V. aussi l'article Hetzel au Supplément
MAGASIN PITTORESQUE. — Le Magasin pittoresque^ fondé en 1833, a été le point de départ de toutes les publications illustrées à bon marché qui, depuis un demi-siècle, ont rendu tant de services à l'instruction publique. C'est M. Edouard Charton qui lui a donné son titre, en a conçu le plan, et en a pris la direction : après cinquanteun ans il le dirige encore.
M. Edouard Charton était avocat, mais particulièrement dévoué à la propagation de l'instruction populaire qu'il a toujours considérée comme l'œuvre la plus nécessaire et la plus urgente de notre temps. Il avait été pendant plusieurs années le rédacteur en chef du Bulletin de la Société pour l'instruction élémentaire, au temps des Francœur, de Lasteyrie, Charles Renouard, Cochin, Michelot, Jomard, Wilhem, etc.
En fondant le Magasin pittoresque (à l'imitation du recueil anglais le Penny Magazine^ qui ne vécut pas longtemps), M. Ed. Charton s'était proposé de répandre le plus grand nombre possible de connaissances en science, art, histoire, littérature, morale, et dans toutes les directions, en mêlant à des textes courts et précis des gravures, non pas de fantaisie, mais instructives par ellesmêmes, de manière à éclairer et compléter les enseignements écrits.
Au commencement, chaque livraison de 8 pages ou IG colonnes paraissait le samedi au prix de 10 centimes. Le succès fut rapide et immense. A sa deuxième année le Magasin pittoresque compta jusqu'à cent mille acheteurs, et le mot « pittoresque » devint aussitôt commun dans la librairie.
La plus grande difficulté du début avait été de se procurer, en nombre suffisant, des gravures sur bois. On sait que ce genre de gravure se prêtait seul alors à la composition d'œuvres illustrées à bon marché, parée que seul, avant l'invention de la gravure photograpliique sur zinc, il fournissait des planches pouvant s'imprimer en même temps et sur les mêmes pages que les caractères d'imprimerie. Or on peut dire que la gravure sur bois n'existait presque plus en France. La Société pour l'encouragement de l'industrie nationale avait cherché à faire renaître cet art au commencement du siècle, mais elle n'y avait pas réussi; elle avait offert des prix en 1805 et 1808 ; on ne lui avait envoyé qu'une seule gravure. En 1833, à peine comptait-on en France trois ou quatre ateliers de gravure sur bois. M. Ed. Charton s'étant adressé à trois graveurs associés, MM. Andrews, Best et Leloir, et leur ayant demandé s'ils pouvaient s'engager à livrer au Magasin quatre ou cinq gravures pur semaine, ils se récrièrent : c'était tout ce qu'ils pourraient promettre par mois. M. Ed. Charton dut alors se rendre en Angleterre et emprunter des clichés de gravures sur bois à Londres où cet art n'avait pas cessé d'être en faveur. Mais bientôt, grâce à la réussite du Magasiii pittoresque et des concurrences qu'il suscita, les graveurs sur bois français se multi-
plièrent et ne tardèrent pas à égaler en nombre et en talent les artistes anglais. O/i peut du reste mesurer les progrès rapides de la gravure sur bois en comparant les premiers volumes du Magasin pittoresque avec ceux qui leur ont succédé.
Il n'est donc que juste d'attribuer au Magasin pittoresque, non seulement le mode très utile de publication par livraisons à bon marché, mais aussi la renaissance en France do la gravure sur bois dont le concours est devenu indispensable au plus grand nombre des œuvres d'enseignement.
Le but du Magasin pittoresque fut du reste compris, dès la première année, par tous ceux qui s'intéressaient à l'instruction populaire. Le caractère éminemment moral et sincère de la rédaction inspira la confiance, et, parmi les personnes qui l'encouragèrent tout d'abord, on peut citer plusieurs successeurs de Pestalozzi, Fellenberg, les frères Delessert, Geoffroy Saint-Hilaire, Biot, Vernes, le D' Roulin, Charles Lenormant, Paul Delaroche, etc. Les collaborateurs de M. Ed. Charton, dont on peut voir la liste sur les tables générales, étaient pour la plupart sortis de nos grandes écoles ; ils tinrent à honneur de contribuer par leurs communications à la salutaire influence du recueil, et, il faut le dire, avec un désintéressement d'autant plus remarquable qu'il fut convenu que, pour assurer à la direction toute sa liberté et à l'œuvre une complète unité morale, les articles ne seraient point signés. C'est peut-être en grande partie à cette résolution que le recueil a dû de pouvoir poursuivre sa carrière pendant un demi-siècle en droite ligne, sans jamais dévier, sans se laisser troubler ou passionner par aucune des grandes agitations de notre temps.
La seule modification qu'il ait eu à subir a été la nécessité de cesser en 1850 d'être hebdomadaire pour devenir mensuel, par suite de la loi du timbre du 16 juillet 1850 qui faisait peser une trop lourde charge sur des livraisons de 10 centimes. Malgré ce changement de périodicité, la faveur publique ne l'abandonna pas.
En passant du cinquantième volume au cinquante et unième, M. Ed. Charton a pu dire légitimement : « Parmi les milliers de pages écrites sur tant de sujets divers par mes collaborateurs et par moi pendant ces cinquante années, il n'en est aucune que je n'aie lue avec sollicitude avant de la publier, aucune (ma conscience me l'assure) qu'ait à réprouver l'honnêteté la plus scrupuleuse, Fidèle aux promesses de notre début, jai recueilli, jour par jour, en tous lieux, aux musées, aux bibliothèques, en voyage, dans mon expérience et dans mes convictions, tout ce qui m'a paru de natpre à éveiller de saines curiosités d'instruction et à entretenir de bons sentiments. »
MAGASIN SCOLAIRE DE LA AILLE DE TARIS. — Le magasin scolaire de la ville de Paris a été créé par un arrêté en date du 12 décembre 1871 pris par M. Léon Say, alors préfet de la Seine, sur la proposition de M. Gréard, alors directeur de l'enseignement primaire de la Seine.
Cette création a eu pour objet de centraliser la confection ou l'achat du mobilier scolaire et du matériel classique, la distribution de ce mobilier et de ce matériel dans les écoles, et les réparations à y effectuer pour en assurer la conservation.
Après avoir reçu, depuis 1871, les agrandissements nécessités par l'augmentation du nombre des écoles, le magasin scolaire de la ville de Paris est aujourd'hui constitué de la manière suivante.
Personnel du magasin scolaire. — Le magasin scolaire est administré, sous l'autorité du directeur de renseicneniont primaire du département, par le chef du service du maiêriel de la prefeciuie