‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 149 sur 573 · MARCEL · texte numérisé non relu

MARCEL

ILo'J —

MAUCEL

temps le français. Nornmé consul de France à Cork en 1848, il y i^sta jusqu'en 1863, élevant honorablement une famille de neuf enfants, qui n'eurent jamais d'autre maître que lui.

Après quarante années de séjour en Angleterre, il vint prendre sa retraite à Paris, où l'auteur do cet article a connu sa verte vieillesse, pleine d'entrain et de conviction, toujours prôte à se mettre au service des bonnes volontés. Il était membre de la Société pour l'instruction élémentaire, et, comme l'a rapporté justement un des secrétaires généraux, M. Rémoiville, en rendant hommage à sa mémoire, M. Marcel a largement contribué aux efforts de la Société pour répandre dans l'enseignement primaire élémentaire l'étude et le goût des langues étrangères, « par l'affirmation de ses principes, par ses vives discussions et ses conférences originales, par ses ouvrages, et par le cours d'anglais qu'il a fait pendant plusieurs années aux élèves des cours normaux de la Société. »

M. Marcel avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1850.

En 1853, M. Marcel publia, en langue anglaise, un ouvrage qui a pour titre : Language as a means of mental culture and international communication; or Manual of the teacher and the learner of languages (Chapman and Hall, Londres, 2 vol. petit in-8), c'est-à-dire : Le langage comme moyen de culture intellectuelle et de communication internationale, ou Manuel du maître et de l'élève dans l'étude des langues. Cet ouvrage est fort estimé en Angleterre; Herbert Spencer le cite plusieurs fois et s'appuie à différentes reprises sur les doctrines et l'autorité de l'auteur. M. Marcel en a extrait, en 1S55, un ouvrage français, les Premiers principes d'éducation avec leur application spéciale à l'étude des langues (in- 12 de 45'-) pages, Paris, Borrani et Droz), qui renferme l'ensemble de ses idées pédagogiques; il a ensuite publié, en 1867, un autre livre qu'on peut considérer comme une dépendance du premier : L'étude des langues ramenée à ses véritables principes, ou l'art de penser dans une langue étrangère (in-12, Paris, Borrani); enfin, il a donné une sorte de résumé de ce second ouvrage et une critique de l'enseignement des langues, tel que l'entendent les lycées et les collèges, dans une brochure publiée en 1873 : La raison contre la routine dans l'enseignement des langues (Paris, in-8 de 34'pages, Aug. Boyer et C'^) .

Les Premiers principes d'éducation de M. Marcel forment tout un traité de pédagogie.

L'auteur s'attache d'abord à chercher quelles sont les bases fondamentales de l'éducation, et il les trouve dans la physiologie, dans la philosophie morale, et dans ce qu'il appelle avec Destutt de Tracy l'idéologie, c'est-à-dire la psychologie de l'intelligence. Trois éducations ou plutôt trois éléments d'éducation sont nécessaires à l'homme : l'éducation physique, l'éducation morale, l'éducation intellectuelle. Quel sera, si l'on peut ainsi parler, l'instrument de cette triple éducation ? Ce sera cette grande fonction humaine et exclusivement humaine, qui fait que, seuls de tous les êtres vivants, nous sommes éducables et, dans toute la rigueur du mot, sociables : le langage.

M. Marcel étudie alors les lois générales du langage; il distingue les signes naturels, le langage d'action, des signes artificiels ou conventionnels, parlés ou écrits ; il étudie les caractères respectifs des langues anciennes et des langues modernes, au point de vue spécial du rôle qu'elles doivent jouer dans l'éducation, faisant en passant à notre langue française l'honneur de la considérer comme un instrument universel de communication entre les divers peuples.

Arrivé à ce point, l'auteur s'adresse à ceux que

la nature et la société ont chargés de l'éducation des enfants, aux parents et aux instituteurs, se demandant si les uns et les autres possèdent toutes les qualités nécessaires poir remplir dignement leur mission, et cherchant avec eux les conditions d'une bonne méthode éducative, qu'il résume en vingt axiomes logiques, lesquels forment le complément de ce qu'on pourrait appeler la partie théorique du livre.

Le reste est une étude moitié dogmatiqiie, moitié critique, des procédés à employer pour appliquer pratiquement les principes indiqués.

C'est là peut-être la partie la plus neuve et la plus originale des Principes d'éducation. M. Marcel ne se borne pas à indiquer ce qui lui paraît être bon, il attaque ce qu'il trouve mauvais, réclamant hautement, par exemple, ce qu'il appelle l'observation des «< prescriptions de la nature à l'égard de la première instruction d, et s'élevant contre le travail intellectuel forcé auquel nos méthodes ordinaires soumettent les enfants. On jugera par quelques titres de chapitres de l'importance des questions franchement et nettement abordées dans cette partie du livre : « A quel âge peut-on faire commencer à un enfant les éludes classiques ? — A quel âge doit-on apprendre à lire ? De l'écriture apprise avant la lecture. — De la nécessité de diriger de bonne heure l'attention des enfants sur le sens des mots, » etc.

Contrairement à l'opinion de beaucoup de personnes, M. Marcel ne pense pas qu'il faille commencer de bonne heure l'étude des langues étrangères. Suivant lui, c'est se tromper étrangement que de croire que la grande facilité avec laquelle l'enfant apprend sa propre langue, et l'heureuse mémoire dont il est doué, sont l'indice de son aptitude à apprendre les langues en général, et que, par conséquent, cette étude est celle qui lui convient le mieux. L'enfant apprend sa langue par la méthode naturelle, s'aidant beaucoup du langage d'action, se préoccupant moins des mots que des choses, et n'arrivant aux mots que parce qu'ils sont pq^r lui les signes des choses, surtout des choses dont il a besoin. Quanta l'étude d'une langue étrangère, elle ne peut se faire que par la méthode comparative, qui exige le concours de forces intellectuelles bien au-dessus du pouvoir des enfants. Mais, si vous n'occupez pas l'enfant à l'étude des langues étrangères, comme on le fait dans les lycées et les collèges, à quoi donc l'occuperez-vous ? M. Marcel répond à cela par rénumération de tout un système d'exercices destinés à faire entrer dans l'esprit de l'enfant, non des mots, mais des choses; non des signes d'idées qu'il n'a pas, mais les idées elles-mêmes : exercices de perception, exercices d'observation, exercices de réflexion, etc. ; tout cet ensemble constitue pour lui un « cours pratique de langue maternelle ». Nos maîtres y trouveraient un grand nombre d'utiles observations.

. L'étude des langues ramenée à ses véritables principes est, à ce point de vue spécial de l'étude des langues étrangères, l'application des principes de pédagogie générale posés par M. Marcel dans ses Principes d'éducation. L'étude d'une langue étrangère n'est pas pour lui — le titre même de son livre l'indique bien clairement — une pure étude de mots ; ce qu'il cherche, ce qu'il se propose d'acquérir dans l'étude d'une langue étrangère, c'est l'art de penser dans cette langue. Mais, pour pouvoir penser dans une langue étrangère, il faut déjà être capable de penser dans la sienne. Et, en effet, comme nous l'avons déjà dit, M. Marcel n'est pas d'avis que l'étude dune langue étrangère soit une œuvre de commençants, et sa méthode n'est pas faite pour des intelligences de petits enfants.

Que se propose-t-on, dit-il, quand on feut ap-

lMAI{Cb:L

MARINE ET COLONIES

prendre une langue étrangère? Quatre choses : comprendre la langue parlée, parler, comprendre la langue écrite, écrire. D'où quatre études différentes, quatre arts différents à conquérir, l'art de lire, l'art d'entendre, l'art de parler, l'art d'écrire; d'où aussi quatre chapitres principaux dans le livre, indiquant les procédés à suivre pour parvenir par degrés à, ce quadruple but.

Pour savoir lire, c'est-à-dire pour devenir capable de suivre sur la page les idées qu'un écrivain y a jetées, de se les approprier, ainsi que les formes sous lesquelles il les présente, la traduction, « qui interprète le texte étranger, non la condition grammaticale des mots », est le meilleur moyen à employer. Par conséquent, point de grammaire, dès le début; « la grammaire, dit-il, — et c'est une pensée qu'Herbert Spencer aime à lui emprunter — la grammaire n'est pas le point de départ, mais l'instrument de perfectionnement ; point de dictionnaire non plus; tout au plus l'étude préalable des articles, des pronoms, des prépositions, des adverbes, des conjonctions, parce que ces mots, bien que d'une importance secondaire en apparence, modifient nécessairement le sens des phrases, d'où la nécessité d'en bien connaître la fonction. L'élève prendra un livre écrit dans la langue étrangère qu'il veut étudier, un livre dont le fond sera aussi simple que possible, bien à la portée de son intelligence, et il mettra en regard la traduction en sa langue, non la traduction mot à mot, juxtalinéaire ou interlinéaire, mais la traduction courante, littérale si faire se peut, du texte étranger. Il lira les deux textes, et, par voie de comparaison, d'induction et d'analogie, le temps et l'habitude aidant, il viendra à bout de se rendre compte des formes du texte étranger par les mots plus ou moins ressemblants de l'autre (il va sans dire qu'il s'agit ici de l'étude de langues de même groupe : allemand, anglais, italien, espagnol, etc., rapprochés du français). Peu à peu, il se passera de toute traduction, et M. Marcel estime qu'après la lecture de quelques volumes, l'élève aura complètement acquis ce qu'il appelle l'art de lire.

Voilà le premier point. Pour qu'il apprenne à entendre et à parler, l'intervention du maître est absolument nécessaire. M. Marcel indique les moyens que doit employer le maître, d'abord pour que l'élève entende et comprenne les mots qu'il prononce, puis pour qu'il les prononce lui-même, une fois compris, comme il les a entendus.

Reste maintenant l'art d'écrire. « Plus on aura fait de progrès, dit judicieusement M. Marcel, dans les arts de lire, d'entendre et de parler, mieux on réussira dans les exercices qui ont pour but la composition... Ecrire dans une langue avant d'avoir beaucoup lu, c'est vouloir récolter avant d'avoir semé, c'est prétendre connaître sans avoir appris. » Pour enseigner la composition, M. Marcel indique divers moyens : l'étude et l'imitation des bons écrivains, la double traduction^ consistant à traduire le texte étranger dans l'idiome national, et à tâcher de reproduire ce texte en retraduisant cette version en texte étranger; le procédé qui consiste à prendre une page traduite d'un bon auteur, soit dans la langue qu'on parle habituellement ou dans quelque autre qu'on sache, à rendre ensuite cette page traduite dans la langue de l'auteur, et à comparer la traduction qu'on a faite avec le texte original, etc., etc. Arrivé là enfin, M. Marcel ne repousse ni l'étude syntaxique de la langue, ni l'étude des divers sens d'un même mot par le moyen du dictionnaire.

La méthode de M. Marcel pour apprendre les langues a été appliquée à l'étude de l'anglais, de l'allemand, de l'italien et du latin. Lui-même a composé les livres pratiques destinés à l'étude de l'anglais; il y en a trois [Premier, Deuxième et

Troisième livre), dont un, le troisième, est une Histoire anecdotique de l'Angleten^e, plus des Tableaux synoptiques, M. Jean Damiani a adapté la méthode à l'italien, et M. G. Théodore à l'allemand et au latin (la librairie Aug. Boyer et C'« est l'éditeur de tous ces livres).

L'élude des langues a été traduite en anglais aux Etats-Unis (in-i2, New-York, 1869). Le Pre- Plier livre pour l'étude de l'anglais, que les Américains se sont approprié dans ces derniers temps, est employé à New-York en vue de l'étude du français. [Cli. Defodon.l

MARGUERIN. — V. au Supplément.

MARGUILLIER. — Le mot de marguillier, anciennement marreglier, vient du bas-latin matri» cularius : on appelait ainsi, à l'origine, les clercs qui tenaient le registre {malricida) où s'inscrivaient les offrandes des fidèles et les aumônes faites par l'église aux pauvres de la paroisse. Ce nom de matricularii s'appliquait aussi aux pauvres inscrits sur le registre en question ; « entre ces pauvres, dit V Encyclopédie^ on en choisissait quelques-uns pour rendre de menus services, comme de balayer l'église, parer les autels, sonner les cloches. » Quand les paroisses eurent reçu une dotation et possédèrent des revenus réguliers, on appela marguilliers les administrateurs de ces revenus, élus par les habitants, et devant compte de leur administration à l'évêque ; ces administrateurs, dans les villes, devinrent des personnages considérés, choisis parmi les plus notables paroissiens; mais dans les petites paroisses de campagne, les marguilliers cumulèrent généralement les fonctions de membre du conseil de fabrique avec l'emploi de bedeau ou de sacristain.

Sous l'ancien régime, le contrat passé par la commune avec l'instituteur obligeait presque toujours celui-ci à balayer l'église, à allumer les cierges, à sonner les cloches, etc. ; il était donc marguillier, à prendre ce mot dans l'acception que lui donnait l'usage des campagnes. Dans quelques provinces du nord de la France, le marguillier-instituteur portait le nom de coutre ou custode. — V. Coutre.

MARINE (ÉCOLES RELEVANT DU MINIS- TERE DE LA). — V. Ecole navale, Ecoles été meîitnires des équipages de la /lutte, Ecoles d'hydrographie, Mousses {Ecole des).

MARINE ET COLONIES. — Nous traiterons dans cet article de l'instruction publique dans les colonies françaises, qui relèvent administrativement, comme on le sait, du ministère de la marine et des colonies.

Leur organisation intérieure varie suivant l'importance de chaque colonie. La plupart d'entre elles (la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, le Sénégal, la Réunion, l'Inde, la Cocliinchine) possèdent un Conseil général élu, dont les attributions sont à peu près les mêmes que celles des Conseils généraux de la métropole, et des conseils municipaux. Les autres (Saint-Pierre et Miquelon, le Gabon, Mayotte et Nossi-Bé, la Nouvelle-Calédonie, les établissements de l'Océanie) n'ont pas de Conseils généraux; elles n'ont pas non plus d'institutions municipales (à l'exception de Saint- Pierre et Miquelon et de la Nouvelle-Calédonie, qui possèdent des conseils municipaux). Le commandement et la haute administration, dans chaque colonie, sont confiés à un gouverneur nommé par le président de la République; des chefs d'administration et des chefs de service dirigent, sous ses ordres, les différentes branches de l'administration; ce sont: le directeur de l'intérieur, le chef du service judiciaire, le chef du service administratif, le vice-recteur (dans la plupart des colonies, cet emploi n'existe pas et la direction de l'instruction publique fait partie des attributions du directeur de l'intérieur), lo chef du service de santé.

MAIIINE ET COLONIES

1841 — MARINE ET COLONIES

Un certain nombre do colonies sont représentées au Parlement : la Martinique élit deux députés et un sénateur, la Guadeloupe deux députés et un sénateur, la Guyane un député, le Sénégal un député, la Réunion deux députés et un sénateur, l'Inde française un député et un sénateur, la Cochinchino un député.

Nous allons résumer, d'après une récente publication du ministère de la marine, les renseignements officiels sur l'état de l'instruction publique dans les diverses colonies.

I. La Martinique. — Superficie : 98 702 hectares. Population: 167 181 habitants, dont 18 848 garçons et 20 249 filles au-dessous de 14 ans. La population flottante s'élève h 21 852 personnes. La colonie compte 25 communes.

Le service de l'enseignement est placé sous l'autorité d'un vice-recteur qui relève directement du gouverneur, et dont les attributions ont été déterminées par un décret en date du 21 septem-

L'enseignement supérieur est représenté par une école préparatoire de droit, créée par un arrêté du gouverneur du 11 janvier 1882 et définitivement organisée par un décret du 20 janvier 1883. L'enseignement secondaire était donné, jusqu'en 1880, dans l'un des petits séminaires de la colonie : une décision de l'autorité locale a créé, en décembre 1880, un collège qui a été érigé, le 2 mai 1881, en lycée de deuxième catégorie.

Un inspecteur primaire est chargé delà surveillance des écoles primaires. L'administration locale a décidé, en 1881, la laïcisation du personnel de l'enseignement primaire, qui a été commencée en 1882 et qui sera progressivement complétée. Les écoles communales ont donné, en 1882, l'instruction à 988G élèves ainsi répartis :

68 écoles laïques de gfarçons 3410 élèves.

4 — de filles 122 —

11 écoles congrréganistes de garçons.. 1671 —

31 — de filles 4683 —

Total 9886 élèves.

Une école normale d'instituteurs et une école normale d'institutrices ont été créées en 1882.

II. La Guadeloupe et ses dépendances. — La Guadeloupe se compose de deux îles séparées par un étroit canal, la Rivière salée : l'île à Touest de la Rivière salée est la Guadeloupe proprement dite ; l'île située à l'est de ce canal s'appelle la Grande-Terre. A la Guadeloupe se rattachent en outre cinq dépendances, qui sont : l'île de Marie- Galante, les trois îlots des Saintes, l'île de la Désirade, les deux tiers de l'île Saint-Martin (dont l'autre tiers appartient à la Hollande), et l'île de Saint-Barthélémy, cédée par la Suède à la France en 1878. La superficie totale de la Guadeloupe et de ses dépendances est de 186 651 hectares, dont 94 631 pour la Guadeloupe proprement dite et 65 631 pour la Grande-Terre. La population de la colonie est de 160 351 habitants, dont 28 179 garçons et 27 325 filles au-dessous de 14 ans. La population flottante est de 40 420 personnes. Le nombre des communes est de 33.

La Guadeloupe n'a pas de vice-recteur ; le service de l'instruction publique est placé dans les attributions du directeur de l'intérieur, que seconde un inspecteur primaire.

L'enseignement secondaire n'était représenté, jusqu'en 1883, que par un collège diocésain, dans la commune de la Basse-Terre. Mais la création d'un lycée a été décidée, et cet établissement doit entrer en exercice cette année même (1884).

La Guadeloupe est divisée en deux circonscriptions d'inspection primaire. L'enseignement est entre les mains des congréganistes, sauf les écoles

de l'Ile do Saint-Martin et une école à la Basse- Terre. Les écoles tant publiques que libres ont reçu en 1882 11 667 élèves ainsi rffoartis :

Ecoles commuDales de garçons 5967 élèves,

— de filles 4556 —

Ecoles libres de jjarcous 631 —

— , de fillei 513 —

Total 11667 élevés.

III. Saint-Pierre et Miquelon. — Superficie : Saint-Pierre, 2500 hectares ; Miquelon, 21 000 hectares. Population : 5534 habitants, dont 927 garçons et 943 filles au-dessous de 14 ans. La population flottante est de 1294 personnes. Les deux îles forment chacune une commune.

Il existe à Saint-Pierre un collège tenu par des religieux. L'enseignement primaire est donné exclusivement par des congréganistes : il comprenait, en 1882, 4 écoles de garçons avec 594 élèves, et 13 écoles de filles, asiles, ou ouvroirs, avec 581 élèves.

IV. Guyane. — La population blanche de la Guyane s'élève à 17 362 habitants, dont 2iG0 garçons et 1992 filles au-dessous de l4 ans. Il y a en outre environ 2000 Indiens, et une population flottante d'environ 7000 personnes. La colonie compte 10 communes.

L'instruction publique relève du directeur de l'intérieur. L'enseignement secondaire est donné dans un collège primitivement dirigé par des congréganistes, mais qui a été laïcisé en 1882. L'enseignement primaire est aux mains des congréganistes, et se donne, d'après une statistique officielle communiquée au ministère de l'instruction publique, dans 2 écoles de garçons, 2 écoles de filles, et 5 écoles mixtes : ces écoles étaient fréquentées en 1882 par 778 garçons et 623 filles.

V. Sénégal. — La population blanche du Sénégal est de 191 608 habitants. Il faut y ajouter une population flottante d'environ 2000 personnes. La population de race maure et celle de race noire ne sont pas recensées. Le Sénégal ne compte que 3 communes.

L'instruction publique relève du directeur de l'intérieur. Elle comprend un cours préparatoire à l'enseignement secondaire, fait à Saint-Louis par un professeur de l'Université, et des écoles primaires : celles de Saint-Louis, de Dakar, de Gorée et de Joal sont dirigées par des congréganistes des deux sexes (18 frères et 17 sœurs), qui avaient dans leurs classes, en 1882, 802 garçons et 324 filles; à Rufisque, il y a une école laïque de garçons et une école laïque de filles. En outre, la colonie a créé à Saint-Louis une école d'apprentis destinée à former des ouvriers pour le bois et les métaux.

VI. Gabon. — La population européenne du Gabon ne s'élève qu'à 200 âmes. La population indigène n'est pas recensée.

L'instruction publique est confiée à des missionnaires. L'école des garçons avait, en 1882, 206 élèves et l'école de filles 88. En outre, des écoles sont organisées par les missionnaires protestants américains. Par un décret du 9 avril 1883, l'enseignement de la langue française a été rendu obligatoire.

VII. La Réunion. —Superficie : 260 000 hectares. Population: 172 084 habitants, dont 2S 8 iO garçons et 23998 filles au-dessous de H ans. La population flottante est évaluée à 64 000 personnes. La colonie compte 16 communes. .

Le service de l'instruction publique est lirigô par un vice-recteur qui relève directement du gouverneur.

La ville de Saint-Louis possède un lycée qui compte 500 élèves et où Te nseignement est dontie par 50 professeurs et répétiteurs. Sept autres éta-

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