MON.TESIN.O
détail, dans tous les cantons qui composent chaque arrondissement, et jusque dans chacune des communes dont chaque canton est formé. )>Ils devaient adresser ensuite au ministre le tableau de la situation scolaire de chacun des arrondissements, avec l'indication motivée des subventions à allouer aux diirérentes communes.
Mentionnons encore le rapport au roi du 5 octobre 1831, où M. de Montalivet propose l'exécution de la première statistique officielle de l'enseignement primaire qui ait été faite en France. Cette statistique devait être triennale. « Les mesures que j'ai prises, dit le ministre, me font espérer que d'ici à quelques mois j'aurai à ma disposition des renseignements positifs, étendus, complets, sur l'état actuel des écoles primaires dans le royaume, et, ce qui n'avait jamais été obtenu jusqu'à présent, ils comprendront les écoles de filles comme les écoles de garçons. Le résumé de ces renseignements formera le tableau de situation des écoles pour 1831, qui pourra être soumis à Votre Majesté dans le courant de 1832... En attendant que le tableau de 1831 puisse être achevé, il m'a paru qu'il serait à propos de mettre sous les yeux de Votre Majesté le résumé des documents que j'ai pu recueillir sur l'état de l'instruction primaire en 1829. » Cette statistique de 1829 forme une brochure grand in-4 de 18 pages. Quant à la statistique de 1831, elle ne fut pas publiée : M. Guizot la laissa dormir dans les cartons du ministère et la remplaça par celle de 1832.
Après sa sortie du ministère en octobre 1832, M. de Montalivet, qui possédait toute la confiance de Louis-Philippe et passait pour représenter la pensée personnelle du roi, fut nommé intendant de la liste civile. Il reçut à deux reprises encore le portefeuille de l'intérieur, dans le premier ministère Thiers( 1836) etdansle ministère Mole (1837). En 1839, il redevint intendant de la liste civile, et rentra dans la vie privée en 1848. Après la chute du second empire, il fit adhésion à la République. Nommé sénateur inamovible en 1879, il est mort à Sancerre le 4 janvier 1880.
MONTBEL. — Le comte Guillaume-Isidore de Montbel, homme politique français, né à Toulouse en 1787, fut sous la Restauration maire de Toulouse, puis député, et devint en août 1829 ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique dans le cabinet Polignac. Il ne garda ce ••portefeuille que trois mois, et fat chargé ensuite du département de l'intérieur. Durant son passage à l'instruction publique, il ne prit aucune mesure importante. Il eut pour successeur M. de Guernon-Ranville. Compris comme contumace dans l'arrêt qui condamna les anciens ministres de Charles X, puis amnistié, il mourut à Frohsdorf en 1861.
310NTÉNÉGR0. — Le Monténégro comprend, depuis le traité de Berlin, un territoire de 9500 kilomètres carrés, peuplé de 250 000 habitants. La langue parlée par les Monténégrins est le serbe; leur religion est la religion catholique grecque. Le prmce exerce une autorité absolue; c'est lui qui fait les lois; le sénat ou sovj'et et la représentation nationale ou skoupchtina ne sont que des corps consultatifs. Jusqu'en 1851, le prince cumulait le titre d'évêque métropolitain avec celui de grandjuge et de chef militaire; mais depuis cette époque le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel ont été séparés, et les fonctions d'évêque sont exercées par un dignitaire spécial, qui remplit en même temps la charge de ministre de l'instruction publique.
En 1879, le prince régnant, Nikita, a promulgué une loi sur l'instruction primaire, dont nous reproduisons ci-dessous les principales dispositions :
« L'enseignement primaire dans la principauté de Monténégro est libre; aucun citoyen ne peut
être privé de ses droits aux bienfaits de l'instruction. — L'instruction primaire est obligatoire. Elle est placée sous la surveillance du gouvernement et de ses organes. — Tous les cultes reconnus, jouissent dans l'école des mômes droits. — Chaque communauté religieuse est tenue de pourvoir à l'enseignement religieux des enfants qui appartiennent à son culte. — L'instruction primaire est gratuite. — L'obligation de fréquenter l'école primaire dure de l'âge de sept ans jusqu'à celui de douze. — Celui qui aura cherché par fraude à éviter l'inscription de son enfant sur le registre scolaire sera puni d'une amende de 55 à 110 francs, ou, s'il ne peut la payer, d'un emprisonnement de huit à trente jours. — Les parents qui contreviendront à l'obligation scolaire seront punis d'une amende de 180 francs. — Il est permis de donner à un enfant une éducation particulière; dans ce cas l'enfant doit, à la fin de chaque année, subir un examen public sur les branches qui constituent à récole primaire l'enseignement de l'année correspondante. — Les enfants peuvent aussi être envoyés à des écoles privées. Celles-ci doivent, dans toute leur organisation, se conformer aux dispositions de la loi, et être autorisées par le gouvernement. — Les parents sont tenus, pendant le temps de la fréquentation scolaire, de fournir à leurs enfants les livres et autres objets nécessaires à l'enseignement. S'ils ne le font pas, ils y seront contraints par les voies légales. — Les dispositions de la présente loi s'appliquent également aux écoles de filles. — Là où il n'existe pas d'écoles de filles, les parents auront la faculté d'envoyer leurs filles à l'école des garçons, pourvu que les filles soient âgées de moins de dix ans; au-dessus de cet âge il n'est plus permis de les envoyer à une école de garçons. »
Nous ne possédons malheureusement pas de statistique scolaire du Monténégro, et il ne nous est pas possible de dire si la loi que çpu|S. venons de résumer a déjà porté des fruits. "T
MOKTESINO. — Pablo Montesino, homme politique et philanthrope espagnol, a été en Espagne le créateur des écoles enfantines [escuelas de pdrvulos). Né en 1781 à Fuente del Carnero, province de Zamora (Léon), il étudia la médecine à Salamanque; fut attaché comme médecin militaire à l'armée d'Estramadure en 1807, prit part à la révolution de 1820, fit partie de la junte de Séville et fut proscrit lors de la défaite du parti libéral en 1823. Il revint d'exil en 1834, et fut nommé l'année suivante directeur de l'enseignement primaire; il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1849. Parmi les nombreux services qu'il rendit à son pays durant les quinze années de son administration, le plus important fut la création des écoles enfantines (1838), imitées des infant schools anglaises et des salles d'asile françaises. Il écrivit en 1840, pour ces écoles, un Manuel {Manual para los maestros de escuelas de pdrvulos), qui fut publié sous les auspices de la « Société chargée de propager et d'améliorer l'éducation du peuple », dont il avait été le principal fondateur. La troisième édition de ce livre a paru en 18G4 par les soins de son fils, D. Cipriano Montesino, duc de la Victoire. Le Manuel se compose de trois parties : la première est une introduction qui résume l'histoire de la fondation des salles d'asile en Angleterre et dans les divers pays d'Europe et fait connaître les efforts tentés jusqu'en 1840 pour doter l'Espagne de cette utile institution ; la seconde partie traite de l'organisation des escuelas de pdrvulos; la troisième contient des (t considérations générales sur l'éducation physique, morale et intellectuelle, appliquées aux écoles enfantines ». Un supplément donne un recueil de chants à l'usage des escuelas de pdrvulos.
On doit en outre à M. Montesino une traduction