MAXIMES
Tattention publique sur quelque point négligé dans les études, sur quelque moyen de plus d'obtenir des succès. Il peut y avoir exagération dans ce que Ton attaque et dans ce que l'on propose; mais le débat qui s'établit redresse bientôt les torts, et se termine toujours au profit de la vérité. L'apparition de nouvelles méthodes est une manifestation de vitalité. On se plaint depuis quelque temps du trop grand nombre de méthodes, des changements perpétuels qu'on propose, qu'on tente et q l'on exécute. On ne veut plus de ces changements : c'est, dit-on, la ruine de l'enseignement et les maîtres ne savent plus où ils en sont. Ceux qui débitent de pareilles phrases ne savent ce qu'ils disent. Si vous avez des maîtres qui perdent la tête en étudiant et en comparant différentes méthodes, ces maîtres ont vraiment de bien pauvres têtes, et je suis loin de m'inquiéter de leur embarras. Le maître qui mérite ce titre s'instruit à étudier de nouveaux procédés, et ii en recueille plus de lumières, de certitude et de moyens de succès. Quant aux changements, ils sont un mal toutes les fois qu'ils ne sont que des changements ; ils sont un grand bien toutes les fois qu'ils sont des améliorations. C'est k vous, maîtres de la jeunesse, qu'il appartient d'en juger. Apprenez à choisir, à inventer, à établir, à pratiquer par vousmêmes, non pas la meilleure des méthodes pour l'univers entier, mais une méthode qui soit bonne pour votre école du hameau^ de la ville ou du bourg. »
La partie la plus importante du livre est celle qui concerne les écoles normales. Il y a là, sur l'enseignement, le régime intérieur, l'esprit qui doit inspirer les élèves-maîtres, toute une série de chapitres du même ton et de la même portée que celui que nous avons emprunté au Visiteur des écoles.
Le titre complet du Nouveau manuel des écoles primaires, moyennes et normales est celui-ci : « Nouveau manuel des écoles primaires,^ moyennes et normales, ou guide complet des instituteurs et des institutrices, contenant : 1° l'exposé des principes et des méthodes d'instruction et d'éducation populaire de tous les degrés ; 2° des catalogues pour la composition des bibliothèques populaires ; 3° les lois, circulaires et règlements de l'autorité sur l'enseignement primaire; 4° des plans pour la construction des maisons d'écoles et la distribution des salles de classes; par un membre de l'Université, et revu par M. Matter, inspecteur général des études » (l vol. in-18, Paris, à la librairie encyclopédique de Roret, 1836). Malgré ce libellé, le Nouveau manuel est de M. Matter; luimême s'en déclare l'auteur dans la seconde édition du Visiteur des écoles. C'est, comme l'indique le titre, comme l'indique aussi le nom de la librairie où il a été publié, un manuel contenant tout ce qu'il pouvait paraître utile de savoir sur la pédagogie, la législation et l'organisation de l'instruction primaire en IS.iG, c'est-à-dire au lendemain de la loi Guizot. M. Matter s'y retrouve d'ailleurs tout entier, avec sa grande compétence et la liberté de son ferme esprit. L'originalité même ne manque point dans ce manuel qu'on pourrait croire de seconde main. Ainsi, nous y lisons, en tête du chapitre intitulé « De l'écriture et de la lecture » : « On sépare ordinairement ces deux études, et c'est par la lecture qu'on commence; l'écriture vient plus tard. Nous croyons que, sous ce rapport, il convient de faire un changement. Quelqu'un a écrit avant qu'un autre ait lu; on doit faire écrire avant de faire lire; c'est là l'ordre naturel
et c'est l'ordre le plus avantageux » Et M. Matter
part de cette théorie (qui se trouve déjà, d'ailleurs, dans V Instituteur) pour tracer le plan d'une méthode d'écriture-lecture comme celles que nos maîtres préconisent aujourd'hui, quelques-uns
croyant peut-être avoir été les premiers à y songer.
Citons encore, parmi les ouvrages de M. Matter se rapportant à l'enseignement primaire, une Notice sur la vie et les ouvrages de M. H. -A. Dupont, instituteur (Paris, Paul Ducrocq, in-S» de 13 pages, 1855). [Ch. Defodon.J
MATURITÉ (CERTIFICAT DE). — Le certificat de maturité {Reifezeugniss ou. Zeugniss dnr lieife) est le nom donné au diplôme dont l'obtention couronne en Allemagne les études du gymnase; on l'exige de quiconque veut être admis à suivre comme étudiant les cours d'une université; il correspond, on le voit, à notre baccalauréat.
En Autriche, le nom de Reifezeugniss s'applique au diplôme que rélève de l'école normale primaire reçoit après avoir subi avec succès l'examen de sortie, tandis que le certificat délivré aux élèves qui sortent d'un établissement d'enseignement secondaire s'appelle Maturitàtszeugniss . Le R.eifezeugniss n'est pas le brevet de capacité ; il donne seulement à son possesseur le droit d'être nommé comme sous-maître {Unterlehrer) ou comme instituteur provisoire dans une école publique; le brevet de capacité proprement dit (Lehrbefàhigungszeugniss) ne peut s'obtenir qu'après deux ans de pratique scolaire, à la suite d'un second examen,
MAURICE (ILE). — L'île Maurice, l'ancienne Ile de France, appartient aux Anglais depuis 1810; néanmoins l'usage officiel de la langue française y a été maintenu jusqu'en 1847, et cette langue esc encore parlée par une fraction considérable de la population. L'instruction primaire y est donnée dans des écoles de deux catégories : les écoles du gouvernement, qui sont sous le contrôle immédiat de l'Etat, et les écoles subventionnées, qui sont dirigées par des particuliers et reçoivent des subventions de l'Etat à la condition de se soumettre à l'inspection officielle. Il y a un conseil d'éducation, dont les séances sont publiques, et un surintendant-inspecteur des écoles, qui relève du gouverneur de la colonie. Les détails de l'organisation sont copiés sur le système en vigueur dans la métropole. En 1880, d'après le rapport du surintendant, le nombre des écoles du gouvernement était de 38, comprenant 34 classes de garçons, 23 classes de filles et 6 classes enfantines; le personnel enseignant de ces écoles se composait de 33 instituteurs, de 23 institutrices, de 24 adjoints et de 8 adjointes ; le nombre des élèves inscrits était de 5077. Quant aux écoles subventionnées, leur nombre était de 55, savoir : 39 écoles catholiques (38 françaises et 1 anglaise), 14 écoles anglicanes (11 anglaises, 2 françaises et 1 tamil), et 2 écoles de mission (1 anglaise et 1 française) ; le nombre des élèves de ces écoles était de 4310. Les dépenses des écoles du gouvernement ont été, pour l'année 1879-1880, d'environ 100 000 roupies (238 000 fr.), ce qui, pour un chift're de 3495 élèves représentant la fréquentation moyenne, donne environ 28 roupies (66'',65) pour le coût de chaque élève. Les sommes allouées aux écoles subventionnées se sont élevées à environ 44000 roupies (104 700 fr.).
MAXIMES. — Il a été fait autrefois un grand usage des maximes, sentences ou aphorismes, pour l'enseignement de la morale. Les écoliers du moyen âge apprenaient par cœur les distiques latins du grammairien Denys Caton, ceux du xviie et du xviiic siècle les quatrains de Pibrac. De nos jours on a généralement renoncé à l'emploi de ce moyen didactique. Il faut reconnaître toutefois que, dans certaines circonstances, une maxime exprimant sous une forme brève un précepte de conduite ou une idée morale pourra résumer heureusement le développement d'une leçon et en graver plus profondément le souvenir dans
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la mémoire. D'autre part, des « maximes pédagogiques » peuvent avoir une certaine efficacité pour rappeler aux maîtres les principes de la mctliodc, les règles de l'expérience. Il existe des recueils de ces maximes; citons entre autres, en français, l'ouvrage de M. Loubens, intitulé Hecueil alphabétique de citations morales, Paris, Cii. Delagrave ; et en allemand : Zur Pâdagogik der Schute und des Hauses, Aphorismen von D^ G. Kellner, Essen, 1874, et 403 Denksprûche, Gedichte und SprùcfiwÔrterfùr Volksschûler,gesammeUvonJ.-A. Troppmann, Donauwôrth, 1876.
MAYKrs'NE (Département de la). — Superficie, 5171 kilom. carres. Population : 344 881 liabitants en 1881, au lieu de 351933 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 67 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 3 arrondissements, formant 4 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Laval, Ghàteau-Gontier, Ernée, Mayenne; 27 cantons, 276 communes, dont 223 de 500 habitants et au-dessus.
Le service de l'inspection primaire dans le département do la Mayenne est réparti comme suit :
CIRCONSCRIPTIONS
Laval
Château-Gonlicr
Ernée
Mayenne
NOMBRE
d'écoles de classes d'élèves
publ.
libr.
publ.
libr.
public-
libres
Population d'âge scolaire. — En 1876 on comppour 100 habitants. En 1881 on compte 44 870 enfants de 6 à 13 ans (22 669 garçons et 22 201 filles), soit 13.01 enfants d'âge scolaire pour IGO habitants. Le nombre des enfants de 6 à 13 ans a diminué, mais dans une plus faible mesure que la population générale et, par conséquent, la proportion de ceux-là à celle-ci est plus élevée que pour la période précédente.
1. Etat de l'instruction publique avant 1739. — Le département de la Mayenne a été formé do la l)artie occidentale du Maine et d'une petite portion de l'Anjou. Il était compris dans le diocèse du Mans, qui était composé du Maine, du Passais (iVormandie), du Bas-Vendomois, et d'une partie (lu Perche. La source principale pour l'histoire de l'instruction publique dans la Mayenne avant la llévolution se trouve dans les Recherches sur les étabiissemejits de charité et d'instruction publique du diocèse du Mans^ par Thomas Cauvin (Le Mans, 1825). Nous devons en outre plusieurs renseignements intéressants à l'obligeance de M. Leblanc, conseiller général de la Mayenne.
Les études classiques étaient représentées par un certain nombre de collèges. Le plus ancien était celui de Château-Gontier, dont on fait remonter la fondation à 1336; il fut d'abord entre les mains du chapitre des chanoines de Saint-Just; au commencement du xvin« siècle, la ville le réorganisa et acquit le droit d'en nommer le principal. Au xvio siècle sont créés le collège de Mayenne (1560), fondé par Geneviève Tronchay et protégé au xviio siècle par le duc de Mazarin ; celui de La
collège de Villaines-la-Juhel (I65.S), fondé par ua doyen de l'université de Paris, Jean Trottin, régent au collège d'Harcourt : l'enseignement y comprenait la religion, la langue française, la langue latine, et l'arithmétique; celui do Céaulcé (1661), qui eut pour principal, vers la fin du xvii* siècle, le savant Ambroise Paccori*. auteur du livre Avis salutaire à une mère chrétienne ilG89); et celui de Lassay, fondé par Armand de Madaillan, marquis de Lassay, vers 1690.
En dehors des collèges, établis dans les centres importants, il y avait dans la plupart des paroisses des établissements créés pour l'instruction de la jeunesse : c'étaient les petites écoles. Les écoles des jeunes garçons constituaient des espèces de bénéfices ecclésiastiques à la collation de l'évoque, désignés sous les noms de prestimonie ou de maîtrise d'école. « Les titulaires, appelés principaux, dit Cauvin, étaient chargés d'instruire gratuitement les enfants des paroisses pour lesquelles ils avaient été créés ; de dire la messe ordinairement les dimanches et fêtes ; quelquefois même ils devaient aider les curés dans leurs fonctions. Plusieurs enseignaient les éléments de la langue latine aux jeunes gens qui montraient d'heureuses dispositions. Un assez grand nombre d'établissements étaient peu dotés ; mais l'école était formée, les pauvres recevaient une instruction gratuite, et les fondateurs pensaient que la rétribution des autres enfants devait suppléer à la modicité du traitement fixe, et assurer aux maîtres une existence honnête. Mais, avec le temps, les revenus de quelques-unes de ces fondations furent détournés de leur destination primitive; les titulaires chargés de l'enseignement se dispensèrent quelquefois de la résidence, et les paroisses furent privées de l'instruction. »
D'après le relevé dressé par M. Leblanc, on connaît l'existence de petites écoles, prnstimonies ou maîtrises, dans trente et une paroisses de la Mayenne ; la plupart furent fondées au xvii» siècle, après l'éditde Henri IV de 1598. Doni Piolin, dans une notice sur les petites écoles jattsénistes de l'Anjou (citée par M. l'abbé Allain^, raconte que le duc de Mazarin fonda au xyip siècle, à Mayenne, un bureau de charité, établit à x^s frais des maîtres et des maîtresses d'école ptnir l'instruction des enfants dans toutes les paroisses de cette ville, et pourvut d'écoles de garçons et de tilles toutes les paroisses du duché de Mayenne.
Les écoles de filles, plus rares que celles dti garçons, étaient tenues par des i eligieuses, le plus souvent les sœurs de la Charité, dites ïuilardines du nom de leur fondatrice M^^Tullard, qui dirigea elle-même, au xviii"^ siècle, l'école de filles de La Chapellc-au-Riboul : il y en avait dans une dizaine de paroisses. Outre les écoles proprement diles, il existait dans quelques localités (M. Leblanc en relève dix-huit) des maisons de charité tenues par des sœurs qui portaient des secours aux indigents et aux malades et faisaient l'école aux petites filles, et quelquefois aux petits garçons.
A Laval, deux écoles de charité pour l'instruction des jeunes garçons et des jeunes filles pauvres furent fondées en 1744 dans chacune des paroisses de Saint-Vénérand et de la Trinité. Les écoles de filles étaient dirigées par des sœurs de charité; celles de garçons avaient pour maîtres des prêtres ou des clercs tonsurés, lin bureau composé du curé, des quatre bâtonniers de la confrérie du Saint-Sacrement, et des deux procureurs-marguilliers, réglait toutes les affaires concernant ces écoles. Le maître était nommé par ce bureau et présenté pour approbation â 1 eveque du Mans. Les parents pauvres étaient tenus d envoyer à ces écoles leurs enfants au-dessus de six ans, sous peine d'être exclus de toute participation à la charité publique. Les enfants ne devaient
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pas être instruits des principes de la langue latine, ni apprendre à lire dans les rudiments ou autres livres servant d'introduction à l'étude de cette langue. On ne leur montrait point à écrire, sous quelque prétexte que ce fût. L'école était tenue tous les jours ouvrables de 9 h. 1/2 à 1 1 h. 1/2 du matin, et de 2 heures à 4 heures du soir. (Nous devons la communication des renseignements relatifs aux écoles de charité de Laval à l'obligeance de M. Ditandj^ inspecteur d'académie.) Un mémoire manuscrit sur les petites écoles de Hardanges, rédigé par M. Montagu, instituteur public de cette commune, montre d'une façon très claire l'organisation et le fonctionnement des anciennes prestimonies du diocèse du Mans. Le système diffère essentiellement de celui qu'on rencontrait dans la plupart des autres provinces : le maître d'école n'est point choisi par les habitants, qui n'interviennent en rien ; au lieu d'un régent lié à la commune par un bail débattu par les parties contractantes, nous avons ici un ecclésiastique pourvu d'un bénéfice à la charge de faire l'école aux enfants pauvres ; s'il est consciencieux, il s'acquitte de cette obligation ; mais il peut lui arriver aussi de toucher les revenus du bénéfice sans songer à remplir les charges de la fondation, ni même à résider. A Hardanges, le seigneur du lieu, René de Champagne, marquis de Villaines, s'y prit de la façon suivante pour fonder l'école : il existait une chapelle fondée, dite de la Morière ; faute de ressources suffisantes, les titulaires de cette prestimonie n'habitaient point le pays, mais il était facile de les y fixer et de les charger de la direction d'une école : il suffisait de leur assurer un revenu convenable ; à cet effet, M. de Champagne fonda la prestimonie de Bourg, qui, jointe t celle de la Morière, ne forma qu'un seul bénéfice dont devait jouir le prêtre-institnteur. L'école paraît avoir été ouverte en 1610. Les premiers titulaires furent successivement Jullian Pottier, Marin Mesnaige et Guillaume Mesnaige; les deux premiers exercèrent les fonctions de vicaire et celles d'instituteur; le troisième n'habitait pas le pays : devenu curé de Verteuil en Poitou, il resta néanmoins titulaire du bénéfice; mais un nouveau vicaire et régent fut nommé en la personne de Pierre Gruau, à qui dès 1665 fut servi le revenu des deux prestimonies, s'élevant à 150 livres. En 1694, le sous-diacre Louis Lenormand devint titulaire de la Morière et du Bourg ; mais Pierre Gruau continua d'exercer, en jouissant du revenu du bénéfice, les fonctions d'instituteur. Ce Pierre Gruau possédait, du chef de ses parents, une ferme appelée le Racinay ; à sa mort, en 1695, il constitua par testament cette ferme en une troisième prestimonie dont le revenu, joint à ceux de la Morière et du Bourg, devait assurer à la paroisse de Hardanges la tenue régulière d'une école. Denis Turmeau succéda à Pierre Gruau comme vicaire et régent; il fut pourvu de la prestimonie du Racinay, et Louis Lenormand, titulaire de celles de la Morière et du Bourg, lui en résilia les revenus, comme il avait fait à son prédécesseur, moyennant la somme annuelle de douze livres de rente, deux chapons, et dix sols pour les réparations. A la mort de Lenormand, en 1736, Denis Turmeau se retira, et fut remplacé par Louis Pinçon, qui devint titulaire tout à la fois de la Morière, du Bourg et du Racinay. Pinçon était un maître habile ; il transforma lécole de Hardanges en un petit collège, où il enseignait les éléments du latin aux enfants qui se destinaient L la carrière ecclésiastique. 11 exerça pendant quarante ans; et lorsqu'il mourut, l'école de Hardanges demeura fermée par fauto de titulaire : le duc de Choiseul-Praslin avait retiré au régent la prestimonie de la Morière pour la donner au principal du collège de Villaines*. Cependant un prêtre-ha-
bitué, Michel Haireau, consentit enfin à prendre la direction de l'école, qui revint au programme ordinaire; mais il mourut au bout de trois ans, en 1781. Michel Carré, vicaire d'Hardanges, lui succéda et eut la jouissance du Bourg et du Racinay ; il exerça ses fonctions d'instituteur jusqu'au 8 octobre 1793, époque où il émigra. Après son départ l'école fut fermée, et les deux prestimonies mises sous séquestre; en Tan X, ces biens furent affermés aux enchères publiques, pour une somme annuelle de 270 francs ; et en 1811 la municipalité de Hardanges reçut l'ordre de les vendre administrativement à son profit, pour le capital en être placé sur l'Etat : une partie des rentes servit à composer le traitement de l'instituteur communal installé depuis 1808, l'autre partie fut affectée au soulagement des pauvres. — Cette monographie de l'école de Hardanges donne, croyons-nous, une idée assez exacte de ce qui a dû se passer, durant les deux siècles qui précédèrent la Révolution, dans un certain nombre de paroisses de la Mayenne.
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Les documents relatifs à l'instruction publique pendant la période révolutionnaire, qui se trouvent aux archives départementales (liasse cataloguée L), n'ont pas encore été dépouillés. Nous pouvons dire seulement, d'une manière générale, que les décrets de l'an II, de l'an III et de l'an IV sur les écoles primaires furent exécutés dans la Mayenne, autant que le permit la guerre civile; une école centrale fut établie à Laval dans les bâtiments de l'ancien collège ; le 26 messidor an VI, l'administration départementale adressa au ministre de l'intérieur un compte-rendu de l'état de l'instruction publique et particulière dans la Mayenne. En l'an Vlll, le Conseil général, appelé à renseigner le gouvernement, déclare que « les écoles primaires n'existent pas » ; en l'an IX, le même Conseil général ajoute que « le manque de sujets propres à l'instruction porte à ne demander d'écoles primaires que pour les chefs-lieux d'arrondissement de justice de paix, sauf à autoriser les communes populeuses à en établir comme elles l'aviseront. »
Pour l'époque de l'Empire et de la Restauration, les renseignements manquent.
Statistique comparée de 1829 a 1881-1882. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le département de la Mayenne depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.
Nombre des coynmunes dépourvues d'écoles. — En 1837, le département comptait 29 communes n'ayant aucune école, et 119 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 6 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1878-79 on ne trouve plus de communes sans écoles; mais 21 communes de 500 habitants n'ont pas d'écoles publiques de filles.
Nombre des éco Les primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après lAlmanach de L'Université^ de 178 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :
Écoles Écoles t.»,!
publiques libres
1829 d'après la statistique offîc»«.. 180
MAYRNNE
MAYENNE
Division <hs écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles mixtes et écoles de filles.
École»
de garçon» mixte»