‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 385 sur 593 · CONRAD · texte numérisé non relu

CONRAD

avant les lettres de flexion la syllabe iss : Je fleurissais, je languissais, j'attendrissais. Cela forme deux conjugaisons distinctes des verbes en ir, et non des verbes irrcguliers et des verbes réguliers. » {Hist. de la langue fr., I, 121.)

Le système de la conjugaison française se retrouve, avec quelques variantes, dans les autres langues romanes, mais celui des langues germaniques en diffère notablement. Là on trouve deux systèmes distincts : celui de la conjugaison faible ou nouvelle, qui ajoute au radical invariable tiré de l'infinitif les diverses terminaisons des temps simples ; celui de la conjugaison forte ou ancienne, qui caractérise les temps par l'apophonie ou la modification delà voyelle du radical [['umlaut des allemands).

Voici les exemples de deux verbes, en allemand et en anglais, lun de la conjugaison faible, l'autre de la conjugaison forte :

Inf. pr. :

Part. pr. :

Part, passé Ind. pr. :

Imparfait :

loben, louer.

la ! fend.

: geloht.

Ich lobe,

du lobst, etc.

Ich lob te, du lobtest, etc.

sprechen, parler.

sprechend.

gesprochen.

Ich spreche,

du spric/ist, etc.

Ich sprach,

du sprachst, etc.

Inf. pr. : fo /oue, aimer. ^) r/ù'c, donner.

Part. pr. : loving. giiu?i'/.

Part, passé : loved. giren.

Ind. pr. : I love, I gire,

thou lovest, etc. thou givest, etc.

Imparfait : / loved, I gave,

thou lovedst, etc. thou gavest, etc.

Les terminaisons sont d'ailleurs peu nombreuses et bien moins variées qu'en français.

L'allemand a trois verbes auxiliaires : htben, avoir, sein, être, et werden, devenir. Ce dernier joint à l'infinitif sert à former le futur et le conditionnel et, joint au participe passé, il forme la voix passive.

L'anglais a, outre les deux auxiliaires to hâve, avoir, et to he. être, les verbes to shall, devoir, et to will, vouloir, qui joints à l'infinitif servent h former les futurs et les conditionnels.

Ces indications très générales n'ont d'ailkurs pour objet que de faire comparer les deux systèmes de conjugaison dans leurs caractères généraux, et non d'en donner une connaissance complète, ce qui est l'œuvre propre des grammaires.

La conjugaison dans les exercices scolaires. — Un des abus les plus fréquents dans les écoles est celui des conjugaisons écrites. Condamné bien souvent, il se maintient parce qu'il permet d'occuper l'élève assez longtemps et que ce devoir est bientôt trouvé et dicté. Que de fois un maître, embarrassé pour un devoir de grammaire, jette à sa classe ces mots : « Vous conjuguerez tel verbe (en er le plus souvent) », et voilà tout le monde au travail. Mais h ce travail fastidieux, à cette suite monotone de formes dont beaucoup ne sont pas d'un usage courant, les élèves n'apportent aucun soin, et les fautes fourmillent. Que de fois on trouvera un verbe de la 4" conjusjaison, comme mettre ou perdre, avec un passé défini ou un imparfait du subjonctif semblables à ceux dos Terbes en er! Les conjugaisons des temps simples constituent seules un exercice utile, et pour que l'élève "jompare les formes, se rende compte des terminaisons, il faut lui donner plusieurs verbes à conjuguer à un même temps, ou mieux encore à faire entrer dans des phrases courtes avec tel ou tel sujet. Puis il importe de prendre ces verbes parmi ceux qui désignent des actes familiers à

l'enfant et qui peuvent alors entrer dans son usage courant. Les formes des exercices peuvent être très variées, si le maître sait choisir dans les lectures les verbes intéressants qui s'y présentent, pour en expliquer le sens et en faire étudier l'orthographe aux divers temps. < [B. Berger.]

Ouvrages à consulter. — Brachet, Grammaire historiqui; rff la languit française (Hetzel); et Nouvelle grammaire française (Hachette) ; — Chabaneau, Histoire et théorie de la conjugaison française; — Ayer, Grammaire comparée de la langue française; — B. Berger, Cours de langue française (degré supérieur) ; — A. Chassang, Nouvelle grammaire française (cours supérieur).

CONNAISSANCES USUliLLES. — Nous réunissons sous ce titre un certain nombre de connaissances qui, sans appartenir rigoureusement à une science déterminée, font partie des premières et indispensables notions que lenfant doit recevoir dans la famille ou à l'école (V. le même mot dans la P* Partie).

A proprement parler, un programme complet de ces Connaissances usuelles embrasserait toutes les études primaires. Voici, du moins, les sujets principaux auxquels nous consacrons des articles distincts, sauf à renvoyer, pour l'étude plus méthodique et plus approfondie de la même matière, aux articles des différentes sciences auxquelles elle se rattache :

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