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Bibliothèques scolaires et bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1*^ janvier 1884:
Bibliothèques scolaires 535
Nombre de volumes 83 968
Bibliothèques pédagogiques 28
Nombre de volumes 5188
En 1863, le département ne possédait que 115 bibliothèques scolaires contenant ensemble 9961 volumes de toute nature.
fonctionnent en 1884 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1883 :
Recettes de l'exercice 1883 27 839f',5D
Dépenses 13 095 ,96
Somme en caisse à la clôture de l'exercice 14743f',59
Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait que 39 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 4748 francs.
Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1875. Voici leur situation en 1879 et en 1883 :
Ânnce3.
NOMBRE
SOMMES
inscrites
de caissej. de livrets.
à ces livrets.
64 836 fr
Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1866, et qui comptait en 1879 500 membres participants, n'en compte plus actuellement que 489; cependant son actif s'est élevé depuis cette dernière date de 37 085 francs à 53 578 francs.
Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire de l'instruction primaire An département de la Haute- Marne, dont la fondation remonte à 1867, paraît suivant les besoins du service, en format petit in-8o. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques dont il devient la propriété et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.
MAKINIX. — V. Sainte-Aldegonde.
!!• Partie.
MARTIN (Aimé;. — Louis- Aimé Martin, né h Lyon le 17 avril 1782 «[selon la biographie Michaud ; d'autres biofçraphes donnent 1781 et 1786), fat d'abord destiné au barreau, mais ses préférences personnelles l'enlralnèrent de bonne heure dans la carrière des lettres. Son premier ouvra;?e fut un Eloge historique de Désiré Petetin, médecin de Lyon, l'un do ceux qui se sont préoccupés les premiers du magnétisme animal (1808); les Lettres à Sophie sur la jjhysique, la chimie et l'histoire naturelle, imitation des Lettres a Emilie, de Demoustier, qu'il publia en 1810, établirent sa réputation.
Aimé Martin fut un fervent disciple et un ami de Bernardin de Saint-Pierre, et, quand celui-ci mourut en 1814, à lâge de 77 ans, laissant une veuve beaucoup plus jeune que lui et une fille, Virginie (qui devint plus tard M^^ de Gazan}, Aimé Martin épousa l'une et adopta l'autre.
En 1813, il avait obtenu une chaire à l'Athénée, et il y professa 1 histoire littéraire de la France au moyen âge; en 1815, il fut nommé secrétairerédacteur de la Chambre des députés, et, la même année, professeur de belles-lettres, de morale et d'histoire à l'Ecole polytechnique, en remplacement d'Andrieux. Destitué en 1831, lorsque l'école passa du ministère de l'intérieur au ministère de la guerre, il devint, quelques années après, conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Il est mort à Saint-Germain-en Laye, le 18 novembre 1847 (d'après Michaud; la biographie Didot dit : à Paris, le 22 juin).
Aimé Martin a été un très honnête et très aimable homme. Lamartine, qui prononça un discours sur sa tombe, a dit de lui que « sa vie privée ne fut qu'une longue suite d'amitiés ».
Outre les deux ouvrages déjà cités, on doit à Aimé Martin un grand nombre d'éditions d'auteurs classiques ; une édition très complète des Œuvres de Bernardin de Saint-Pierre ; \xn Plan de bibliothèque universelle, étude des livres qui peuvent servir à l'histoire littéraire et philosophique du genre humain, sorte d'introduction à la collection intitulée : Le Panthéon littéraire, dont il fut un des collaborateurs; un Guide pittoresque de Z'éiranger dans Parts, etc., etc.
Mais son ouvrage principal, et celui par lequel il nous appartient, est son Éducation des mères de famille ou De la civilisation du genre humain par les femmes, qu'il publia en 1834, que l'Académie française a couronné, et dont il a été publié plusieurs éditions (celle que nous avons sous les yeux, la dernière probablement, est la neuvième, 2 in-12, GharpeiUier, 1873^
Ce livre a le mérite d'avoir hautement revendiqué, au lendemain de la loi de 1833, qui avait oublié ou qui n'avait pas osé aborder la question des écoles de filles, la part prépondérante de la femme dans le relèvement des classes populaires et de toutes les classes sociales par l'éducation, tt Quand on élève un garçon, disait M. Jules Simon, en 1867, h la Société pour l'instruction élémentaire, et que d'un ignorant on fait un lettré, qu'est-ce qui en résulte? Il en résulte un lettré. Quand on élève une fille, et que d'une ignorante on fait une lettrée, qu'est-ce qui en résiilte? H en résulte une institutrice, c'est-à-dire qu'au lieii d'avoir enseigné à une fille, vous avez enseigne à toute une famille. » Plus de trente ans avant M. Jules Simon, Aimé Martin avait pose cette thèse éloquente. « Suivant nous, dit-il, l'instruction primaire ne peirl devenir universelle dans les campagnes que par les femmes. C est donc surtout les jeunes filles qu'il faudrait instruire au village, afin de les mettre à môme d instruire un jour leurs enfants. Instruire les jeunes hllos, c'est faire une école de chaque maison. » Mais, ajoute-t-il, « nos législateurs ne savent pas ce.a,
MAIITIN