État de l'instruction primaire avant
— Nous ne possédons pas de renseignements sutla situation de Tinstruction primaire en Touraine avant 1789, les écoles de cette province n'ayant été l'objet d'aucune publication.
depuis 1789 et état actuel. — Nombre des écoles,
— Le tableau ci-dessous indique l'accroissement du nombre des écoles primaires depuis les dernières années du premier empire, mais surtout depuis la Restauration, premier régime à partir duquel nous possédions des statistiques officielles de l'enseignement primaire, jusqu'à nos jours.
INDRE-ET-LOIRE
INDRE-ET-LOIRE
1813 d'après l'almanach de l'uni- \er.--ite imp(^iiale
1821 d'apiés l'almanach de l'univer-silé royale
1829 d'apicslasûtisliqucoffi""'..
écoles Écolei publiques libres
Total
On remarquera que le nombre des écoles publiques s'est augmenté de 53 depuis 1877, et celui des écoles en général de 85. C'est une moyenne de création de 17 écoles par an pour le département de l'Indre-et-Loire, qui mérite d'être signalée.
En 1876-77, les 439 écoles publiques d'Indre-et- Loire formaient ensemble 522 classes; en 1880-81 les 492 écoles publiques forment 632 classes. Il y a donc, entre les deux dates, augmentation de 53 écoles seulement, mais de 110 classes, ce qui montre que la tâche des maîtres a été allégée par le dédoublement d'une soixantaine de classes trop nombreuses. Il y a déjà, eu beaucoup de progrès accomplis sous ce rapport dans le département d'Indre-et-Loire, dont voici la situation actuelle exacte en ce qui concerne les écoles publiques :
Classes de moins de 50 élèves 404, soit 63,9 0/0
— de plus de 50 — 116, — 18,3 0/0
— — de 60 — 51, — 8,10/0
de 70 — 38, — 6,10/0
__ de 80 — 23, — 3,6 0/0
Les moyennes correspondantes pour toute la France sont, respectivement, 58.0 0/0, 16.8 0/0, 11.7 0/0, 6.8 0/0 et 6.1 0/0.
En 18:57, sur un total de 316, on comptait 118 écoles de garçons, 97 écoles mixtes, et 101 écoles de filles ; en 1876-77, les 505 écoles se décomposaient en 172 écoles de garçons, 120 écoles mixtes et 213 écoles spéciales aux filles ; en 1880-81, les chiffres sont : 231 écoles de garçons, 83 écoles mixtes et 276 écoles spéciales aux filles.
Situation scolaire des communes. — Sur les 282 communes du département, 276 possédaient (en 1881) au moins une école publique de garçons, de filles ou mixte, 4 étaient réunies à d'autres communes pour l'entretien d'une école publique, une commune n'avait qu'une école libre, et une commune, celle de Couziers, canton de Chinon, (171 habitants), ne possédait aucune école.
Trente communes de 500 habitants et au-dessus ne possédaient pas d'école publique de filles, savoir : 6 dans la première circonscription de Tours ; 6 dans la deuxième; 13 dans la circonscription de Chinon, et 5 dans celle de Loches.
Division dea écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.
Écoles la'iqucs
de garçons ^ jjn ou mixtes
Écoles congréganistes
de garçons ou uiixles
de filles
Total
Les 285 écoles laïques do garçons ou mixtes se divisent en 277 écoles publiques et 8 libres ; les 29 écoles congréganides de garçons ou mixtes se divisent en 23 publiques et 6 libres; on voit
par ces chifi"rcs que les congréganistes n'ont plus qu'une faible minorité dans les éc >le8 publiques de garçons ou mixtes ; 23 contre 277', soit 7,70/0, Les m éco\Q^ laïques de filles sesubdivis^^nt en 91 publiques et 10 libres; les 165 LiolQscongréqaniita de filles se subdivisent en 101 écoles publiques et (;4 libres. C'est donc 52.6 0/0 des écoles publiques de filles, et 86.5 0/0 des écoles libres, qui sont tenues par des congréganistes
'V'oici d'ailleurs le résumé exact de la situation réciproque des laïques et des congréganistes, tant au point de vue des écoles qu'à celui des élèves qu'elles reçoivent :
École
Élèves
Garçons J Laïques. 285 = 90,8 0/0 16 989 = 86,8 0/0
ou mixtes. ( Congre}?. 29= 9,2 0/0 2 59ij = 13,2 0/a
Laïques. 111=40,2 0/0 5 621=34,8 0/0
Congrég. 165 = 59,8 0/0 10 5^1 = 65,2 O/O
Filles.
Total des élèves
Élèves grataits
Manque.
Manque.
Nombre total d'élèves, et nombre fies élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.
1832 fannée civile)
1876-77 (année scolaire)..
Pour la gratuité, il y a lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Les élèves admis gratuitement dans ces dernières étaient, si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que les autorités scolaires n'ont pas à contrôler, au nombre de 2 191 sur 65^)5, soit 33.5 0/0. Dans les écoles publiques, la proportion des gratuits était de 38.8 d/O en
1833 ; en 1876-77, on la retrouve à 39 0/0. Le progrès de la gratuité dans les écoles publiques avait donc été nul pendant cette période de 46 ans. Mais au moment de la promulgation de la loi du 16 juin 1881, qui a établi la gratuité absolue, le nombre des élèves gratuits s'élevait à 14 011 sur 29 186, soit 51 .4 0/0. C'est donc près de la moitié des élèves des écoles publiques d'Indre-et-Loire qui sont ajoutés à la charge du budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire.
Les 35 751 élèves du département d'Indre-et- Loire peuvent se décomposer en : 29 186 élèves des écoles publiques et 6565 des écoles libres ; en 17 997 garçons et 17 754 filles ; en 22 630 élèves des écoles laïques et 13 121 élèves des écoles congréganistes; en 19 549 élèves payants et 16202 élèves gratuits; en 32331 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe et 3420 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces derniers, pour les écoles publiques, est, par rapport au total des élèves, de 11.3 0/0, soit 5.6 0/0 au-dessous de la moyenne générale, qui est pour toute la France de 16.9 0/0.
Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 35751 pour 30 747. D'après le recensement de 1876, le nombre des enfants de cet âge, pour le département d'Indre-et-Loire, est de 3526;». D'où il résulterait que 4522 enfants d'âge scolaire ne fréquentent pas les écoles primaires. Il convient toutefois de retrancher de ce nombre 533 enfants de 6 ans et au-dessus, inscrits dans les salles d'asile, et ceux qui reçoivent l'instruction dans ua établissement d'enseignement secondaire quelconque (276 en 1876-77) ; en admettant que ce dernier nombre ait doublé pendant la période quinquennale écoulée, ce qui est possible, et que quelques
INDRE-ET-LOIRE
INDRE-ET-LOIRE
CGmaînesd'enfantsreçoiventrinstruction dans leur famille, il n'en resterait pas moins 3 000 enfants de 6 à 13 ans privés de toute instruction, soit 8.5 0/0 de la population d'âge scolaire. Cette fâcheuse situation est officiellement constatée par le rapport d'inspection générale de 1881. Toutefois, M. l'inspecteur général Antlioine ajoute : « Par compensation, ceux qui se feraient inscrire dans les écoles s'y montreraient assez assidus ; la moj^enne de la fréquentation serait pour les garçons de neuf mois, et pour les filles de plus de neuf mois et demi sur onze. Ce sont du moins les cliiffres officiels ; je m'imagine qu'il y aurait bien quelque chose à en rabattre ; la tenue du registre d'appel doit être surveillée avec le plus grand soin ; toutefois je reconnais que, comparaison faite avec ce qui se passe dans les départements voisins, l'assiduité est ici satisfaisante. »
Personnel enseignant. — Les instituteurs laïques ont la majorité dans l'enseignement public et dans l'enseignement libre ; les institutrices laïques sont au contraire en minorité dans l'enseignement libre comme dans l'enseignement public.
Nombre d'instituteurs et d'institulrïces, y compris les adjoints et les adjointes.
Instituteurs
Institutrices
laïques
congrégan.
laïques
congrégan.
Total
Pour 1880-81, ces nombres se subdivisent comme suit : les 345 instituteurs laïques en 319 publics et 26 libres ; les 42 instituteurs congreganistes en 25 publics et 17 libres ; les 174 institutrices laïques en 113 publiques et 61 libres, les 383 institutrices congrcganistes en 207 publiques et 176 libres.
Dans le personnel laïque des écoles publiques il n'existe plus que 4 instituteurs adjoints et 2 institutrices, une titulaire et une adjointe, non brevetés; dans le personnel congréganiste on en trouve encore 176, dont un instituteur titulaire et 16 adjoints, 77 institutrices titulaires et 82 adjointes sur un total de 232, soit 80.2 0/0.
Dans le personnel laïque des é'^oles libres, sur 87 membres dont 26 instituteurs et 61 institutrices, on trouve 8 adjoints et 13 adjointes non brevetés, soit 24.1 0/0; dans le personnel congréganiste des écoles libres, qui compte 193 membres dont 17 instituteurs et 176 institutrices, on trouve encore 5 instituteurs adjoints non brevetés et 1 11 institutrices, dont 43 titulaires et 68 adjointes, soit 60.1 0/0.
On voit par la comparaison de ces moyennes que si le personnel laïque de l'enseignement public aune grande supériorité intellectuelle sur celui de l'enseignement laïque libre, il n'en est pas de môme du personnel congréganiste qui est mieux choisi pour l'enseignement libre que pour l'enseignement public.
« En moyenne, dit le rapport de l'inspecteur d'académie au Conseil général (août 1881), la capacité des maîtres n'est que suffisante; un petit nom.bre sont pourvus du brevet complet (3.S, dont 28 instituteurs tous laïques et 7 institutrices dont unecongréganistC) ; ceux qui ne l'ont pas ne travaillent pas, généralement, à l'acquérir. Ce qui manque plus encore que la connaissance des matières, c'est celle des méthodes, c'est, en un mot, la science pédagogique. Les conférences cantonales, aidées des bibliothèques pédagogiques, contribueront rapidement, je l'espère, à augmenter tout à la fois chez nos maîtres le savoir et le savoir-faire.
» Tout le personnel est, en général, anîmé de bons sentiments ; nos instituteurs, nos institutrices se conduisent bien, leur tenue est correcte, leurs relations convenables; cependant l'administration a eu parfois à sévir : trois révocations, deux suspensions temporaires ont été prononcées contre des institutrices et des instituteurs congréganistes, une suspension contre un instituteur laïque.
» Malheureusement, le recrutement des instituteurs laïques ne s'opère pas assez activement pour nous dispenser de recourir à des sujets étrangers.
» Le nombre des élèves de l'école normale df| Loches a été, il est vrai, augmenté à la rentrée de 1880, et cette école nous fournira bientôt un contingent annuel de 15 élèves-maîtres, insuffisant toutefois encore pour combler les vides et suffire aux nouvelles créations...
» Le recrutement de la nouvelle école normale d'institutrices paraît assuré... La gratuité absolue, que la loi du 16 juin 1881 vient d'introduire dans le régime des écoles normales supprimera toute appréhension relative au recrutement de nos deux écoles et permettra même d'augmenter le nombre des élèves, ainsi que le réclament les besoins de l'instruction primaire dans le département d'Indre-et-Loire. »
Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 492 maisons d'école que comptait le département d'Indre-ei-Loirc en 1881, 404 appartenaient aux communes, 26 étaient prêtées, 62 étaient louées. Le montant des sommes payées pour frais de location de ces dernières s'élevait à 13 983 francs. 134 des maisons appartenant aux communes étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelconque. Les mobiliers scolaires appartenaient aux communes pour 457 écoles et à divers pour le reste.
« Le matériel en cartes murales et en globes terresires, dit le rapport d'inspection académique, se complète rapidement, grâce aux concessions du ministère^ mais les cartes du département manquent presque partout ; celles des divers cantons n'existent nulle part ou à peu près : un envoi de ces dernières cartes va être fait prochainement sur les fonds votés par le Conseil général. Les tables-bancs sont toujours très défectueux, excepté dans une quarantaine de communes qui ont reçu un mobilier conforme au nouveau modèle envoyé par l'administration. Les communes se décident difficilement à procéder au renouvellement de leurs vieux mobiliers, si usés, si défectueux qu'ils puissent être.
» Dans la plupart des écoles, le mobilier personnel qui, aux termes des règlements, devrait être fourni par la commune et rester sa propriété, appartient à l'instituteur. Il n'y a que cinquantedeux communes qui fassent exception.
)) L'ensemble des ressources appliquées à l'amélioration et à l'installation matérielle des écoles, en 1880, s'élève à 477 120 francs environ, dont 3G00G0 ont été payés sur les fonds des communes, 173 435 fr. sur les fonds de l'Etat et 3 663 fr. sur ceux du département. Il y a, en outre, 53 projets de construction soit acceptés, soit à l'étude. »
Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département d'Indreet-Loire pour construction ou réparation de maisons d'école, durant les cinq dernières années, est le suivant :
Totaux.
Nombre
Subventions
des écoles.
de l'Etat.
77 350 fr
972 132 fr
INDRE-ET-LOIRE
INDRE-ET-LOIRE
Enseignement, méthodes et résultat^. — Nous extrayons du rapport de l'inspecteur d'académie au Conseil général, se'^sion d'août 1881, les passages suivants : « Dans presque toutes les écoles, les élèves se repartissent en trois divisions qui devraient correspondre à ce qu'on appelle cours élémentaire, cours intermédiaire, cours supérieur, mais qui, en fait, no dépassent pas le niveau du cours moyen et qui n'y atteignent même pas, pour certaines matières. A vrai dire, sauf dans quelques écoles urbaines, on reste dans le cercle des matières strictement obligatoires.
» \]n emploi du temps est partout affiché, il sert à régler la succession des divers exercices, mais il s'en faut de beaucoup qu'il soit ponctuellement suivi.
» Dans les écoles pourvues de sous-maîtres, c'est à cenx-ci que l'instituteur abandonne exclusivement, presque partout, la direction de la basse classe, et, s'il est seul, c'est à des moniteurs trop souvent incapables. Je reconnais que les instituteurs paient de leur personne plus que par le passé, mais il faut faire mieux.
» Pourquoi le maître ne consacrerait-il pas quelques moments aux plus jeunes élèves, dont la direction réclame beaucoup de tact et d'expérience? Pourquoi ne confierait-il pas à ses adjoints le soin de faire quelques leçons aux élèves avancés? N'y aurait-il pas profit pour les uns comme pour les autres? Les élèves apprendraientmieux, les adjoints apprendraient à devenir maîtres à leur tour et ne seraient pas exposés, pendant un stage plus ou moins long, à oublier, faute de pratiquer, ce qu'ils devront enseigner le jour où ils auront la direction de toute une école.
» J'ai proposé cette année, comme sujet à traiter pour tous les instituteurs, la question suivante :
» Comment un iustituiew\ dans une école dépourvue d'adjoints et comportant plusieurs divisions, peut-il obtenir le maximum de travail et la moindre perte de temps? Présenter sous une forme synoptique des conclusions pratiques, constituant un tableau de Vemptoi du temps.
» J'ai tenu à trancher cette question à l'aide des instituteurs eux-mêmes, qui mettront plus volontiers en pratique une mesure qui aura eu l'assentiment du plus grand nombre. Il ne faut pas se dissimuler toutefois que le nombre excessif d'enfants confiés à un seul maître constituera toujours une difficulté qui ne pourra être entièrement écartée que par l'adjonction d'un adjoint dans toute école qui compte plus de 50 à 60 élèves. Le Conseil général a émis, l'année dernière, un vœu dans ce sens...
» Dans toutes nos écoles on enseigne les matières obligatoires dans une mesure plus ou moins complète, et dans quelques-unes on y ajoute quelques parties des matières facultatives...
» La lecture comporte deux éléments : le mécanisme et l'explication. En ce qui touche le mécanisme, le vieux procédé de l'épellation est toujours dominant; quelques maîtres ont fait un pas en avant par l'introduction du procédé de la syllabation ; les plus habiles font marcher de front la lecture et l'écriture...
» La lecture expliquée est maintenant un usage partout établi, mais elle n'est pas encore, de "la part des maîtres, l'objet dune préparation suffisante. On se borne à demander l'explication de quelques mots; on ne se préoccupe pas assez du sens général d'un morceau et même d'une phrase, encore moins de la leçon morale qui doit se trouver partout.
» L'enseignement de l'écriture est peu rationnel. C'est un exercice de main qui n'est dirigé par aucun principe; aussi pas d'uniformité : autant de mains, autant d'écritures différentes. On met trop de distinction entre les deux so-^es d'écriture qu'on appelle l'appliquée et l'expédiée; celte dernière est trop négligée. Il faudrait viser à arriver aune bonne moyenne.
)) Vorthog^aptie est mieux enseignée; on fait un usage plus discret et plus intelligent de l'analyse grammaticale : mais il y a encore des progrès à faire. Trop d'appels à la mémoire, trop de leçons récitées, trop de verbes écrits, surtout dans les écoles de filles.
» Quant à l'étude de la langue, c'est décidément la partie faible. L'introduction d'une épreuve de style dans les examens du certificat d'éiudes primaires contribuera à améliorer cette branche de l'enseignement.
» L'enseignement de V arithmétique est meilleur : les problèmes sont de plus en plus empruntés aux usages de la vie réelle. On se préoccupe davantage du raisonnement, dans les écoles de garçons du moins ; car dans toutes les écoles de filles l'arithmétique se réduit au calcul, et le calcul n'est que trop souvent l'œuvre de la mémoire. Les instituteurs eux-mêmes, dans l'enseignem^'nt du système métrique, ne font pas assez souvent usage des poids et mesures qui sont mis à leur disposition.
» L'histoire est un peu mieux enseignée : on se préoccupe avec quelque succès de parcourir la plus grande partie possible du programme ; mais on s'en tient toujours trop à une récitation textuelle. Les notions les plus simples ont besoin d'être expliquées aux enfants, surtout en pareille matière. On ne sait pas faire un choix entre les événements secondaires, qui peuvent parfois être négligés, et ceux qui, par suite de leur importance, doivent nécessairement être connus.
» La géographie est en progrès sensible. Le tracé des cartes commence à se vulgariser dans nos écoles; on comprend que l'étude de la géographie ne peut être réduite aune sèche nomenclature de noms propres et que toute notion doit se traduire par une image topographique ; enfin, que l'histoire est intimement liée à la description des lieux.
» Si l'on considère les matières accessoires, on constate que l'agriculture est enseignée dans 142 écoles, mais qu'elle n'est bien enseignée dans aucune d'une manière pratique; on se borne à quelques lectures, à quelques dictées qui sont manifestement insuffisantes.
» On enseigne les éléments de la musique dans 76 écoles; mais les enfants sont trop jeunes pour profiter de ces leçons. Ce n'est que parvenus à l'âge adulte qu'ils songent à s'occuper de musique, surtout de musique instrumentale.
» L'enseignement du dessin n'est donné que dans une vingtaine d'écoles de garçons, sans grand résultat, il faut le reconnaître.
» Dans 79 écoles, on s'occupe de gymnastique ; on apprend à faire quelques mouvements, mais les appareils manquent à peu près partout.
» Il est fâcheux de voir réduit à d'aussi minces proportions l'enseignement de deux arts si différents l'un de l'autre, et cependant si utiles. Cette situation va heureusement cesser. Par suite de lois récentes, l'enseignement du dessin, comme celui de la gymnastique, ont été rendus obligatoires dans toutes les écoles primaires.
» Le travail à l'aiguille est enseigné dans toutes les écoles de filles et dans les écoles mixtes diri-