Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson
IDEE. — V. ce môme mot dans la II« Partie. IDÉOLOGUES. — Ce nom fut donné, sous le Consulat, à un groupe d'hommes dont la plupart étaient membres de la classe des sciences morales et politiques de l'Institut, et qui représentaient, en politique et en religion, des tendances opposées à celles que fit prévaloir le gouvernement consulaire. Bonaparte professait à l'endroit des idéologues, c'est-à-dire des républicains libéraux et vollairiens, une antipathie qu'il témoigna d'une façon éclatante en 1803, en supprimant cette classe des sciences morales et politiques dont faisaient partie entre autres Destutt * de Tracy, l'auteur de Vldéologie, Cabanis, M.-J.Chénier*, Daunou*, Ginguené*, Grégoire*, Lakanal*, Volney. L'école des idéologues, qui continuait par certains côtés celle des encyclopédistes, et dont l'organe principal fut la Décade philosophique (publiée de 1793 à 1807), occupe une place importante dans l'histoire du mouvement des idées en France ; elle avait exercé une influence marquée sur le Directoire, et, malgré l'hostilité du pouvoir, maintint vivante, jusque vers la fin du premier Empire, la grande tradition philosophique du xviii« siècle.
IDIOTS ET CRETIKS. — L'idiot est un être chez lequel le développement des facultés intellectuelles est imparfait ou nul, Il y a bien des degrés dans cette altération de l'intelligence. Aussi les parents peuvent-ils se faire longtemps illusion sur l'état de leurs enfants atteints d'idiotie. En effet, les facultés intellectuelles, en germe chez tout individu, ne se développent que successivement à mesure que l'enfant avance en âge, mais leur épanouissement peut être plus ou moins rapide ; l'époque en peut être plus ou moins retardée. Chez l'idiot, ce retard prend des proportions souvent considérables ; l'âge adulte, la vieillesse peuvent arriver sans que le développement de certames facultés se soit jamais manifesté.
^ Diverses causes peuvent produire l'idiotie :
l'hérédité morbide ayant pour cause la débauche
ou l'ivrognerie habituelle des parents, l'existence
chez ceux-ci de maladies mentales ; les émotions
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trop vives ressenties par la mère pendant la gestation ; le mariage entre parents à des degrés trop rapprochés, etc. ; des accidents ou des maladies survenues après la naissance.
Longtemps on a cru qu'il n'y avait rien h faire pour lutter contre cette dépression de l'intelligence. En abandonnant à eux-mêmes les pauvres êtres qui en étaient atteints, on ne pouvait qu'empirer leur état. Sans doute il est certains idiots dont on ne peut rien espérer : tels sont ceux chez lesquels manquent non seulement les facultés intellectuelles et morales, mais encore les instincts les plus nécessaires à la vie animale, comme celui qui pousse l'homme à rechercher et à prendre des aliments, ou chez lesquels le rachitisme, l'épilepsie ont fait de tels ravages qu'il n'y a presque plus rien d'humain dans l'être ainsi frappé.
L'expérience a aujourd'hui démontré que, s'il était chimérique de prétendre ramener tous les idiots au niveau des êtres doués d'une intelligence même moyenne, on pouvait cependant obtenir une amélioration considérable dans leur état, équivalant presque pour quelques-uns à une réintégration absolue. Un assez grand nombre peuvent tout au moins, grâce à des soins bien entendus, arriver à apprendre un métier et à vivre du produit de leur travail.
Mais si l'enseignement des idiots est possible, on se trouve évidemment en face de difficultés plus grandes, et les moyens à employer, la marche à suivre ne peuvent être les mêmes que s'il s'agissait d'enfants doués d'une intelligence ordinaire. Avec ces derniers on peut former des divisions nombreuses d'élèves, susceptibles de participer aux mômes exercices. Il n'eu est pas ainsi pour les autres : les caractères de l'idiotie sont très variables, il y a une grande inégalité dans l'état d'idiots recueillis dans un môme établissement ; il faut agir différemment sur chacun d'eux pour ainsi dire. De \h la nécessité d'un personnel plus considérable pour arriver à des résultats satisfaisants.
' La parole est généralement peu développée