‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 80 sur 534 · LIQUIDES · texte numérisé non relu

LIQUIDES

LIRIOÏDEES

double ou le triple de son volume primitif. Les mêmes expériences ont été faites avec l'alcool, avec l'eau, et elles ont conduit aux mêmes conséquences. Ce n'est pas tout : la même stabilité du groupcment moléculaire dans les liquides se montre encore quand on abaisse leur température jusqu'au degré habituel de leur solidification. Ainsi, en évitant tout choc, tout ébranlement, et surtout en empêchant le contact d'un cristal de glace, on a pu faire descendre l'eau pure à 10" au-dessous de zéro, sans amener sa congélation. Un résultat analogue a été obtenu avec le soufre et le phosphore. En prenant les précautions convenables, celui-ci demeure liquide indéfiniment à la température ordinaire.

Voici donc un autre point établi : Uétat liquide représente un équilibre moléculaire dune grande stabilité.

Les caractères de la liquidité sont, on l'a dit ailleurs — V. Hydrostatique, Equilibre, Capillarité, Archimède (principe d'j — 1" une mobilité très grande des molécules, qui fait qu'un liquide prend très exactement, et dans tous. les cas, la forme du vase qui le contient; '1° l'absence de frottement entre les molécules du liquide qui glissent l'une sur l'autre ou entre ces mêmes molécules et les parois des corps solides le long desquelles elles se déplacent. Le principe de Pascal, les conditions d'équilibre des liquides pesants sont les conséquences mêmes de cette extrême mobilité. Nous n'insisterons pas sur ce point, puisque ces questions ont été traitées ailleurs. Nous ferons toutefois remarquer que cette mobilité des particules liquides n'est pas aussi parfaite qu'on serait porté à le supposer tout d'abord. Il existe toujours pour ce genre de corps une certaine viscosité qui, dans bien des cas, n'est pas négligeable, et qui, d'ailleurs, change très notablement de valeur quand on passe d'un liquide à un autre. Ainsi l'éther et l'alcool pur ont moins de viscosité que l'eau; celle-ci en a moins que l'acide sullurique, etc.

Un autre caractère des liquides sur lequel nous insisterons un peu plus, c'est que leur compressibilité est très faible ; elle est intermédiaire entre celle de^ solides et celle des gaz, plus grande que celle des solides, beaucoup plus faible que celle des gaz. Pendant longtemps, on a même cru qu'elle n'existait pas, et on donnait des liquides cette définition : ce sont des fluides incompressibles. C'est une erreur. Les expériences des académiciens de Florence, de Canton, de Perkins, d'OErsted, de Regnault ne peuvent plus laisser de doute sur ce point : tous les corps de la nature, quel que soit leur état, diminuent de volume quand on exerce sur eux une pression mécanique. Nous décrirons ici sommairement les expériences d'OErsted, qui sont devenues classiques, parce qu'elles présentent une très grande netteté dans leurs résultats.

OErsted plaçait le liquide qui devait être soumis à l'expérience dans une sorte de thermomètre en verre à large réservoir. Le tube de diamètre étroit qui surmontait ce réservoir était divisé en parties offrant des capacités égales, et le liquide en question se trouvait séparé du milieu ambiant par une bulle de mercure remplissant la fonction d'un index. La position de la bulle indiquait le volume occupé par le liquide avant qu'aucune pression étrangère ne s'exerçât sur lui. On introduisait cet appareil, nommé piézomètre,ùa.ns, un grand cylindre en verre à parois épaisses, rempli complètement d'eau et surmonté d'une pompe qui permettait d'exercer sur l'eau une pression allant jusqu'à G ou 8 atmosphères. La pression était d'ailleurs mesurée exactement à laide d'un petit manomètre à air comprimé qui se trouvait adapté au piézomètre. Le manomètre dont il s'agit consistait tout simplement en un tube de verre vertical, plein d'air, fermé par le haut et ouvert par le bas. Dans

ces conditions, l'eau, en montant dans le tube, fournissait, par la réduction de volume de l'air, la mesure de la pression.

On faisait fonctionner la pompe. L'eau dans laquelle le piézomètre était plongé recevait et transmettait intégralement la pression reçue par le liquide que ce piézomètre contenait. Ledit liquide se comprimait à son tour et sa diminution était rendue sensible et mesurable par la marche de l'index de mercure. On avait donc, d'une part, la diminution de volume du liquide mis en expérience, et, d'autre part, par l'indication du manomètre, la pression exercée. Il ne restait plus qu'à déduire de là, par un calcul fort simple, la réduction deiolume que subissait l'unité de volume du liquide employé pour une pression d'une atmosphèie, ce qu'on a appelé le coefficient de compressibililé du liquide. Une correction était indispensable. Il est évident que ce que l'on observait directement dans le piézomètre, c'était, non pas la diminution absolue de volume du liquide, mais bien sa compressibilité apparente. Car le réservoir de verre se comprimait tout aussi bien que le liquide emprisonné, puisqu'il était soumis à une pression identique. Il fallait donc, pour arriver au résultat vrai, ajouter, à la compression apparente observée, la diminution réelle de volume du réservoir vitreux. Celle-ci était connue à l'avance ; la correction reconnue nécessaire devenait donc facile à introduire dans le calcul.

On a ainsi obtenu pour la valeur du coefficient de compressibilité des liquides ci-après les nombres suivants :

Eau à 11° 48 millionièmes.

Eau à0° 58 id.

Alcool à ;° 83 id.

Ether à 0° Ut id.

Mercure à 0" 4 id.

On remarquera que la compressibilité de l'eau décroît à mesure que la température s'élève. On remarquera, en outre, ce qui dans la pratique a bien son importance, que le coefficient de compressibilité du mercure est extrêmement faible.

Quant à la propriété qu'ont les liquides d'être élastiques, nous n'avons pas à y insister. La faculté qu'ils possèdent de propager le son en est la preuve évidente. (V. Acoustiaue.) [A. Boutan.]

LIRIOÏDÉES. — Botanique, XIV. — Etym. : Le mot Lirioïdées a été crée" par Brongniart pour désigner les Liliacées et les plantes qui s'en rapprochent le plus.

Brongniart a réuni dans la classe des Lirioïdées plusieurs familles naturelles de végétaux monocotylédonés dont les représentants actuels ont entre eux la plus grande affinité. Tous, par exemple, présentent des fleurs à symétrie ternaire, un périanthe double corollin, composé de six pièces.

Nous prendrons, comme type de la classe des Lirioïdées, la famille des Liliacées; et, par comparaison, nous ferons connaître les caractères des familles les plus importantes de cette classe.

Le nom de Liliacées vient du latin lilium, qui signifie lis.

Caractères botaniques des Liliacées. — La graine des Liliacées présente, de dehors en dedans : 1° un tégument séminal généralement dur, crustacé, fortement coloré en brun ou en noir, et composé presque exclusivement de parenchyme corné; 2° un albumen corné, constitué surtout par de la cellulose, et une petite quantité seulement de matières aleuriques ; -i° un embryon très petit, dont le cotylédon unique, à l'époque de la germination, demeure longtemps enfermé dans l'enveloppe séminale pour absorber tout 1 albumen.

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LIRIOIDKKP

Les racines dos Liliacées sont ci i t < "i fascîcnlées ;

elles soin grêles, cylindriques, peu ramifiées ; elles naissent de la partie la plus inférieure de la tige ; elles sont d'autant plus jeunes qu'elles naissent plus haut sur cet organe.

La tige des Liliacées peut présenter de très grandes variations ; elle est bulbeuse dans les Us, les tulipes, les jacinthes, les oignons; sa partie souterraine forme un rhizome dans les asperges, le sceau de Salomo?i, le muguet; sa partie aérienne est volubile et grimpante dans les taisepareilles; elle est transformée en expansions foliacées désignées sous le nom de cladodes dans le petit houx (fragon) ; dans un petit nombre d'exemples seulement cette tige devient arborescente-ligneuse (dragonnier, yucca).

Les feuilles sont généralement sessiles, entières, planes, assez épaisses et à nervures toutes parallèles; sur les parties souterraines de la tige, les feuilles normales, que nous venons de décrire, sont remplacées par des écailles charnues incolores, plus ou moins développées. Ces feuilles, comme la tige qui les porte, sont souvent le siège des principes actifs que contiennent ces végétaux : tous fournissent un latex incolore.

L'inflorescence est tantôt une grappe comme dans les jacinthes, tantôt une cyme comme dans les lis. Dans un petit nombre de genres, les fleurs sont solitaires et terminales (ex. : tulipe).

Chaque fleur présente cinq verticilles formés chacun de trois pièces; les pièces des deux premiers verticilles, pétaloides, plus ou moins adhérentes entre elles, forment le périanthe (entièrement libres : lis, — adhérentes : jacinthe). Les deux verticilles suivants constituent Yandrocée, dont les six étamines libres (lis), ou à filets soudés à leur base avec le périanthe (jacinthe), ont des anthères oscillantes introrses. Au centre de la fleur on trouve le gynécée ou cinquième verticille; ce dernier présente un ovaire supère à trois loges, formé de trois carpelles adhérents entre eux, et surmonté d'un style terminé par trois stigmates. Dans l'épaisseur des cloisons des carpelles, on trouve des glandes ou nectaires sécrétant une liqueur sucrée qui a pour mission d'attirer les insectes et de favoriser la fécondation croisée. On désigne parfois les nectaires des Liliacées sous le nom de glandes septales, à cause de leur position {septa signifie cloisons). Après la fécondation, le gynécée se transforme en une capsule triloculaire polyspermeà déhiscence loculicide. Un petit nombre de Liliacées remplacent la capsule sèche dont il vient d'être question, par des baies vivement colorées dont la région charnue est fort appréciée de certains oiseaux frugivores.

En s'appuyant sur des considérations tirées de la déhiscence des fruits, de l'adhérence de la corolle avec les étamines, et de la consistance de la tige, M. Van Tieghem classe les Liliacées comme il suit :

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