‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 4)Chapitre 453 sur 593 · EAUX AGRICOLES · texte numérisé non relu

EAUX AGRICOLES

Bohème) doivent leur action à une assez forte proportion de sulfate de magnésie.

Les eaux sulfureuses sont nombreuses en France. Elles contiennent de l'acide sulfhydrique ou des sulfures alcalins et se distinguent par leur odeur d'œufs pourris.

Let eauK de Bagnères, de Luchon, de Barrges. ^ù l'aulerets, à' Eaux-Bonnes, de Saint -Sauveur, r.'l.ï:.dVl???c7;>-/i?5-/>ams, c'est-à-dire toutes les eaux thermales des Pyrénées, sont des eaux sulfureuses naturelles.

Les eaux connues d'Aix-la-Chapelle, à'Uriage (Isère, à'Aix en Savoie, contiennent accidentellement de l'acide sulfhydrique. C'est le résultat de la formation de sulfures de calcium ou de sodium par l'action désoxydante de matières organiques sur les sulfates de ces métaux ; l'acide carbonique produit ensuite la décomposition de ces sulfures en donnant naissance h un dégagement d'acide sulfliydrique (d'après Wurtz).

Eau de mer. — C'est une eau, tout le monde le sait, très riche en chlorure de sodium (sel marin, sel de cuisine).

Mais elle contient en outre du sulfate de magnésie, des chlorures de potassium et de magnésium, des quantités très appréciables d'iodure et de bromure, et même des traces d'arsenic à l'état d'arséniate. Toutes ces substances contribuent à lui donner sa saveur et son action sur l'économie.

Au reste, la composition des eaux minérales et par suite de l'eau de mer qui les reçoit toutes, est loin d'être complètement connue. Grâces aux nouveaux procédés d'investigation ouverts par l'analyse spectrale fV. Spectre), on a pu découvrir dans certaines eaux, telles que celles de Bourbonne-les- Bains, considérées comme peu minéralisées, des substances dont on n'y soupçonnait pas la présence : la strontiane, la lithine, et deux nouveaux métaux, le césium et le rubidium.

[A. Jacquemart.]

EAUX AGRICOLES. — Agriculture, IV. — L'eau est nécessaire à tous les animaux pour que la fonction dont chacun de leurs organes est chargé s'accomplisse, et pour que la circulation puisse opérer le renouvellement des matériaux épuisés dans l'exercice de ces fonctions. De'plus, elle prend une part, faible mais réelle, dans leur alimentation par les matériaux salins qu'elle fournit.

Nous retrouvons dans la végétation ce double rôle de l'eau, avec cette différence que la part qu'elle prend dans l'alimentation de la plante est plus accusée que chez les animaux. Tous les végétaux puisent dans l'atmosphère, sous l'action delà lumière, une grande partie de leur carbone qu'ils retirent de l'acide cai'bonique de l'air, et une portion notable de leur azote qu'ils prennent aux traces d'ammoniaque renfermées dans cet air. Mais c'est surtout dans le sol que nos récoltes s'alimentent par l'intermédiaire de l'eau qu'elles y puisent par leurs racines. Là où l'eau manque, la végétation s'arrête ; là où l'eau fournie aux racines est trop pauvre en substances nutritives, la végétation languit et se transforme.

Les matériaux que les eaux du sol doivent fournir aux plantes ont une double origine, minérale et organique. L'acide phosphorique, la potasse, la chaux, sont, entre autres, des éléments essentiels à nos récoltes ; un sol qui n'en contient pas en quantités suffisantes ou suffisamment solubles, manque de fertilité. Le chaulage des terres dépourvues de calcaire les transforme au point de vue de leur rendement ; et des pays entiers ont perdu leur ancienne fertilité, parce que l'enlèvement des récoltes, sans une restitufion suffisante des matériaux enlevés, a épuisé la provision du sol en acide phosphorique, en potasse, etc. A côté des matières minérales se placent les produits organiques pour leur carbone et surtour pour leur azote. Maisàl'encontre

des animaux qui ne peuvent s'alimenter que de produits organiques tout formés qu'ils détruisent ou transforment, les végétaux ne peuvent retirer du sol que les résidus de la combustion des composés organiques antérieurs, dont ils font servir les matériaux à l'élaboration do nouveaux produits alimentaires pour l'animal, ou pour l'homme. Ces résidus sont : l'acide carbonique, provenant de la combustion du carbone ; l'ammoniaque et l'acide nitrique, provenant de l'azote des matières organiques. De cette première opposition en naît une seconde. La combustion des produits organiques dégage de la chaleur, qu'elle ait lieu dans nos foyers ou dans l'intérieur de nos organes. L'exercice même de la vie en nous est donc une cause de production de la chaleur qui nous est nécessaire. La reconstitution des produits organiques à l'aide des résidus de leur combustion nécessite, au contraire, l'absorption d'une quantité de chaleur précisément égale à celle qui s'est dégagée de cette combustion. Les plantes doivent donc recevoir du dehors et emmagasiner la chaleur que l'animal dégagera de leur combustion. Cette chaleur, elles ne la prennent point à l'air ou aux objets environnants ; elles la reçoivent des rayons solaires directs ou diffusés par les nuages. La lumière du jour est donc indispensable à la végétation, comme î'eau et les substances assimilables qu'elle lui fournit. On dit généralement : année pluvieuse, année de fourrage, mauvaise année de récolte en grain. Ce dicton est le résultat d'une expérience plusieurs fois séculaire, il est vrai. On en conclut que les blés craignent l'eau plus qu'ils ne la demandent ; cette conclusion est basée sur une appréciation inexacte des faits. On peut faire vivre et prospérer du blé dans de l'eau, sans terre, mais renfermant l'engrais minéral et azoté nécessaire ; on peut le faire vivre et prospérer dans une terre suffisamment riche et arrosée tous les jours. Mais les années pluvieuses sont des années à ciel chargé de nuages, conséquemment de faible lumière : c'est ie défaut de la lumière, bien plutôt que l'excès d'eau qui nuit alors aux céréales. Et ce qui est vrai pour le blé l'est aussi pour toutes les autres plantes. En réalité, même dans les pays du nord de la France, la terre manque le plus souvent de l'eau qui lui serait nécessaire pendant la belle saison pour en obtenir des récoltes maxima ; elle en manque tous les ans dans le midi et le sud-est de la France. Et cependant, non seulement d'énormes quantités d'eau sont perdues chaque année pour l'agriculture, mais elles lui causent trop souvent d'immenses dommages.

Toutefois, il ne faut point aller au delà de la vérité, et l'on sait que les eaux stagnantes sont nuisibles aux terres qu'elles recouvrent trop longtemps. C'est que l'eau est un moyen d'alimentation et non un aliment à elle seule. Sous l'action de la lumière la plante expulse par voie de transpiration une quantité d'eau en rapport avec son degré d'éclairement et avec le degré d'humidité du sol. L'eau ainsi évacuée est pure; elle est remplacée par celle que les racines puisent dans le sol pour lui apporter un nouveau contingent de matières nutritives. Ce double pouvoir d'évacuation par les feuilles et d'absorption par les racines est limité comme la lumière (|ui l'excite. Si donc l'eau puisée dans le sol est peu riche en matières assimilables, la plante est mal alimentée. Mais, d'autre part, les détritus organiques du sol ne peuvent être absorbés par les plantes qu'autant que l'action de l'air les a oxydés et transformés en acide carbonique, en ammoniaque ou en acide nitrique. Dans un sol couvert par des eaux stagnantes, cette oxydation est arrêtée ; Teau ne manque pas, mais elle ne fournit pas à la plante l'aliment nécessaire ou le lui fournit en quantité insuffisante. Quand la terre est trop sèche, l'oxyda-

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