PATRONNESSES (DAMES) — 2224 — PATRONNESSES (DAMES
d'arrondissement institués par la loi du 28 juin 1833 pour prendre soin de tout ce qui intéresse l'enseignement primaire, Tinstruction du 9 avril 1836 indiquait comme « auxiliaires indispensables » à ces comités, pour les questions relatives aux salles d'asile, « un certain nombre de dames habituées à s'occuper des bes('ins de l'enfance, et dont rien ne remplacerait l'admirable dévouement et l'aptitude toute spéciale à exercer une pareille surveillance Toutes celles qui forment les diverses
commissions chargées en ce moment des salles d'asile, ajoutait l'auteur de la circulaire, seront invitées à continuer leurs honorables travaux en (lualité de dameS inspectrices. »
Telle est l'origine des « comités locaux de patronage », institués en 1855. (V. Comités locaux de ■paty^onage des salles d'asile.)
Dans la législation de 1882, l'idce de la salle d'asile s'est transformée : Yécole maternelle est un établissement d'éducation où sont conviés les enfants de toutes les classes. La réglementation en est précise ; tous les efforts tendent à la Imettre sur le même pied que l'école primaire; des institutrices d'écoles maternelles sont recrutées dans le même personnel, elles sont placées à leur véritable rang d'éducatrices; l'indépendance leur est rendue avec l'entière responsabilité de leur œuvre, et si des comités de dames patronnesses peuvent être établis (décret du 2 août 1881, art. 10), c'est avec « l'attribution exclusive de veiller à l'observation des prescriptions de l'hygiène, à la bonne tenue de l'établissement et au bon emploi des fonds ou des dons en nature recueillis en faveur des enfants. »
Les dames patronnesses sont nommées par le préfet, sur la proposition de l'inspecteur d'académie et après avis du maire. Elles se réunissent en comité sous la présidence du maire.
Le fonctionnement défectueux des anciens comités de patronage venait de ce que les attributions des dames inspectrices n'étaient point assez distinctes de celles de la directrice. Une réglementation qui, tout en laissant une part suffisante à l'initiative de chaque groupe, pourrait servir de guide aux dames désireuses de faire du bien et aux maires chargés d'organiser les comités; qui indiquerait l'ensemble de la mission restant à accomplir par ces comités et qui donnerait une idée de la répartition possible; une telle réglementation serait, croyons-nous, bien accueillie et rendrait d'importants services.
Cette pensée préoccupe depuis longtemps la Société des écoles enfantines ; le comité de cette Société a réuni dans un projet d'instruction les principales idées qui lui paraissent devoir présider à la formation des comités de dames patronnesses. Nous croyons utile de reproduire ici les passages essentiels de ce projet.
« Art. I". — La première condition pour qu'un comité de dames patronnesses ait toute son efficacité, c'est que l'entente soit complète entre le comité et la directrice, qui doivent s'associer sans aucune restriction pour assurer la bonne éducation des enfants
» Art. 2. — Les attributions du comité des dames patronnesses sont :
1° Agir près des familles pour assurer la fréquentation régulière de l'école par les enfants ;
2° Veiller à l'hygiène des enfants dans l'école;
3° Leur assurer des aliments convenables et un abri au besoin, s'ils n'ont pas de famille;
4° Procurer des vêtements aux nécessiteux ;
5° Distribuer des souvenirs scolaires;
6° Distribuer des jouets, au moins à la fête nationale et au jour de l'an.
» Art. 3. — Le comité s'assemble au commencement de chaque année scolaire. Chacune des dames patronnesses indique le taux de la somme
qu'elle a résolu de mettre à la disposition du comité pour l'année entière. Un fonds de ressources certaines est ainsi assuré pour le fonctionnement du comité. Une réserve peut être constituée avec les dons accidentels.
» Le président fait alors la repartition suivante :
1° Un cinquième des fonds pour l'alimentation et les compléments (médicaments^ toniques, etc.);
2° Un cinquième pour aider les familles nécessiteuses ou les enfants orphelins ;
3° Un cinquième pour la distribution des vêtements ou les bons de bains et de blanchissage ;
4° Un cinquième pour les musées et souvenirs scolaires ;
4" Un cinquième pour les distributions du 14 juillet et du jour de l'an.
» Le compte de la réserve serait arrêté à la fin de l'année; une moitié constituerait un commencement de réserve pour l'année suivante; l'autre moitié serait affectée à l'un ou plusieurs des chapitres ci-dessus, selon le vœu de la majorité du comité.
» Dans le cas où l'un des chapitres aurait à supporter des dépenses plus fortes que sa dotation, le comité aurait recours soit au maire, soit à la caisse des écoles, soit à des personnes bienfaisantes en dehors du comité. Le surplus des sommes accordées et non dépensées dans chaque chapitre serait ajouté à la réserve.
» Art, 4. — L'organisation financière une fois arrêtée, les dames auraient à se partager les occupations qui incombent au comité :
)» A. Agir auprès des parents pour assurer la fréquentatioji régulière de l'école par les enfants.
— Les dames du comité ne doivent pas oublier que leur influence sur les familles peut être décisive si elles veulent joindre à leur autorité de patronnesses leur sollicitude de mères de famille et leur adresse de femmes du monde.... C'est aux dames patronnesses à soutenir l'enseignement de la directrice et à le faire accepter par persuasion aux familles, ignorantes trop souvent du véritable bien de leurs enfants....
» B. Veiller à l'hygiène des enfants dans Vécoh.
— Les dames seront éclairées par les conseils du rapport de la sous-commission dhygiène scolaire (hygiène du premier âge scolaire). Elles devront veiller à ce que les conditions d'hygiène indiquées dans ce rapport soient régulièrement observées.
» Les principales sont:
10 Que l'air des salles d'exercice soit pur et souvent renouvelé ;
2^ Que les vêlements soient propres, souples, non serrés et peu épais;
3° Que le corps, surtout la figure, les mains, les yeux, les oreilles, soient toujours très propres;
4° Que la tête, sous les cheveux, soit toujours dans un état de propreté parfaite; encourager le lavage, le savonnage de la tête, les cheveux courts ; faire faire devant soi les nettoyages urgents;
h° Qu'il n'y ait dans chaque salle (|u'un petit nombre d"enlants (jamais plus de 50); faire toutes les démarches possibles pour obtenir les moyens matériels de réaliser cette réforme s'il y a lieu;
6° Que les privés soient toujours en bon état, que l'ubturation soit complète et les émanations absolument empêchées;
"(O Eviter le sommeil dans le jour et l'interdire absolument dans la classe; recommander aux familles d'endormir les enfants de très bonne heure tous les soirs et de leur laisser un sommeil aussi long que possible. Pour s'assurer de l'exécution de CCS prescriptions, les dames patronnesses devront aller chaque semaine, deux à la fois, faire une visite à l'école. Elles choisiront le moment de ces visites de manière à ne rien déranger dans i l'emploi du temps.