TIERS-ÉTAT
ment la population urbaine s'était pou k émancipée de la domination «les seigneurs féodaux, ci était arrivée k constituer une puissance sur laquelle la royauté jugea utile de » appuyer. L'admission de ses députés au\ ! ts inéraux accrut prompienHMii son influence. Lu ueini à peine après Philippe le Bel, la bourgeoisie essayait déj.\ de mettre la royauté en tutelle (Etatsraux de I3ô7), et de faire gouverner la France par les représentants de la nation; mais la tentative d'Etienne Marcel, qui eût transformé la royauté absolue en une sorte de monarch c constitutionnelle, échoua i V. Guerre de Ci ni a -, p. 921 . et le Tiers-Etat fut rejeté pour plusieurs i au rang de classe Inférieure, admise pour la forme seulement à présenter de loin en loin Bes doléances, lorsque le souverain trouvait avantageux à sa politique de convoquer les représentants des trois ordres.
Pendant tout le xiv* siècle et la plus grande partie du xv% les députés des bonnes villes furent seuls appelés aux Etats-généraux : le Tiers-Etat n'était encore qu'une fraction privilégiée de la bourgeoisie ; les habitants des villes qui n'avaient pas reçu le droit d'envoyer des députés aux Etats, et le peuple des campagnes, restaient privés do représentation. Ce fut en 1484 seulement, sous la régence d'Anne de Beau jeu, que les députés des campagnes et des petites villes furent admis à siéger : à partir de ce moment, le Tiers E^a' comprend réellement tout ce qui, en France, n'est ni prêtre ni noble, c'est-à-dire toute la masse de la nation.
Nous n'avons pas à raconter l'histoire du Tiers- Etat clans les trois siècles qui suivent : ce serait refaire l'histoire de France. Qu'il nous suffise de renvoyer à l'article France, et aux nombreux articles spéciaux, parmi lesquels nous indiquerons en particulier: Etats-Généraux, Parlements, Rendissance, Réforme, Henri IV, Richelieu, Louis XIV. Les progrès de l'industrie et du commerce, l'accumulation des capitaux entre les mains de la bourgeoisie, finirent par assurer au Tiers-Etat la force .véritable, en dépit des formes politiques extérieures qui restaient celles de la monarchie absolue ; la philosophie du xvme siècle, les théories de Rousseau vinrent donner conscience à l'opinion publique de l'état réel des choses, et alors une révolution fut inévitable. Un beau jour, Chamfort éclaira cette situation d'un mot célèbre : « Qu'est-ce que le Tiers-Etat? Tout. — Qu'a-t-il été jusqu'ici dans l'ordre politique? Rien. — Que demande-t-il ?A être quelque chose, d Sieyès lit du mot de Chamfort un pamphlet, qui servit de programme aux élections des Etats-généraux de 1789.
Cependant, la Constituante de 1790 alla plus loin; elle ne se contenta pas d'assurer au Tiers-Etat une part du pouvoir politique, elle abolit les ordres eux-mêmes, et, au lieu de trois Etats ayant chacun ses privilèges, il n'y eut plus qu'une nation. Mais aussitôt, par une contradiction qu'expliquent les doctrines politiques de la majorité des constituants, elle rétablit, sous une autre forme, les distinctions qu'elle venait d'effacer, en partageant la nation en deux classes, celle des citoyens actifs et celle des citoyens passifs, et en attachant la qualité de citoyen actif au paiement d un cens. C'était faire une France bourgeoise, non une Fiance démocratique. Aussi le système de la Constituante ne dura-t-il pas. Au lendemain de la chute de la royauté, le 11 août 1792, l'Assemblée législative complétait l'œuvre de la Révolution en abolissant la distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs : la Convention nationale fut élue par le suffrage universel.
Les conditions de cens furent rétablies sous les régimes qui suivirent : Directoire, Consulat, Em-
pire, Restauration, Monarchie de Juillet (V. Coït* ttitiitiont) ; et il se trouva riciens pour
chercher, dans l'histoire du Tiers Etat, une fication à cet accaparement «lu pouvoir politique par la bourgeoisie. Mais le suffrage univi triompha de nouveau par la révolution de i U48, et, avec lui, le principe de la souveraineté du peuple, seul terme définitif auquel pussent tendre les luttes soutenues dans lo passé par le Tiers- Etat pour la liberté de tous.
TIGE. — Botanique, VI- VII. — Etym. : du latin tibia. — Définition et nomenclature de la tige. — On désigne sous le nom de tige, chez les taux phanérogames, le résultat du développi de l'axe do la gemmule el de ses ramifications. Cet axe se dirigeant généralement dans l'air alors que la racine s'enfooee dans le sol, on définit souvent la tige en disant que c'est la partie de l'axe de la plante Croissant en sens inverse de la racine, c'est-à-dire dans l'air; eue partie pouvant se ramifier un plus ou moins grand nombre de fois suivant les espèces. Dans toute la première partie de cet article, nous ne parlerons de la tige que chez les végétaux phanérogames, c'est-à-dire chez les végétaux à fleurs visibles ou mieux chez les végétaux à > epro'luction aérienne.
Si nous dépouillons une graine de melon, en germination, de son enveloppe protectrice, nous remarquons que l'embryon protégé par cette coque comprend un corps central, cylindrique, nommé tiylle ou axe hypocotylé. Le nom d'axe hypocotj ■. qui ne préjuge rien, est préférable à celui do ■ ; ce dernier semble indiquer en effet que l'axe hypocotylé représente, dans l'embryon, la lige de la plante adulte; cette idée est absolument fausse, l'axe hypocotylé est la terminaison inférieure du corps de l'embryon. Il se prolonge très fréquemment par un filament très fin qui servait, lors du développement de l'embryon, à li\er ce dernier sur la plante mère, et qui servait en même temps d'organe spécial d'absorption des matières nutritives que la plante mère avait accumulées amour de son embryon.
Longtemps avant la maturité de la graine, la plupart des suspenseurs, n'ayant plus de raison d'être, s'atrophient et se dessèchent ; aussi dans beaucoup d'embryons arrivés à maturité, ce corps n'existe-t-il que comme une masse minime, tellement atrophiée parfois qu'il est fort difficile de la mettre en évidence. On trouve des suspenseurs bien développés dans des embryons prêts à entrer en germination, chez les pins, les sapins, les raisins de mer (Ephedia), l'arbre aux quarante écus {Gihko), les ifs, les orchidées, les orobanches, le gui. On donne généralement le nom de radicule à la partie de la tigelle sur laquelle s'insère le suspenseur. On nomme cotylédons les expansions foliacées nées sur les flancs de la région supérieure de l'axe hypocotylé. Selon le nombre des cotylédons, on partage les plantes phanérogames en Monocotyledonees et Dicotylédonées. Cette subdivision a un grand intérêt, parce que ce caractère, en apparence si simple, du nombre des cotylédons, marche toujours de pair avec des différences considérables de l'organisation générale des êtres qui présentent l'une ou l'autre disposition.
A la partie supérieure de l'axe hypocotylé, abrité par les cotylédons, se trouve un bourgeon qu'on appelle la gemmule. Ce bourgeon comprend une partie centrale axile insérée inférieurement sur l'axe hypocotylé, terminée supérieurement par un cône mousse, et dont la surface est presque complètement recouverte par des expansions latérales, très régulièrement disposées, d'autant plus jeunes et d'autant moins développées qu'on s'approche davantage du sommet du cône. L'axe du cône, en s'allongeant, deviendra la
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tige principale; les expansions latérales, en se développant, fourniront les feuilles ou appendices vrimavres de la tig^ principale. On nomme point de végétation la partie de la tige principale par laquelle la tige croît en longueur et où se forment sans cesse de nouveaux appendices. Les appendices de la tige sont caractérisés par ce fait qu'ils présentent un seul plan de symétrie qui passe toujours, du moins au moment de leur apparition, par l'axe géométrique de la tige qui les porte. On nomme aisselle l'angle formé par la tige avec la base de chacune de ses feuilles. Dans cette aisselle et dans le plan de symétrie de la feuille, on trouve généralement un point de végétation présentant très sensiblement la même organisation que celui qui termine la tige principale; la seule différence consiste parfois dans un moindre développement des points de végétation nés dans l'aisselle des feuilles, et dans une insertion différente de ces points de végétation axillaires sur la tige principale qui les porte. Chaque point de végétation axillaire peut produire un bourgeon ; il suflit pour cela que ses appendices les plus inférieurs se développent quelque peu et l'enveloppent. En cet état, les points de végétation axillaires peuvent ou bien se développer immédiatement, ou bien se développer à une époque plus tardive, ou bien môme s'atrophier.
On nomme bourgeons dormants ceux des points de végétation de la tige qui ne se développent qu'après un long temps de repos. Aces bourgeons dormants on oppose quelquefois les bourgeons adventifs. On désigne sous le nom de bourgeon* adventifs des points de végétation qui apparaissent n'importe où et sans ordre à la surface de la tige. Dans l'aisselle de chaque feuille, il peut apparaître plusieurs bourgeons axillaires. Ces bourgeons sont toujours régulièrement disposés de part et d'autre du plan de symétrie de la feuille a l'aisselle de laquelle ils sont nés. Toutes les dispositions que ces bourgeons peuvent affecter se ramènent à deux : la première est caractérisée par ce fait que le premier bourgeon axillaire apparu dans l'aisselle de la feuille a son axe géométrique dans le plan médian delà feuille ; tandis que dans la seconde disposition deux bourgeons symétriques l'un de l'autre apparaissent simultanément, dès l'origine, de chaque côté du plan médian. Dans un grand nombre de phanérogames, les bourgeons axillaires de la tige principale ne se développent pour ainsi dire pas. En s'accroissant, cette tige ne tarde pas à perdre ses appendices de bas en haut, et quand elle est quel |iie peu avancée en âge, elle représente souvent une colonne cylindrique terminée supérieurement par un bouquet de feuilles, comme cela se voit chez les palmiers, ou bien terminée par une ramification plus ou moins abondante nommée cime, comme cela se voit chez les arbres dicotylédones de nos pays. Dans le premier cas, cette tige a reçu des botanistes descripteurs le nom de stipe ; dans le second cas, elle porte le nom de tronc. Ainsi on dira le stipe d'un palmier, le troned'un chêne. On appelle nœud le point d'attache d'une feuille sur la tige ; on appelle entre-nœud l'intervalle qui sépare l'insertion de deux feuilles successives ; on nomme nœud vital le point d'insertion des cotylédons au sommet de l'axe hypocotylé.
Tout ce que nous avons dit des appendices primaires de la tigeprincipale.de son bourgeon terminal, et de ses bourgeonslatéraux, nous pourrions le répéter pour les axes provenant du développement de la partie centrale des bourgeons axillaires. Pour distinguer de la tige principale ces axes nés dans l'aisselle des feuilles de cette tige, nous appelons ces derniers axes secondaires ou de second ordre. Ces tiges de second ordre diffèrent toujours de la tige principale qui les porte
par leur insertion. Les tiges provenant du développement des bourgeons axillaires nés dans l'aisselle des appendices de second ordre, formeront les tiges de troisième ordre. On pourrait continuer ainsi indéfiniment. L'ensemble de toutes ces tiges : tige principale, tiges de second et de troisième ordre, etc., régulièrement développées comme il vient d'être dit, forme ce que l'on nomme la ramification homogène normale de la tige. Du degré de développement relatif, tant en longueur qu'en diamètre, des tiges des divers ordres, dépend la physionomie de la charpente de la plante, ce que l'on nomme son port. Les principaux types de ports des plantes sont : 1° la forme pyramidale, que l'on obtient lorsque chaque ordre de rameaux prend un développement d'autant moindre que son degré est plus élevé; 2° la forme fas igiée, qui a pour type le peuplier d'Italie ; c'est une forme pyramidale dont les rameaux se relèvent vers la tige principale ; 3° la forme pleureuse, dans laquelle les rameaux de troisième et de quatrième ordre se dirigent vers le sol ; le type de cette forme peut être pris dans le Sophorn pleurenr; 4° la forme tombante, qui a pour type le Salix babylonica, dont les rameaux grêles, longs et flexibles s'inclinent vers le sol sous leur propre poids.
Nous avons parlé plus haut des stipesdes palmiers qui ne se ramifient pas, sinon peut-être vers leur partie supérieure à l'époque de leur floraison.
On désigne parfois sous le nom de chaume des tiges particulières renflées aux nœuds, peu ramifiées ou ne portant que des tiges de second ordre très grêles. En général, ces tiges sont creuses intérieurement ; leur cavité centrale est cependant interrompue à chaque nœud par des sortes de diaphragmes ou de planchers dont la structure est parfois très compliquée. Les plantes à chaume sont généralement herbacées; les bambous seuls en représentent la forme arhorescente.
On désigne sous le nom de tronc, de branches, de rameaux, de ramilies, de ramules les divers ordres de ramification d'une tige principale ; les noms de ramilles et de ramules désignant les plus petites ramifications, les mots de branches et de rameaux désignant les ramifications intermédiaires entre le tronc et les ramilles. On désigne par le nom de pousse ou de scion une pousse d'ordre quelconque. On appelle œil ou gemme un bourgeon quelconque. Ces dernières expressions sont usitées plus fréquemment en arboriculture qu'en botanique proprement dite. On appelle coulants, stolons, ou drageants des tiges élancées partant d'une souche et rampant à la surface du sol auquel elles se fixent de distance en distance par des racines.
Les apjiendices primaires de la tige ou feuilles ne sont point dispersés au hasard sur la surface de cet organe. Lorsque les feuilles sont insérées plusieurs ensemble au même niveau, on dit qu'elles sont verticillées; chaque région nodale porte alors plusieurs feuilles, et les feuilles des régions nodales successives alternent régulièrement, c'est-à-dire que les feuilles de chaque verticille sont dans le plan bissecteur de l'angle formé par deux feuilles consécutives du nœud précédent et du nœud suivant. Les nombres d'appendices réunis en verticille que l'on rencontre le plus fréquemment sont : deux, trois, cinq, huit, treize, etc., ou des multiples de ces nombres. On remarquera que, dans la série que nous venons de donner, chaque terme, à partir du troisième, est la somme des deux termes qui le précèdent immédiatement.
On désigne généralement sous le nom de feuilles opposées les feuilles verticillées par deux. „ .,, ,,
On désigne sous le nom de feuilles alternes
TIGE
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t utos les feuilles qui ne sont ni vertlcillées, al opposées.
Les feuilles alternes d'une t î ^r • • . quel qu*ei le nombre, sont toutes disposées sur la surface de la tige selon une ligne Bpirale qui les relie toutes.
On désigne par le nom iln spirale génératrice l'bélice qui passe |>nr tous les points d'insertion des appendices d'une tige, dans, l'ordre même on ces appendices sont nés sur la surface do cette tige.
On appelle spirale secondain des spires qui ne contiennent qu'un certain nombre des appendices de la tige.
On nomme orthostique» des lignes parallèles à l'axe de la tige, tracées sur sa surface, ei qui contiennent un certain nombre d'appendices. Quel que soit h- nombre des appendices que rencontre la spire génératrice d'une seule t i t;e, on trouve toujours facilement deux appendices situés sur la même orthostique. Si l'on compte alors le nombre des appendices situés sur la spire génératrice entre les deux appendices d'une môme orthostique et qu'on compare ce nombre au nombre des tours que la spire génératrice a dû décrire, autour de la tige pour passer du premier appendice au second, on forme une fraction qu<l'on appelle cyc e £ alternance ou angle de divergence de la distribution des appendices sur la dge. Le numérateur du cycle indique toujours le nombre des tours faits par la spire génératrice dans l'intervalle qui sépare les deux fouilles con sécutives d'une même orthostique. On prend comme dénominateur du cycle le nombre des appendices compris sur l'arc despire génératrice qui sépare le premier et le second appendice d'une orthostique détorminée.
On définit quelquefois l'angle de divergence ou le cycle d'une tige: l'écart angulaire apparent des plans de symétrie de deux de ces appendices consécutifs dans le temps. L'angle de divergence est généralement exprimé par l'un des termes de la série: |, |, |, |, etc. On remarque facilement que chacun des termes de cette série, à partir du troisième, s'obtient en formant la somme des numérateurs et la somme des dénominateurs des deux cycles précédant celui que l'on forme.
Exceptionnellement les cycles peuvent appartenir à l'une des séries commençant par A et \ ou par ~ et i.
Selon l'angle de divergence de deux appendices d'une tige, la plante sera dite d'apparence dextre ou à enroulement sénestre. Dans ce dernier cas, l'enroulement apparent de l'hélice se dirige vers la gauche. La nécessité de déterminer le sens de l'enroulement de la spire génératrice d'une tige chargée de feuilles alternes nous conduit à déterminer une fois pour toutes la position qu'il faut assigner à un observateur qui doit juger de l'orientation d'une tige.
Pour juger de l'orientation d'une tige, nous supposerons l'observateur placé dans l'axe de cette tige, la tête tournée vers le point de végétation, les pieds à l'opposé, et regardant un appendice que l'on a pris comme point de départ. On assigne à cet appendice le numéro 1. L'observateur juge de la droite et de la gauche de la tige par sa droite et sa gauche.
Lorsque le bourgeon placé à l'extrémité d'une tige s'éteint régulièrement, on dit que l'accroissement de la tige est limité ou défini ; il est indéfini dans le cas contraire ; et si chaque tige est plus importante dans la plante développée que les rameaux latéraux qui en partent, on dit que sa ramification est monopodique. Par opposition à cette ramification monopodique, on désigne sous le nom de ramification dichotomique le lait du partage d'une tige en deux rameaux originairement d'égale
fore, provenant l'un et i autre d'une segmentation tatifde la i - Cette d posi-
ti m tro rare ;onlavoïtpourtantcliei
'■ les, les \ npélidées, etc. On désigne parfois sous h- nom de ramification dichotomique la disposition que- l'on obtient lorsque deux bourgi ons axillaires opposés d'one tige a croissance d ailles
veriicillées se développent ave- nne grande force. Très souvint alors, chaque tig se termine par une Bear ; l'ensemble de cette ramification est m>uvent désigné sous le nom d'inlloiesceiice en ci/nie.
On désigne '•ons le nom tiges capables de s'enrouler autour de certaine supports. Entre la tige élarici ament dans
l'air et la tige volubile, on trouve les tigeo sar-
mentetuet, comme celles de la vigne <'t du jonc a canne [Calamut Rotang), les tiges gritnp
comme c lies du lierre, ces dem i liant
aux corps sur lesquels elles s'élèvent par
appareils désignés sous le nom de crampons adhérif*. K
On appelle cladode de tige ou fataation de tige» un certain nombre de tiges reliées entre elles par un tissu commun. On voit, des exemples d^ cladodes cbex les Phyllocladus, les Cactus, les Echinocac/us,\es Opuntia ou Bguiers de Liarbarie, phyllum, les Euphorbes grasses, les 67apelia etc.
Structure de la tige— I. Tige des Dicotylédones. — \u début, lo lissa d" la tige est constitué par des éléments tous semblables entre eux, ceux de la surface extérieure se laissant seulement distinguer les uns des autres parce qu'ils se cloisonnent toujours perpendiculairement à la surface extéi Heure de la tige. Ce tissu extérieur a reçu le nom de dermatogène ; en vieillissant, il devient l'épiderme (V. Tissus végétaux .
Un peu plus tard, le tissu intérieur ou méris-
I tème primitif montre une zone d'éléments plus
I petits à parois très minces que l'on désigne sous
, le nom de procambium ou de zone génératrice.
Cette zone se partage en îlots qui ont reçu le nom.
1 de fais-eaux. A ce moment, la tige dicotylédone
présente :
Au cente, un tissu parenchymateux qu'on ap-
I pelle la moelle ;
A la périphérie, limitée extérieurement par l'épiderme, un tissu parenchymateux qu'on appelle i écorce primordiale ou écorce primaire, l'écorce et I la moelle étant réunies par les rayons primaires : qui séparent les faisceaux. Dans ces dernières années, M. Van Tieghem a nommé tissu co>ijonctif externe l'écorce primaire ; tis>u conjonctif interne l'ensemble de la moelle et des rayons primaires ; et emlod rme ou assise protectrice la rangée de cellules qui séparent l'écorce primaire des faisceaux.
Un peu plus tard, on voit s'établir dans les faisceaux une zone d'épaississemeut que l'on nomme zone cambiale ou canibium. Vers le temps où ce travail s'accomplit, les éléments des faisceaux qui bordent la moelle se transforment en trachées. L'ensemble de tous ces amas trachéens forme ce que l'on a appelé Y étui médullaire, dont le nombre des angles égale celui des faisceaux primaires qui ont pris part à sa formation. Chaque zone cambiale engendre du bois vers le centre de la tige et du liber vers la périphérie de cette tige. Le liber est caractérisé par des cellules grillagées dont le développement est centrifuge; le bois est caractérisé par des fibres ligneuses et des vaisseaux dont le développement est centripète. Chaque zone cambiale engendre ainsi une certaine quantité de bois et de liber primaires. Lorsque la tige dicotylédonée doit conserver une cousistance herbacée, sa structure ne présente pas d'autre particularité. Lorsque la tige dicotylédonée doit prendre une consistance ligneuse et durer un long
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temps , elle ne garde la structure que nous venons do décrire que pendant le cours de sa première année ; la seconde année, chaque zone cambiale vient ajouter au faisceau dont elle fait partie une zone de bois vers l'intérieur et une zone de liber vers l'extérieur. Ce bois et ce liber secondaires sont caractérisés, le premier par des fibres ligneuses et des vaisseaux ligneux, le second par des cellules grillagées compliquées, des fibres libériennes et du parenchyme libérien.
Chacune des années qui s'ajouteront à la seconde année produira dans chacun des faisceaux primaires une zone de bois secondaire contre le bois déjà formé, et une zone de liber secondaire contre le liber existant. Le bois formé depuis très longtemps a reçu le nom de cœur île bois ou dumme», tandis que le bois nouvellement formé s'appelle aubier. Dans les essences forestières comme le chêne, l'ébénier, l'acajou, etc., le duramen se distingue à première vue de l'aubier par une coloration et une consistance très différentes.
L'accroissement des faisceaux d'une tige provoque nécessairement l'accroissement de cette tige en diamètre, et comme l'enveloppe première de cet organe ne peut s'étendre indéfiniment, il se produit des crevasses dans l'écorce primaire superficielle de la tige. Un tissu protecteur nommé liège ou suber se développe à peu de distance de cette surface par l'activité d'une zone génératrice spéciale que l'on appelle ordinairement l'assise phellogène ; tout ce qui est compris en dehors du liège s'appelle rhytidome. Lorsque la masse de rhytidome est très petite, on lui donne le nom de lenticelle. Jadis, on a attribué aux lenticelles un rô'c très important pour la respiration des plantes et pour l'émission des racines. Aujourd hui on se borne à considérer les lenticelles comme de très petites plaques de rhytidome dans lesquelles la plante accumule les produits qu'elle excrète en abondance. La plupart des arbres conservent les couches de rhytidome et acquièrent ainsi un revêtement protecteur extrêmement puissant. Les couches de liège qui engendrent ce rhytidome apparaissent dans tous les tissus compris entre la zone cambiale et l'épidémie de la tige. D'autres fois, le rhytidome s'exfolie au fur et à mesure de sa formation, comme cela se voit dans les platanes dont l'écorce conserve par cela même une très grande minceur. Un petit nombre de plantes, comme le chêne, l'orme, l'aristoloche, ont acquis, sous l'influence de la culture ou de conditions spéciales qui nous sont encore peu connues, la faculté d'hy pertrophier considérablement leur assise subéreuse. Cette disposition est l'origine du liège que l'on tire du Cbé e-tiège en Algérie et en Portugal. Cette production exagérée de tissu subéreux de la part du chêne-liège peut être considérée pour la plante comme une sorte de maladie tout à fait comparable à celle qui produit le sucre de canne dans la betterave à sucre et le diabète chez les animaux.
En résumé, une tige dicotylédone normale régulièrement constituée nous présente du centre à la périphérie :
1° La moelle ;
2° L'étui médullaire;
3° Le bois primaire;
4" La puissante assise de bois secondaire partagée en zones concentriques dont chacune indique une période de végétation correspondant très souvent aune année entière;
5° La zone cambiale ;
ti° Une épaisseur très variable de liber secondaire ;
ï° Lorsque la décortication s'est déjà produite un certain nombre de fois, l'assise subéreuse, limitée intérieurement par son assise phellogène.
La couche ligneuse est partagée par des rayons
2e PARTIE.
qui vont depuis la moelle jusqu'à l'assise phellogène. Nous avons décrit plus haut l'origine de ces rayons primaires.
Dans l'intérieur de chaque faisceau, on trouve des bandes parenchymateuses qui s'étendent à la fois dans le liber secondaire et dans le bois secondaire, et que l'on appelle rayons secondaires ou rayons de faisceaux. Ces derniers sont d'autant plus étendus qu'ils se sont formés à une époque moins avancée de la vie du faisceau. L'existence de tous ces rayons et en particulier des rayons secondaires a été considérée pendant longtemps (1798 à 1850) comme caractéristique des végétaux dicotylédones.
Depuis 1850 même, des auteurs importants ont encore eu recours à ce caractère, pour juger du degré d'anomalie de certaines tiges dicotylédonées. Toute cette structure des tiges types des Dicotylédonées peut se schématiser dans les figures que Hugo von Mohl en a données dans son magnifique ouvrage intitulé : De struclut a p Imarum anatomica.
Tige des Dicotylédones anormales. — Dans un certain nombre de Dicotylédones, la structure de la tige, au lieu de conserver la simplicité que nous venons de décrire dans la page qui précède, présente certaines complications que nous croyons devoir indiquer brièvement. Nous résumerons ces anomalies sous divers paragraphes :
1° Dans les Gnétacées, nous trouvons un certain nombre de cercles concentriques formés par des couches alternatives de bois et de liber qui se succèdent en alternant régulièrement du centre à la périphérie. Les cercles ligneux et libériens extérieurs aux premiers sont composés exclusivement d'éléments secondaires. — Cette même disposition se retrouve dans les vieilles tiges de Cycas, et aussi dans les Cycudoxylons de la période houillère.
2° Dans les Bauhmia, les Caulotretus, les Menispermum, on trouve une organisation de la tige qui rappelle celle des Gnetum, mais localisée sur un seul côté de cette tige. De là résultent pour ces tiges des formes en rubans plus ou moins gondolés,
3° Dans les Bryones, nous trouvons, entre l'étui médullaire et la moelle, une couche libérienne très puissante qui est séparée de l'étui médullaire par une zone cambiale plus ou moins épaisse. Ce nouveau genre d'anomalie nous conduit à celle du Tecoma radicans, où la zone cambiale intérieure de la liryone produit fréquemment une couche puissante de bois secondaire entre le liber intérieur et l'étui médullaire. Nous trouvons dans les Solanées, les Asclépiadées, les Composées, des dispositions analogues à celles du Ttcoma radicans, quoique moins accentuées.
4° Dans les Sigillaires et les Poroxylon, ainsi que dans la partie libre des faisceaux foliaires des Cycadées actuelles et de beaucoup de Gnétacées houillères , le système ligneux secondaire intérieur du Tecoma est représenté par do grands vaisseaux scalariformes qui rappellent assez bien les éléments ligneux des fougères. Dans ces plantes le système libérien intérieur est fort peu développé; de plus il est écrase de très bonne heure et transformé en une niasse de parenchyme corné.
5° Dans les Bignonia proprement dits, on voit fréquemment les productions ligneuses secondaires se produire en des points symétriquement disposés du contour de la tige, avec une moindre intensité que sur le reste du contour. Par contre en ces mômes points le liber secondaire acquiert une très grande puissance, de forte que dans la tige très avancée en âge il semble s'enfoncer comme des coins de bois. Fréquemment on a rapporte à cette même anomalie des bignonia celle que
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assise continue, --ans interposition de rayons médullaires primaires ou seconda mente fibreux à parois épaissies que l'on s considérés comme des éléments ligneux à parois secondaires à cause Burtout des gros vaisseaux qu'on j remarque de distance en distance. Au milieu de ctto puissante assise ligneuse, ou remarque «les îlots plus ou moins volumineux, mais toujours bien circonscrits, d'éléments libériens secondaires fort petits et à parois minces.
7° Dans les Artilia. dans les Bégonia, surtout dans les diverses variétés du Bégonia rfi dans bon nombre de Composées, dan- les Ricins, les Ombellifércs, on trouve ;i chaque nœud une sorte de plancher orné de faisceaux abondamment ramifiés qui y forment comme un lacis inextricable. Parfois des faisceaux traversent toute l'étendue des entre-nœuds de et S tiges; mais ils diffèrent complètement des Faisceaux médullaires que nous avons signalés chez les Nyctaginées, en ce que ces faisceaux présentent une structure éminemment variable qui consiste ordinairement en une masse libérienne voisine du centre de la tige, une zone cambiale, et une niasse de bois primaire, cette dernière étant plus extérieure que la zone cambiale. Mais dans l'étendue d'un entrenœud, la structure de ces faisceaux peut varier du tout au tout; certains d'entre eux perdent en effet, dans l'étendue de ce parcours, leur bois, leur liber et même leur zone cambiale; ils ne sont plus alors représentés que par des amas de cellules cristalligènes [Bégonia) ou par de petites glandes résinifères (Aralin).
8° Dans les Calycanthées, on trouve, à l'extérieur du cercle ordinaire des faisceaux de la tige, un certain nombre de faisceaux qui ont leur bois en dehors et leur liber compris entre ce bois extérieur et le liber extérieur du cercle ordinaire des faisceaux.
9° Dans les Crassulacées, on trouve fréquemment, comme dans les Calycanthées, un cercle de faisceaux extérieurs compris entre le cercle ordinaire des faisceaux et la périphérie de la tige. Mais dans la plupart des cas, chacun de ces faisceaux consiste en une masse ligneuse pourvue de trachées, entourée concentriquement par une épaisse couche libérienne.
10° Dans les Sapindacées, on trouve l'organisation que nous avons signalée dans les Calycanthées et dans les Crassulacées; mais chacun des massifs de faisceaux de leur tige peut présenter isolément la structure que nous avons signalée comme caractérisant la tige entière des Gnetum.
11° Dans un grand nombre de tiges aquatiques, comme dans celles à'Hippuris, d'Hottonia, deMyrwphyllum, de Callitrichc, et dans quelques tiges souterraines, comme celles de i'Adoxa, on trouve, au centre de la tige, un mélange de trachées et d'éléments libériens entouré extérieurement par une épaisse couche d'éléments libériens.
12" Dans certaines tiges aquatiques plus dégradées que les précédentes, comme, celle de Ceratophyllum, la région centrale des tiges ordinaires n'est plus représentée que par quelques petits éléments allongés à parois très minces, dans les-
queli de comp
aux élément s précédemmenl