‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 152 sur 573 · MARNE (HAUTE-) — 1850 — MARNE (HAUTE · texte numérisé non relu

MARNE (HAUTE-) — 1850 — MARNE (HAUTE

Marne expose en ces termes l'état des choses : « Une partie des communes ont fait des procèsverbaux où tous les genres de services que rend un instituteur dans la commune sont détaillés. La plus grande partie des habitants, s'appuyant sur les lois qui ont supprimé toute contribution forcée pour le culte, ne les ont point voulu payer, sachant qu'on ne pouvait les y contraindre. Aussi la plupart des maîtres ne pouvant plus vivre ont abandonné 1 instruction, font valoir leurs propriétés, exercent un commerce ou un métier. Maintenant la plupart des instituteurs sont gens de campagne, peu instruits, qui ne peuvent travailler l'hiver dans les champs, ou des ouvriers, qui ne regardent l'instruction que comme un accessoire à leur profession, qui voient venir l'époque de la cessation des classes avec plaisir pour se livrer à leurs travaux ou à leur industrie, et ne regardent plus d'autres livres que ceux du chant d'église. »

Sous l'Empire, la situation ne s'améliore pas, au contraire; et le décret du 17 mars 1808 ayant autorisé les frères des écoles chrétiennes à enseigner, les ccoles des principaux centres de population furent remises aux congréganistes. Sous la Restauration, on voit reparaître l'autorisation de l'évêque, et les congréganistes font des progrès : bon nombre d'instituteurs sont congédiés pour faire place aux frères de la Doctrine chrétienne de Vézehse. Enfin la révolution de 1830 signale un réveil de l'esprit libéral, et la loi de 1833 inaugure un régime nouveau.

Statistique comparée de 1829 a 1881-1882. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le département de la Haute-Marne depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.

Nombre des communes dépourvues d'écoles. — En 1837, le département comptait 35 communes n'ayant aucune école, et 378 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 9 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1878, on ne trouve plus que 6 communes sans écoles, et une seule commune de plus de 600 habitants n'ayant pas d'école publique de filles.

Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de l'Université, de 427 en 1813 et de 622 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles lalquei

de garçons ^ gj, ou mixtes

Écoles conCTéganistes

de garçons ou mixtes

de filles

Tetai

Nombre d'instituteurs et d'institutrices ^ y compris les adjoints et les adjointes.

d'après la statistique ofhc^'» .

Écoles publiques

Écoles libres

Total

Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles lyiixtes et écoles de filles.

Ecoles de garçons Ecoles mixtes Écoles do filles Total

1850 546 (v compris les éc. mixtes) 202 748

Instituteurs

Ins

itutrice»

Total

laïque»

congrégan.

laïques

congrégan.

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèves

Élèves gratuit»

année civile) . . .

Manque

(année

scolaire)

Manquç^

Gratuité

En 1832, il y avait 1538 élèves inscrits sur 10 Oa habitants; en 1840, 1789; en 1863,1735; en 1876- 1877, 1514, et 1455 en 1881-1882.

Ecoles maternelles [Salles d'asile).

Nombre

Nombre

des établissements

des élèves

Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.^

Nombre des cours Nombre des auditear»

Hommes Femmes Hommes Femmes

1872 511 21 7898 Vo5

Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de

1833 à 1882 inclusivement a été le suivant :

MAIINE (HAUTE-)

MARNE (HAUTE-

Instituteurs.

1833-1850. 249 brevet» élémentaires, 102 brevets supérieurs, proportion de 2 0/0. 1851-1867. 495 — obli<'aloires,129 — complets.

! conscrits complètement illettrés est réduit d-ms j ce département à son minimum, c'est-à-diic à la

78 — élémentaires,

— facultatifs

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Institutrices.

1836-1850. 28 brevets élémentaires, 19 brevets supérieurs 1851-1867. 154 — obligatoires, 17 — complets. 1868-1880. 461 — 82 — facultatifs

ou complets, supérieurs.

88 — élémentaires,

Année*

Certificats d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits dans le département de la Haute-Marne en 1874; mais à cette date et jusqu'en 187G inclusivement les filles ne prennent pas part aux examens. Voici le tableau des certificats obtenus depuis l'ori- j gine :

Nombre de candidats Certificat» obtenus | Garçons Filles Garçons Filles I

Manque

Résultats de Vinstruction. — Les deux tableaux ci-dessous indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints :

Nombre de conscrits sachant au moins lirCt de 1827 à 1882 inclusivement.

ANNEES

CO'SCRITS

sachant

au moins

lire

Combien pour 100

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0; dans le département delà Haute-Marne cette moyenne était de 75.4 0/0, soit 30.6 0/0 au-dessus de la moyenne générale. La classe de 1881, en portant l'instruction des conscrits dans le département de la Haute-Marne à 97.7 0/0, réalise ainsi un progrès total de 22.3 0/0 1 pour la période de cinquante-trois années qui ! s'est écoulée de 1829 à 1882.

Depuis la période de 1865-1868 le nombre des !

Hommes

Femmes

Oommes et femmes

Budget de Vinstruction primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire pour les vingthuit dernières années, de 1855 à 1882 :

ANNÉES

RÉTRIBU- TION

scolaire

A PART

RESSOURCES

communales non compris la rétribution scolaire

SUBVENTIONS

du département

de l'Eut

Gratuité.

En 1863, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de 8f'',41, soit 1^^,06 au-dessous de la moyenne générale qui était à la même date de 9''",47. En 1876, cette dépense était de 18'', 15, la moyenne générale étant de 17f',83. En 1882, la dépense par tête d'élève dans le département de la Haute-Marne était de 25'S6v, tandis que la moyenne générale était de

Etat actuel de l'instructio.n primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de la Haute-Marne pendant l'année scolaire 1882-1883.

Nombre d'écoles. — Le nombre -des écoles primaires est de 864 (797 écoles publiques et

67 écoles libres). 4 communes seulement sont entièrement dépourvues d'écoles. 4 communes de plus de 500 habitants n'ont pas encore d'école publique de filles (ce nombre était de 2 en 1882). Sur les 864 écoles primaires du département, i\ y a 615 écoles laïques (2G9 écoles de garçons,

68 de filles et 278 mi.xtes) et 249 écoles con-

MARNE (HAUTE-

MARNE (HAUTE-

gréganistes (10 de garçons, 237 de filles et '^ mixtes).

Division des écoles de toute nature d'après le nombre de classes qu'elles possèdent.

Publiques Libres

Écoles

1 classe.

et au-dessus.

Totaux.

Division des classes publiques d'après le nombre des élèves qu'elles reçoivent.

Classes de 50 élèves et au-dessous 805, soit 86.» 0/0

— de plus de 50 élèves 92, — 9.8

de 60 — 24, — 2.5

— — de 70 — 6, — 0.7

de 80 — 9, — 1.»

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont 55.2 0/0, 18.9 0/0, 12.3 0/0, 7 0/0, 6.6 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une bonne situation.

Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1882-1883 sont au nombre de 36 255 (au lieu de 37 088 en 1881-1882). Ce nombre peut se décomposer en :

Élè\es des écoles

publiques 33 059

Garçons 18 269

Mlles 17 986

laïques 23 127

congréganistes 13 128

Élèves des écoles

Élèves des écoles

( de garçous 13 809

' de (illes 14 029

f mÏTlpe S A17

mixtes.

Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 36 255 pour 28 212. D'après le recensement <ie 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de la Haute-Marne est de 23 211, d'où il résulterait que le nombre des enfants de 6 à 13 ans inscrits dans les écoles dépasserait de plus de 5000 le nombre des enfants recensés du même âge.

L'inspecteur d'académie de la Haute-Marne explique cette anomalie par la présence d'une population étrangère nombreuse, dont les enfants, non recensés, fréquentent autant d'écoles dans l'année et par conséquent sont inscrits autant de fois que leurs parents changent de localité pour se procurer du travail.

Certificat d'études primaires. — Le résultat des examens pour le certificat d'études primaires a ^tô le suivant en 1883 :

■Garçons Filles...

Totaux

Nombre de candidats

4ii6

Nombre de certificats obtenui

un efiectif de 1146 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.

1" Pour les écoles publiques ;

Titulaires avec brevet

supérieur 124

Titulaires avec brevet

élémentaire 413

Titulaires sans brevet. »

Adjoints (ou adjointes)

brevetés 68

Adjoints (ou adjointes)

non brevetés »

Iiistitutricet Uiques corigr.

2° Pour les écoles libres

Titulaires brevetés ....

— non brevetés.

Adjoints (ou adjointes)

brevetés

Adjoints (ou adjointes)

non brevetés

laïques

Institutrices laïques cuDgr.

Maisons d'école. — La situation au bre 1883 est résumée dans le tableau

1*'' septemsuivant :

Nombre et nature des maisons d'école.

Appartenant -n -.' -, aux communes, "ei^es. Loue

De garçons ou mixtes.

De filles

Totaux.

Total.

Parmi les maisons d'école appartenant aux communes. 267 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maisons d'école s'élève à 3445 francs.

Le chifl"re des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de la Haute- Marne pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les sept dernières années, est le suivant :

Totaux.

Nombre

Subventions

des écoles

de l'Etat

2 000 fr.

779 362 fr.

Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1883, 36 écoles maternelles (29 publiques et 7 libres). Sur les 29 écoles maternelles publiques, 3 sont dirigées par des directrices laïques et 26 par des directrices congréganistes. Une seule directrice laïque n'est pas munie du certificat d'aptitude; parmi les 26 directrices congréganistes, 16 sont dans ce cas. Sur les 7 écoles maternelles libres, 2 sont dirigées par des laïques et 5 par des congréganistes ; 1 directrice laïque et 4 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 3 sous-directrices pourvues du titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 14 sous-directrices dont 10 sans titre de capacité. On trouve également 3 sous-directrices d'écoles maternelles libres congréganistes, dont 2 sans titre de capacité.

Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1882-1883, 3532 élèves (3652 en 1881-1882), répartis comme suit :

Ecoles maternelles i laïques..

publiques ( congrég.

I^coles maternelles j laïques..

libres ( congrég.

3 532 élèv«9

MARNE (HAUTE-

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