III
ifi^criles
de caisses. de livretj.
à ce» livret?
382 916 fr.
727 070 fr.
Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1864, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 que 768 membres et un actif qui n'atteignait pas 72 000 francs. Au 1er janvier 1884, elle avait 982 membres, et son actif s'élevait à 101824 francs. Pendant l'année courante 1111 nouveaux membres ont été admis dans la société. Les recettes se sont élevées à 15 816^^,33 et les dépenses à 3493'',76. Au 1er novembre 1884 Je nombre des sociétaires s'élève à 2093 et l'avoir de la société est de 114 14G'',57.
Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département da Nord, dont la fondation remonte à 1872, paraît une fois par mois, en format in-S». Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques et aux délégués cantonaux, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.
Conclusion. — Les programmes adoptés par le Conseil supérieur ont été détaillés avec soin au commencement de l'année 1883 : un emploi du temps a été rédigé. Ils sont suivis partout. Mais 1 instituteur reste juge de l'étendue qu'il doit donner à son enseignement : il ne doit pas forcer les moyens de ses élèves. Il a été recommandé de lie former le cours supérieur que là où il était possible. Aussi ne prend-on les sujets du certificat d'études que dans l'enseignement du cours moyen. Toutefois, on trouve le cours supérieur dans bon nombre d'écoles de ville. 11 s'accomplit un progrès lent sans doute, mais constant. L'enseignement primaire du Nord a pu figurer avec un certain éclat dans les grandes expositions internationales en Hollande et en Angleterre. A l'Exposition universelle d'Amsterdam en 1883 il a obtenu le diplôme d'honneur; à l'Exposition agricole universelle d'Amsterdam en 1884, le prix d'honneur; enfin, à l'Exposition d'éducation à Londres en 1884 le diplôme d'honneur. Ces succès témoignent des eftorts de tout le monde et des bons résultats auxquels ces efforts aboutissent.
Les maîtres sont disciplinés, laborieux et zélés. L'assemblée départementale montre un rare dévouement à l'instruction nationale, à laquelle elle prodigue les ressources de toute espèce. Mais il reste deux choses à faire : achever le grand travail de construction ou d'appropriation des maisons d'école, et élever le niveau intellectuel et pédagogique du personnel enseignant. A ce dernier point de vue, l'inspecteur d'académie, directeur de l'enseignement primaire du département du Nord, s'exprime ainsi dans son plus récent rapport : « Nos progrès deviendront d'autant plus rapides que nos instituteurs et institutrices, au sentiment du devoir dont ils sont pénétrés, uniront le savoir et le talent pédagogiques. L'enseignement est organisé d'une manière méthodique, rationnelle et précise. Nous ne craignons ni qu'on s'égare, ni qu'on s'attarde en route, ni qu'on précipite la marche. Il nous reste à obtenir un personnel qui soit à la hauteur de la tâche proposée. C'est à cette œuvre que nous employons nos efforts. Déjà beaucoup de maîtres et de maîtresses nous secondent. Et si parmi les anciens il en est un trop grand nombre qui ne peuvent s'améliorer, ils feront tôt bu tard place aux jeunes. Pour ceux-ci nos exigences ne souffrent pas de transaction. Nous leur demandons des efforts, qu'ils ne nous refusent pas d'ailleurs, pour acquérir les connaissances et les méthodes nécessaires. Enfin le recrutement par l'école normale nous fournira de plus en plus des sujets de choix. Nous avons l'unité dans l'enseignement, nous aurons bien un jour, j'espère, l'unité dans le personnel au point de vue de la valeur intellectuelle et pédagogique. La réalisation de notre modeste mais suffisant idéal est à ce prix, »
ISOIiMALES PRIMAIHËS (ÉCOLES). — Les écoles normales sont des établissements publics où les jeunes gens qui se destinent aux fonctions d'instituteur ou d'institutrice viennent compléter leur instruction et s'initier aux meilleures méthodes d'enseignement. Ces établisfsments ont donc un double caractère : ce sont, à la fois, des maisons d'instruction proprement dite et des maisons d'éducation professionnelle.
S'il est vrai que tant vaut le makre, tant vaut l'école, il est non moins vrai que tant vaut l'école normale; tant valent les institutecH-s. C'est ce qui
faisait dire à M. Guizot : « L'instruction primaire est tout entière dans les écoles normales ; ses progrès se mesurent à ceux de ces établissements » ; et à M. J. Ferry : « Il n'y a pas d'enseignement public sans les écoles normales. » Aussi n'est-il pas étonnant que l'idée de fonder des établissements où se formerait et se recruterait le personnel enseignant des écoles primaires soit née le jour où, pour la première l'ois, on songea à répandre l'instruction primaire, en la rendant accessible à tous. C'est à la Convention nationale que revient en France le mérite d'avoir conçu cette généreuse pensée. Mais,. avant d'entrer dans le domaine des laits, cette conception devait avoir plus d'un obstacle à surmonter, plus d'une résistance à vaincre, et il ne fallut pas moins d'un siècle pour résoudre le grand problème posé par la Révolution. Etroitement associées aux destinées de l'enseignement primaire, les écoles normales eurent, comme cet enseignement, comme la liberté elle-même, leurs luttes à soutenir et des défaites à essuyer, avant de rencontrer leur triomphe. A ce point de vue, on peut dire que l'histoire des écoles normales se confond, dans notre pays, avec l'histoire de l'instruction publique et même avec celle des idées libérales.
L'histoire des écoles normales frança ses peut se partager en quatre périodes : 1" de l'an III à 183U; 20 de 1830 à 1850; 3" de 18ô0 à 1870, 4° de 1870 à nos jours.