue, b:en que plus simple, car on peut sans crainte faire bouillir, pour chasser l'air, une petite quantité d'alcool déjà arrivée dans le réservoir. S'il reste une petite bulle d'air à la jonction du réservoir et du tube, on la fait disparaître en animant le tube d'un mouvement de rotation. Le règlement de la course est le même, aussi la fixation du point zéro. On ne peut Bonger à marquer le point 100, puisque l'alcool bout avant cette température; on marque donc un second point par comparaison avec un bon thermomètre à mercure.

Sensibilité des thermomètres. — Que le thermomètre soit à alcool ou à mercure, il faut que l'instrument se nietie rapidement en équilibre de température avec le milieu ambiant, et il le fera d'autant plus vite que son réservir aura un plus petit volume. D'autre part, il indiquera d'autant mieux les variations de la température que ses degrés seront plus grands, c'est-à-dire que la seclion de la tige sera plus faible par rapport au volume du réservoir.

Lorsqu'on veut obtenir à la fois ces deux résultats, on emploie des réservoirs de très petites dimensions et des tiges excessivement fines ; on a alors desappareils réunissant la double sensibilité, capables d'indiquer les petites fractions de degrés et de les indiquer très promptement.

ô. Thermomètres à gaz. — Quand on emploie, pour mesurer la température, un gaz contenu dans ! une enveloppe, de verre, la dilatation de l'enveloppe, qui est toujours au moins cent cinquante fois in- | férieure à telle du gaz lui-même, ne peut exercer | sur les indications du thermomètre qu'une influence plus faible que les erreurs inévitables des expériences. Il en résulte que divers thermomètres ; construits avec un môme gaz et des enveloppes ■ diverses ne diffèrent pas sensiblement dans leurs indications. C'est ce précieux avantage qui a con- j duit les physiciens à faire du thermomètre à air sec le thermomètre étalon.

Tout appareil propre à l'étude de la dilatation de l'air peut servir de thermomètre, si l'on connaît le coefficient de dilatation du gaz. Il suffit de donner au réservoir une forme qui rende facile l'établissement de l'équilibre calorifique entre l'air et le corps dont on veut mesurer la tempe- j rature. Dulong a adopte la forme cylindrique, qui est d'un usage commode et qui a été fréquemment ' employée depuis.

Pour les hautes températures, M. H. Sainte- Claire Deville a employé un thermomètre à vapeur d'iode. Le réservoir est. un ballon de porcelaine à col effilé que l'on place, après y avoir introduit de l'iode, dans l'enceinte dont on veut déterminer la température; on le ferme au chalumeau oxyhydrique quand les vapeurs d'iode cessent de se dégager. Les pesées de l'appareil plein de vapeur, plein d'air, plein d'eau, et la connaissance du coefficient de dilatation de la porcelaine, permettent de déterminer la température.

Le maniement de ces appareils ne peut, être fait que par des mains exercées; aussi leur emploi n'est-il pas sorti des laboratoires de recherches précises.

Tous les thermomètres à mercure construits avec soin s'accordent très sensiblement avec le thermomètre à air au-dessous de 100° ; vers 200° ils avancent d'un demi - degré à ? degrés, vers 30U" de 4 à fi degrés. On les emploie donc exclusivement, même dans les recherches précises, audessous de ltiO degrés; au-dessus, il devient nécessaire de les comparer au thermomètre à air, à moins qu'une approximation d'un ou deux degrés ne soit suffisante.

4. Thermomètres à maxima et mininaa. — Il est souvent nécessaire de connaître la plus haute et la plus basse température d'un milieu, comme l'air atmosphérique par exemple, dans un intervalle de temps déterminé. Un des moyens consiste à faire avec les thermomètres ordinaires un trè» grand nombre d'observations ; mais il est le plus souvent impraticable. Pour obtenir facilement ce résultat, on a construit dos appareils dont les uns donnent la température la plus élevée et les autres la température la plus basse qu'il a fait dans le milieu où ils ont été placés. Le principe commun de ces appareils, c'est de laisser un index au point le plus élevé ou le plus bas qu'ils ont marqué pendant le temps où ils sont testés en place; ou bien encore, de permettre de retrouver facilement les températures maximum ou minimum qu'ils ont atteintes. La forme en est très variable: les deux types principaux sont les thermomètres à déversement de \\ alferdin et le double thermomètre de Rutherford. Celui-ci est le plus simple. Le thermomètre à maxima est à mercure, et la colonne liquide pousse devant elle un index de fer qu'elle abandonne et que l'on retrouve lors de l'observation au point le plus éloigné du réservoir où elle est parvenue. Le thermomètre à minima est à alcool, et le liquide refoule vers le réservoir en se contactant un index d'émail qu'il laisse en place si la température vient à. augmenter ultérieurement.

Ces deux appareils sont parfois réunis en un seul sur lequel on peut lire les deux indications que l'on cherche.

Ils sont, à côté des thermomètres ordinaires, d'un usage courant dans les observations météorologiques. [Haraucourt.]

TIERS-ÉTAT. — Histoire de France, XXXVIII- XL. - L'origine de ce nom, appliqué en France, sous les rois de la troisième race, au peuple des villes et des campagnes, remonte aux premières réunions des Etats-généraux. Le clergé et la noblesse avaient été pendant longtemps les deux seules classes qui eussent été admises à prendre une part, assez restreinte d'ailleurs, au gouvernement général du royaume. Lorsque Philippe le Bel, en 1302, voulut opposer aux prétentions du pape l'autorité des décisions d'une assemblée nationale, il convoqua non seulement les représentants de ces deux états ou ordres, mais encore ceux d'un certain nombre de villes, qui for. itèrent, à partir de ce moment, un troisième ordre, un Tiers-Etat.

Nous avons indiqué, à l'article Communes, com-

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