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chez l'idiot, et cela s'explique aisément : le langage est le véhicule des idées ; là où les idées sont absentes, il n'y a pas lieu à leur manifestation articulée ; l'orgaue vocal est condamné à l'inaction, faute du moteur qui devrait lui donnf r l'impulsion. Ce n'est donc pas directement par des exercices d'articulation qu'il faut chercher à obtenir le développement de la parole chez l'idiot : le premier but à se proposer, c'est de faire pénétrer des idé«s dans son cerveau. Sous rimpulsion du besoin de les communiquer, les mots se fixeront mieux ensuite dans son esprit et sa bouche s'efforcera de les traduire.
Le maître doit tout d'abord étudier les caractères que prend l'idiotie chez chacun de ses élèves, faire, suivant l'expression d'un savant aliéniste,ci le tour de la constitution morale» de l'idiot, afin de reconnaître le point par lequel il pourra le mieux pénétrer dans son espiit. Quand il s'agit d'êtres chez lesquels la vie végétative domine la vie de relation, il faut avant tout les stimuler par des sensations d'où naîtront ensuite des idées. L'éducation des sens doit donc être l'objet des premiers soins du maître.
Le sens de la vue est généralement celui qui, chez les idiots, résiste le mieux à la dépression générale dont ils sont atteints. Aussi est-ce par le regard qu'il faut surtout s'adresser à cette nature d'écoliers. On attirera leur attention sur les choses qui les entourent, particulièrement sur celles qui leur sont d'un usage journalier, leurs vêtements, leurs ustensiles ; on les amènera à en considérer la forme, la couleur, l'emploi. En un mot, la méthode de l'enseignement par l'aspect, utile dans toutes les écoles, est plus impérieusement commandée encore pour les enfants qui nous occupent.
Les autres sens seront également l'objet d'exercices ayant pour but de les rendre plus habiles.
On développera la faculté auditive, par exemple, en habituant les élèves à reconnaître soit la voix d'un camarade parlant, lisant, chantant, sans qu'ils puissent Tapercevoir, soit les bruits différents produits par le choc de matières diverses : verre, métal, bois, pierre ; soit les sons musicaux plus ou moins graves ou aigus.
Le goût et l'odorat, souvent si obtus que les idiots dévorent les matières les plus repoussantes sans éprouver de répugnance, ou restent près d'objets exhalant une odeur nauséabonde sans paraître en être incommodés, sont susceptibles de recevoir une certaine éducation par la comparaison répétée entre des saveurs et des odeurs diverses.
Le tact sera également exercé par le maniement d'objets de forme, de poids, de surface variés, que les élèves devront reconnaître en ayant les yeux bandés, ces objets devant naturellement être de ceux qu'ils reconnaîtraient aisément s'ils avaient les yeux ouverts.
La mémoire a besoin tout particulièrement d'être fortifiée, car c'est la faculté qui permet de retenir les notions acquises et, en les comparant entre elles, d'en acquérir de iiouvelles. On atteindra le but par des exercices variés. Les plus élémentaires consisteront, par exemple, h renfermer dans u.ic boîte un certain nombre de menus objets de nature ou de couleur diverses (jetons, feuilles, graines, bonbons) ; on les aura fait d'abord compter aux élèves et ceux-ci devront, dans un délai plus ou moins rapproché d lieurcs ou de jours, suivant que la faculté spéciale qu'on a en vue de développer aura acquis plus ou moins de force, arriver à pouvoir indiquer le nombre et la nature des objets. Plus tard on pourra demander la description de lieux ne. ,frésents, mais bien connus, comme le dortoir, le réfectoire, etc.
Dans tous ces exercices, l'émulation pourra être excitée au moyen de récompenses accordées à ceux qui auront réussi à .donner des indications exactes.
Après que l'intelligence des idiots aura été ainsi ouverte à un certain degré, on sera mieux en mesure de leur enseigner la lecture, l'écriturp, le calcul par des procédés à peu près semblables à ceux employés dans les écoles. On devra toutefois apporter plus d'attention encore à ne leur faire lire ou écrire que des textes qui leur soient expliqués et qui soient bien à leur portée ; on devra revenir fréquemment aux procédés concrets pour leur faire saisir les opérations de l'arithmétique.
Des notions supplémentaires sur diverses autres branches de l'instruction pourront ensuite être données à ceux que leurs progrès intellectuels feront juger capables de les recevoir.
Des liens étroits existent entre l'état de santé générale du corps et l'état cérébral d'où dépend la netteté des conceptions et du jugement. Aussi la gymnastique, en rétablissant l'équilibre rompu par des causes congénitales ou accidentelles, a-t-elle de bons effets pour comb'attre l'idiotie aussi bien que le crétinisme. Quand ces affections n'existent pas à un trop haut degré, on arrive à obtenir des élèves, dans des exercices de ce genre, une étonnante régularité de mouvements d'ensemble.
Au même point de vue, il est très utile d'occuper les idiots à des travaux manuels, et l'adresse qu'ils peuvent y acquérir a une heureuse influence sur l'état de leur esprit. C'est dans ce but qu'on fait travailler ces enfants dans des ateliers de menuiserie, de serrurerie, et mieux encore dans les champs lorsque l'établissement est situé à la campagne.
L'instruction collective des idiots a été ébauchée en 1824 à la Salpétrière sous l'impulsion d'Esquirol par le docteur Belhomme, que sa théorie sur l'indépendance réciproque des facultés avait amené à penser que l'une d'elles pouvait être cultivée indépendamment des autres, et qui avait été frappé de quelques cas dans lesquels on avait réussi à faire naître des idées dans ces cerveaux malades. D'autres sont venus ensuite qui ont poussé plus loin ces premières tentatives. C'est grâce aux efforts de MM. les D" Félix 'Voisin, Seguin, Fabret que des classes ont été installées dans les deux grands hospices affectés par l'administration de l'Assistance publique du départenient de la Seine au soulagement des diverses infirmités humaines : Bicêlrc pour les hommes, la Salpétrière pour les femmes. Elles ont pris, grâce notamment h l'action persévérante du D' Delasiauve, une importance de plus en plus considérable. En 187G, iiicêtre devenant insuffisant, on a créé près d'Epinay-sur-Orge (Stine-et-Oise), au château de Vaucluse, une colonie renfermant un établissement complet pour l'instruction intellectuelle et professionnellement agricole des idiots. L'organisation de cette école, qui pourra recevoir 140 enfants du sexe masculin, a été confiée à l'habile instituteur charge pendant longtemps de la direction de la classe de Bicôtre, M. Deleporte.
Divers établissements privés se sont fondés aussi pour recevoir les idiots ou enfants arriérés appartenant soit à des familles aisées en état de payer une pension, soit à des familles pauvres dont on se charge de recueillir et d'instruire les enfants au nom seul de la charité. Nous citerons rétablissement dirigé à Gentilly (Seine) par M. Otto Haetge, et l'établissement protestant de Laforce (Dordognc),
Malgré les progrès considérables réalisés depuis un demi-siècle dans cet ordre d'idées, la
ILLE-ET-VILAINE
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France est encore loin d'être au niveau des pays étrangers sous le rapport du nombre et de l'importance des établissements consacres à l'éducation des idiots. Ainsi l'Angleterre possède actuellement dix établissements de ce genre, et celui d'Earlswood, en particulier, renferme 650 pensionnaires ; l'Allemagne en compte 27 où se trouvent do 20 à 200 infirmes.
A consulter : De l'idiotie chez les enfants et des autres particularités d'intelligence ou de cararlcre qui nécessitent pour eux une éducation spéciale, et de leur responsabilité morale, (lar le D' Félix Voisiu ; Paris, 1843. — Traitement moral, hygiène et éducation des idiots, par le D' Séjjuii» ; Paris, 1846. — Des principes qui doivent présider à l'éducation des idiots, mémoire lu à l'Académie de médecine en 18o9, par le D' Delasiauve.
[E. Grosselin.]
ILE-DE-FÏIAIVCE. — Cette ancienne province forme aujourd'hui le département de la Seine, la plus grande partie de ceux de Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise, Aisne, et une petite partie de ceux du Loiret et de la Nièvre. L'Ile-de-France n'a pas eu, au même degré que certaines provinces de l'ancienne monarchie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, etc., une exi-tence propre et des institutions particulières ; elle a, dès le début de la dynastie capétienne, fait partie du domaine royal ; c'était plutôt une expression géographique qu'une province proprement dite. Aussi seraii-il difficile de résumer, dans un article unique, l'histoire de l'instruction populaire dans les divers pays qui la composaient (Pays-de-France, Parisis, Brie, Gàtinais, Hurepoix, Mantois, Vexin, Tliimerais, Beauvaisis, V'alois, Soissonnais, Noyonnais, Laonnais). On consultera, pour la situation des écoles avant 1789 dans les différentes parties de l'Ile-de-France, les articles Seine, Paris, Seine-et- Marne, Seine-et-Oise, Oise, Aisne.
ILLE-ET-VILAlNE (département d'). — Superficie, G 726 kilomètres carrés. Population en I87G: 002 712 habitants au lieu de 5U2 609 en 186U. Densité moyenne de la population par kilomètre carré : 90 habitants. Six arrondissements, formant sept circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Reimes (1«), Rennes (2=), Fougères, Montfort, Redon,Saint-Malo,etVitré. — 45 cantons, 357 communes, dont. 314 de 500 habitants et au-dessus.
Population d'âge scolaire. — En 1872 on complaît dans l'IÙe-et-Vilalne 76 349 enfants de 6 à 13 ans (38 212 garçons et 38 137 filles), soit 13 enfants d'âge scolaire par lOO habitants.
En 1876 on y comptait 78 42i enfants de 6 à 13 ans (39 463 garçons et 38 961 filles), soit 13 enfants d'âge scolaire par 100 habitants. En 1872 comme en 1876 le département se trouvait ainsi au-dessus de la moyenne générale, qui était pour toute la France de 1-J.2 enfants dàge scolaire par 100 habitants.