I. DÉRIVATION NOMINALE
Les substantifs et les adjectifs dérivés se tirent de substantifs, de verbes ou d'adjectifs au moyen de suffixes : cerisier de cerise, passage de passe)', bonté de bon; mais la dérivation peut aussi avoir lieu sans le secours de ces terminaisons, comme dans cri de crier; c'est ce qu'on appelle dérivation ijyjpropre.
A. f érivation impropre (sans l'aide de suffixes).
Les noms de cette catégorie peuvent être tirés directement du radical verbal ou de l'une des formes nominales du verbe, savoir : Vinfimtif, le participe présent et le participe passé.
On appelle substavtifs verf/aaxlcs noms formés du radical verbal pur ou avec l'adjonction d'un e muet servant à rendre sonore la consonne finale, comme aboi de aboyer, galop de galoper, soutien de soiiteinr, offre de offrir, etc. Ces substantifs verbaux sont presque tous des noms abstraits.
La langue emploie rarement aujourd'hui Yinfinitif comme substantif, par exemple Vavenir. le boire, le repentir, etc. Mais un certain nombre d'infinitifs sont devenus de vrais substantifs, qui peuvent s'employer au pluriel, comme le devoir, le déjeu'icr, le sourire, etc. Tous ces mots sont du genre masculin.
Les noms tirés du participe présent sont : 1° des adjectifs ou des noms de personnes du genre
[G. Meissas.
masculin, qui ont quelquefois un correspondant féminin en ante : charmant, e; le moumnt ; 2° de» noms de choses et des noms abstraits du genre masculin : l'aimant, le pejichant.
Les noms formés du participe passé sont : 1* des substantifs masculins, comme un fait, un réduit, participes passés de faire, réduire;o\x féminins, et alors ils se distinguent par la terminaison féminine e ajoutée aux participes passés, comme la durée, la pensée, la sortie, la découverte, etc. ; 2" des adjectifs, comme poli, fleuri, connu, absolu, etc.
B. Dérivation propre (à l'aide de suffixes).
Les suffixes nominaux peuvent se classer difîéremmcnt, selon que l'on considère : 1" la valeur des mots qu'ils servent à former, substantifs ou adjectifs, noms de personnes ou noms de choses, noms concrets ou noms abstraits ; 2° la forme de la dérivation, la base pouvant être verbale ou nominale. Quand la base est verbale, les suffixes s'ajoutent au radical du verbe, qui se trouve toujours pur au participe présent; ainsi, croître a pour radical la forme croiss, d'où croiss-ance. Les mots dérivés des verbes en ir qui se conjuguent sur finir ont pour base le radical allongé du participe présent, par exemple : polir, poliss-ant, d'où poliss-eur, poliss-oir, poliss-ure.
Certains suffixes peuvent servir à plusieurs usages ; ainsi âge a pour base un substantif (esclavage) ou un verbe (chauff-açe), et il sert à former non seulement des noms abstraits, mais aussi des noms concrets {yiU-age) ; ier produit à la fois des adjectifs (fruit-fer) et des substantifs, soit noms de personnes (cheval-ier), soit noms de chose» (sucr-i'er).
La classification suivante tient compte de ces divers points de vue.