‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 79 sur 534 · LIQUIDES · texte numérisé non relu

LIQUIDES

Observation. — Ce problème est précisément relui qui est énoncé dans les ouvrages classiques sous cette forme bizarre : partager une droite en 7/Wf/enne et extrême raison.

Il sert à inscrire le décagone régulier dans un cercle ; car on démontre que le côté du décagone <>st la plus grande des deux parties du rayon partagé en moyenne et extrême raison.

[G. Bovier-Lapierre.]

LIGUES. —Histoire générale, XXXIX-XL ; Histoire de r'rance, XXXVIII-XL. — On désigne, sous ce nom, soit une confédération permanente entre plusieurs villes ou Etats, constituant un véritable organisme politique régi par des lois particulières ; soit une association formée par des particuliers •Mi vue d'une lutte politique ou religieuse ; soit encore une alliance temporaire entre des souverains ou des Etats ; dans ce dernier cas, on emploie aussi les mots d'alliance (la Triple Alliance, ii Sainte- Alliance, la Quadruple Alliance) ou de de coalition.

Parmi les ligues de la première catégorie, nous citerons la Ligue achéenne et la Ligue italienne [V. Grèce, p. 907-908) ; la Ligue lombarde, (V. Communes, p. 466, et Italie, p. 1075) ; la Ligue hunséatique (V. Allemagne, p. 95, et Communes, p. 471) ; la Ligue suisse, formée d'abord de trois, puis de huit, et plus tard de treize cantons (V. Suisse) ; et les trois Ligues grisormes, qui s'appelaient la Ligue Caddée ou de la Maison-Dieu, la Ligue Gnse, et la Ligue des Dix Juridictions ou des Die Droitures (V. Suisse.)

Au nombre des ligues de la seconde catégorie, l'histoire mentionne en particulier la Ligue du Bien puldic, formée contre Louis XI (V. Louis XI) ; la Ligue de Smalkalde, formée en 1530 par les protestants d'Allemagne (V. Charles-Quint et Réforme) ; la Sainte- Li(,ue, qui joua un si grand rôle dans les guerres de religion, sous les règnes d'Henri III et d'Henri IV (V. Henri [II, Henri IV) ; et dans notre siècle, les associations formées en Angleterre pour obtenir l'abolition des droits d entrée sur les céréales et la réforme électorale, sous les noms d'Anti-Comlauj League, et de lieform League.

Enfin, parmi les simples alliances ou coalitions, citons la Ligue de Cambrai et la Swnte- Ligue, formées toutes deux à l'instigation du pape Jules II, (V. Guerres d'Italie et Louis XII), et la Ligue d'Augsbourg au dix-septième siècle (V. Louis XIV).

L1LIACÉES. — V. Lirioïdées.

LIQUIDES. — Physique, VI. — La liquidité représente un état particulier de la matière. Toutes les substances minérales et un grand nombre de matières d'origine organique sont susceptibles, sous certaines conditions, de devenir liquides et de conserver cette forme entre des limites déterminées de température, limites variables d'ailleurs d'un corps à un autre. Ainsi, le soufre est liquide entre 111° et 400°; le mercure, entre — 40" et 350° ; le phosphore, entre +44°, 2 et 250°, etc., etc. Certains corps simples ont pourtant leur tempéraiure de volatilisation si voisine de celle de la fusion qu'il est impossible de les obtenir fondus sous la pression ordinaire ; ils se réduisent en vapeur avant de devenir liquides. L'arsenic et l'iode sont dans ce cas; mais il suffit de les placer en vase clos, dans un tube de verre difficilement fusible, tube que l'on a soin de fermer hermétiquement aux deux bouts, pour que, par une élévation convenable de température, la liquidité de ces corps se produise et se maintienne. Quant aux substances organiques à composition très complexe, telles que la cellulose, l'amidon, le gluten, etc., l'élévation de température n'a

d'autre effet que de les faire se décomposer en produits plus simples. Le bois que l'on chauffe en vase clos ne fond jamais ; mais ses éléments s'associent de façons diverses et engendrent par un groupement nouveau certains produits volatils : l'acide pyroligneux, l'esprit de bois, etc. Quant aux substances qui sont gazeuses à la température ordinaire, l'acide carbonique, l'oxygène, l'azote et même l'hydrogène, il est aujourd'hui parfaitement établi par les dernières expériences de MM. Cailletet et Pictet qu'elles sont toutes sans exception liquéfiables. Ce n'est plus qu'une question de pression et de température.

Voilàdoncun premier point établi: sauf un petit nombre d'exceptions, tous les corps sont capables d'affecter la forme liquide. Le charbon, il est vrai, n'a pu être encore fondu, mais il est susceptible de se dissoudre dans la fonte de fer, et c'est bien là en somme un genre de liquidité.

Maintenant, l'état liquide représente-t-il une forme bien stable de la matière? un liquide ne tend-il pas plutôt à abandonner cet état, qui ne serait que transitoire, pour se convertir en vapeur ou en gaz à la faveur d'une évaporation continue? Il y a lieu ici de faire une distinction. Oui, toutes les fois que le corps liquide est, par une surface libre, en contact avec le vide (si nous pouvons nous servir de cette forme de langage], ou avec un gaz non saturé de sa vapeur ; oui, dans ces conditions, la forme liquide n'est que transitoire, le groupement moléculaire qui lui correspond n'offre aucune stabilité, le liquide se gazéifie de lui-même et d'une manière continue jusqu'à ce que, dans l'espace vide dont il vient d'être question, ou dans le milieu gazeux qui touche la surface libre, la vapeur formée ait acquis une force élastique égale à la force élastique maxima qui convient à la température de l'expérience. Au contraire, l'équilibre moléculaire est d'une stabilité remarquable à partir du moment où la condition précédente relative à la force élastique de la vapeur est réalisée ; cette persistance, pour ainsi dire indéfinie, de l'état liquide est en outre manifeste quand le corps n'a pas de surface libre. Citons des exemples. Une goutte d'eau est in troduite à l'aide d'une pipette dans un mélange d'huile de lin et d'essence de girofle qui, à la température où l'on opère, a la même densité que l'eau elle-même. Cette goutte reste alors librement suspendue au sein du mélange comme un aérostat dans l'atmosphère. De plus, par son mode de suspension, elle n'est en contact, par aucun de ses points, ni avec un solide toujours recouvert d'une mince couche gazeuze, ni avec un espace vide; elle n'a pas, en d'autres termes, de surface libre dans le sens que nous avons attribué à cette expression. Eh bien, on peut chauffer cette eau par l'intermédiaire du liquide qui la baigne jusqu'à 110, 120, 150° sans que la goutte d'eau se réduise en vapeur. Dans l'une des expériences dues à M. Dufour, de Lausanne, on a même pu chauffer la goutte d'eau jusqu'à 178°, et, alors que la force élastique de la vapeur d'eau correspondante à cette température était de plus de 8 atmosphères, la goutte est restée liquide sans trace de vaporisation.

Autre expérience, et celle-ci est de Cagnard- Latour et de Drion. L'éther sulfurique, sous la pression ordinaire, bout à -35° ; mais si on le place dans un tube clos, de diamètre étroit et à parois suffisamment épaisses pour résister à la pression intérieure de la vapeur qui va se former, on constate que cet éther peut conserver la iorme liquide à des températures bien supérieures à celles de l'ébullition normale. Drion a reconnu que la liquidité de l'éther se maintient jusqu'à 19(1° environ ; à partir de cette température, il se réduit totalement en vapeur dans un espace qui n'est que le

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