‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 209 sur 573 · NAVARRE · texte numérisé non relu

NAVARRE

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contre, après le 31 mai, entend successivement le Projet d'éducation nationale de Lakanal, le Plan (ï'éiJucation nationale ûa Lepelletier, le Projet de décret sur les écoles nationales de Romnie ; mais elle revient à l'expression ù" instruction jmblique avec le décret du 2'J frimaire an II et celui du 3 brumaire an IV. Aujourd'hui le mot d'école nationale ne b'emploie plus, dans le langage officiel, que pour désigner certaines écoles spéciales qui ont plus particulièrement le caractère d'établissements de l'Etat : ainsi l'Ecole nationale des mines, par exemple, l'Ecole nationale des beauxarts, les Ecoles nationales d'arts et métiers, etc.

En Angleterre, par une bizarre anomalie, le nom de national schools a été donné à des écoles d'un caractère privé, appartenant à une société patronnée par les hauts dignitaires de 1 Église anglicane. Cette société, fondée en 1811, a pris le litre de « Société nationale pour la propagation de l'enseignement élémentaire dans les classes pauvres, suivant les principes de l'Eglise dominante » ; de là le nom de nationales donné à ses écoles. Ce nom a souvent induit en erreur les étrangers : ils se figurent qu'il s'applique aux écoles publiques administrées par les School Boards, tandis qu'il désigne au contraire des établissements privés, rivaux des véritables écoles nationales. — En Irlande, on appelle national schools des écoles subventionnées, qui dépendent des Commissioners of national educaiioji in Ireiand, et qui n'ont pas un caractère confessionnel (V. Irlande].

NATORl». — Bernard-Christian-Louis Natorp, éducateur allemand, né à Werden sur la RuhT en 1772, étudia la théologie à Halle, et se voua ensuite à la pédagogie. Il appartient à ce groupe d'hommes dont Niemeyer* fut le représentant le plus connu, et qui associa aux doctrines de l'école de Francke * les idées nouvelles apportées par Pestalozzi *et d'autres. Après avoir exercé le ministère ecclésiastique pendant quelques années,^ il fut nommé inspecteur des écoles à Bochum (Prusse rhénane), puis fut appelé en 1809 à Potsdam avec le titre de conseiller scolaire. Après avoir dirigé pendant sept ans l'enseignement primaire de la province de Brandebourg, il fut transféré à Munster en 1816 comme conseiller scolaire de la province de Westphalie : c'est là qu'il passa ses trente dernières années; il mourut en 1846. Parmi les écrits sortis de sa plume, on cite son Esquisse de l'organisation des écoles des villes {Gruudriss zur Organisation allgemeiner Stadtschulen, 1804), et surtout l'ouvrage en trois volumes qu'il a intitulé Correspondance {Briefwecksel, 1812-1817), dans lequel il traite des principales questions de la pédagogie au point de vue pestalozzien. Mais c'est particulièrement dans l'enseignement du chant que son action réformatrice se fit sentir : musicien lui-même, il s'efforça de perfectionner le chant scolaire et le chant d'église. Il a publié sur ce sujet divers ouvrages, entre autres un Essai sur le chant dans les églises protestantes {Ueber den Gesang in den Kirchen der Protestanten^ 1817), une Introduction ù renseignement du chant {Anleitung zur Unterweisung im Singen, 1818), et un Petit manuel de Vart du chant {Lehrbuchlein der Singekunst, 1820). Il avait essayé d'introduire dans les écoles de son ressort la notation chiffrée; mais cette tentative fut mal accueillie, et il dut revenir à la notation usuelle.

KATLRELLE (HISTOIRE). — V. Histoire naturelle.

NAVALE (ÉCOLE). - V. Ècole navale.

NAVAURE. — V. Pyrénées [Basses-].

NAVARRE. ■— Le P. Navarre, qui appartenait à la congrégation de la Doctrine chrétienne, professait la philosophie au collège de l'Esquille dans la seconde moitié du xvine siècle. Les dictionnai-

l'o Partie.

res biographiques ne lui ont pas consacré de notice, et nous ne pouvons indiquer les dates de sa naissance et de sa mort. Il concourut en 1763 pour le prix qu'avait proposé l'Acadéinie des jeux lloraux sur cetle question : Quel serait en France le plan d'étude le plus avantageux? et son discours fut couronné. On trouve dans Cit écrit quelques idées qu'on ne s'attendrait pas à rencojjtrer sous la plume d'un religieux et qui naontrentque les Pères de la Doctrine, comme ceux de l'Oratoire, osaient se montrer novateurs en éducation. Voici comment l'auteur parle des méthodes alors employées pour enseigner les langues ancienne» : « Loin d'ici ces législateurs de la langue grecque et latine, si propres à effrayer nos jeunes élèves. Qu'on bannisse à jamais des collèges ce recueil fastidieux des préceptes, ces glaces de la syntaxe, ces gloses qui inondent les écoles, et si capables d'éteindre tout le feu de l'esprit français... Que dirai-je de ces ennuyeuses compositions de collège, source éternelle de mauvais goût, de désespoir et de larmes?... C'est en étudiant avec réflexion les meilleurs morceaux des éciivains célèbres, qu'on se forme insensiblement à penser et à écrire comme eux. » Quant à la philosophie, le P. Navarre se prononce hardiment contre les chimères de la scolastique, qu'il faut « abandonner à l'ignorante subtilité des siècles barbares », et il invoque le nom de Bacon : « Guidés par le fondateur de la nouvelle philosophie^ l'immortel Bacon, ce génie créateur, nos philosophes donneront pour base à leur doctrine l'expérience, l'cbservation et l'évidence. » Il appelle la théologie, telle qu'on l'enseignait alors, «une science de dérision et d'inutilités, plus propre à faire naître des doutes sur la religion qu'à l'expliquer; à scandaliser les fidèles, par l'esprit de parti et les inimi ties qu'elle sème, qu'à les édifier par des leçons de paix et de charité... Que ce que l'Eglise a toujours cru et enseigné sur la foi et sur les mœurs, ajoute-t-il, soit notre seule théologie ; qu'on lui donne pour fondement éternel et unique la Sainte- Ecriture, les canons, la tradition et la liberté de l'Eglise gallicane. » Les sentiments patriotiques de l'auteur sont exprimés en termes chaleureux ; et c'est peut-être le trait le plus caractéristique de son discours que la force avec laquelle il in^iite sur la nécessité de former de bons français et de vrais citoyens en même temps que des chrétiens : « La valeur, l héroïsme, le dévouement à sa patrie, un attachement inviolable à son roi, forment le vrai citoyen français. Ce nom si doux et si respectable, ce nom sacré, qui annonce et produit même la vertu, le nom de citoyen fut toujours en France un titre héréditaire donné par l'honneur, et soutenu par le mérite et l'exemple... Pourquoi donc nos «nfants n'apprendraient-ils pas de leurs maîtres, non seulement à être chrétiens et sociables, mais à être citoyens? Pourquoi tant d'études arides et infructueuses feraient-elles négliger l'étude sublime des devoirs de la patrie? Le roi et la France, deux objets que l'éducation doit unir, et pour ainsi dire incorporer dans tous les cœurs de la jeunesse française, comme ils le sont dans la constitution nationale! »

Le Discours du P. Navarre a été imprimé en un petit volume in-18, de 72 pages, sans indication de lieu ni de date.

cateur

mort à Vernier près

Son père était ministre protestant, et professeur de grec à l'académie de Genève ; il le perdit lorsqu'il n'avait que quatre ans; sa mère était déjà morte deux ans auparavant. Le jeune orphelin fut élevé par son grand-père maternel d'abcrd, M. Colladon,puis par un parent, M.Naville de Gullatin. Quand il eut attemt l'âge où il devait suivre les

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