‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 148 sur 573 · III. — Instruction morale et civique · texte numérisé non relu

III. — Instruction morale et civique

WM. Aliou. — Cours de morale et notions d'en'

seignement civique; Compayré. — Eléments d'instruction morale

et civique; M"»^ Henry Gréville. — L'instruction morale et

civique à l'usage des jeunes filles; MM. Laloi. — Première année d'instruction mo-

rale et civique; Liard. — Morale et enseignement civique; Henri Marion. — Devoirs et droits de

r homme ; Mézières. — Education morale et instruction civique; Jules Steeg. — Instruction morale et ci-

vique.

Nota. — Pour tous ces ouvrages, l'édition est celle qui était en cours de vente à la fin de la dernière année scolaire 1882-1883.

MANUFACTURES (ÉCOLES DE). — On nomme ainsi les cours particuliers et libres destinés à donner l'instruction primaire aux apprentis, et qui sont organisés, dans les manufactures mêmes, par les industriels, au profit des enfants qu'ils emploient.

A cause des difficultés de toute sorte que présentent l'instruction et l'éducation des enfants les plus pauvres et qui, par conséquent, sont voués, dès leur premier âge, aux travaux manuels, rien n'est plus désirable et plus nécessaire que la multiplication progressive des Ecoles de manufactures. Elles offrent les meilleurs moyens d'application des deux lois du 19 mai 1874 sur le travail des enfants dans les manufactures et du 28 mars 1882 sur l'obligation de l'instruction primaire.

La loi du 19 mai 1874 s'exprime ainsi : « Nul enfant, ayant moins de douze ans révolus, ne peut être employé par un patron qu'autant que ses parents ou tuteur justifient qu'il fréquente actuellement une école publique ou privée. Tout enfant admis, avant douze ans, dans un atelier devra, jusqu'à cet âge, suivre les classes d'une école pendant le temps libre du travail. Il devra recevoir l'instruction pendant deux heures an moins, si une école est attachée à l'établissement industriel. La fréquentation de l'école sera constatée au moyen d'une feuille de présence dressée par l'instituteur et remise, chaque semaine, au patron (art. 8). — Aucun enfant ne pourra, avant l'âge de quinze ans accomplis, être admis à travailler plus de six heures par jour, s'il ne justifie, par la pro-

duction d'un certificat de l'instituteur ou de l'inspecteur primaire, visé par le maire, qu'il a acquis l'instruction primaire élémentaire (art. 9). » — Ce certificat, qui n'est visé par le maire que pour légalisation de signature, doit attester la capacité de l'enfant pour la lecture, l'écriture, l'arithmétique et le système métrique.

Un grand progrès était déjà marqué, en théorie» par cette loi, pour l'instruction et l'éducation populaires. Il fallait le réaliser en pratique, et les difficultés étaient grandes.

Ce fat alors que Ton songea à la création des écoles dites de demi-temps, qui devaient avoir plusieurs séries de cours dans la matinée, dan» la journée, dans la soirée. (V. Demi-temps.)

La loi du 28 mars 1882 a rendu l'instructiot» obligatoire pour tous. Si ces prescriptions ne doivent pas demeurer lettre morte à l'égard d'une portion nombreuse et intéressante de la population enfantine, il faut ouvrir et soutenir le plus grand nombre possible d'écoles de demi-temps ; il faut surtout multiplier, encourager, et au besoin subventionner les écoles de manufactures.

Pour ne prendre nos exemples qu'à Paris, on peut citer deux de ces écoles qui produisent lesmeilleurs résultats : l'école de M. Lemaire, fabricant d'instruments d'optique, rue Oberkampf, ei l'école de M. Chaix, imprimeur, rue Bergère.

Dans la première, il y a, pour une trentaine d'enfants-apprentis : cour de récréation, réfectoire, dortoir, salle d'étude, et l'enseignement y est donné, tous les soirs, par un directeur et un maître-adjoint d'école communale.

Dans la seconde se trouvent les mêmes ressources pour une centaine de jeunes apprentis, répartis dans des cours gradués, où des fonctionnaires de ce grand établissement donnent non seulement l'enseignement primaire élémentaire aux plus jeunes enfants, mais encore le développent et rélèvent pour les plus âgés.

Dans ces deux écoles, chaque enfant a un livret de présence scolaire, signé chaque jour par l'instituteur, et, à la fin de chaque semaine, par le patron. [Ebrard.]

MArPEMONDE. — V. Cartographie,

MAKBEAU. — Jean-Baptiste-Firmin Marbcau, jurisconsulte et philanthrope français, né à Brives (Gorrèze) en 1798, est le fondateur en France de^ l'institution des crèches. Après avoir fait son droit à Paris, il se fixa dans celte ville, où il exerça la profession d'avoué. Il se fit d'abord connaître par la publication de quelques ouvrages de droit et d'économie politique : Traité des transactions^ (1824); Politique des intérêts, essai sur le moyen d'améliorer le sort des ouvriers^ par un travailleur devenu propriétaire (1834) ; Etudes sur l'économie sociale (1844). Frappé de l'abandon où beaucoup d'ouvrières étaient contraintes de laisser leurs enfants, il fonda le 14 novembre 1844 une crèche à Chaillot (V. Crèches). L'année suivante il écrivit le livre Des Crèches {\Mh) , que l'Académie française honora d'un prix Monthyon. Grâce à l'active propagande faite par M. Marbeau, les crèches se multiplièrent bientôt; l'initiateur de l'œuvre publia un Manuel de la crèche, destiné à servir de guide aux personnes charitables disposées à s'occuper de ces utiles institutions, et créa en 1846 un Bulletin des crèches, qui a continué à paraître jusqu'à ce jour. M. F. Marbeau est mort à Saint- Cloud le 10 octobre 1875.

MARCEL. — Claude Marcel, né à Paris en 1793, mort, dans la même ville, le 17 janvier 1876, fut d'abord militaire et prit part, en 1814, au siège d'Anvers, où il reçut une balle dans l'épaule. A la chute de l'Empire, il quitta le service et entra dans la carrière administrative. Vers 1826, il partit pour Cork en qualité de cliancelier du consulat de France, et il y professa en luêino^

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