MYOPIE
écoles d'un personnel compétent, et l'organisation pédasjogiquo en usage dans chaque département fixant les devoirs de chacun en vue de la mise en œuvre de la seule méthode qui puisse assurer l'action réciproque du maître sur l'enfant et de l'enfant sur le maître.
Les mômes causes qui ont produit en France les développements successifs et la transformation de l'enseignement mutuel se sont aussi fait sentir à l'étranger.
Les premiers rapports lus chaque année aux assemblées générales de la Société pour l'instruction élémentaire nous montrent l'enseignement mutuel sorti d'Angleterre et adopté par la France se répandant sur toute l'Europe, notamment dans les pays du Nord, en Suède, en Norvège, en Danemark, en Russie, puis de là gagnant l'Amérique, rOrient, atteignant même — les documents l'affirment du moins — jusqu'aux extrémités des contrées barbares de l'Oceanie et de l'Afrique. Il serait impossible de suivre si loin les destinées du procédé. Nous nous bornerons à en marquer la trace dans les pays voisins.
Pour l'Angleterre, par exemple, nous lisons, dans le Bulletin de la Société pour l'instruction élémentaire, le récit d'une visite de M. Demoyencourt aux écoles de Londres dans le cours du dernier trimestre de 1833. Il y trouve la méthode mutuelle pratiquée dans les écoles dites nationales [national schools), dont il ne fait pas un très grand éloge, et dans les écoles lancastériennes patronnées par la Société pour les écoles britanniques et étrangères, « les seules, dit-il, qui puissent être comparées à nos écoles d'enseignement mutuel ». Mais déjà le procédé de Lancaster a subi de grandes modifications : on fait des explications de mots; les élèves sont questionnés sur l'étymologie des principales expressions; « on leur demande si dans ce qu'ils ont lu précédemment ils ne se rappellent point un passage analogue à celui qu'ils viennent de lire «, etc. Dans une école de filles, « lorsque l'institutrice est satisfaite du travail des élèves, ou qu'elle les trouve un peu fatiguées, elle interrompt un exercice, celui de l'écriture ou de la couture, pour donner à toute la classe, à haute voix, quelques notions d'économie domestique. » Tout cela est loin du pur mutupUisrae. En I85I, un autre pédagogue français, M. Eugène Rendu, visite à son tour les éoles de l'Angleterre. Il y trouve, à Londres surtout, les ; iipil leachevs multipliés dans les écoles, comme les élèves-maîtres stagiaires se multiplièrent un peu plus tard dans nos grandes écoles urbaines ; pour ce qui concerne renseignement mutuel, il résume son impression en disant que « l'augmentation du nombre des pupil teachers fait de l'enseignement mutuel un enseignement simultané ». (Eugène Rendu, De r instruction primaire à Londres dans sts rapports avec L'état social, 2* édition, 1853, p. 36, eui note.)
Nous avons vu comment l'enseignement mutuel était apprécié dans les Pays-Bas en 1836. M. Cousin déclare ne l'avoir pas rencontré en Allemagne. Le même renseignement nous est donné par les réponses des correspondants allemands de la Société pour l'instruction élémentaire. La Société, en 1837, avait institué une enquête sur l'état de l'instruction primaire dans les divers États de l'Europe, et posé entre autres cette question : « La méthode d'enseignement mutuel estelle adoptée dans un grand nombre d'écoles? depuis combien d'années? s'apcrçoit-on qu'elle ait des avantages réels sur les anciennes méthodes? » A quoi le comte Pappenheim répond pour le grand-duché de Hesse : «La méthode d'enseignement mutuel n'a jusqu'à présent été adoptée dans aucune école du pays. Les pédagogues les plus distingués et expérimentés se sont tous,
excepté Zerrenner, élevés cotitre son introduction. Il s'entend au surplus de soi-même qu'ici comme ailleurs, les maîtres ont la faculté d'employer les élèves plus âgés et plus capables à les seconder auprès des plus jeunes, au moyen de répétitions de ce qui a été enseigné et de directions pour ce qu'il y a à apprendre ; mais, dans ces cas, le maître doit toujours veiller exactement à ce que les enfants plus âgés traitent convenablement les plus jeunes confiés à leur inspection. »
Le correspondant de Hambourg est encore plus explicite. Dans le Holstein, on a appliqué la méthode mutuelle sous une forme améliorée; mais h Hambourg elle n'a été introduite dans aucune école; il en donne les raisons, puis il ajoute : « Cette méthode, qui est incontestableiuent inférieure à l'ordinaire, n'a trouvé d'accueil en Allemagne que là où, par exemple comme dans les provinces polonaises occupées par la Prusse, l'Instruction est encore très arriérée et où les communes sont trop pauvres pour pouvoir établir un nombre suffisant de classes et d'écoles. La méthode d'enseignement mutuel en Holstein limite à 75 comme maximum le nombre des élèves pour un maître d'école; on n'y gagne donc pas même grand'chose en fait d'économie. »
En Belgique, l'enseignement mutuel « est en usage dans les grandes villes, particulièrement pour les adultes; en général, on préfère la méthode d'enseignement simultané. » Le président du conseil d'administration de la Société d'encouragement pour l'instruction élémentaire à Liège répond avec plus de détails : « Nous ne connaissons en Belgique, comme suivant encore la méthode mutuelle, que deux écoles communales à Bruxelles, une école soutenue par des souscriptions particulières, deux écoles d'adultes hommes, et une de femmes adultes, fondées dans la même ville par la Société pour l'instruction primaire et populaire. La dernière école où cette méthode était pratiquée à Liège a été fermée, il y aura bientôtdeuxans.C'est vers 1820 que cette méthode fut introduite en Belgique. Le grand avantage que l'on y rencontra fut de pouvoir faire instruire dans un seul local, et à peu de frais, un très grai.d nombre d'élèves. Mais, méthode pour mélhod*», on reconnut toujours une supériorité au mode simultané »
Trois lettres de Genève sont plus favorables à l'enseignement mutuel ; la plus importante cependant, qui est de F.-L. Naville*, élève de très lottes objections contre le système, et ne s'y raliie, avec de grandes réserves, qu'à la condition d'y faire entrer les procédés éducatifs mis en œuvre par le P. Girard *. D'après cette lettre, c'est en 1816 que la première école mutuelle du canton de Genève avait été instituée à Chanc3\
En se reportant aux divers articles de ce Dictionnaire sur l'historique et l'état actuel de l'instruction primaire dans tous les pays étrangers, on verra que, partout où le système d'enseignement mutuel a été adopté dans les trente premières années de ce siècle, il a été successivement transformé ou abandonné, et que les écoles mutuelles, telles que les avaient comprises Lancaster en Angleterre et en France les fondateurs de la Société pour l'instruction élémentaire, ne sont plus aujourd'hui, si toutefois il en existe encore, que des exceptions locales. [Gréard.]
MYOriE. — Il n'y a pas longtemps que l'on a commencé de se préoccuper de l'hygiène de la vue dans les écoles, et l'on peut bien dire que c'est un des points de l'hygiène scolaire qui est encore à présent le plus universellement méconnu ou négligé, sauf dans quelques établissements des grandes villes. Et cependant, s'il faut en juger par les résultats des récentes enquêtes sciejitifiques, c'est un des points les plus importants de
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