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EMPLOI DO TEMPS

« Article l^r. — L'emploi des journées, autres que les jeudis, dimanches et jours de fête, est réglé ainsi qu'il suit dans les écoles normales primaires d'instituteurs (d'institutrices) :

» Usera donné huit heures au moins au sommeil.

» Sur les heures de la journée, six environ seront employées aux soins de propreté, repas, récréations et exercices corporels.

» Des heures réservées au travail, cinq au moins seront consacrées au travail personnel, aux lectures et à la préparation des classes en étude.

» Aucun cours n'aura lieu le dimanche, non plus que dans l'après-midi du jeudi ; l'emploi de ces journées sera réglé par le directeur (la directrice) conformément aux prescriptions des articles 31, 32 et 33 du décret du 29 juillet 1881. (L'art. 31 a été modifié par le décret du 9 janvier 1883.)

» Art. 2. — Les élèves-maîtres (élèves-maltresses) sont, à tour de rôle, exercés à la pratique de l'enseignement, sous la direction du maître (des maîtresses) chargé de l'école annexe (et de l'école maternelle), conformément aux dispositions de l'art. 6 du décret du 29 juillet 1881.

» Les élèves de première année assistent à ces exercices ; les élèves de deuxième année remplissent les fonctions d'instituteurs adjoints (d'institutrices adjointes) ; ceux (celles) de troisième année peuvent être plus particulièrement associés à la direction de la classe(ou de l'école maternelle).

» Le nombre des élèves-maîtres (élèves-maîtresses), détachés à l'école annexe (et à l'école maternelle) est proportionné à l'effectif de l'école normale et calculé de manière que chaque élève fasse au moins vingt jours (trente jours pour les élèves-maîtresses) d'enseignementpratiquepar an.

» La répartition des cours à l'école normale est faite de telle sorte que les leçons les plus importantes soient placées en dehors des heures que les élèves-maîtres (élèves-maîtresses) passent à l'école annexe (ou à l'école maternelle).

» Art. 3. — Les élèves de troisième année et, pendant le second semestre, ceux (celles) de deuxième année, sont fréquemment exercés, soit en classe, soit dans des conférences, à l'enseignement oral sur chacune des matières du programme d'études. Sous la direction de leurs professeurs, ils (^elles) rendent compte d'une leçon ou d'une lecture, expliquent un texte français, corrigent un devoir, exposent une question du cours ou les résultats d'un travail personnel.

» Les élèves de troisième année font, en outre, à tour de rôle, des leçons devant leurs profes-

seurs et les élèves-maîtres (élèves-maîtresses). Cet exercice a lieu de préférence le jeudi ou le dimanche. La leçon dure une demi-heure au plus. Elle porte sur un sujet d'enseignement ou de méthode choisi par l'élève et agréé par le directeur (la directrice). Elle donne lieu, de la part des élèves, h. des observations critiques qui sont complétées ou rectifiées par les professeurs et le directeur (la directrice).

» Art. 4. — Le directeur (la directrice) veillera à ce que l'enseignement de l'école normale ne soit, dans aucune de ses parties, détourné du but auquel il doit tendre ; il (elle) veillera particulièrement à ce que les différents professeurs ne cèdent pas à la préoccupation exclusive de préparer leurs élèves aux examens du brevet, mais s'efforcent de leur faire acquérir les qualités intellectuelles et morales indispensables à l'instituteur (à l'institutrice).

» Il (elle) leur recommandera d'éviter la recherche des détails, des subtilités et des curiosités qui feraient perdre à l'enseignement des écoles normales son caractère pratique et professionnel. Il (elle) s'assurera que les devoirs écrits des élèvesmaîtres (élèves-maîtresses) sont corrigés et annotés avec soin parles professeurs et qu'il est donné un temps suffisant, dans tous les cours, aux interrogations et aux récapitulations.

» Il (elle) proscrira l'usage des manuels faits en vue de l'examen, l'abus des cours dictés, des copies, des cahiers dits de mise au net, de tout procédé qui encouragerait le travail machinal et tendrait à substituer un effort de mémoire à un effort de réflexion.

» Il (elle) prendra soin que, dans tous les cours professés à l'école et dans les exercices de l'école annexe (ou de l'école maternelle), il soit fait une large part à l'étude des méthodes et des procédés propres à l'enseignement primaire. (Enfin, en dehors des heures de classe et d'étude, elle s'efforcera, par des conseils et des directions pratiques, d'initier les élèves-maîtresses à tout ce qui concerne les travaux et les soins du ménage).

» Art. 6. — La répartition des matières d'enseignement dans les écoles normales d'instituteurs (d'institutrices) est réglée par année et par cours, conformément au tableau ci-après. »

TABLEAU DE LA RÉPARTITION DES MATIÈRES D'eN- SEIGNEMENT DANS LES ÉCOLES NORMALES d'iNSTI- TUTEURS.

Heures par semaine.

KATiÈRBS d'enseignemext. îrC année. 2* année. 3e année.

Matières d'enseignement demandant une préparatio7i:

Instruction moi*ale et civique...

Pédagogie et administration sco laire

Langue et éléments de littérature française

Histoire

Géographie

Arithmétique

Géométrie

Physique 1^2 (3)

Chimie

Sciences naturelles

Agriculture et horticulture

Total des lieures d'enseigncinent deinaiidant une préparation 20

Matières ne demandant pas de préparation :

Écriture 3

Dessin 4

Chant et musique 2

Total général des heures d'enseignement

(1) Une heure par semaine pendant un semestre. — (2) Deux heures pendant un somcstro, une heure pendant l'autre. — (3) Une heure pendant un semestre. — (4) Une heure pendant l'autre semestre.

Enseignement donné pendant les récréations :

Gymnastique

Travaux agricoles et manuels..

Matière facultative :

Langues vivantes

TABLEAU DE LA RÉPARTITION DES MATIÈRES d'eN- SEIGNEMENT DANS LES ÉCOLES NORMALES d'iNSTITU- TRICES.

MATIÈRES d'e>seignement. l'» année.

Matières d'enseignement demandant iqie préparation :

Instruction morale et civique... 1

Pédagogie et administration scolaire 1

Langue et éléments de littér.i-

ture française 6

Géographie 1

Arithmétique 3

Physique »

Chimie »

Sciences naturelles \

Économie domestique et hygiène. »

Total des heures d'enseignement demandant une préparation 17

Matières ne demandant pas de préparation :

Ecriture 3

Travaux de couture 3

Dessin 4

Chant et musique 2

Total général des heures d'enseignement 29

Enseignement donné pendant les récréations :

Gymnastique 2

Herborisation et jardinage 2

Matière facultative :

Langues vivantes 2

2": année

. 3« année.

(I) Une heure pendant un semestre. — (-2) Une heure pendant un semestre. — (3) Deux heures pendant un semestre, une heure pendant l'autre. — (4) Une heure pendant un semestre.

L'institution des écoles annexes, si intéressante au point de vue de l'éducation professionnelle des élèves-maîtres, ne pouvait manquer d'être, elle aussi, l'objet de la sollicitude de l'administration. Les directeurs de ces écoles ne sont plus considérés comme des fonctionnaires d'ordre inférieur; ils sont déchargés de toute participation à la surveillance, et ils ont rang de professeur, s'ils en ont le titre. Mais ce qui importe, c'est que l'apprentissage fait à. l'école annexe par les élèves-maîtres soit fructueux. Pour cela, deux conditions prnicipales sont nécessaires : la première, c'est que le directeur de cette école soit un maître d'élite; la seconde, c'est que les exercices de l'école annexe ne fassent pas tort aux études proprement dites, et réciproquement. La première partie du problème semble facile à résoudre, puisqu'il suffit de faire aux directeurs des écoles annexes une situation telie que les professeurs les plus capables ambitionnent ces fonctions. La seconde offre plus de difficultés et ne semble pas encore résolue. On a cherché différents moyens (cire, du 20 octobre 1880 et du 6 février 1881) de concilier les exigences de cette double préparation, sans avoir encore rencontré, croyona-nous, une solution satisfaisante. Peut-être la révision des règlements relatifs aux brevets de capacité, qui s'élabore en ce moment, perraettra-t-elle de trouver une combinaison qui donne satisfaction àdes intérêts également précieux.

Nous avons omis, à dessein, de parler jusqu'ici de l'importame loi du 9 août 1819, parce que cette loi, en raison de son importance même, méritait une place à part.

On sait quelle en est la portée et l'économie. Elle rend obligatoire pour tous les départements

« l'installation première et l'ontretlen » d'une école normale primaire d'instituteurs et d'une écolo normale d'institutrices. Toutefois « un décret du président de la République peut, sur l'avis conforme du Conseil supérieur de l'instruction publique, autoriser deux départements à s'unir pour fonder et entretenir en commun, soit l'une ou l'autre de ces écoles, soit toutes les deux. » Un délai de quatre années est accordé aux départements pour exécuter la loi (art. 1 et 2). Les autres articles règlent les voies et moyens d'exécution.

En ce qui concerne les écoles normales d'instituteurs, la loi de 1879 ne fit que confirmer ce qui avait été fait dans la plupart des départements, grâce à l'initiative des Conseils généraux et malgré la faculté redoutable que leur avait accordée la loi de 1850. Quand la loi de 1879 fut promulguée, il y avait en France 79 écoles normales d'instituteurs, recevant une population de 3 483 élèves. Huit départements en manquaient encore; mais le Lot-et-Garonne, le Morbihan, le Pas-de- Calais et l'Oise ont satisfait, en 1879, en 1883 et en 188 4 à l'obligation que leur imposait la loi, et les départements de la Haute-Savoie, de la Charente, des Côtes-du-Nord et du Lot sont sur le point de s'y conformer. Ajoutons que l'Algérie compte deux écoles normales d'instituteurs, et que les trois dernières écoles normales qui fussent encore dirigées par des congréganistes (Cantal, Finistère et Seine-Inférieure) sont aujourd'hui laïcisées. Rappelons, pour finir sur ce point, que des associations protestantes ont ouvert à Mens, dans l'Isère, en 1833, à Dieulefit,dans la Drôme,en 183 i, et à Montbéliard, dans le Doubs, en 1838, des établissements destinés à recruter le personnel des instituteurs protestants : ces établissements, où l'Etat entretient des bourses et où il exerce un droit d'inspection, sont connus sous le nom d'écoles modèles (V. Ecoles modèles protestantes). Il y a aussi deux écoles analogues, mais libres, à Courbevoie, pour assurer le recrutement des instituteurs protestants de la Seine.

Les conséquences de la loi de 1879 furent bien autrement importantes pour les écoles normales d'institutrices. Nous les avons vues naître vers 1840 et s'organiser sous la protection de l'ordonnance du 30 août 1842. Le mouvement ne s'accentua pourtant qu'à partir de 1870. Aux huit écoles normales que nous avons nommées, onze nouvelles s'ajoutèrent d'abord, de cette date à 1879, dans les départements de l'Isère, de l'Eure-et-Loir, de Saône-et-Loire et de l'Yonne (1872); de l'Allier (1873); de la Seine et de l'Algérie (1874); de l'Hérault, du Rhône et de la Somme (1876); et de la Côte-d'Or (1879). Ces dix-neuf écoles normales recevaient six cents élèves et elles s'étaient peu à peu dégagées des liens qui les unissaient aux congrégations. En 1879, il n'y en avait plus que huit qui ne fussent pas laïcisées. Elles l'ont été toutes depuis. Grâce à la loi du 9 août, les écoles normales d'institutrices se sont développées rapidement : leur nombre est aujourd'hui de soixantetrois. Pour l'année 1885, on annonce l'ouverture de cinq de ces établissements dans les Basses- Alpes, l'Eure, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine et leVaucluse. Dans les Alpes-Maritimes, l'Aveyron, le Calvados, les Côtes-du-Nord, la Creuse, l'Indre, [es Landes, le Lot, le Maine-et-Loire, la Manche, la Mayenne, la Meuse, la Savoie, le Tarn, le Var et la Vienne, la question est résolue en principe, et il ne paraît pas que quelques-uns de ces départements aient l'intention d'user de la faculté qu'ils ont de s'unir pour créer et entretenir, à frais communs, un établissement interdépartemental. Ajoutons que, médiocrement installées au début, les anciennes écoles normales d'institutrices ont reçu, comme les écoles normales d'instituteurs, de nombreuses et importantes améliora-

tions matérielles, tandis que les écoles nouvelles étaient construites dans des conditions tout à fait favorables. Disons enfin qu'après un essai pour organiser, dans les départements, des cours spéciaux où se formeraient les directrices d'écoles maternelles, les écoles normales d'institutrices ont été chargées de ce soin et qu'elles sont en état de rendre très utilement ce nouveau service, puisque, en vertu du décret du 29 juillet 1881, elles doivent être pourvues d'une école maternelle.

Ainsi, à l'heure présente, on peut dire qu'après bien des vicissitudes, le grand service de l'instruction primaire est muni de ses organes les plus indispensables, et que désormais le recrutement des instituteurs et des institutrices est assuré dans les conditions les plus conformes à l'esprit moderne.

Ecoles normales supérieures de Fontenay-aux- Roses et de Saint-Cloud. — Tout n'était pas dit cependant. A ces écoles normales qui s'ouvraient de toutes parts, il fallait un personnel dont l'instruction et l'aptitude pédagogique fussent à la hauteur de la mission qui allait lui échoir.

Pour les écoles normales d'institutrices, le besoin était urgent : sans doute, l'ancien personnel avait rendu d'inestimables services et on pouvait compter sur son dévouement; mais il était insuffisant comme nombre, et ses titres de capacité ne répondaient plus aux besoins nouveaux. De là, la pensée de créer une école de haute culture intellectuelle et pédagogique, destinée à recruter le personnel enseignant des écoles normales d'institutrices, comme celles-ci assuraient le recrutement des écoles communales. On a indiqué ailleurs (V. Ecole normale supérieure d institutrices, p. 768) les origines et les débuts de l'école de Fontenay-aux-Roses. Nous n'en reparlerons que pour signaler les modifications introduites dans son organisation par l'arrêté du 30 décembre 1882. Cet arrêté, que nous croyons devoir reproduire intégralement, est ainsi conçu :

« Art. le'. — Un concours pour l'admission à recelé normale primaire supérieure d'institutrices, à Fontenay-aux-Roses, est ouvert tous les ans, dans le courant du mois de juillet. Un arrêté fixe la date et le jour de l'ouverture de ce concours, qui est annoncé deux mois au moins à l'avance.

» Art. 2. •— Pour être admises à concourir, les aspirantes doivent être célibataires ou veuves, avoir vingt ans au moins et vingt-cinq ans au plus au l" octobre de l'année où elles se présentent ;

» Avoir contracté un engagement décennal dans les termes de l'article 18 du décret du 29 juillet 1881;

» Etre pourvues du brevet supérieur ou d'un diplôme de bachelier;

» Et produire un certificat de médecin constatant leur aptitude à remplir les fonctions de l'enseignement.

» Art. 3. — Des dispenses d'âge pourront être exceptionnellement accordées par le ministre, sur la proposition du recteur.

» Art. 4. — Les inscriptions sont reçues : dans les départements, au secrétariat de l'inspection académique; à Paris, au ministère de l'instruction publique (6* bureau de la direction de l'enseignement primaire).

» La liste d'inscription est close quinze jours au moins avant l'ouverture du concours.

5) A leur demande d'inscription, les aspirantes joignent leur extrait de naissance, leurs diplômes et une notice individuelle faisant connaître les différentes fonctions qu'elles ont remplies dans l'enseignement public ou libre.

» La liste des aspirantes admises à prendre part au concours est arrêtée par le ministre.

» Art. 5. — Nulle aspirante n'est admise à s& présenter plus de trois lois.

» Art. 6. — L'examen d'admission comprend des épreuves écrites, qui sont éliminatoires, et des épreuves orales.

» Art. 7. — Les épreuves écrites se font au cheflieu du département où l'inscription a été reçue ; elles ont lieu sous la surveillance de l'inspecteur d'académie, ou, à son défaut, d'un délégué agréé par le recteur.

» Elles comprennent trois compositions :

» Pour les aspirantes de la section des lettres :

» 1° Une composition française (dont le sujet pourra être un récit, une lettre, une analyse littéraire, la discussion d'une maxime, le développement d'une règle de grammaire, etc.);

» 20 Une composition sur un sujet d'histoire de France, qui pourra être accompagné de questions géographiques ;

« 3» Une composition sur un sujet de pédagogie.

» Pour les aspirantes de la section des sciences :

» 1» Une composition sur un sujet de mathématiques ;

»2°Une composition sur des sujets de physique, ■de chimie et de sciences naturelles;

»3oUne composition sur un sujet de pédagogie.

» La composition de pédagogie pourra être commune aux aspirantes des lettres et à celles des sciences.

» La durée de chacune de ces compositions est de trois heures.

» Les sujets de composition sont choisis par lé ministre, sur la proposition de la commission d'examen, et adressés aux inspecteurs d'académie sous un pli cacheté qui est ouvert en présence des aspirantes.

» Les compositions sont, immédiatement après chaque séance, adressées au ministre par l'inspecteur d'académie, qui y joint le procès-verbal de la séance.

» Art. 8. — Les compositions écrites sont corrigées à Paris par une commission nommée chaque année par le ministre.

» Les aspirantes reconnues admissibles sont appelées à Paris pour y subir les épreuves orales.

» Art. 9. — Les épreuves orales consistent en interrogations, lectures, corrections de devoirs, exposés faits de vive voix après une courte préparation, etc. »

A l'heure actuelle, l'école de Fontenay-aux-Roses a déjà rendu de signalés services aux écoles normales primaires et, par elles, à tout l'enseignement des filles. En quatre années, elle a reçu 193 élèves; 68 suivent en nov. 1884 les cours de l'école et se préparent soit au professorat, soit à la: direction; 22 directrices, 15 déléguées dans les fonctions de directrice, 2 directrices d'école annexe, 53 professeurs de l'ordre des lettres ou de l'ordre des sciences et 11 déléguées dans les fonctions de maîtresses adjointes, en tout 103 fonctionnaù-es d'élite sorties de Fontenay, exercent en 1884 dans les écoles normales des départements.

La qualité et l'importance des services rendus par l'école de Fontenay décida l'administration à fonder une école analogue pour assurer le recrutement du personnel enseignant des écoles normales d'instituteurs. Ce n'est pas que, de ce côté, il y eût à pourvoir à des besoins aussi nombreux et aussi urgents ; il ne restait plus que quelques écoles normales d'instituteurs à ouvrir et, quoiqu'il y eût encore plus d'un vide à combler, en raison des créations récentes d'emploi, le personnel dans ces écoles était, à la rigueur, à peu près suffisant comme nombre. Mais on pensa, avec raison, d'une part, qu'il fallait élever le niveau de l'enseignement dans ces établissements afin d'avancer le jour où ils pourraient se suffire à euxmêmes, et, d'autre part, qu'il était indispensable, autant que juste, de fournir aux maîtres de ces ccoIqs les moyens pratiques de conquérir le titre

de professeur qu'on exigeait d'eux désormais. On avait bien institué, à Paris, un comité chargé d'indiquer, chaque mois, aux candidats au professorat un certain nombre de sujets de devoirs et de leur renvoyer ces devoirs avec des corrections et des annotations : on avait bien créé, en leur faveur, une bibliothèque circulante au Musée pédagogique. Mais quels que fussent les mérites de ces institutions et quels que soient les services qu'elles rendent encore aujourd'hui, il était évident que cet enseignement intermittent et à distance ne pouvait remplacer l'exemple et l'enseignement vivant d'un professeur habile. Il était non moins évident que le loisir et les instruments de travail, tout autant que des directions suffisamment présentes, manquaient à des jeunes gens qui travaillaient seuls et qui consacraient à leurs fonctions la meilleure part de leur temps. Pour leur venir en aide, l'administration ouvrit, h Sèvres (arrêté du 9 mars 1881), des cours préparatoires au professorat : ces cours devaient durer trois mois.

Il ne pouvait s'agir de refaire, ni même de compléter, en un si court laps de temps, l'instruction des maîtres qui y seraient admis ; ce qu'on se proposait, c'était de les initier aux bonnes méthodes d'enseignement, de leur faire entendre d'excellentes leçons et de leur montrer comment on travaille utilement pour soi et comment on communique aux autres ce que l'on sait. On appela à Sèvres quarante maîtres adjoints, choisis parmi ceux « qui, par le degré d'instruction qu'ils possédaient déjà, par leur âge et par leur bonne volonté, étaient le mieux préparés à tirer un profit sérieux des moyens d'enseignement qui étaient mis à leur disposhion ». Entrés le II avril, ces jeunes gens subirent les examens du certificat d'aptitude vers le milieu de juillet. La plupart réussirent. Ce résultat encourageant décida le ministre à renouveler l'essai en 1882 : cette fois, les cours devaient durer une année, et ce fut au concours que leur recrutement se fit. Les élèves furent réunis, non plus à Sèvres, mais dans les dépendances du château de Saint-Cloud, appropriées à leur destination nouvelle, et le 30 décembre 1882 un décret, rendu sur l'avis du Conseil supérieur, transforma les cours préparatoires en une école définitive, qui prit le nom d'école normale supérieure d'enseignement primaire. La durée des cours était fixée à deux années. L'école était gratuite et pouvait recevoir des internes et des externes. Un arrêté, en date du même jour, déterminale régime intérieur, les conditions du concours d'admission et le programme de l'enseignement. Ce règlement ne différant pas sensiblement de celui quia été adopté pour l'école de Fontenay, nous nous dispenserons de le reproduire.

L'école de Saint-Cloud entre dans la troisième année de son existence. Elle a reçu jusqu'à ce jour 92 élèves internes et 7 élèves externes, auxquels il faut ajouter dix élèves de l'écule du travail manuel qui ont obtenu, leurs études techniques terminées, de suivre les cours pendant un an. Quarante-deux élèves internes et quatre élèves externes sont présents actuellement (nov. 1884) à l'école. Sur les 50 élèves qui lui appartiennent en propre, 43 sont aujourd'hui pourvus du certificat d'aptitude au professorat et enseignent dans les écoles normales primaires. Les neuf autres remplissent des fonctions de maîtres adjoints délégués. Un décret, en date du 4 septembre 1884, a réuni l'école spéciale du travail manuel à l'école de Saint-Cloud, et désormais les élèves de ce dernier établissement recevront, à la fois, un enseignement théorique et technique complet. [E. Jacoulet.]

On pourra consulter en outre les articles Gestion économique des écoles norniales, Elève-maître, Directeur (Vécole normale^ Maître-adjoint^ Professeur d'école normale^ Surveillance.

PAYS ÉTRANGERS

ALLEMAGNE. — Les établissements destinés à 'a préparation professionnelle des instituteurs et des institutrices portent en Allemagne le nom de séminaires {Seminarien) ; plus rarement on les désigne par l'appellation d'établissements pour la formation des maîtres {Lehrerbildungsanstalten).

Avant d'indiquer l'état actuel de ces établissements dans chacun des Etats de l'Allemagne, nous résumerons, d'après VEncyclopadie des gesammten Erziehungs- und Unterrichtswesens du D' Schmid, les laits généraux les plus importants qui se rattachent à la création des séminaires allemands, de la fin du xyh" siècle jusqu'à 1870.

C'est vers la fin du xviie siècle que furent fondés en Allemagne les premiers séminaires. Le duc de Saxe-Gotha Frédéric II ordonna en 1G98 que dix instituteurs choisis parmi les plus capables réuniraient chacun dans leur maison les jeunes gens qui se destinaient à l'enseignement dans les écoles publiques, et les feraient étudier sous leur direction ; mais l'existence de ces seminarii scolastici fut seulement de courte durée, faute d'argent pour indemniser les maîtres. Vers la même époque, le célèbre éducateur piétiste Francke* instituait dans son Pœdagogium de Halle une classe spéciale pour la préparation des futurs maîtres, classe dont les élèves se recrutaient parmi les pensionnaires de la table gratuite de son orphelinat. Un disciple de Francke, Schienmeyer, qui avait créé en 1732 un orphelinat à Stettin, y joignit, sur l'ordre du roi de Prusse, un Seminarium destiné à fournir « d'habiles maîtres d'école et sacristains » (geschickte Schulmeister und Kiister). Un ordre royal adressé en 1736 à l'abbé Steinmetz, du monastère de Bergen, prescrit l'ouverture d'un établissement analogue; les élèves-maîtres devront « être bien instruits dans la lecture, l'écriture et le calcul, au moins les quatre règles, et par-dessus tout être mis en état d'enseigner à la jeunesse les premiers principes du christianisme» {Es mûssen sothane Subjecte im Lesen, Schreiben und Rechnen, wenigstens tuas die vier species betrifft, recht fertig, vor allen Dingen aber im Stande sein, der Jugend prima principia Christianismi beizubringen). Enfin, en 1748, Hecker', disciple de Francke comme Schienmeyer, et le fondateur de la Realschule de Berlin, ouvrit à son tour dans cette ville un séminaire qui, d'abord simple établissement privé, obtint en 1763 une subvention du gouvernement et prit le caractère d'une école publique destinée à former des institeurs pour les écoles rurales du Brandebourg.

Les élèves du séminaire de Berlin se divisaient en simples aspirants {Pràparanden), et en séminaristes proprement dits, choisis parmi les aspirants qui montraient le plus d'aptitudes ; le régime des séminaristes était l'internat gratuit. L'enseignement était donné par cinq maîtres ; il portait sur les branches suivantes : Religion chrétienne (explication du petit catéchisme de Luther); lecture et explication de passages de la Bible; répétition des sermons entendus le dimanche; explication des cantiques de la liturgie ; lecture, avec explication de la meilleure méthode pour enseigner à lire aux enfants; langue allemande, avec exercices de réda£tion ; calligraphie et orthographe; calcul, avec notions sur les mesures et monnaies usuelles ; géographie et statistique, avec des notions sur la législation prussienne; histoire; histoire naturelle, dans ses i-apports avec l'agriculture (en outre, notions de météorologie, et les règles les plus importantes de l'hygiène et de la médecine) ; instructions pratiques, consistant en préceptes sur la façon d'enseigner aux plus jeunes élèves l'alphabet et la lecture et de les occu-

per utilement, et sur la manière de faire le catéchisme aux élèves plus âges; qotions sommaires de pédagogie et de méthodologie; musique vocale ; préceptes de bonne conduite chrétienne et morale. Les élèves qui en avaient le temps et qui montraient des dispositions suivaient les classes demathématiques pratiques de la Realschule, pour y acquérir des connaissances utiles en arpentage, en mécanique, en astronomie physique et en architecture civile; ils pouvaient aussi suivre les classes de dessin et toutes les autres leçons d". cet établissement; enfin ils apprenaient à connaître l'horticulture, l'arboriculture et la sériciculture. Lr séminaire fondé par Hecker, après avoir subsisté soixante-neuf ans à Berlin, fut transféré à Potsdam en 1817, puis de là à Kôpenick, où il existe encore.

C'est sous l'influence du piétisme que naquirent, à la même époque que le séminaire de lie?lin ou dans les années suivantes, les séminaires de Rudolstadt en 1747, de Hanovre en 1751, de Wolfenbûttel (Brunswick) en 1753, de Helmstadt en 1773 (réuni en 1813 à celui de Wolfenbûttel), de Minden (Westphalie) en 1776 (fermé en 1811). D'autre part, Felbiger* fondait en 1763 le séminaire catholique de Breslau. Cette même ville vit s'ouvrir encore en 1767 un séminaire protestant fondé par Rambach, qui fut plus tard réorganisé sous la direction de Harnisch* en 1812. Dans la Prusse orientale, un séminaire fut établi à Klein- Dexen vers 1772; il fut transféré plus tard à Preussisch-EyIau.L'électorat de Bade eut son séminaire en 1769, à Karlsruhe ; il était réuni au gymnase, dont il a été séparé plus tard, pour être réorganisé en 1824. La Bavière eut le sien à WiJrzburg en 1771. Celui de Halberstadt, fondé par le chapitre de cette ville, s'ouvrit en 1778 ; il a été réorganisé en 1822.

Le mouvement provoqué par les philantliropinistes* suscita aussi plusieurs fondations de séminaires : c'est à l'influence de leurs idées qu est due, entre autres, la création des séminaires d'Idstein (Nassau) en 1779 (réorganisé en 1827) ; de Meiningen la même année (réuni plus tard à celui de Hildburghausen) ; de Gotha en 1780, fondé par le duc Ernest le Sage, à l'instigation de sa mère Louise-Dorothée, grande admiratrice de Rousseau. JNous avons des détails sur l'organisation de ce séminaire de Gotha. Il fut placé sous la direction du pasteur Haun, qui reçut le titre de 0 professeur de méthode » {Methodenmeister; avec 260 thalers d'appointements ; il était secondé par un maître d'écriture, un maître de calcul ol un maître de musique, recevant chacun 30 thdler» par an. Une école d'application fut annexée du séminaire, ainsi qu'une bibliothèque. Le règlement publié en 1786 porte entre autres : qu« les séminaristes doivent habiter la ville de Gotiiu, mais que les Expektanten (élèves plus avancés, candidats-instituteurs attendant un poste) peuvent résider dans les villages; que ni les uns ni les autres ne doivent être mariés; que les matières d'enseignement sont laBible et le catéchisme, Toiplication de la Schul-Methodus, la lecture de sermons, le calcul, le chant, la géographie, la physique, l'histoire naturelle, l'économie et la staustique, la géométrie, le calendrier ; que l'écoie d'application doit compter 50 élèves, garçons et filles, divisés en quatre classes, avec six heures de leçoiis par jour; que l'enseigiement y sera donné par les trois plus anciens séminaristes.

Les vingt dernières années du xviu* siècle ne comptent pas moins de vingt-cinq fondations de séminaires d'instituteurs. Ce sont, par ordre chronologique : en 1781, Cassel (transféré plus tard à Homberg) et Kiel (fermé en i823, puis rouvert à Segeberg en 1839); en 1783, Eisenach ^Saxc-NVeimar; réorganisé en 1817) et Buckeburg (SchaumbuBs-Lippo}} en 1784, VVesel (Prusse rliouaiioi

supprimé par les Français en 1806 et transféré à Soest), et VVeissen/els (Saxe prussienne ; réorganisé en 18*22) ; en 1785, Dresde- P'riedrichstadt ; en 1780. Ludwigslust (Mecklenburg-Schvvcrin ; transféré à Neukloster en 18G"2); en 1787, Altenburg (Saxe-Altenburg ; réorganisé en 1858); en 178«, Weimar (organisé par Herder*, en connexion avec le gymnase de cette vile), Baden-Baden (actuellement à Ettlingen), Œhringen (dans la principauté de Hohenlolie; n'existe plus), ZuUichau (Brandebourg; fondé par Steinbart comme annexe de ses autres établissements d'éducation) ; en 1789, Detmold (Lippe-Detmold); en 1790, Magdebourg (réorganisé en 1823, actuellement à Barby) ; en 1791, Greifswald (actuellement à Fran^burg); en 1792, Petershagen (fondé par Gieseler comme succursale du séminaire de Minden, fermé en 1819 et réuni à Soest), Dessau (Anhalt; réuni à celui de Kôthen en 1854); Stade (Hanovre; réorganisé en 1822); en 1793, Greiz (principauté de Reuss, branche aînée); en 1794, Luckau (Basse- Lusace; annexé à un orphelinat et à un hospice d'aliénés), et Hildburghausen (Saxe-Meiningen; réorganisé en 1827); en 1797, Freiberg (Saxe; transféré à Nossen en 1856); en 1798, Jenkau (Prusse; n'existe plus); en 1800, Muhlhausen (Saxe prussienne).

Parmi ces établissements, le séminaire de Dresde-Friedrichstadt, que dirigea Dinter * de 1797 à 1807, fut peut-être le plus remarquable. Le programme d'enseignement y comprenait, à l'époque de la création de l'école, les matières suivantes: 1° préparation à une lecture intelligente et édifiante de la Bible ; 2° dogmatique et morale chrétienne; 3° instructions sur la catéchisation ; 4» exercices pratiques de catéchisation ; b" lecture et déclamation ; 6° langue allemande au point de vue de l'orthographe et de la grammaire; 7° exercices d'élocution et de rédaction ; 8* calcul; 9» musique vocale; 10» piano; 11» éléments de langue latine ; 12° exercices pratiques dans les classes inférieures des écoles primaires, particulièrement au point de vue de la méthode à employer pour l'enseignement simultané des élèves; 13° histoire biblique, avec les événements les plus utiles à connaître de l'histoire profane universelle et particulièrement de l'histoire nationale, ainsi que l'histoire des changements les plus remarquables arrivés dans la religion chrétienne ; 14° instructions relatives à l'hygiène, à la bonne conduite au point de vue de la morale et des lois, avec exposé des avantages temporels résultant de l'observation des lois divines et civiles, et des châtiments qui punissent l'infraction à ces lois ; 15o notions usuelles de géographie, de sciences naturelles et d'économie domestique; 16° calligraphie; 17° dessin ; 18° notions de géométrie, de mécanique et d'architecture ; 19° instructions sur l'arboriculture, l'horticulture et la sériciculture. En 1791, on ajouta à ce programme les éléments de la langue française. Le cours d'études durait trois ans ; tous les élèves recevaient à le fois le même enseignement, dans une seule et même salle de classe. Le séminaire, qui s'était ouvert avec huit élèves, en compta plus tard vingt-quatre ; au temps de Dinter, il y en avait quarante. L'examen de sortie comprenait cinq épreuves : une interrogation sur un point de religion ; un problème d'arithmétique ; le chant d'un choral avec prélude sur l'orgue; une le«;on de catéchisme faite à des élèves de la Heaischule ; une rédaction sur un s'-.jet donné.

Les premières années du xixo siècle virent naître une dizaine de séminaires. Mais ce fut surtout après la conquête française et les guerres contre Napoléon que le mouvement s'accéléra, grâce aux efforts de ministres dévoués à la cause de l'instruction publique, comme Altenstoin en Prusse et Montgeias en Bavière. Les créations nouvelles,

de 1801 à 1826, sont au nombre de quarantedeux, savoir : en 1801, Ober-Glogau (Silcsie); en '180.>, Alfold (Hanovre): en 1803, Munich (transféré à Freising en 1811); en 1804, Marburg (Hesse-Cassel), Posen, et Berlin (établissement fondé par le surintendant Kuster et quelques directeurs d'école, et qui prit le nom de séminaire royal , bien qu'il ne reçût aucune subvention de l'Etat; il a subsisté jusqu'en lS2!));en

1805, Fulda et Sciilûchtern (Hesse-Cassel) ; en

1806, Bamberg (Bavière) et Soest (Westplialie) ; en

1807, Liibeck, et Amberg (Bavière; transféré à Straubing en 1824); en 1808, Oldenburg ; en 1809, Augsbourg et Nuremberg (transféré à Altdorf en 1824)^ en 1810, Braunberg (Prusse), Saint-Matthias près Trêves ^Prusse), et Plauen (Saxe); en 1811, Karalene (Prusse) et Esslingen (Wurtemberg) ; en 181fi, Graudenz (Prusse), Côslin (Prusse) et Bunzlau (Prusse) ; en 1817, BautZ'^n (Saxe) et Friedeberg (Hesse-Darmstadt) ; en 1818, Kaisersiautern (Bavière) ;en 1819, Neuwied (Prusse) et Bensheim (Hesse-Darmstadt); en 1820, Bromberg (Prusse), Erfurt (Prusse), Mors (Prusse), Mirow (Mecklenburg-Strelitz) et Schleitz (Reuss, branche cadette;; en 1821, Gardelegen (Prusse; actuellement à Osterburg); en 1823, Briilil ' (Prusse) et Laulngen (Bavière); en 1824, Osna- ' briick (Hanovre) et Gmund (Wurtemberg) ; en . 1825, Biiren (Westplialie) et Dresde (séminaire . Fletscher) , en 1826, Eisleben (Prusse) et Pyritz (Prusse). '.'

En 1826, Beckedorff, alors directeur de l'administration des séminaires prussiens, comptait en Prusse vingt-sept séminaires proprement dits [Hauptseminaré), dont quinze étaient protestants, six catholiques et six mixtes quant au culte ; il existait en outre une dizaine d'autres établissements destinés aussi à la préparation des maîtres (Nebenseminare). Le cours d'études était généralement de deux ans, quelquefois de trois; à chaque séminaire était annexée une école d'application. Le personnel enseignant, qui comprenait dans la règle autant de maîtres qu'il y avait de classes, était nommé directement par le ministère. Les élèves étaient tous internes; leur nombre s'élevait à 1500 environ. La dépense annuelle faite par l'Etat prussien pour ses séminaires était de 100 000 thalers (Beckedorff, Jahrbi/cher des preussischen VolksscUulwesens, 1825-1827, vol. II).

Le livre d'Eisenlohr sur les séminaires d'Allemagne {Die Schullehrerbildangsanstalten Deufschlarids, Stuttgart, 1840) donne des détails intéressants sur les programmes comparés d'un certain nombre de ces établissements dans la période qui s'étend de 1830 à 1848. Voici le nombre des heures consacrées à quelques-unes des branches d'enseignement dans divers séminaires (les chiffres sont indiqués pour chacune des classes, en commençant par la classe inférieure) : Religion : Altdorf, 3 et 5 h.; Kaisersiautern, 4 et 4 h.; Karlsruhe, 5 et 6 h. ; Idstein, 3, 4 et 3 h. ; Weimar, 5 et 6 h. ; Eisenach, 5 et 6 h.; Schluchtern, 8 et 6 h.; Weissenfels, Erfurt et Eisleben, 6 et 6 h. ; Dresde- Friedrichstadt, 4, 4 et 4 h. Langue aliemande : Altdorf, 4 et 4 h.; Kaisersiautern, 7 et 5 h. ; Karlsruhe, 7 et 5 h. ; Idstein, 10, 8 et 6 h. ; Weimar,

7 et 2 h.; Eisenach, 5 et 2 h.; Schluchtern, 6 et 2 h.; Weissenfels, 8 et 8 h. ; Erfurt, 11 et 4 h.; Eisleben, 6 h. ; Dresde-Friedrichstadt, 3, 4 et 4 h. ; Esslingen, 8, 7 et 6 h. Realien (c'est-à-dire histoire, géographie, sciences naturelles) ; Altdorf, 4 et 4 h.; Kaisersiautern, 8 et 8 h. ; Karlsruhe, 5 et

8 h.; Idstein, 4, 7 et 2 h.; Weimar, 6 et 6 h. ; Eisenach, 6 et 4 h.; Schluchtern, 4 et 8 h.; Weissenfels, de 5 à 6 et de 3 à 4 h.; Eisleben, 6 h. ; Erfurt, 7 et 2 h. ; Dresde-Friedrichstadt, 4 et 3 h. ; Esslingen, 7,6 et 6 h. Pélagogie [Scknlkmide) : Karlsruhe, 0; Altdorf, 1 et 3 h. ; Kaisersiautern, de

6 à 8 h., dans la première classe seulement; Id8tein,2,2et3h, avec 8 li. d'exercices pratiques.

En continuant notre relevé chronologique, nous trouvons, do 18*2G à 1848, un nombre de dix-huit séminaires créés, dont neuf en Prusse. Ce sont : en 1829, Angerburg (Prusse); en 1830, Langenhorst (Prusse); en 1831, Berlin (il ne s'agit plus de l'établissement fondé en 1804, qui avait cessé d'exister en 1829, mais d'une institution nouvelle, créée sous le nom de Seminar fur Stacllschulen, et à la tôte de laquelle fut placé Diesterweg *); en 1832, Paderborn (Prusse) ; en 1834, Eichstàtt (Bavière); en 1836, Paradies (Prusse) et Heiligenstadt (Prusseï ; en 1838, Karamin (Prusse); en 1839, Spire (Bavière) et Meersburg (Bade); en 1840, Kempen (Prusse); en 1841, Bernburg (Anhalt; réuni depuis à Kôthen) ; en 1S42, Annaberg (Saxe) ; en 1843, Schwabach (Bavière) et Nurtingen (Wurtemberg) ; en 1844, Sondershausen (Schwarzburg- Sondershausen); en 1845, Cobourg; en 1847, Miinsterberg (Prusse).

La réaction qui suivit les événements de 1848 n'osa pas s'attaquer à l'existence même des séminaires ; mais elle chercha à modifier le caractère de l'enseignement qui s'y donnait. C'est en Prusse surtout que les séminaires eurent à souffrir du régime de compression qui dura jusqu'à l'avènement du ministère Falk. Nous n'avons pas, dans cette rapide revue, à nous arrêter à ce côté de la question (V. ci-dessous les sections d'articles consacrées aux divers Etats allemands) ; nous nous bornons à achever notre énuméralion. Furent créés, de 1848 à 1870, trente-deux séminaires, dont vingt et un en Prusse, savoir : en 1849, Steinaû sur l'Oder (Prusse) et Peiskretscham (Prusse) ; en 1851, Lûneburg (Hanovre), Neuenhaus, Usingen (Hesse- Nassau), et Frankenhausen (Schwarzburg-Rudolstadt) ; en 1852, Aurich (Hanovre); en 1856, Callenberg (Saxe); en 1857, Elstervverda (Prusse) et Eckernfôrde (Schleswig) ; en 1858, Creuzburg (Prusse) et Brème; en 1859, Biitow (Prusse); en 1860, Vechta (Oldenbuig); en 1861, Oranienburg (Prusse) et Reichenbach (Prusse) ; en

1863, Liebenthal (Prusse) et Borna (Saxe); en

1864, Friedland (Prusse) et Drossen (Prusse); en

1865, Kozmin (Prusse) et Exin (Prusse); en 1866, Friedrichshoff (Prusse), Berent (Prusse) et Kyritz (Prusse); en 1867, Gingst (Prusse), Pilchowitz (Prusse), Hilchenbach (Prusse) et Dramburg (Prusse); en 1868, Boppard (Prusse); en 1869, Zschopau (Saxe); en 1870, Hildesheim (Prusse).

Quant aux séminaires d'institutrices, dont nous n'avons pas parlé au cours de ce résumé, ils n'existent en Allemagne, avec le caractère d'établissements publics, que depuis une époque toute récente. Il en sera question ci-dessous.

Nous allons maintenant passer en revue les divers Etats qui composent l'empire allemand, en indiquant pour chacun d'eux, d'une manière sommaire, la situation générale des établissements destinés à la préparation du personnel de l'enseignement primaire, et en donnant, pour les principaux États, avec un court historique, quelques détails sur l'organisation des séminaires, les programmes en vigueur, la nomination et les traitements du persotmel, et la statistique.

Anhalt. — Le duché d'Anhalt possédait il y a quelques années deux séminaires d'instituteurs, celui de Kôthen et celui de Bernburg. Ces deux établissements ont été réunis en 1878 en un seul, dont le siège est à Kôthen. Il comprend si.x; classes, deux pour l'école préparatoire, et quatre pour le séminaire proprement dit! Les matières obligatoires d'enseignement sont : religion, langue et littérature allemande, langue française, théorie et histoire de la pédagogie, mathématiques, sciences physiques et naturelles, histoire et géographie, musique, dessin et gymnastique

Deux écoles d'application sont annexées au séminaire, l'une à trois classes, l'autre à quatre classes. Le régime est l'internat obligatoire et gratuit.

Il n'y a pas d'école normale d'institutrices.

Bade. — Avant la loi de 18G8, la f-équentatioa du séminaire et des cours préparatoires qui y conduisent était obligatoire pour les aspirants instituteurs. La loi du 8 mars 1868 a aboli cette obligation, et permet aux aspirants de choisir pour leur préparation professionnelle les moyen» qui leur conviennent le mieux : elle se borne à mettre à leur disposition, s'ils désirent en profiter, « des séminaires dont le cours d'études dure trois ans, dont l'enseignement est gratuit, et où des dispcsitions sont prises pour que les élèves puissent y être entretenus en commun » (art. 30). Jusqures 1875, le grand-duché possédait deux séminal un catholiques, à Meersburg et à Etllingen, et en séminaire protestant à Karlsruhe ; en 1875 il a été créé dans cette dernière ville un quatrième séminaire mixte quant aux cultes. Pour entrer au séminaire, les élèves-maîtres doivent être âgés de seize ans, et passer un examen d'admission. Il n'existe pas d'établissements spéciaux (écoles préparatoires) pour la préparation des futurs élèvesmaîtres : les aspirants reçoivent leur première instruction soit dans les écoles primair3s supérieures ou dans un établissement d instruction secondaire, soit auprès d'un instituteur autorisé à cet effet et recevant une subvention de l'Etat. Les matières obligatoires d'enseignement dans les séminaires sont : religion, langue allemande, arithmétique, géométrie, géographie, histoire, histoire naturelle, physique, pédagogie, musique (chant, piano, orgue, violon), dessin, calligraphie, gymnastique. Les directeurs des séminaires sont choisis parmi les professeurs préparcs dans une université; les maîtres sont pris en général dans la personnel enseignant des écoles primaires, réaies, ou professionnelles. A chaque séminaire est annexée une école d'application. Le régime est l'internat; l'enseignement et le logement sont gratuits, mais les élèves-maîtres doivent payer uni*. pension alimentaire; toutefois des bourses sont accordées à la plupart d'entre eux.

11 n'y a pas d'écoles normales d'institutrices.

Bavière. — Au commencement de ce siècle la Bavière comptait déjà cinq séminaires d'instituteurs, à Munich, Amberg, Bamberg, Augsbourg et Nuremberg. Le règlement du 11 juin 1809 {Allgemeines Begulativ fur die Ordnung der Schulle hrerseminurien und die Bildung der Volksschullehi'er), conçu dans un tsprit libéral, in. troduisit dans ces établissements la méthode pes. talozzienne. Plus tard, la réaction prit le dessus^ et, malgré les réformes tentées en 1848, garda la haute main sur l'instruction primaire pendant un demi-siècle. Le règlement de 1857 sur les séminaires s'inspira des principes que nous verrons exprimés dans les célèbres i{e//«^/a^ii't' prussiens de 1854 : il chercha, par l'amoindrissement des programmes, à enfermer étroitement les instituteurs dans l'esprit confessionnel, et à les préserver du danger « qu'engendre la fausse science : l'orgueil et la désobéissance». Mais le 29 septembre 1866 une ordonnance royale marqua le commencement d une ère nouvelle : elle prescrivit la création de trente-cinq écoles préparatoires [Prupaïaiiden' sckulen) desthiées à donner la première instruction aux élèves-maîtres, et établit de nouveaux programmes tant pour ces établissements que pour les séminaires. Elle abolit la préparation libre, qui avait été admise jusqu'alors, et rendit la fréquentation des écoles préparatoires et des séminaires obligatoire pour tous ceux qui se destinent à la carrière d'instituteur : seuls les Israélites sont dispensés de ce,tte obligation et peuvent se préparer dans un établissement libre.

Aux termes du règlement {Normafiv), encore actuellement en vigueur, qui accompagne l'ordonnance de 1866, le cours d'étude des écoles préparatoires dure trois ans, et les élèves y sont admis sans condition d'âge; l'enseignement est gratuit : les élèves doivent être logés et nourris dans des familles désignées par l'inspecteur de l'établissement; des bourses peuvent être accordées aux élèves pauvres. L'école préparatoire est dirigée par un instituteur en chef {Haupttehrer), à la nomination du ministère des cultes et de l'instruction publique ; il est secondé par un ou deux adjoints. Le traitement de l'instituteur en chef est de 600 florins, avec deux augmentations sexennales de 100 florins, jusqu'au chiffre maximum de 800 florins; en outre, le logement gratuit, ou une indemnité de 100 florins. Les adjoints reçoivent 350 florins, avec logement gratuit ou une indemnité de 50 florins. L'ecclésiastique chargé de l'enseignement religieux reçoit 100 florins (Ordonnance de 1866). Dans les séminaires le cours d'études est de trois ans; le régime est l'internat ; toutefois, les élèves de confession Israélite peuvent être admis à suivre les cours du séminaire en qualité d'externes. Les élèves-maîtres ne sont pas admis avant l'âge de seize ans, ni après l'âge de vingt ans; ils ont à passer un examen d'entrée; l'enseignement est gratuit ainsi que le logement, mais les autres frais de l'entretien des élèves sont à leur charge; des bourses peuvent être accordées aux élèves pauvres. Le séminaire est dirigé par un inspecteur {Inspector) jnommé par le roi sur le préavis de l'autorité ecclésiastique, et qui relève immédiatement de l'administration provinciale ; à ses côtés sont deux maîtres 'Seminarle.hrer) nommés aussi par le roi : le premier de ces maîtres doit être un ecclésiastique, à moins que l'inspecteur lui-même n'appartienne au clergé, et il reçoit le titre de préfet: il remplace l'inspecteur en cas d'empêchement de celui-ci ; le second maître est choisi parmi les instituteurs les plus méritants. Le traitement des inspecteurs est ainsi fixé : 1600 florins par an pendant les cinq premières années ; 1800 florins de la sixième à la dixième année; 2000 de la onzième à la quinzième, avec des augmentations quinquennales de 100 florins à partir de la quinzième année ; celui des préfets est de 1000 florins pendant les trois premières années, de 1200 pendant la quatrième et la cinquième, de 1300 de la sixième à la dixième, avec des augmentations quinquennales de 100 florins à partir de la dixième année (Règlement du 24 mai 1872). La loi de finances du 22 juillet 1874 a accordé aux inspecteurs une augmentation de 280 florins et aux préfets une augmentation de 210 florins. Le reste du personnel se compose d'un économe, nommé par l'administration provinciale sur la présentation de l'inspecteur, et d'employés choisis par l'inspecteur. Le règlement ne prévoit pas l'existence d'écoles d'application annexées aux séminaires.

Les branches d'enseignement, toutes obligatoires, sont les suivantes dans chacune des deux catégories d'établissement :

Écoles préparatoires.

Heures par semaine

pour chacune des tmis années.

Aeligioii

Langue allemande.

Calcul

Géographie ,

Histoire

Histoire naturelle..

Calligraphie

Dessin

Musique

Séminaires.

Heures par semaine.

fc année. 2» année.

Religion 3 3

Langue allemande 4 4

Arithmétique et mathématiques ■. . 3 3

Géographie 1 1

Histoire 2 2

Histoire naturelle 2 »

Sciences physiques 2 2

Agriculture » 2

Pédagogie 5 4

Dessin 2 2

Musique 6 6

Ecritures communales [Gemeindeschrei-

berei) » 1

Service ecclésiastique {Niederer Kir-

chendienst) « i

Pendant longtemps les institutrices, dont le nombre est d'ailleurs peu considérable, ont été formées principalement par les congrégations religieuses. Depuis une quinzaine d'années toutefois des mesures ont été prises pour la préparation d'institutrices laïques. En 1870, un séminaire protestant d'institutrices, complété par une école préparatoire, a été ouvert à Memmingen sous la direction d'un pastô'ur protestant ; cet établissement est subventionné par l'administration de la province de Souabe. En 1872, un séminaire d'institutrices avec école préparatoire, mixte quant aux cultes, a été créé à Munich par l'administration provinciale de la Haute-Bavière. Enfin, en 1875, l'Etat lui-même a fondé à Aschafîenburg un séminaire d'institutrices avec école préparatoire, catholique, mais recevant aussi des élèves de confession protestante.

A Aschalfenburg, le cours d'étude de l'école préparatoire comprend quatre années, celui du séminaire deux années. Les élèves sont admises à l'école préparatoire à l'âge de douze ans ; au séminaire, pas avant l'âge de seize ans et pas au delà de vingt. Le nombre des élèves est fixé à 100 pour le cours préparatoire, à 40 pour le séminaire : les élèves sont externes ou internes; le nombre des internes ne peut pas dépasser 60. La rétribution scolaire est de 70 marks par an; le prix de la pension, de 345 marks. Une école d'application est annexée au séminaire. A la tête de l'établissement est placé un directeur nommé par le roi, et chargé de l'enseignement de la pédagogie ; le reste de l'enseignement est donné par trois maîtres, nommés par le roi, et cinq maîtresses nommées par le ministère sur la présentation de l'administration provinciale, plus divers maîtres et maîtresses pour la religion, les langues vivantes, le dessin, la calligraphie, la musique et la gymnastique.

Les branches d'enseignement sont les suivantes :

Heures par semaine.

Cours préparatoire. Séminaire,

Ira ann. 2«anu. 3°aDa. 4<aDn.

Religion 2

Langue allemande. 5

Langue française, 4 Lan^'ue anglaise

(facult.) »

Arithmétique et

géométrie 3

Géographie 2

Histoire 2

Sciences naturelles 2 Pédagogie théorique et pratique. •

Calligraphie 2

Dessin 2

Chant 2

Piano (facult.) 2

Violon )>

Travaux à raiguillo 2

Gymnastique 2

En 1881, le nombre des séminaires d'instituteurs était de onze, savoir : six catholiques, Hiclistalt, Freisiiig, Lauingci), Spire, Straubing, Wiirzburg ; quatre protestants, Altdorf, Schwabacii, Kai.^^erslautern, Wallerstein; un mixte quant aux <îultes, Bamberg. Le nombre des écoles préparatoires d'instituteurs était de trente-six, dont trentetrois isolées, et trois réunies à des séminaires. Le nombre des élèves était de 2374 dans les trente-trois écoles préparatoires isolées, de 509 dans les trois établissements qui réunissent un séminaire et une école préparatoire, de 1009 dans les huit séminaires auxquels n'est pas jointe une école préparatoire.

Le nombre des élèves dans les trois séminaires d'institutrices et dans les écoles préparatoires qui y sont jointes était de 341.

Il existe en outre à Wiirzburg un séminaire Israélite d'instituteurs (établissement libre) avec 31 élèves.

Le nombre total des élèves dans ces divers établissements était donc de 4264 en 1881. Il n'était que de 29i3 en 1877.

Brème. — Le séminaire d'instituteurs de la ville de Brème a été fondé en 1810 ; d'abord établissement privé, il est devenu établissement de l'Etat en 1858. Placé de 1858 à 1873 sous la direction de l'éminent pédagogue Lûben *, il tient l'un des premiers rangs parmi les établissements similaires en Allemagne. Le nombre des classes, qui était de trois seulement à l'époque où Lûben dirigeait l'école, a été porté successivement à quatre, puis à cinq: le nombre des élèves est de quatrevingt à cent. Le régime de l'établissement est l'externat.

Brunswick. — Le Brunswick a deux séminaires d'instituteurs, h Wolfenbûttel et à Brunswick. Celui de Wolfenbûttel se compose de six classes, les trois inférieures formant l'école préparatoire et les trois autres le séminaire; il y avait, en 1881, 127 élèves à l'école préparatoire et 86 au séminaire. Celui de Brunswick se compose de cinq classes, dont l'inférieure correspond à la •classe supérieure de la Burgerschule ; il comptait en 1881 GO élèves. Ces deux établissements sont des externats. Il existe en outre à Blankenburg •un cours normal annexé au gymnase.

Aux deux séminaires de Wolfenbûttel et de Brunswick sont joints des séminaires supérieurs {Hauptseminarienjy destinés à la préparation du personnel enseignant des Bûrgerscliulen ou écoles primaires supérieures. Les élèves qui ont subi avec distinction l'examen de sortie (Tentamen) du séminaire proprement dit peuvent être admis dans le Ilauplsnninar, avec le titre de séminaristes de première classe; l'enseignement pédagogique leur est donné par le directeur sous la forme de conférences hebdomadaires, et ils se préparent à la pratique de l'enseignement par des leçons dans l'école d'application.

Il existu depuis 1868 deux séminaires d'institutrices (externats), annexés aux écoles supérieures de jeunes lilles de Brunswick et de Wolfenbûttel ; celui de Brunswick appartient à la ville ; celui de Wolfenbûttel reçoit une subvention de l'État. Le cours d'études est de trois ans ; les matières d enseignement sont celles de l'école supérieure de jeunes lilles, plus la pédagogie et des exercices pratiques d'enseignement.

Hambourg.— La ville libre de Hambourg n'a eu pendant les soixante-dix premières années de ce siècle aucun établissement destiné à la préparation des instituteurs et des institutrices. La loi sur 1 instruction publique du II novembre 1870 prescrivit la création d'un séminaire, en ordonnant que 1 âge d'admission des élèves serait seize ans, que le cours détude durerait trois ans, que l établissement serait un externat, que des bourses i" Partie.

seraient accordées aux élèves pauvres, qu'une école d'application serait annexée au séminaire ; elle fixa le traitement du directeur à 5000 courant-marks, plus 1000 courant-marks d'indemnité de logement, et celui des maîtres à 4000 courantmarks. Le séminaire a été ouvert en 1872. Le plan d'études (mars 1873; indique comme branches obligatoires : pédagogie avec exercices pratiques, religion, allemand, anglais, français, arithmétique et algèbre, géométrie et géograpliio mathématique, botanique et zoologie, physique, chimie et minéralogie, histoire, géographie, écriture, gymnastique, dessin, piano et orgue, violon, chant. Une école préparatoire a aussi été créée.

La loi a prévu également la création d'un cours normal pour les institutrices. Ce cours comprend, depuis 1879, deux années d'études. Il y a été joint une école préparatoire de deux classes.

Hesse-Darmstadt. — Le grand-duché de Hcsse possédait, avant la nouvelle loi scolaire de 1874, deux séminaires d'instituteurs, l'un protestant, k Friedberg, l'autre catholique, à Bensheim. Depuis que la nouvelle loi a établi le principe de l'école interconfessionnelle, ces deux établissements sont devenus mixtes quant aux cultes. Un troisième séminaire a été ouvcil récemment à Alzey. Le cours d'études dure trois ans; le régime établi est l'internat ; toutefois les élèves de troisième année peuvent être autorisés à loger hors de l'école. Le personnel enseignant de chaque établissement se compose d'un directeur (traitement : 4400 à 4600 marks, et logement gratuit), de huit maîtres ordinaires (traitement: 1500 à 3000 marks], de trois maîtres adjoints (traitement: 1700 marks), et de trois maîtres extraordinaires. Dans ces dernières années, il a été créé en outre trois écoles préparatoires, à Lich, Lindenfels et Wôllstein.

Il n'existe pas de séminaire d'institutrices.

Lippe-Detmold. — Cette principauté possède un séminaire d'instituteurs à Detmold. Le cours d'études est de trois années ; le régime est l'internat. Le nombre moyen des élèves est de 24.

LippE-ScHAUMBURG. — Il y a uu séminaire d'instituteurs à Bûckeburg, recevant en moyenne dix élèves.

LuBECK. — La ville libre de Lûbeck possède depuis 1807 un séminaire d'instituteurs; les élèves de cet établissement sont employés comme sous-maîtres dans les écoles publiques ou privées. Pour les institutrices, il y a un séminaire appartenant à la ville, destiné au personnel des écoles primaires, et un séminaire privé où se préparent les maîtresses de l'enseignement supérieur des jeunes filles.

Mecklenburg-Schwerin. — En 1786 fut fondé à Ludwigslust un séminaire pour les instituteurs des écoles du domaine ducal ; ce séminaire, transfère à Neukloster en 1862, comprend une école préparatoire, dont le cours est de trois ans, et le séminaire proprement dit, dont le cours dure deux années. Une école d'application est annexée à rétablis>>ement. L'âge d'admission Ji l'école préparatoire « st quinze ans. Les matières d'enseignement del'éc.'ie préparatoire sont: catéchisme, histoire sainte, lecture de la Bible, chant d'église, langue a! emande^ écriture, calcul, géométrie, géographie, histoire, histoire naturelle, dessin, chant, violon, piano, orgue et gymnastique ; le séminaire y ajoute la pédagogie, la méthodologie, les sci> nces physiques, l'harmonie. Le nombre moyen t..es élèves esi de 180. Le régime de l'établisseme a est l'internat ; l'école fournit l'éclairage, le chauffage et la nourriture, sauf le pain, que les élèv s doivent acheter eux-mêmes. Chaque élève d> it payer annuellement une somme de 105 marks ; des bourses peuvent être accordées aux élèves pauvres. l>e personnel enseignant se compose d'un directeur, qui doit être uu ecclésiastique, ei

(le huit maîtres, dont doux doivent ôtre des tbéologions ; le traitement du directeur est de 4800 à ."..iOO marks, celui des deux théologiens de 2400 i\ 8000 marks, celui des autres maîtres de 1000 marks s'ils sont célibataires, de 1400 à 2400 marks .^ ils sont mariés; tous sont en outre logés gratuitement.

Un autre séminaire, créé récemment à Lûbtheen, r«;t destiné k former des instituteurs pour les îcoles seigneuriales [ritterschaftliclie Schulen). Le rours d'études dure deux années ; Tâge d'admisf^ion est fixé à dix-neuf ans. Le nombre moyen dos élèves est de 15. L'établissement est un externat. Le personnel enseignant comprend un directeur, qui doit être un ecclésiastique (4000 marks de traitement et le logement) et deux maîtres, dont l'un est un théologien (2800 et 1700 marks de traitement).

Tl n'y a pas de séminaire d'institutrices, mais fies cours normaux sont annexés à plusieurs écoles supérieures de jeunes filles.

MecklenbupiG-Strelitz. — Le séminaire grand- ('ucal d'instituteurs, qui se trouve à Mirow, existe ''lepnis 1820. Le cours d'études est de trois années. L'âge d'admission est fixé à dix-huit ans. Les élèves «ont les uns externes, les autres internes; le prix de la pension des internes est de 75 marks par nn. L^école primaire de la localité sert d'école d'application.

Ôldenburg. — Il y a deux séminaires d'instituteurs, l'un protestant à Oldenburg, l'autre catholique à Vechta.

Le séminaire protestant d'Oldenburg, fondé en 1808 comme internat, est aujourd'hui un externat : toutefois les élèves doivent prendre le repas de midi dans l'établissement. Le cours d'études dure quatre années. L'âge d'admission est fixé à quatorze ans. Une école d'application de trois classes est annexée au séminaire. Les matières d'enseignement sont : religion, pédagogie, allemand, mathématiques, histoire et géographie, physique et chimie, histoire naturelle, dessin, écriture, chant, gymnastique, français (facultatil), théorie musicale, orgue, piano et violon. Le nombre moyen des élèves est de 120. Le personnel enseignant comprend un directeur (traitement : de 4000 à 5600 marks), un premier maître (2400 à 40(i0 marks), quatre autres maîtres (1800 à 3600 marks), un maître de musique (2200 à 3000 marks), un maître auxiliaire (1000 à 1500 marks), un instituteur pour l'école d'application (lOUO à 1200 marks).

Le séminaire catholique de Vechta, moins important et fondé en 1860, ne comprend que trois années d'études. Le personnel enseignant se compose d'un directeur (traitement : de 3000 à 4500 marks), d'un premier maître (2400 à 3200 marks), d'un second maître (1800 à 2100 marks) et d'un maître auxiliaire (1000 à 1500 marks).

Il n'existe pas de séminaire d'institutrices.

PRUSSE. — Nous avons parlé plus haut (p. 2073) de la fondation des premiers séminaires prussiens, ceux de Siettin, de Bergen, de Berlin, de Breslau; nous avons donné la liste chronologique des établissements créés successivement jusqu'en 1870. Jl reste à mentionner les phases par lesquelles :.i passé en l'russe l'institution des écoles normales, sous les ministères qui se sont succédé de 1817 à nos jours.

Lorsque Alt^nstein devint ministre en 1817, la l*riisse comptait une vingtaine de séminaires; mais la ville de Berlin, chose assez singulière, ne possédait qu'un établissement privé qui, bien (ju'ayaiit obtenu le titre de « séminaire royal », ciait entretenu exclusivement par des ressources particulières. Le conseiller Beckedorfi", entre les mains duquel fut placée l'administration des séminaires de 1810 h 1827, montra beaucoup de zèle; il'ioiqu'il représentât au ministère le parti de la

réaction, et que son principal souci ait été de combattre les rationalistes qui avaient gagné d\i terrain pendant la période précédente, ses qualités personnelles lui concilièrent les sympathies; son influence contribua à développer une vie intellectuelle très intense dans le personnel enseignant des établissements qu'il dirigeait, et M. Schneider a pu àl^e que « l'administration de Beckedorff fut l'âge d'or des séminaires prussiens ». Une autorité nouvelle, créée en 1826, les Provinzialschulkollegien, fut chargée de la surveillance des gymnases et des séminaires dans chaque province. Beckedorff, s'étant converti au catholicisme en 1827, dut abandonner ses fonctions ; il fut remplacé d'abord par le pestalozzien Dreist (1827-1832), puis par Kortum (1832-1842). Dreist, précédemment maître au séminaire de Bunzlau, fit beaucoup de bien : c'est sous son administration que fut créé le séminaire de Berlin [Seminar fur Stadtschulen)^ dont la direction, sur le refus de Harnisch, fut confiée à Diesterweg, auparavant directeur du séminaire de Mors. Sous Kortum, les séminaires continuèrent à prospérer; mais deux tendances opposées, dans le personnel de ces établissements, commencèrent à se dessiner, en s'accentuant de plus en plus : la tendance piétiste, dont le principal représentant était Harnisch, directeur du séminaire de Weissenfels, et la tendance libérale, représentée avec éclat par Diesterweg, dont le journal, les Rheinische lUutter^ exerçait sur les esprits une influence toujours croissante. Le ministre Altenstein mourut en 1840, et fut remplacé par Eichhorn ; en même temps Frédéric-Guillaume IV montait sur le trône. Une réaction allait se produire. Déjà, dans les derniers temps de sa vie, Altenstein s'était demandé si l'intérêt de la monarchie n'exigerait pas des modifications profondes dans le régime des séminaires. Sous le nouveau règne, la défiance en haut lieu contre ces établissements ne fit que s'accroître, et on les eût volontiers supprimés, si la chose eût paru possible. Du moins leur témoigna-t-on de la froideur, et l'administration du D"" Eilers, qui succéda à Kortum, montra le parti-pris de combattre énergiquement les tendances qui paraissaient dangereuses pour la religion officielle et les principes de l'absolutisme gouvernemental. Deux actes signalèrent entre autres cette période, la fermeture du séminaire de Breslau, à la suite d'un fait d'insubordination de la part des élèves (18i6), et la destitution de Diesterweg, déguisée sous le nom de démission (1847). Les événements de 1848 indisposèrent plus encore le roi, qui voyait dans les directeurs de séminaire des fauteurs de révolution : aussi, lorsque M. de Raumer fut devenu ministre de l'instruction publique dans le cabinet Manteufîel (1850), avec Stiehl comme conseiller de ministère, des mesures furent-elles prises pour modifier profondément le caractère de l'enseignement des séminaires. Les trois fameux BeguLative (V. Prusse), œuvre de Stiehl, furent publiés les l^r, 2 et 3 octobre 1854 : le troisième a pour objet la réglementation de l'école primaire; les deux premiers visent les séminaires et la préparation des élèves séminaristes. La pensée qui fait le fond des liegulotive, et que le rédacteur y a très crûment exprimée, c'ost que la o prétendue » science est chose mauvaise et dangereuse; c'est que les élèves des séminaires doivent, non pas acquérir des connaissances qui les enflent d'orgueil et leur donnent l'esprit de révolte, mais ôtre pré|)arés à leur mission éducatrice dans un esprit d'humilité qui fasse d'eux de dociles instruments, aptes à transmettre aux enfants du peuple les vertus d'obéissance et de résignation. Le régime des lieguiatlve a duré dixhuit ans; toutefois, au bout de ([uelques années dcJJi, la force des choses amena une détente; ia

rigoureuse application des principes rc-pressifs s;«iicnua d'clle-môme, et sons le ministère von Muliler des améliorations furent apportées au pr(>y;ramme des séminaires ; des écoles préparatoires furent siibventionnces et môme créées par rivat en dépit des prescriptions du lier/ulnliv du 1 octobre* ci, à l'avènement du ministère Falk en i872, bien (lue les Recjulative eussent conservé force de loi, l'état réel des choses ne correspondait plus à la lettre des règlements. Avec M. Kalk, un esprit nouveau triomphe, le principe laïque s'affirme en opposition au principe théocratique, et une révision des rès;lements sur l'instruction primaire est décidée. M. Schneider, qui avait été appelé en 1870 à la direction du séminaire de llerliii, reçoit du ministre libéral le mandat d'élaborer de nouveaux programmes, et le 15 octobre Î8T2 les AUgemeiiie Besthnmunfjen rédigées par iiii viennent prendre la place des Regulative réactionnaires. Ce sont CQ% AUgemeine Bestimmungen qui, en l'absence d'une loi sur l'instruction publique, régissent encore actuellement les séminaires et les écoles primaires en Prusse. Nous résumerons brièvement celles de leurs dispositions qui concernent la préparation professionnelle des instituteurs.

La troisième section des AUgemeine Bestimmungen est consacrée aux écoles préparatoires et aux examens d'admission que doivent subir les candidats à leur entrée au séminaire. La quatrième section contient le plan d'études des séminaires d'instituteurs.

La préparation des candidats, avant leur entrée au séminaire, a lieu soit au moyen de leçons particulières données par des instituteurs autorisés à cet effet {Prupara?iden'nldner}, soit aa moyen d'écoles préparatoires {Prâparanden-Anstalten), dont les unes sont des établissements privés, pouvant être subventionnés, et les autres des établissements de l'Etat. 11 n'existe pas, pour ces écoles préparatoires, de plan d'études officiel et uniforme; mais les branches d'enseignement sont déterminées par le programme officiel de l'examen d'admission au séminaire. Ces branches sont les suivantes : religion, langue allemande, calcul, géométrie élémentaire, géographie, histoire, sciences physiques et naturelles, écriture, dessin, musique, gymnastique. L'étude d'une langue étrangère est facultative. Quant à la pédagogie, ellf* est réservée pour le séminaire.

Un arrêté du 9 juillet 1873 a édicté les prescriptions suivantes pour les écoles préparatoires appartenant à l'Etat : Ces établissements sont des externats. Le nombre des élèves est fixé à 50 au maximum ; le cours d'études est de deux ans. Les élèves paient une rétribution qui ne peut être inférieure à 12 thalers par an. Des bourses de 30 thalers au maximum peuvent être accordées aux élèves pauvres. Le personnel enseignant se compose de deux maîtres : le premier, qui remplit les fonctions de directeur, a 26 heures de 'eçons à donner par semaine; il reçoit un traitement de 600 à 800 thalers, avec logement gratuit dans l'établissement; le second a 30 heures de leçons, et reçoit un traitement de 400 à 600 thalers, plus une indemnité de logement égale au dixième du traitement. Des maîtres auxiliaires peuvent être employés, et une somme annuelle do 300 thalers est affectée à leur rémunération. Les frais admmistratifs annuels sont fixés à 70 thalers, les dépenses pour le matériel d'enseignement à 100 thalers. Les dépenses de première installation, y compris l'achat d'un petit orgue, ne doivent pas dépasser 1000 thalers.

Los séminaires d'mslitutturs {Schullehrer-Seminare) doivent posséder chacun deux écoles annexes, l'une à une classe, l'autre Ji plusieurs classes. Les exercices pratiques à l'école annexe

ont lieu sous la direction d'un maître spécial, qui fait partie du personnel enseignant du séminaire. Le cours d'étudfis du séminaire dure trois ans. Dans le cours inférieur (3* classe], les élèves, dont la préparation s'est faite par'd s voies diverses, doivent d'abord être amenés à classer et à compléter leurs connaissances, de manière à obtenir l'uniformité voulue dans le degré d'instruction de chacun d'eux; ils no participent pas encore aux exercices de l'école annexe. Dans le cours moyen (2" classe), les élèves reçoivent le complément d'instruction dont ils auront besoin pour enseigner à leur tour; ils assistent aux loçons données dans les écoles d'application par les maîtres du séminaire, remplissent dans ces écoles les fonctions de sous-maîtres, et sont exercés à des leçons d'essai. Dans le cours supérieur (3e classe), les séminaristes achèvent leurs études et reçoivent des indications propres à les mettre en état de travailler seuls à leur développement ultérieur; ils donnent en outre un enseignement suivi dans l'école d'application, sous la direction des maîtres du séminaire et de l'instituteur spécial de l'école annexe. Aucun élève de cette classe ne doit donner, par semaine, moins de C heures ni plus de 10 heures de leçons à l'école annexe; et chacun d'eux doit avoir eu l'occasion, avant de quitter le séminaire, de s'exercer pratiquement à l'enseignement de la religion, du calcul, de l'allemand, du chant et d'une autre des branches du programme. Les deux classes inférieures reçoivent chacune 24 heures de leçon par semaine, et la classe supérieure 14 heures, non compris les heures consacrées aux branches techniques (dessin, écriture, gymnastique, musique), et aux branches facultatives. Chaque séminaire doit posséder une bonne bibliothèque, un cabinet de physique, un laboratoire de chimie, et autant que possible une collection de matériel d'enseignement. L'enseignement est donné dans chaque établissement d'après un plan d'études particulier, qui doit être soumis à l'approbation du ministre. Lo tableau suivant indique les matières d'enseignement du programme officiel, et leur répartition entre les trois années :

Heures par semaine.

Branches obligatoires. ire année 2» anné^ 3« année

Pédagogie 2 2 3

Religion 4 4 2

Lîinïuc allemande 5 5 2

Histoire 2 2 2

Calcul 3 3 1

Géométrie 2 2 »

Histoire naturelle, physique et

chimie 4 4 2

Géographie 2 2 1

Dessin 2 2 1

Ecriture 2 1 »

Gymnastique 2 2 2

Musique et chant 5 5 3

Branches facultatives.

Langue française, anglaise ou latine 3 3 2

L'enseignement de la géométrie en troisième année se donne pendant l'heure consacrée an calcul.

U y a en outre des exercices d'horticulture, d'arbariculture et de sériciculture, que chaque établissement dispose comme il l'entend.

L'arrêté du 15 octobre 1872 ne contient pas de dispositions relatives au personnel enseignant. Les renseignements que nous donnons ci-dessous à ce sujet sont empruntés à. une communication due à l'obligeance de M. Friese, directeur du séminaire d'instituteurs de Neu-Uuppin.

Le personnel ensei^ïnant d'un séminaire d'instituteurs se compose dans la règle d'un directeur

{Direktov), d'un premier maître {erster Lehrei'), de quatre maîtres ordinaires {ordentUche Lehrer), et d'un maître auxiliaire (llilfslehrer). Le directeur est nommé par le roi, les maîtres sont nommés par le ministre. Les maîtres auxiliaires sont pris parmi les instituteurs qui ont subi leur second examen. Les maîtres ordinaires doivent avoir subi l'examen de recteur ou de maître d'école moyenne; la plupart d'entre eux ont fait leurs éludes dans une université. Le premier maître et le directeur sont pris, soit dans les rangs des maîtres ordinaires, soit dans ceux du personnel enseignant secondaire. La plupart des directeurs ont subi à l'université l'examen de théologie ou celui de philologie. L'échelle des traitements a été établie de la manière suivante par l'ordonnance royale du 31 mars 1873 et le rescrit ministériel du 27 avril 1876 :

A Berlin.

Marks.

Directeurs 5400

Premiers m;i itees 4200

Autres maîtres 1800 à o600

Dans les autres villes.

Directeurs 3600 à 4800

Premiers maitrcs 2700 à 3300

Maîtres ordinaires 1700 à 2700

Maîtres auxiliaires 1000 à 1400

Maîtresses 1000 à 2000

Le personnel enseignant a droit en outre au logement gratuit ou à une indemnité de logement.

Quant diWï^ séminaires d'institulrice s, il n'en est pas question dans les Allgemeine Bestimmungen de 1872. Un arrêté ultérieur, du 24 avril 1874, a déterminé un programme pour l'examen du brevet de capacité des institutrices; ce programme a servi de guide, jusqu'ici, aux directeurs des écoles normales d'institutrices, tant privées que publiques, pour l'élaboration du plan d'études de leurs établissements respectifs. Les branches d'études qui y sont indiquées sont les suivantes : religion, langue allemande, calcul, histoire, géographie, histoire naturelle, sciences physiques, pédagogie, chant, des-sin, gymnastique, travaux à l'aiguille, langue française (branche facultative). — Les écoles normales d'institutrices sont de création récente. L'arrêté du 24 avril 1874 en mentionne cinq ayant le caractère d'établissements de l'Etat, à Berlin, Droyssig, Munster, Paderborn et Posen; leur nombre s'élevait à neuf en 1882.

La Prusse possédait, en 1870, 78 séminaires (57 protestants et 21 catholiques), avec 47G8 élèves. En 1882, le nombre des séminaires s'élevait à 111, et celui des élèves à 9955.

Nous terminerons par le tableau complet des écoles préparatoires et des séminaires d'instituteurs et d'institutrices, tel qu'il est donné dans le Centralblatt de janvier 1883, et par un résumé du budget des dépenses des écoles préparatoires et des séminaires pour l'exercice 1884-1885.

Les écoles préparatoires [kônigliche Prciparanden-Anstalten) sont au nombre de 30, réparties de la façon suivante entre les provin-es du royaume:

Prusse orientale: Lotzen, Pillkallen;

Prusse occidentale : Preussisch-Stargardt, Rehden ;

Brandebourg : pas d'établissement ;

Poméranie : Massow, Plathe, Rummelsburg, Grimmen ;

Posen: Lissa, Meseritz, Rogasen, Czarnikau ;

Silésie: Landeck, Schweidnitz. Schmiedeberg, Oppeln, Rosenberg, Zicgenhals, Ziilz ;

Saxe: Quedlinburg, Heiligenstadt;

Schleswig-Holstein : Apenrade; Barmstedt;

Hanovre : Diepholz, Melle, Aurich;

y^estphaiie : Laasphe j

Hesse-Nassau : Fritzlar, Herborn ;

Province du Rhin : Simmern.

Les séminaires {kônigliche Schullehrer- und Lehrerinnen-Seminare) sont au nombre de 111, savoir :

Prusse orientale : 8 séminaires d'instituteurs, dont 7 protestants, àPreussisch-Eylau,Friedrichshoflf, Osterode, Waldau, Angerburg, Karalene, Ragnit, et 1 catholique, à Braunsberg;

Prusse occidentale : 6 séminaires d'instituteurs, dont 3 protestants, à Marienburg, Preussisch- Friedland, Lobau, et 3 catholiques, à Berent, Grandenz, Tuchel ;

Brandebourg : 9 séminaires d'instituteurs tous protestants, à Berlin, Kôpenick, Kyritz, Neu- Ruppin, Oranienburg, Alt-Dôbern, Drossen, Kônigsberg en Brandebourg, Neuzelle; — 1 séminaire d'institutrices, protestant, à Berlin;

Poméranie : 7 séminaires d'instituteurs, tous protestants, à Kammin, Pôlitz, Pyritz, Butow, Dramburg, Kôslin, Franzburg;

Posen : 6 séminaires d'instituteurs, 2 protestaiits, à Koschmin etBromberg; 2 catiioliques, k Paradies et Exin; 1 mixte quant aux cilifs, à Rawitsch ; — 1 séminaire d'institutrices, à Posen (pas de caractère confessionnel indiqué);

Silésie: 17 séminaires d'instituteurs, 7 protestants, à Miinsterberg. OEls, Steinau sur l'Oder, Bunzlau, Reichenbach, Sagan, Kreuzburg, et 10 catholiques, àBresiau, Habelschwerdt, Liebenthai, Ober-Glogau, Oppeln, Peiskretscham, Pilchowitz, Rosenberg, Ziegenhals, Zûlz;

Saxe ;9 séminaires d'instituteurs, 8 protestants, à Barby, Haiberstadt, Osterburg, Delitzsch, Eisleben, Elsterwerda, Weissenfels, Erfurt, et 1 catholique, à Heiligenstadt ; — 1 séminaire d'institutrices, protestant, à Droyssig;

Schleswig-Holstein : 4 séminaires d'instituteurs, tous protestants, à Eckernfôrde, Tondern, Segeberg, Uetersen ; — 1 séminaire d'institutrices, protestant, à Augustenburg;

Hanovre : 10 séminaires d'instituteurs, 9 protestants, à Hanovre, Wunstorf, Alfeld, Lùneburg, Osnabriick, Bederkesa, Stade, Verden, Aurich, et

1 catholique, à Hildeshcim ;

Westphalie : 6 séminaires d'instituteurs, 3 protestants, à Petershagen, Hilchenbach, Soest, et ,3 catholiques, à Warendorf, Bùren, Rûthen; —

2 séminaires d'institutrices, catholiques, à Miinster, et Paderborn ;

liesse-Nassau : 6 séminaires d'instituteurs, 2 protestants, à Homberg et Schliichtern, 1 catholique, à tuidd, et 3 mixtes quant aux cultes, à Dillenburg, Montabaur, Usingen ;

Province du Rhin et Ho/œnzollern ; 15 séminaires d'instituteurs, 5 protestants, à Neuwied, Mettmann, Mors, Rheydt, Ottweiler, et 10 catiioliques, à Boppard, Miinstermaifeld, Elten, Kenipen, Odenkirchen, Bruhl, Siegburg, 'Wittlicl), Kornelymiinster , Linnich ; — 2 séminaires d'institutrices, catholiques, à Xanten et Saarburg.

Les dépenses prévues au budget de 18S4-lS8â pour les écoles préparatoires sont les suivantes :

Traitemeuts du personnel enseignant 113.-00

Indemnités de logement au personnel enseignant 7.044

Rémunération des maîtres auxiliaires, médecins, employés, etc 24.586

Dépenses intérieures et secours aux élèves. . 197. lOG

Entretien dos bâtiments et jardins 2.978

Matériel d'enseignement, mobilier, chauiTage,

éclairage, loyers, etc 60.778

Les dépenses prévues pour les séminaires d'instituteurs et d'institutrices sont les suivantes :

Traîtcmenxs (Tes directeurs, maîtres, maîtresses et employés •

Indemnités de logement aux directeurs, maîtres et employés •

Rémunération dès maîtres et maîtresses auxiliaires, comi>tnbles,médecins,gens de service.

Dépenses intérieures et secours aux élèves dans les si^minaires organisés en internat..

Secours aux élèves dans les séminaires organisés en externat

Entretien des bâtiments et jardins

Matériel d'enseignement

Entretien du mobilier, chauffage, éclairage, loyers, etc

Marks.

Reuss branche aînée. — La principauté possède un séminaire d'instituteurs à Greiz, fondé en 1793. Le cours d'étude y est de quatre années.

Reuss branche cadette. — Il y a un séminaire d'instituteurs à Schleiz (fondé en 1820) avec cinq classes et 120 élèves.

Saxe. — Le plus ancien séminaire du royaume de Saxe est celui qui fut fondé en 1785 à Dresde- Friedrichsstadt (V. ci-dessus, p. 2074). Le nombre de ces établissements s'est accru rapidement; il est aujourd'hui de dix-huit. La loi qui les régit est celle du 22 août 1876, sur les gymnases, les Realschulen et les séminaires.

Aux termes de cette loi, les séminaires d'instituteurs {Volksschullehrer-Seminare) se composent de six classes, dont chacune ne doit recevoir que 25 élèves au plus; l'âge d'admission est fixé à treize ans. L'enseignement est gratuit;- il comprend les branches suivantes : religion, langue et littérature allemande, langue latine, géographie, histoire, sciences naturelles (minéralogie, botanique, zoologie, anthropologie, physique, chimie élémentaire), arithmétique, géométrie, pédagogie (avec catéchétique, psychologie et logique), musique, écriture, dessin, gymnastique. Toutes ces branches sont obligatoires ; toutefois les élèves des cinq classes supérieures peuvent être dispensés de l'étude de la musique, s'il est reconnu que les aptitudes leur font défaut. Les élèves des 3c, 4^ et 5^ classes suivent un cours (facultatif) de sténographie. A chaque séminaire est annexée une école d'application de quatre classes.

Le règlement du 29 janvier 1877 a déterminé de la manière suivante la répartition des matières d'enseignement entre les six années d'étude :

Nombre d'heures par semaine.

'eccl.

ou 5« cl.

if«aiin.

Religion 4 4

Langue allemande 3 3

Langue latine 7 7

n éographie 2 2

Histoire 2 2

Histoire naturelle 2 2

Sciences physiques >• »

Arithmétique et géométrie 4 4

l'edagogie „ „

Pratique scolaire » »

iCIiant ,[ 3 3

Harmonie 1 1

Violon 1 i

Piano 1 1

Orgue » »

Ecriture 2

Sténographie >,

Gymnastique 3

Dessin 2

4e cl. 3« cl. 2e cl.

Totaux 37 39

Ire cl.

OU

eeann.

Le régime du séminaire est l'internat : les élèves sont loges, chauffés et éclairés gratuitement; le prix de la pension alimentaire est dé^ terminé chaque semestre. Les élèves dont la famille habile dans la localité où se tiouve le séminaire, et ceux qui en reçoivent la permission du directeur, peuvent être autorisés à loger hors de l'établissement.

Les séminaires d'instituteurs sont au nombre de seize, savoir : quinze séminaires protestant», à Annaberg, Auerbach, Bautzen, Borna, Dresde (deux, celui de Friedrichsstadc et le séminaire Fletscher), Grimma , Lobau, Nossen, Oschatz, Pirna, Plauen, Schneeberg, VValdenburg et Zschopau, et un séminaire catholique à Bautzen.

Les séminaires d'institutrices [Lehrerinnen-Stmina7'e), aux termes de la loi de 187G, se composent de cinq chisses; l'âge d'admission est fixé à quatorze ans. L'enseignement n'est pas gratuit; il comprend les branches suivantes : religion, langue et littérature allemande, langue et littérature française, langue et littérature anglaise, géographie, histoire, sciences naturelles (minéralogie, botanique, zoologie, anthropologie, éléments de la physique et de la chimie), arithmétique, géométrie, pédagogie (avec catéchétique, psychologie et logique), musique, dessin, écriture, gymnastique, travaux à l'aiguille, sténographie. Les leçons d'anglais, de piano, d'harmonie et de sténographie sont facultatives. Les séminaires d'institutrices sont au nombre de deux : celui de Dresde est un externat, celui de Gallnberg un internat. La répartition des matières d'enseignement entre les cinq années d'études a été déterminée de la manière suivante par le règlement du 29 janvier 1877 :

Nombr» d'heures par semaine.

Religion

Langue allemande

Langue française

Langue anglaise

Géographie

Histoire

Sciences naturelles

Arithmétique et géométrie.

Pédagogie

Pratique scolaire

Chant

Harmonie

Piano

Dessin

Ecriture

Gymnastique

Travaux à l'aiguille

Sténographie

Totaux

6e cl.

OU

îf»ann.

4e cl. 3" cl. 2e cl

l'ed.

oa 5e ann.

L'harmonie, obligatoire en première année, tive dans les cinq autres classes. Le piano, 1' sténographie sont facultatifs.

est facultworgue et la

L'anglais, l'harmonie, le piano et la sténographie sont facultatifs.

La Saxe ne possède pas d'écoles préparatoires (Pràparanden-Aîistalten) ; l'âge auquel l-s élèves sont admis au séminaire rend ces établissements inutiles.

Le nombre des élèves des quinze séminaires protestants d'instituteurs était d'après la dernière statistique publiée, celle de 1880, de 2;>ô9, dont 1878 étaient des internes; celui des élèves du séminaire catholique d'instituteurs de Bautzen, de 37, dont 20 internes ; celui des élèves du séminaire d'institutrices de Dresde, de 103, toutes externes ; celui des élèves du séminaire d'institutrices de Gallnberg, de 76, toutes internes.

Le personnel enseignant dans les séminaires protestants d'instituteurs comprend treize maîtres, savoir : un directeur, huit maîtres ordinaires, trois maîtres spéciaux, et un maître auxiliaire. La loi exige que le directeur et un tiers au moins des maîtres aient fait des études supérieures et subi

Texamon do l'université ; les maîtres spéciaux (pour la musique, le dessin, la gymnastique) doivent avoir passé l'examen spécial d'aptitude à l'enseignement de leur branche. Dans le séminaire catholique, qui ne compte qu'une quarantaine d'élèves et n'a que quatre classes, il n'y a que six maîtres : deux d'entre eux (dont le directeur) sont des théologiens, deux ont subi l'examen universitaire de pédagogie, et deux sont des instituteurs primaires. Le séminaire d'institutrices de Dresde a un directeur, cinq maîtres ayant subi l'examen do l'université, quatre maîtres et quatre maîtress^■s formés au séminaire, deux maîtres spéciaux, et cinq maîtresses spéciales ; le séminaire d'institutrices de Callnberg a un directeur, deux maîtres ayant subi l'examen de l'université, deux maîtres et deux maîtresses formés au séminaire, un maître spécial et trois maîtresses spéciales.

Le nomination des maîtres et des maîtresses est faite par le ministère des cultes et de l'instruction publique; les directeurs sont nommés par le roi.

Le traitement des directeurs est de 4800 marks, avec le logement gratuit. Celui des maîtres, dans les séminaires protestants d'instituteurs, est respectivement de 4200, 3600, 3200, 3000, 2800, 2G00, 2400, 2200, 2100, 1900 et 1800 marks; le maître auxiliaire a 1200 marks et le logement gratuit. Dans le séminaire catholique d'instituteurs de Bautzen et dans le séminaire d'institutrices de Callnberg, où le personnel enseignant est moins nombreux, ces chiffres subissent quelques modifications. L'ensemble des traitements du personnel enseignant de tous les séminaires s'élève, pour 1884, à 673 111 marks ; les autres dépenses montent h 522 'Cl marks, ce qui forme un chiffre total de l 195 872 marks. Sur cette somme. l'Etat fournit 1085 4G2 marks. — Nous devons la communication des détails relatifs au personnel enseignant et au budget des séminaires saxons à l'obhgeance de M. le conseiller Bornemann, à Dresde.

Saxe-Altenbuiîg. — Il y a un séminaire d'instituteurs à Altenburg. Le programme des études y comprend, outre les matières d'enseignement de l'école primaire, l'anthropologie, la psychologie et la pédagogie au point de vue chrétien, l'histoire de la pédagogie, l'horticulture et la gymnastique.

Saxe-Cobouhg-Gotha. — Le séminaire d'instituteurs de Gotha a été fondé en 1780 (V. cidessus, p. 2073); réorganisé il y une vingtaine d'années, il a eu successivement pour directeurs deux pédagogues éminents , Karl Schmidt*et Dittes. Les matières d'enseignement, toutes obligatoires, sont réparties de la façon suivante entre les trois années d'études :

Religion

Pédagogie

Langue et littératui-e allemande

Histoire

Géographie

ScieiHcs naturelles et pliysiques.

Arithmétique et algèbre

Géométrie

Chant

Piano

Orgue

Théorie musicale

Violon

Ecriture

Dessin

Gymnastique

Horticulture et arboriculture...

Totaux 34

Les élèves de la i" classe ont en plus un certain nombre d'heures d'exercices pratiques dans l'ck-ole annexe. — En été, la o« classe a quatre Jieures de gymnastique par Sttuiaine, et la 1" classe trois heures.

Heures

par

semaine.

3e classe.

■J.'cUi

se. 1

«classe.

Le duché de Saxe-Gotha ne possède pas d'écoles préparatoires ; la plupart des aspirants au séminaire se préparent dans une Realschule .

Il existe en outre à Gotha un séminaire d'institutrices (établissement privé), fondé en 1864 par M. A. Kdliler ; à cet établissement sont annexés une école spéciale destinée à préparer des instititutrices de jardins d'enfants {Kinder g drtnerinneU), ainsi qu'un jardin d'enfants et une école primaire mixte quant aux sexes.

Le duché de Cobourg possède un séminaire d'instituteurs. L'âge d'admission est de dix-sept à dix-huit ans, la durée du cours d'études de deux ans. Les élèves font leurs études préparatoires dans la Realschule de Cobourg.

Saxe Meiningen. — Le duché possède un séminaire d'instituteurs et un séminaire d'institutrices. Le séminaire d'instituteurs est à Hildburghausen; d'après le règleinent du 8 mai 1877, le cours d'études dure quatre années ; l'âge d'admission est fixé à seize ans ; les matières d'enseignement sont : religion, langue et littérature allemande, calcul, géométrie, géographie, histoire, histoire naturelle, physique et chimie, pédagogie, écriture, dessin, chant, orgue, violon, harmonie, gymnastique et natation. Les élèves sont pour la majeure partie des internes ; leur nombre moyen est de 130. La préparation des aspirants au séminaire se fait dans une école moyenne. — Le séminaire d'institutrices est à Meiningen ; la durée du cours d'études est de trois ans.

Saxe-Weimar. — Le grand-duché possède deux écoles normales d'instituteurs, à Weimar et à Eisenach. Le cours d'études est de quatre ans. L'arrêté ministériel du 20 mars 1875 détermine comme suit les matières d'enseignement : religion , langue allemande , histoire , géographie, sciences naturelles et physiques , arboriculture et agriculture, mathématiques, pédagogie, musique, calligraphie, dessin, gymnastique. L'enseignement est gratuit pour les ressortissants de l'Etat; les étrangers ont à payer une rétribution annuelle de 40 thalers. Des bourses peuvent être accordées aux élèvres pauvres. La pr paration des aspirants au séminaire se fait, soit dans une des écoles préparatoires (Vorhereitiing^schulen) prévues à l'art. 14 de la loi du 24 juin 1874, soit auprès d'un instituteur autorisé à cet effet.

11 n'y a pas de séminaire d'institutrices.

ScHWARZBURG-RiJDOLSTADT. — La principauté possède deux séminaires d'instituteurs, à Rudolstadt (fondé en 1747) et à Frankenhausen. Le cours d'études est de quatre ans dans l'un de ces établissements et de deux ans dans l'autre.

ScHWARZBURG-SoNDERSHADSEN. — Il y a un séminaire d'instituteurs à Sondershausen ; le cours d'étude est de trois ans ; une école d'application à deux classes est annexée à l'établissement.

Waldeck. — La principauté de Waldeck n'a pas de séminaire. Les instituteurs sont préparés au séminaire prussien de Hombeig.

WuRTEMBtRG. — La préparation professionnelle des instituteurs se fait dans des écoles préparatoires et dans des séminaires. Les écoles préparatoires (Prajoara«de;ii4?2i^^a//t7i) sont des établissements privés : mais elles sont soumises à la surveillance de l'Etat, et leur programme doit ôtre approuvé par l'autorité scolaire snpéiieure. Pour entrer dans une école préparatoire, il faut avoir passé un examen dont les conditions sont déterminées par un j-cgiement spécial, et auquel ne sont adnjis que des candidats âgés de (luatorze ans. Le jeune homme qui a subi cet examen d'une façon satisfaisante obtient le titre de Pvuparand, et il peut soit devenir élève d'une écolo préparatoire, soit faire ses études sous la direction d'un instituteur autorisé à cet effet. Des bourses sont mises k la disposition des Prûpa-

randen; elles sont de 30 florins pour ceux nui se préparent auprès d'un instituteur, do 50 florins pour ceux qui entrent dans une école préparatoire. Le cours d'études des écoles préparatoires est. de deux ans.

Les séminaires d'instituteurs sont les uns des établissements de l'Etat, les autres des établissements privés. Il y a quati*e séminaires appartenant à l'Etat, trois protestants, à Esslingen, Nurtingen et Kunzelsau, et un catholique à Gmiind. Les trois séminaires protestants ne pouvant recevoir chaque année qu'un nombre total de 75 élèves, les candidats qui n'ont pas réussi à s'y faire admettre entrent dans les séminaires protestants privés, au nombre de cinq. Le régime des séminaires de l'Etat est l'internat ; les élèves reçoivent gratuitement l'enseignement et le logement, mais doivent payer leur entretien : à cet effet des bourses de 70 et de 60 florins leur sont accordées. Le cours d'études dure trois ans. Les matières d'en- ■seignement sont : religion, pédagogie, histoire, géographie, allemand, mathématiques, sciences physiques et naturelles (avec notions, d'horticulture, d'arboriculture et de sériciculture), musique (chant, piano, orgue, violon, harmonie), calligraphie, dessin, gymnastique. Aux séminaires est annexée soit une école primaire, soit une école de sourds-raueis. Le personnel enseignant des séminaires d'instituteurs de l'Etat comprend un recteur (théologien), un maître principal, deux ou trois maîtres recrutés dans le corps enseignant primaire, dont l'un dirige l'école annexe, deux maîtres auxiliaires, et un sous-maître pour l'école annexe. Les traitements sont les suivants : le recteur, 1800 florins; le maître principal, 1400 florins; les autres maîtres, 1100 florins; les maîtres auxiliaires, 450 et 400 florins ; le sous-maître de l'école annexe, 270 florins.

Il a été fondé en 1859 par l'instituteur Buhl, à Ludwlgsburg, un séminaire protestant d'institutrices, qui est devenu établissement de l'Etat en 1873 et a été transféré à Markgrôningen. Il existe en outre à Gmûnd un séminaire catholique d'institutrices, qui est un établissement privé.

Résumé. — On compte dans toute l'Allemagne, en décembre 1884, 164 séminaires d'instituteurs et 21 séminaires d'institutrices ayant le caractère d'établissements de l'Etat. Quant aux écoles préparatoires, il n'y en a que dans cinq Etats (abstraction faite du Wurtemberg, où ces établissements ont un caractère privé), et leur nombre est •de 75, 71 pour les garçons et 4 pour les filles.

ANGLETEUUE. ECOSSE et IRLANDE. — AnGLETERUE. — Les écoles normales d'instituteurs et d'institutrices portent le nom de Training Collèges. Ces établissements sont tous entre les mains d'associations privées ou de particuliers ; mais ils reçoivent do l'Etat des subventions considérables, et leur enseignement est placé sous la surveillance directe du Département d'éducation. Les premiers Training Collèges ont été fondés par les deux grandes Associations rivales, la liritish and Foreign School Society et la National Societi^ ; les diverses Églises, anglicane, catholique, wesleyenno, congrégationaliste, ont créé la plupart des autres. Le nombre total de ces établissements était en 1884 de 42. •

Nous résumons ci-dessous les dispositions du Code scolaire de 1882 relatives aux Training Collèges :

« On Training Collegeest une institution destinée à nourrir, loger et instruire des élèves qui se proparent à devenir instituteurs ou institutrices brevetés dans les écoles primaires. Il doit posséder, soit dans le bâtiment même du collège, «oit à une distance convenable, une école d'appliralion où les élèves puissent apprendre pratiquement l'exercice de leur profession.

! » Aucune subvention ne sera accordée à «n Training Collège, à moins que le bâtiment, l'administration et le personnel enseignant n'aient été approuvés par le Département.

» Chaque année, on juillet, a liev dans chaque collège un examen des candidats qui se présentent pour être admis. L'examen s'étend à toutes les branches d'enseignement que les pupil teachers* so,nt tenus d'avoir étudiées. Les candidats sont choisis et admis à l'examen par les autorités de chaque collège, sous leur propre responsabilité; les seules conditions imposées par le Département sont : 1° que le candidat ait atteint dix-huit ans révolus au 1«' janvier de l'année suivante ; 2° qu'il ait terminé avec succès son engagement comme pupil teacher, ou qu'il doive le terminer dans Ih courant de l'année suivante. Les candidats examinés sont rangés en trois classes par ordre de mérite.

» Les autorités d'un collège peuvent proposer au Département, pour être admis comme élèves : 1" les candidats qui à l'examen ont été places dans la première ou la seconde classe ; 2° les instituteurs ou institutrices déjà brevetés qui,.n'ayant pas suivi encore le cours complet d'un collège, désirent entrer dans l'établissement pour y suivre pendant un an le cours de la seconde année. Ces candidats, une fois admis par le Département, sont appelés boursiers [Queen's scholnrs).

» Les autorités de chaque collège fixent ellesmêmes leurs propres conditions d admission.

M Un examen des élèves de chaque Training Collège a lieu annueliement en décembre. Sont admis à cet examen : l» les élèves boursiers; 2° les autres élèves, à la condition qu'ils aient résidé dans l'établissement pendant l'année entière. Aucun élève de ces deux catégories ne peut être dispensé de l'examen.

» L'examen sera différent suivant le sexe des élèves, et suivant que les élèves sont à la fin de la première ou de la seconde année d'études.

» Le programme pour les femmes comprend des sujets spéciaux pour les institutrices des écoles enfantines ; les aspirantes qui ont passé l'examen sur ces sujets, et (jui ont ensuite fait leur stage dans une école enfantine, reçoivent une mention spéciale sur leur brevet.

» Les élèves qui ont suivi les deux années du cours d'études d'un Training Collège et qui ont subi avec succès l'examen final reçoivent une mention spéciale sur leur brevet.

» Les Training Collèges ont droit à une allocation de 100 livres sterling pour chaque instituteur et de 70 livres sterling pour chaque institutrice qui, après avoir suivi les cours de l'établissement comme Queeii's scholar pendant deux ans, obtient le brevet de capacité à l'expiration du stage légal.

» Pour chaque instituteur ou institutrice qui, n'ayant suivi les cours d'un Training Collège que pendant une année, a obtenu le brevet à l'expiration de son stage, l'établissement a droit à une allocation égale à k moitié des chilïres indiqués ci-dessus.

» Le total de la subvention annuelle accordée ;\ chaque Training Collège ne doit pas excéder 75 0/0 des dépenses de l'établissement pour l'année courante, ni s'élever à plus de 50 livres sterling pour chaque élève boursier (35 livres st. pour l"S élèves du sexe féminin) en résidence dans l ctAblissement.

» Des subventions annuelles sont accordées aux écoles d'application des Training Collèges aux mômes conditions qu'aux autres écoles primaires. »

Comme on le voit par les dispositions qiie nous venons de transcrire, le cours complet d'études

des Training Collèges dure deux années. Les matières d'enseignement sont déterminées par le programme des examens do fin d'année ; ce programme est publié chaque année par le Départemont d'éducation. Il comprend les branches suivantes :

Pour les hommes : Lecture et récitation ; calligraphie; pédagogie {school management); grammaire et composition ; géographie ; histoire ; arithmétique; algèbre et mensuration : géométrie ; économie politique ; musique vocale.

Pour les femmes : Lecture et récitation ; calligraphie ; pédagogie ; grammaire et composition ; géographie; histoire; arithmétique; économie domestique; couture et coupe; musique vocale.

Il y a en outre un examen spécial de dessin. De plus, les aspirants et aspirantes peuvent passer un examen sur un ou plusieurs des sujets spéciaux suivants, qui sont facultatifs : 1° Langues : grec (pour les hommes seulement) ; latin; français; allemand; 2° Sciences : mathématiques; mécanique théorique ; mécanique appliquée ; acoustique ; lumière et chaleur ; magnétisme et électricité; chimie inorganique, y compris la chimie pratique; physiologie animale; botanique élémentaire ; physiographie ; principes d'agriculture.

Chaque Trainmg Collège organise à sa gnise son plan d'études d'après ce programme. Nous donnons ci-dessous le tableau d'emploi du temps de deux Training Collèges d'instituteurs, celui de Borough-Road et celui de Battersea, à Londres.

L'école normale de Borough-Road, fondée dans les premières années de ce siècle par Joseph Lancaster*, est placée depuis 1808 sous le patronage de la British ond Foreign School Society. Les écoles de cette Société sont ouvertes aux élèves de toutes les confessions religieuses, sans distinction ; aucun catéchisme ni aucune profession de foi particulière n'y sont enseignés : l'instruction religieuse se borne à la lecture de la Bible. Les -dpux cours annueis d'études portent le nom de section des Juniors et section des Seniors ; chaque section est subdivisée en deux classes.

Tableau d*emploi du temps du Training Collège de Borough-Road.

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