‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 419 sur 534 · TISSUS VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

TISSUS VÉGÉTAUX

TRAGEDIE

<rlobant comme un manchon. Les cambiformes apparaissent n'importe où, dans le tissu fondamental primaire, dans les faisceaux, ou même dans l'épiderme. On dit qu'un cambiforme est double quand il produit simultanément du tissu fondamental secondaire et du liège. \Ln cambiforme est dit p/iellir/u- quand il produit du liège ; il est dit fondamental quand il produit du tissu fondamental secondaire — Un cambiforme peut n'être que phellique ou fondamental.

Le tissu fondamental secondaire peut présenter tous les aspects et tous les caractères que nous avons signalés pour le tissu fondamental primaire. Très fréquemment, par exemple, il se charge de chlorophylle, dont la présence constitue près de la surface de la plante une assise verte que l'on appelait autrefois la couche herbacée ou encore le suber herbacé.

Le liège se montre très généralement comme formé de cellules à sections rectangulaires, à parois minces sèches, fortement imprégnées de matières résineuses et fréquemment colorées en brun ioux. Il est plus rare de trouver les éléments du liège transformés en sclérites par l'épaisn nt d(! leurs parois. Dans certaines conditions spéciales, la conclu- subéreuse peut prendre une très grande épaisseur (chène-liege, orme subéreux, aristoloche subéreuse . Très peu de temps après leur formation, la plupart des cellules subéreuses perdent lent contenu liquide et le remplacent par de l'air e) des matières excrétées, telles que cristaux d'oxalate de chaux, résines, huiles, cellulose. Le liège limite la surface de ton plaies qui se rencontrent dans une plante. Il joue a tous égards le rôle de l'épiderme; c'est, avant tout, un ti-sn protecteur, Dana un petit nombre de cas, les éléments du liège peuvent présenter sur la surface de huis parois des épaississements spirales rappelant beaucoup ceux que nous avons signalés dans les cellules fibreuses.

Dans un grand nombre de plantes, on voit certains éléments se cloisonner comme s'ils allaient produire un cambiforme pbellique. Bn gén irai, le centre du groupe d'éléments qui sont le siège de

ce cloisonnement su dissocie, et il se fur une

lacune ou un canal central. Les cellules qui bordent la cavité (le la lacune, qui sont du liège il après ce qui précède si on leur applique la règle de formation des produits subéreux, au lieu de prend ie l aspect de liège, se transforment en cellules sécrétantes et deviennent l'epithélium sécréteur de la glande dont la lacune est le canal intérieur. Toute glande pourvue de canal a l'origine ci dessus, eu quelque point qu'elle apparaisse chez les végétaux vasculaiies.Les épiil cl.ums sécréteurs des végétaux sont donc des tiï8U> subéreux modifiés. Il y a là un emprunt organique fait par l'appareil excréteur général à l'appareil protecteur.

Dans quelques cas fort peu nombreux, le lô re peut être transformé en réservoir pour les matières alimentaires accumulées par la plante dans son sein. Presque toujours, alors, ce liège dévoyé de son rôle est rejeté, décortiqué, dès qu'il a rempli le rôle accidentel qui lui était assigné. Dans ce cas, c'est l'appareil de ré-erve qui fait un emprunt îi l'appareil protecteur. Quand on y réfléchit, ce cas est beaucoup moins différent de celui qui précède qu'il ne le semble au premier abord, car entre les cellules sécrétantes d'une glande et les cellules de réserve d'un réservoir amylifère, il n'y a d'antre dillérence que la matière spéciale qui s'accumule dans la cellule.

Épioeiiue. — L'épiderme, avons-noas dit. est caractérisé parlecloisonnement deses cellulesqui se fait toujours perpendiculairement à la surface extérieure de la plante. Par suite même de leur situation, les cellules épidermiques ont une paroi

extérieure en contact direct avec l'air. Cette paroi est toujours fortement imprégnée de matières résineuses qui la rendent imperméable. — On désigne sous le nom de cuticule la pellicule que l'on peut détacher de la surface des cellules épidermiques qui ont subi la macération dans l'eau. La cuticule est une membrane ou kyste dont l'épaisseur est très variable selon les plantes et selon les organes. Dans une cuticule, il est possible, à un grossissement considérable, d observer différentes couches d'inégales propriétés: ce sont les couches cuticulaires de l'épiderme.

Les cellules épidermiques émettent fréquemment des prolongements extérieurs que l'on nomme poils. Un poil est dit simple quand il ne comprend qu'une seule rangée de cellules. Il est dit composé dans le cas contraire. Il est dit glanduleux quand il contient une glande ou quand il est en rapport avec une glande. D'après leurs formes, les poils ont reçu différents noms qu il serait trop long d'énumérer et dont beaucoup disent par euxmêmes leur signification, comme poils écailleux, poils peltés, poils en écusson. — La présence des poilsest un des caractères distinctifs de l'épiderme.

Un cambiforme phellique peut se développer dans les cellules épidermiques. On dit alors que l'épiderme est multiple, bien qu'il n'y ait là que le fait du renforcement de l'épiderme par une lame subéreuse.

Parfois les cloisons des cellules épidermiques dirigées perpendiculairement à la surface de la plante se dédoublent, et une ouverture est produite dans la surface épidermique de la plante. 1res fréquemment, ces ouvertures, qui se produisent spontanément et régulièrement dans l'épiderme de certains végétaux, se bordent sur tout leur pourtour de cellules subéreuses qui limitent pour ainsi dire la déchirure produite. Le plus ordinairement, deux cellules suffisent pour limiter chaque ouverture. On désigne sous le nom de stomate chacun des petits appareils que nous venons de décrire. L'orifice a reçu le nom à'ostiole; la dépression qui surmonte l'orifice est l'antichambre, les cellules de bordure sont les cellules itomatiques, la cavité dans laquelle l'ostiole débouche Intérieurement est la chambre stomatique. Les stomates caractérisent l'épiderme au même titre que les poils. Les stomates ont comme rôle •itre directement en rapport l'atmosphère des lacunes de la plante avec l'air. C'est par ces orifices que se fait l'échange de gaz entre la plante et I air, ainsi que la transpiration végétale (V. Végétai .

Certains organes, comme les racines, n'ont jamais d'épiderme. Leur surface est toujours formée par un tissu subéreux. — On nomme pilorhizt le tissu provenant del'cxfoliation delà couche subéreuse superficielle des racines.

Rhytidome. — On désigne sous ce nom l'ensemble des tissus mortifiés qu'une lame de liège détache d'un organe ou isole du reste de l'organe. Par suite même de la mort rapide des éléments subéreux, la partie isolée, se trouvant privée de toute alimentation, ne tarde pas à périr. On appelle exfoliation ou décortication la chute des tissus isolés d'un organe par une couche subéreuse. [C.-E. Bertrand.]

TONNERRE. — V. Foudre.

TOUCHER. — V. Tact.

TRAGÉDIE. — Litteiature et style, III. —Les éléments de la question littéraire qui répond à ce titre se trouvent en grande partie aux articles Dramatique [Genre), Théâtre, Théâtre classique, Corneille, Racine, Voltaire, et aussi à 1 article lie et à l'article Littérature française.

Nous nous bornerons ici adonner une définition, aussi exacte que possible, de la tragédie, et à tracer rapidement l'historique du genre.

TRAGÉDIE

TRAGEDIE

Botranl l'A et demie, I* tragédie Ml « «no pièce do théâtre qui offre nnfl «('111111 Importante, dea p,.r^,. ; . , . iiiuttn i, 'i"' ''st propre I ei Iter la terreur ou la pitié, el qui te termine ordinairement p.ir un événement funeste. ■

L'origine «lu mot, comme il a été Hit, eel rrecquo. l.a trtgédle, c'eet le chant du bouc [tragot, bouc; M ■■. ehai due le chant qui ac-

compagnait le sacrifice du boOC, •iuon, <-< > 1 1 1 m <* l'a

dit Boileau, c»-Uii dont on bone était le prix, l'.t ce terme même ainsi entendu nouH f.iit connaître le caractère primitif, tout religieux, on pourrait dire tout liturgique de la tragédie chez les Crers. Bile fan. :'t ta naissance, partie dea cérémonlea sacrées, elle eal elle même on dea élémenta du mite. ■ 1 h chœur chanté en l'honneur de Hacchus iDIonyeos), dit M. Vapon-au [Dktiotinaire des Util 1 ut m, article - . on monologue,

puis on dialogue |eté dans ce chosnr, pour mieux représenter une action liée à la légende mythologique : voila le chaut du bouc, » voila ce qui va être la tragédie. Peu à peu Hacchus disparaît ; à côte de ta légende mythique il t'en introduit d'autres; les actions des hommes, plus immédiatement Intéressantes que celles des dieux, prennent la place réservée d'abord exclusivement aux personnages divins : le poète, empruntant tea thèmesaux antiques données des traditions nationales, citante les premières luttes des hommes pour la vie, poétisées et symbolisées; il attribuera au destin aveugle les impitoyables effets des forces trop puissantes de la nature; l'activité morale, l'effort énergique des volontés, et des volonl plus hautes, seront mis aux prises avec la fataliié attribuée à l'omnipotence divine; l'homme enfin, et ce sera le dernier progrès, s> ra représenté en opposition avec l'homme lui-moine, et la lutte des passions et des volontés deviendra le dernier et inépuisable sujet du drame, qui de mythique est ainsi devenu humain. Sans parler des poètes plus anciens, dont l'œuvre archaïque et probablement fort rudimentaire n'est pas parvenue jusqu à nous, Eschyle, avec Prométhée; Sophocle, avec Œdipe et Electre ; Euripide, avec Alceste et Iphigénie — nous ne nommons, bien entendu, que quelques types caractéristiques — personnifient dans leur perfection ces trois phases successives de la tragédie chez les Grecs. Elle leur appartient tout entière, c'est une création de leur race et de leur pays, et si, dans leur histoire même, elle s'arrêta en quelque sorte brusquement, après avoir produit ses chefs-d'œuvre, ils peuvent néanmoins la revendiquer comme un genre qui leur appartient et qui n'appartient qu'à eux (V. Grèce, lettres et arts).

Les Romains, au point de vue de la tragédie comme à beaucoup d'autres — V. Latine (Littérature) — n'ont eu que ce qu'on pourrait appeler une littérature de seconde main. Leurs anciens poètes, ceux de la période de formation, Naevius, Ennius, Pacuvius, Attius, ne firent que traduire les poètes grecs; leurs ouvrages sont perdus, d'ailleurs, et nous n'en pouvons juger; les pièces de Sénèque le tragique sont des déclamations d'école plutôt que de vraies pièces de théâtre; notre Corneille cependant y a puisé et peut- être trop puisé.

L'article Tliéâtre montre comment la tragédie s'introduisit chez nous, comme une imitation de l'antiquité, à l'époque et sous 1 influence des poètes savants de la Renaissance. On aurait mauvaise grâce à regretter cette importation étrangère d'un genre qui est représenté par des noms comme ceux de Corneille, de Racine, de Voltaire, et qui lions a valu des chefs-d'œuvre comme le Cid, Cinna, Horace et Polyeucte, comme Britannicus, P/ié//re et Atha/ie, même comme Zaïre et comme Aicrope. Il n'en est pas moins vrai que

lie dasslqnp a toujours ou, mrmo ehor les plus grands poètes (|in l'ont si adm manié* 1 ii se de I

d emprunté, dont le cadre trop étroit a toujours plus l-, •■!,,• qu'il n'a tervl leur génie. Cstt à son

corps défendant que Corneille l'emprisonne IsM

[let des cinq actes et de» tmis Unités, que 11- mêmes n'ont jamais connues, I s'en accommode mieux; mais Voltaire qnl, dans

sa pratique théâtrale, y est encore resté trop I que quoique pai t tout ce que la 11

française avait de convenu el 1 point

m principal mérite tomblait être celui do la

difficulté vaincue. .. C'est, dit-il, une entreprise si

difficile d'assembler dans u

let faire parler en vers français, do ne leur faire jamais dire que ce qu'il* ont dû dire, de ne les f ., i r- ■ entrer et sertir qu'à prO|

n raer dea larmes pour eux, de leur 1 un la1 b tnteur qui ne soit ni ampoulé,

ni familier, il être toujours décent et lonj urs in-

téreaeant, qu'un tel , un pr dl

qu'il faut a'étonner qu'il \ ait en l prodiges de cette esp< 1 1 turalt faire

rituellement le procès au genre. A un point de Mie qui n'est pas exclusivement celui du mérite littéraire, mais qui a bien aussi son impmtanco historique et morale, Il y ■ encore un autre n-prooie i la tragédie classique :

c>-t c lui d a-eir trop loi tourné nos

i, pour la [dus grande gloire de boroe antiques dont nous noua serions fort bien p d'étudier nos propres héros, et de chercher leur h ipiraUon aux bources de notre histoire nationale.

Les autres nations modernes — et nom devrions être jaloux de ce privilège — n'ont pas cherché hors d'elles -mêmes le sujet de leurs grandes œuvres dramatiques, ou elles ne Tout fait qu'accidentellement; et c'est ainsi que leur théâtre a pu devenir sans effort un incontestable élément de leur nationalité, au besoin une école de patriotisme; notre théâtre classique, si grand qu'il soitr n'en est pas là, surtout quant à la tragédie ; tout au moins celles des œuvres nationales qu'ont essayées de temps à autre quelques poètes de bonne intention ne sont, malheureusement, pas parmi les meilleures. Ni les Duguesclin, ni les Bayard n'ont encore trouvé un interprète dramatique digne de leur mérite et de leur gloire, et il a fallu qu'un étranger, un Allemand, mit sur la scène notre Jeanne d'Arc.

Les chefs-d'œuvre de la tragédie française et les poètes auteurs de ces chefs-d'œuvre sont étudiés à part dans ce Dictionnaire ; on trouvera également, à l'article Littérature française, des renseignements très suffisants sur les écrivains d'ordre secondaire qui, de Jodelle à notre temps,, ont alimenté le répertoire tragique de nos grands théâtres. Nous n'avons pas à y revenir ici. Aussi bien, d'ailleurs, est-ce dans ces poètes secondaires qu'à part quelques heureuses exceptions on sentirait le mortel ennui qui s'attache comme naturellement à des œuvres toutes de convention et de tradition d'école ; où, sous des noms différents, on retrouve les mêmes situations, les mêmes sentiments, exprimés dans une même langue vague, incolore, pompeuse, et qui semble de parti prisse défendre de toute personnalité et de toute originalité. Nos libertés modernes ont fini par faire bonne justice d'une tradition qui n'a pas duré moins de deux siècles ; nos poètes les plus classiques d'aujourd hui n'acceptent les anciennes règles qu'autant qu'elles leur paraissent convenir au développement normal de leurs données, et nous ne leur demandons plus de se conformer à la poétique d'Aristote, mais de nous émouvoir, de nous élever, de nous instruire par tous les moyens

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