‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 496 sur 534 · ASSOCIATION DES IDÉES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DES IDÉES

par un centimètre cube de la ligueur d 'cime salée. Voici maintenant comment opèrent les essayeurs

de la monnaie!. On dissout dans l'acide azotique pur 1KM1J d'argent monnayé : au titre de 0sr,v.'7, pour 0tr,900, H doit s'y trouver I gramme d'argent pur. On précipite avec un décilitre de liqueur normale et on laisse déposer le précipité. Dans la liqueur surnageante et claire, au moyen d'une pi pette graduée en centimètres cubes, on verse trè« doucement et le long des parois quelques gouttes de liqueur décime salée ; s'il reste de l'argent non précipité, la liqueur se troublera; dans ce cas on agite de nouveau et on laisse reposer, puis on continue ; supposons qu'un deuxième, un troisième centimètre cube de la liqueurdécime salée troublt encore le liquide surnageant, et qu'un quatrième ne le trouble plus, c'estque ladissolution contenait, en plus du gramme d'argent, plus de 3 et moins de 4 milligrammes.

Supposons, au contraire, que la pièce était fausse, et que le poids dissous ne contenait pas un gramme d'argent pur : on neutralise alors la liqueur salée qui n'a pas agi, par la liqueur décime d'argent dont chaque centimètre cube précipité indiquera 1 milligramme d'argent en moin3.

Métallurgie de l'argent. — Les minerais d'argent natif sont traités par la méthode dite d'amalgamation, les minerais argentifères par celle de fusion. L'amalgamation s'emploie en Amérique et en Saxe ; elle exige GOi) kilogrammes de mercure pour 100 kilogrammes d'argent.

Les minerais mexicains, composés surtout d'argent pur et de sulfure d'argent avec des traces d'arsenic et d'antimoine, sont d'abord cassés à la main, puis triés et broyés dans des bocards appelés molinos, puis transformés en une véritable bouillie | ar des meules dites arrastres mues par des mulets. La matière est ensuite étendue sur des tO"vtes de 15 à 18 mètres de diamètre, puis desséchée comme une boue solide ; c'est alors que commence le traitement chimique. La masse est humectée, puis mélangée à 3 ou 4 pour 10» de sel commun ; des mules ou des chevaux la piétinent, et après cinq ou six jours on y ajoute du magistral, pyrite de cuivre et de fer renfermant 8 à 10 pour 10» de sulfate de cuivre; on traite ensuite par le mercure, qu'on force à tomber goutte à goutte en le filtrant à travers du drap grossier. L'amalgame moulé en briques de 15 kilogrammes est envoyé à la distillation. Le mercure volatil est séparé de l'argent per descensum, c'est-à-dire par distillation de haut en bas. L'argent obtenu est boursouflé et contient encore du mercure ; on l'appelle argent pina. Ou arrive à recueillir presque tout le mercure.

Méthode de fusion. — Dans ce procédé on divise les minerais et on les lave, puis on les brosse avec du plomb fondu. Ce métal s'allie facilement à l'argent qui se trouve de cette façon séparé des autres matières ; on sépare ensuite l'argent du plomb par la coupellation : le plomb transformé en litliarge est absorbé par la coupelle, l'argent reste. La litliarge est vendue à un prix supérieur à celui du plomb.

La production annuelle de toutes les mines du monde actuellement exploitées représente une valeur de plus de 40 millions de francs; les mines d'Amérique en fournissent plus de 14 quinzièmes.

Usages de l'argent. — Les usages de l'argent sont aujourd'hui encore plus nombreux qu'autrefois et, plus importants. D'une pari l'usage de la vaisselle d'argent s'est répandu considérablement, et d'autre vpart l'argenture a pris des développements extraordinaires depuis l'invention de la galvanoplastie *. L'art delà photographie, qui s'est si prodigieusement développé depui quelques années, consomme aussi une grauue quantité d'ar-

gent à l'état d'azotate; enfin, comme nous l'avons dit plus haut, la médecine utilise l'azotate d'argent non seulement comme caustique à l'état de pierre infernale, mais aussi sous forme de di solutions étendues : il est vrai d'ajouter que la consommation de l'argent sous cette forme est excessivement restreinte. [Alfred Jacquemart.]

ASSOCIATION DES IDEES. — Psychologie, X. — Les idées qui apparaissent à tout moment dans l'esprit ne s'évanouissent pas à jamais : elles semblent avoir une énergie persistante, Lire effort pour remonter à la pleine lumière de la conscience, et lorsque les perceptions nouvelles n'occupent pas toute notre attention, elles reviennent en effet avec une intensité parfois très vive. Bien plus, elles s'attirent en quelque sorte les unes les autres, et dès qu'un souvenir émerge, il entraîne avec lui tout un cortège de phénomènes dont la série sans fin tend à se dérouler dans l'intelligence. Ainsi, en ce moment môme, nous pensons au Dictionnaire auquel est destinée cette étude : l'idée de pédagogie éveille celle des réformes récentes introduites dans l'enseignement ; le mot de réformes nous rappelle la Révolution française, et aussitôt nous nous représentons .Mirabeau remplissant de son éloquence la salle de l'Assemblée constituante ; de Mirabeau nous passons à Démosthènes, à la Grèce, aux ruines du Parthénon , et les évocations se poursuivraient si, par un effort de volonté, nous ne ramenions notre attention au sujet qui doit nous occuper. Tantôt nous voyons nettement tous les ternies intermédiaires qui nous ont conduits d'une pensée à une autre, tantôt quelques-uns nous échappent; mais alors un peu de réflexion nous ferait certainement retrouver toute la filiation. Le phénomène que nous venons de décrire a reçu le nom d'association des idées.

Remarquons tout de suite que le mot « idée » est impropre ou qu'il faut lui donner le sens large que Descartes attribuait au terme « pensée ». En effet, ce ne sont pas seulement les phénomènes intellectuels qui ont la propriété de s'appeler ainsi l'un l'autre ; tous les faits psychologiques présentent la même aptitude : les émotions, les volitions s'associent, soit entre elles, soit avec les idées proprement dites : on peut expliquer ainsi certaines sympathies ou antipathies que l'on est souvent porté à considérer comme instinctives. Voyons-nous pour la première fois un étranger dans un moment où nous sommes péniblement affectés, c'est assez pour que cette personne nous paraisse désormais fâcheuse. Au contraire, un trait, un défaut même nous rappelant un être cher suffit pour nous rendre un nouveau visage agréable. Les femmes louches plaisaient à Descartes, parce qu'il avait aimé dans sa jeunesse une personne louche.

Si l'on s'observe attentivement, on découvre aisément suivant quels rapports les faits psychologiques se lient les uns aux autres. Deux idées s'associent: 1° lorsqu'elles se sotit trouvées réunies simultanément dans la conscience ou lorsqu'elles se sont immédiatement succédé (loi de co?itiguïté) ; 2° lorsqu'elles présentent quelques points de ressemblance ou de dissemblance {loi de ressemblance . Des philosophes ont essayé de ramener ces deux lois l'une à l'autre. Cette réduction parait impossible, car deux faits peuvent se présenter simultanément ou successivement dans l'intelligence sans offrir de similitude ou de différence remarquable, et il arrive très fréquemment, que la pensée d'un objet éveille la pensée d'un objet semblable ou dissemblable, alors même que les deux pensées n'ont pas encore été juxtaposées dans l'esprit.

Cependant nos idées ne se relient pas seulement suivant les rapports que nous venons d'in-

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