‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 370 sur 573 · SCHMID (JOSEPH) — 2726 — SGHMÏI) .((JOSEPH · texte numérisé non relu

SCHMID (JOSEPH) — 2726 — SGHMÏI) .((JOSEPH

introduisit et les nouvelles discordes qui en furent la suite. Dans toute cette seconde période de l'histoire de l'institut d'Yverdon, la personnalité de Schmid est si éti'oitement liée à celle de Pestalozzi qu'il n'est pas possible de les séparer ; aussi avons-nous, à l'article Pestalozzi, fait d'avance la biographie de Joseph Schmid pour les douze années qui s'écoulèrent de 1815 à 1827. Qu'il nous soit permis d'y renvoyer le lecteur.

Nous nous bornerons à rappeler deux écrits polémiques, nés des circonstances : le premier, Wahrheit und h^thiim in Pestalozzi's Lebens- 'schicksalen, durch Thatsachen dargelegty Yverdon (Heidelberg), juillet 1822, donna lieu à des ipoursuites correctionnelles contre Schmid et Pes- Italozzi ; le second, Fellenberg's Klage gpgen Pestalozzi, gewûrdigt und beleuchtet durch von diesem hinterlassene Schriften, Carlsiuhe, 1827, est une réponse, publiée peu de temps après la mort de Pestalozzi, à une attaque de Fellenberg insérée dans divers journaux en octobre 1826. Disons aussi que les exercices d'arithmétique et de géométrie (Praklische Elementarûbungen : Zahl- und Formlehre), contenus dans les volumes 14 et 15 des OEuvres complètes de Pestalozzi, édition Cotta (1826), sont dûs, pour la partie technique, à la collaboration de Schmid.

Il nous reste à retracer la dernière partie de la carrière de Joseph Schmid, après la mort de Pestalozzi. Le disciple survécut vingt-trois ans à son maître; et ce n'est pas sans quelque étonnement qu'on le voit, dès le lendemain de la mort de celuici, disparaître dans une obscurité presque complète où il devient difficile de retrouver sa trace. Le silence qui se fait ainsi autour de lui s'explique toutefois si l'on se dit qu'il vécut dès lors, en étranger, loin du théâtre de ses premiers succès, dans une ville dont il parlait à peine la langue et qui ignore volontiers les renommées qui ne savent pas se faire bruyantes. Aucun biographe n'a écrit le récit de ces vingt-trois dernières années de la vie de Joseph Schmid; les renseignements, pour la plupart inédits, qu'il nous est possible d'offrir ici à nos lecteurs, sont dus à une obligeante communication de M. le colonel Karl Pestalozzi, de Zurich, qui a bien voulu rassembler à notre intention ses souvenirs personnels concernant son oncle.

Etabli à Paris à partir de 1827, Schmid fut d'abord attaché comme professeur à l'institution Morin. Il resta quelques années sans donner de ses nouvelles à sa famille ; car le règlement des questions relatives à l'institut d'Yverdon, après la mort de Pestalozzi, avait amené une brouille entre lui et ses deux sœurs. L'aînée, Marie, qui avait rempli pendant de longues années les fonctions de maîtresse à l'institut et qui devint plus tard M™» Reidel, ne se réconcilia jamais avec son frère. Par contre, il y eut en 1832 un rapprochement entre Schmid et sa sœur cadette, Catherine, qui avait épousé Gottlieb Pestalozzi et vivait avec lui à Neuhof depuis 1822. Schmid avait signé en 1831 , avec une demoiselle Jaeger, de Sulz près Colmar, un acte de société pour le commerce des broderies : l'idée lui vint d'installer un atelier de broderie h Neuhof, et il proposa à Gottlieb Pestalozzi d'entrer à cet effet dans l'association. Celui-ci accepta, devint le troisième associé, et l'atelier de broderie fonctionna à Neuhof de 1832 à 1834. En môme temps Schmid s'occupait aussi de travaux littéraires. Il avait conclu, le 10 juin 1832, avec Emile de Girardin et Boutmy, un traité l'autorisant à publier une traduction allemande du Journal des connaissances utiles. Un second traité, du 23 novembre 1833, y ajouta le droit de traduction du Musée des familles. Ces deux publications parurent, l'une sous le titre de Pfenning-Magazin der Gesellschaft zur Verbreitung gemcinnùtziger Kcnntnisse (Brockhaus, Leipzig), l'autre sous celui de Sonntagsmagazin (Peters, Leipzig),

En 1834, l'atelier de, broderie n'ayant pas donné les résultats espérés, il fallut liquider l'association. II en résulta une nouvelle querelle, et les relations entre Schmid et la famille de Neuhof furent inteiTompues une seconde fois, pendant huit années. D'autre part, l'éditeur Peters ayant fait faillite en 1836, la traduction du Musée des familles dut cesser de paraître ; celle du Journal des connaissances utiles eut bientôt le môme sort. Il y eut à cette occasion, entre Schmid et les signataires du traité du 23 novembre 1833, un procès dont nous ne connaissons pas l'issue.

Schmid n'avait pas cessé d'habiter Paris. Il donnait des leçons de mathématiques, non seulement à l'institution Morin, mais dans d'autres établissements (l'institution Bussy fils, par exemple) et chez des particuliers. Parmi les personnes avec lesquelles il s'était lié, nous citerons la princesse Galitzine née Ismaïlofi", qu'il aida dans la publication d'un ouvrage intitulé Analyse de la force, la famille de Villamil, à Passy, et le directeur de l'école Turgot, Pompée*, auquel il fournit des documents pour son mémoire sur Pestalozzi. Un nouveau rapprochement eut lieu en 1842 entre Schmid et son beau-frère : Gottlieb Pestalozzi était dépositaire des manuscrits laissés par son grand-père ; Schmid lui demanda de les lui confier, afin de les publier dans une nouvelle édition qu'il se proposait de faire des œuvres du grand pédagogue. Malheureusement la caisse qui contenait les précieux papiers, remise par Gottlieb Pestalozzi à une maison d'expédition de Zurich pour être envoyée à Paris, se perdit en route; elle n'a jamais pu être retrouvée. Schmid fut très vivement affecté de cette perte, qu'il attribua à tort à une négligence de son beau-frère : et bientôt les récriminations mutuelles amenèrent une troisième rupture.

Le projet de publier une nouvelle édition des œuvres de Pestalozzi fut repris en 1846, à l'occasion des fêtes données en Allemagne et en Suisse pour le centenaire de la naissance du philanthrope zuricois. Schmid fit paraître cette année-là un prospectus en langue allemande annonçant l'ouverture d'une souscription pour l'impression de quatre volumes, qui devaient contenir Léonard et Gertrude et un choix des écrits pédagogiques de Pestalozzi. Les bénéfices de l'entrepris e devaient, pour une part, être versés dans la caisse de l'une des deux Pestalozzi-Sliftungen, fondées à Brugg et à Berlin ; pour une autre part, être appliqués à l'impression d'une édition illustrée de Léonard et Gertrude en trois langues, allemand, français et anglais. Un second prospectus, rédigé à peu près dans les mêmes termes, est daté de décembre 1847 ; il est signé, comme le premier : « Joseph Schmid, fondé de pouvoirs des héritiers Pestalozzi, rue de la Lune, no 10, Paris. » En même temps, Schmid écrivit une brochure intitulée Pestalozzi und sein Nenhof (imprimée en allemand chez Paul Renouard, rue Garancière, à Paris, et mise en vente chez l'éditeur 'Schulthess, à Zurich; 32 pages, 1847); il y reproduisait un plan, rédigé par Pestalozzi peu de temps avant sa mort, pour la création d'une école élémentaire et d'une école normale modèles à Neuhof, et il appelait sur ce projet l'attention des fondateurs des deux Pestalozzi-Sliftungen; il annonçait en outre la prochaine publication d'un second volume, encore inédit, des Lebenssckicksale de Pestalozzi, destiné à faire la lumière, au moyen de documents authentiques, sur les faits qui avaient amené la ruine de l'institut d'Yverdon. Enfin, en 1848, peu de temps après l'attribution ex sequo à MM. Pompée et Rapet du prix Félix de Beaujour pour leur mémoire sur le systèmo d'instruction etd'cducation dePestalozzi, parutuno brochure en français intitulée Introduction des

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mathrmatiques dans rinstruction populaire (Paris, imprimerie Lacrampe fils, 16 p., pr novembre I84«). Schmid y expose l'insuffisance de l'enseignement des mathématiques tel qu'il est donné en France, où il est exclusivement scientifique ; Pestalozzi voulait, au contraire, « faire descendre l'étude de la géométrie et de l'algèbre pour les mettre au niveau de l'enfance; c'est Là précisément la ligne de démarcation où divergent l'ancienne et la nouvelle école. » On objectera, peut-ôtre, dit Schmid, « qu'il est inutile ou même dangereux de populariser ainsi les mathématiques » ; à cette observation il répond que les ouvriers ont besoin, pour être sérieusement préparés à leurs professions, de recevoir une instruction préliminaire convenable. « On s'accorde généralement à considérer l'étude des langues comme le meilleur moyen de développer l'intelligence des enfants; Pestalozzi a démontré, par ses écrits et par la pratique, que les sciences exactes offrent un moyen d'éducation intellectuelle tout aussi efficace. Les sciences exactes et les langues doivent être commencées en même temps, et marcher parallèlement, sans jamais être séparées dans le cours de l'enseignement. Remarquons, en outre, qu'il est urgent de répandre de plus en plus l'instruction, aujourd'hui que chacun peut arriver aux fonctions les plus cminentes de l'État. D'ailleurs, on fournit par là au peuple un moyen de plus pour améliorer son sort. » Après ces considérations préliminaires, Schmid annonce son intention d'ouvrir plusieurs cours de mathématiques, savoir : !<> un cours public et gratuit pour les instituteurs, et un autre pour les institutrices; 2° un cours public et gratuit pour des enfants de dix à onze ans (classe modèle) ; •i" un cours non gratuit, pour des enfants du même âge. « A l'établissement de ces cours, ajoute-t-il, se rattache nécessairement la publication de nouveaux livres élémentaires, appropriés aux besoins des maîtres et des élèves. A son lit de mort, Pestalozzi avait imposé à ses héritiers l'obligation de publier ses ouvrages. Divers obstacles, qu'il serait trop long d'énumérer ici, s'étaient opposés jusqu'à présent à cette publication. Ce n'est que l'année dernière que la famille de l'illustre défunt nous chargea du soin de diriger la réimpression de ses écrits. Grâce à la protection et à la munificence du roi de Prusse et de la plupart des souverains de la Confédération germanique et autres, nous sommes à même de faire paraître incessamment une nouvelle édition allemande des œuvres de Pestalozzi, conformément à ses dernières volontés. Nous nous proposons également d'en donner une traduction française. On conçoit qu'il ne peut être question ici que des manuels consacrés à l'enseignement des mathématiques élémentaires. Ces manuels, introduits dans presque toutes les écoles allemandes, jouissent d'une réputation méritée. En les publiant en langue française, nous comptons sur le bienveillant concours du gouvernement, du clergé, de tous les fonctionnaires chargés de la direction des écoles, des professeurs et maîtres attachés à des établissements publics et particuliers, des propriétaires d'établissements industriels, et enfin de toutes les personnes qui s'intéressent au progrès de l'enseignement populaire. » La collection de ces manuels devait paraître en huit livraisons sous le titre d'Enseignement élémentaire des mathématiques d'après la méthode de Pestalozzi.

Aucun de ces divers projets ne se réalisa; la réaction qui se produisit dans toute l'Europe à la suite des événements de 1848 suffit à en expliquer I abandon.

Il résulte d'un des passages que nous venons de citer de la brochure Introduction des mathématiques dans l'ejiseignement populaire, que Gottlieb Pestalozzi avait donné son adhésion à l'entreprise

d'une réimpression des ouvrages de son aïeul sous la direction de Schmid. L'apa. sèment de la dernière querelle entre celui-ci et son beau-frorc s'était sans doute produit à la suite des manifestations du centenaire eji 1846. Lorsque, en novembre, 1850, M. Karl Pestalozzi, fils de Gottlieb, vint à Paris pour y achever ses études d'ingénieur, il y entretint avec son oncle des relations de cordiale affection. « La visite que je lui fis dès mon arrivée, nous écrit-il, le réjouit d'autant plus que je pus lui apporter l'assurance que mes parents avaient oublié les démêlés d'autrefois. Mon oncle, d'ailleurs, s'est toujours montré aimable dans le commerce personnel ; et autant que je puis m'en souvenir, les difi'érends se sont produits à la suite de ses lettres, et jamais à l'occasion d'une explication verbale. »

Joseph Schmid mourut à Paris le 14 février 1851, d'une pneumonie qui l'enleva en quelques jours, à l'âge de soixante-cinq ans. [J. Guillaume.]

SCH31IDT (Karl). — Pédagogue allemand, né à Osternienburg (Anhalt) en 1819, mort le 8 novembre 1864 à Gotha. Après avoir suivi les classes du gymnase de Kôthen, il acheva ses études aux universités de Halle et de Berlin. En 1845 il devint professeur au gymnase de Kothen, puis fut quelque temps pasteur suffragant à Edderitz. Il rentra dans l'enseignement en 1850, et professa au gymnase de Kôthen jusqu'en 1863. Il se fit connaîtrepar divers écrits sur l'éducation : Das Buch der Erziehung (Kothen, 1854); Briefe an eine Mutter i/ber Leibes- und Geisteserziehung ihrer Kinder (Kôthen, 1856); Gymnasialpiidaqoqik (Kôthen, 1857) ; hie Geschichte der Erziehung und des Unterrichts (Kôthen, 1860). Le trait distinctif de sa doctrine pédagogique, c'est l'importance accordée à la physiologie, et plus particulièrement à la phrénologie. Ce n'est pas sur une psychologie abstraite qu'on peut construire la pédagogie, mais sur la science de l'homme étudié dans son être physique aussi bien que dans son être intellectuel et moral: « La pédagogie, dit Karl Schmidt, n'est autre chose que l'anthropologie appUquée. »

En 1862 parut le plus important de ses ou^Tages, sa grande Histoire de la pédagogie [Geschichte der Padagogik, dargestellt in weltyeschichtUcher Entwicklung und im organischen Zusammenhang mit dem Culturlehen der Vôlker) en quatre volumes (Kôthen, Paul Schettler). C'est un livre intéressant, qu'anime un souffle libéral ; on y trouve, avec une grande abondance de faits précis',desvues élevées et généreuses. Il a obtenu un succès mérité, et depuis la mort de l'auteur il en a été fait, par les soins de M. Wichard Lange, deux nouvelles éditions, corrigées et augmentées; la dernière est de 1876.

L'auteur divise l'histoire de la pédagogie en deux grandes époques : la première, avant Jésus-Christ, est celle de l'éducation nationale; la seconde, après Jésus-Christ, est celle de l'éducation huynaine. Dans cette seconde époque, il distingue deux périodes : avant et après la Réforme; avant la Réforme, c'est la période de l'éducation « transcendante » ; depuis la Réforme, c'est celle de l'éducation « organique », ou « rationnelle ».

Le premier volume contient l'histoire de la pédagogie dans les temps antérieurs au christianisme; l'Orient, la Grèce et Rome, et le peuple d'Israt?! y sont passés successivement en revue.

Dans le second volume, après un chapitre sur l'essence du christianisme, sur Jésus considéré comme éducateur de l'humanité, et sur le christianisme primitif, l'auteur nous donne l'histoire de la période de l'éducation « transcendante », qu'il subdivise de la manière suivante : I, l'éducation monacale de l'Église d'Orient et l'éducation dans l'islamisme ; II, l'éducation clérico-scolastique de l'Église d'Occident; III, la société laïque et son système

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d'éducation, comprenant : 1° la chevalerie et son éducation ; 2° la bourgeoisie et son éducation {a, les écoles des villes; 6, les universités; c, la renaissance des études classiques).

Le troisième volume, qui va de Luther à Pestalozzi, est ainsi divisé : I, La Réforme ; II, L'éducation abstraite christiano-théologique, comprenant : 1° Le hiérarchisme (a, l'éducation orthodoxe protestante; b, le catholicisme et l'éducation jésuitique) ; 2° L'opposition contre le hiérarchisme {a, l'opposition réaliste et philosophique : Rabelais, Ramus, Montaigne, Descartes, Spinoza, Bayle, Bacon, Newton, Locke, Ratichius, Coménius; b, l'opposition spiritualiste et religieuse : le jansénisme, Fénelon, Spener, Francke et le piétisme); III, l'éducation abstraite humaine, comprenant : 1° le réalisme [a, le réalisme en Angleterre : les déistes et les francs-maçons, Shaftesbury, De Foe, etc. ; 6, le réalisme en France : Voltaire, Diderot et l'Encyclopédie, d'Holbach, Rousseau; c, le réalisme en Allemagne : Christian Wolff, Frédéric II; d, le philanthropinisrae : Basedow, Wolke, Campe, Salzmann, etc.; e, les écoles primaires et bourgeoises dans le monde protestant et le monde catholique : Rochow, Heinicke, Gedike, Resewitz, Natorp ; Felbiger, Marie-Thérèse, Kindermann) ; 2° l'humanisme (Gesner, Ernesti, Heyne; gymnases et universités^.

Le quatrième volume, qui est le plus gros (1140 p.), va de Pestalozzi à nos jours. Il définit d'abord ce que l'auteur entend par l'éducation « christianohumaine », nom sous lequel il désigne l'éducation née, à la fin du xviiie siècle, de la réforme pestalozzienne. La section intitulée» L'Allemagne etses écoles » comprend les chapitres suivants : Les héros intellectuels de l'Allemagne et leur création, l'humanité chrétienne et l'éducation christiano-humaine (les philosophes, les théologiens, les artistes, les poètes, les savants ; Pestalozzi, sa vie et sa doctrine) ; les écoles de nécessiteux, les écoles complémentaires, les écoles professionnelles; l'école primaire (les réformateurs contemporains de l'école allemande, | Schv^arz et Niemeyer, Sailer et Overberg, Stephani et Dinter, Denzel et Zerrenner, Harnisch et Diesterweg, Graser et Gràfe, Frœbel; la situation et l'organisation de l'école primaire : méthodes, rapports de l'école avec l'EgHse et l'Etat, législation; l'école primaire en Suisse) ; la Realschule (Mager, Spilleke, Vogel, etc.; les écoles supérieures de filles); les écoles supérieures (humanisme et réalisme à l'époque actuelle; les études classiques; la pédagogie des gymnases; gymnases, écoles polytechniques, universités). Une autre section est consacrée aux pays étrangers : Angleterre, Belgique et France, Amérique du Nord, Russie. Le volume s'achève par une section intitulée die Bildungsideale, où sont exposées les doctrines pédagogiques d'un certain nombre de penseurs allemands ; dans cette galerie figurent les poètes Jean-Paul Richter, Herder, Goethe ; les philosophes Kant, Fichte, Schopenhauer, Schelling, Hegel, Schleiermacher; les théologiens Dursch et Palmer; les psychologues Herbart, BenekeetKant; le nom de KarlSchmidtya été ajouté par Wichard Lange, après la mort de l'auteur.

Au printemps de 1863, Karl Schmidt fut nommé directeur de l'enseignement primaire du duché de Saxe-Gotha, en même temps que directeur du séminaire d'instituteurs de Gotha. Il mit aussitôt la main <à la réforme des écoles du duché, et c'est à lui qu'est due la rédaction de la loi scolaire promulguée cette même année. Mais l'ardeur avec laquelle il s'était consacré à ses nouvelles fonctions fut fatale à sa santé ; une maladie due à d'excessives (atigues l'enleva au bout de dix-huit mois d'une féconde activité pratique.

On a encore de Schmidt, outre les ouvrages déjà cités : Geschichte der Volksschule und des Lchrerseminars im Herzogthume Gotha (Kôthen, 1863); Zur Rcform der Lehrerseminare und der Volks-

schule (Kdthen, 1863) ]Zur ErzieHung und Religion (Kothen, 1865); Die Anthropologie (Dresde, 1865). SCIIWAUZ. — Frédéric-Henri-Ghrétien Schwarz, a joui d'une assez grande notoriété comme péda-, gogue en Allemagne, au commencement de ce sic-! cle. Il est né, en 1756, àGiessen (Hesse-Darmstadt), où son père était pasteur et professeur de théolo-, gie. Sa mère fut sa première institutrice. Il nous,. apprend qu'elle avait luLpcke (dans une traduction^ française) et Rousseau, et qu'elle appliqua lesprin-., cipes essentiels et pratiques de ces deux philosophes dans l'éducation de ses enfants. Dès l'âge; de quatorze ans, le jeune Schwarz aimait instruire, les autres en donnant des leçons. A l'Université, . il fut d'ailleurs obligé de continuer ces répétitions à des enfants ou à d'autres étudiants, afin de se procurer les ressources dont il avait besoin pour son entretien.

Il fut d'abord vicaire de son père à Alsfeld, puis pasteur lui-même à Deybach, où il se trouva en relations avec les professeurs de l'université de j Marbourg, et, entre autres, avec l'écrivain Jung-,; Stiliing dont il épousa la fille. A partir de ce mo-,^ ment il put, avec le concours de sa femme, se livrer , à sa vocation d'éducateur et d'instituteur. Suivant ' une habitude assez générale chez les pasteurs aile- . mands, il prit un certain nombre de pensionnaires qu'il éleva avec ses propres enfants; il s'adjoignit plusieurs professeurs, et créa ainsi dans son presbytère une véritable école dans laquelle il pouvait mettre en pratique les théories pédagogiques qu'il croyait les meilleures.

En 1806 Schwarz obtint le grade de docteur en théologie et en philosophie, et le margrave Charles- Frédéric de Bade l'appela à l'Université de Heidel- , ■ berg, où il occupa une chaire de théologie, et où , il fonda, en 1809, avec son collègue Creutzer, un • séminaire pédagogique-philologique, c'est-à-dire tune sorte d'école normale supérieure, pour les, ; étudiants qui se préparaient aux fonctions de professeur de l'enseignement secondaire. Il n'en existait que deux en Allemagne à cette époque, à Berlin (1787) et à Stettin (1804). Le caractère atTable de Schwarz lui attira les sympathies du monde universitaire à Heidelberg. Aussi refusa-t-il les chaires qui lui furent offertes, à Greifswald en 1800, à Bonn en 1818, et même à Berlin, en 1834, après la mort de Schleiermacher *. Il mourut à Heidelberg, en 1837, à l'âge de soixante-dix ans.

Schwarz vivait à une époque où les questions pédagogiques étaient à l'ordre du jour en Allemagne : les Pensées de Locke et l'Emile de Rousseau étaient dans toutes les mains ; la méthode de Pestalozzi commençait à être connue et appliquée. Il était naturel qu'un éducateur de profession fût tenté d'écrire sur un sujet qui intéressait tout le monde. Il publia en 1792 son premier livre, et l'un des meilleurs, Sur l'éducation des filles {Ueber Màdchenerziehung ; Crocker, léna], et en fit une seconde édition, complètement refondue, en 1836, sous ce titre : Principes de l'éducation des jeunes filles des classes éclairées [Gru7idslitze der Tôchfrrerziehung fur die Gebildeteii). Schwarz montre comment au moyen âge déjà le dominicain Vincent de Beauvais, plus tard l'Espagnol Vives et le réformateur Luther, puis Fénelon, plus récemment Mme (jg Genlis et Miss Edgeworth, avaient insisté sur la nécessité de donner une meilleure éducation aux filles. Il demande une grande place pour l'éducation physique, recommande de donner aux enfants, dès le bas âge, des habitudes de propreté minutieuse, de ne pas contrarier le développement des différents organes en comprimant le corps (suppression du corset), de faire faire beaucoup de gymnastique, d'enseigner la danse. Jusqu'à l'âge de sept ans l'instruction devra se borner à la lecture, à l'écriture, au calcul oral, aux travaux manuels. De huit à quinze ans, c'est-à-dire à l'époque

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décisive où l'on fait l'éducation de la sensibilité et de la volonté, il ne faut pas disperser l'attention sur trop d'objets divers. Le programme devra comprendre la religion et la langue, la poésie et le chant, qui agissent le plus puissamment sur l'esprit et le cœur de la jeune fille en y déposant le germe des bonnes habitudes; puis viendront les connaissances les plus intéressantes {das vnssenswiirdi(isle) de la géographie, de l'histoire des sciences; les travaux d'aiguille, surtout le tricot et le raccommodage ; le français et l'anglais. Il ne veut pas que les jeunes filles consacrent plus de quatre heures par jour à l'étude; il s'élève avec une grande énergie contre les habitudes sédentaires qu'on leur donne trop souvent. Il réclame des leçons régulières de gymnastique; une promenade quotidienne au grand air, quelle que soit la température ; des bains fréquents, froids en été ; des exercicesjournaliersdedessinetde piano; quatre heures de travail manuel non sédentaire, dans la cuisine, à la lingerie, au jardin. De quinze à dixhuit ans, il n'y aura que deux heures de classe par jour, pour ne pas trop enlever la jeune fille au ménage et à la vie domestique. La langue française formera encore le fonds de l'enseignement, avec le calcul pratique, la géographie, l'histoire, la cosmographie. A l'économie domestique devront s'ajouter les soins à donner aux malades, l'art de diriger une maison, l'art d'élever les petits enfants; et pour cela il faut faire lire aux jeunes filles les ouvrages d'éducation de Fénelon, de M°i* de Genlis, de M™» de Saussure, de Miss Edgeworth, de Miss Hamilton, de Jean-Paul. La littérature étrangère orxupe la plus grande place dans cette énumération ; Schwarz veut cependant que l'éducation de lajeune fille allemande reste nationale, car il craint que la grâce mondaine [die gesellige ArUij- /f&it) de la danse française ne nuise au sentiment allemand [die deutsche Gemùthlichkeit) autant que la réserve [Zurûckhaltung) exagérée de la femme anglaise. On lirait encore aujourd'hui avec profit le livre de Schwarz ; il contient une foule d'observations fines, des pensées justes et d'excellents conseils pratiques.

Schwarz publia ensuite . Les Sciences morales {1793, Gôschen, Leipzig); Le Sentiment religieux, ce qu'il doit être, comment on le développe (1793, Heger, Giessen), dont laS^ édition parut en 1818 sous le nom de Catéchétique ; Lettres relatives à ^éducation et à la prédication, 1798 (ibid.) ; Le Pasteur chrétien et sa mission civilisatrice, deux volumes (1798) ; L'enseignement élémentaire du christianisme à des enfants de toutes les confessions (1803); Emploi de la méthode pestalozzienne dans V éducation privée (1804); La dogmatique chrt tienne protestant'^, qui avait déjà paru en latin (1808); La Morale chrétienne {Eonngelisch-chrisiliche Ethik, 1821, 1830, 1836, Winter, Heidclberg).

Tous ces livres se rattachent à l'éducation. Mais l'ouvrage qui a fait la réputation de Schwarz, c'est son traité de pédagogie, die Erziehunqslehre {la Science <ie l'éducation), dont la première partie fut publiée en 1802, sous la forme de Lettres aux femmes qui élèvent des enfants; la seconde de 1803 à 1808; la dernière, l'histoire de l'éducation, en 1813. Une seconde édition, publiée par l'auteur en 1829 (Gôschen, Leipzig), comprend Vhistoire de l'éducaiwn {Geschichle der Erziehung), 2 volumes ; le systrme de l'éducation {Sijstem der hrzietiung), 1 vol. ; Vnistrîiction [Unterricht), 1 vol. L'ouvrage a été complété par les Ecoles {die Schule7i), paru en 183:2.

Schwarz est le premier qui ait eu l'idée, dès 1813, d'écrire une histoire de l'éducation ; il l'a faite complète, depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours. 11 la place en tête de l'ouvrage, pour montrer quelle importance il attache à ce que l'éducateur voie ce quia été lait avant lui, aux diilé-

rentes époques et chez les divers peuples, anciens et modernes, et qu'il sache d'api es cela comment il faut élever la génération qui nous suivra. Dans le premier volume, Schwarz examine, d'après les documents historiques, ce que devait être l'éducation chez les peu[)les de l'antiquité, dans l'Inde, en Chine, dans l'Asie occidentale, en Ethiopie, en Kgypte, chez les Juifs, et ce qu'elle était choz les Grecs et les Romains, auxquels il consacre la plus grande partie du premier volume. Le deuxième volume nous montre l'influence de l'élément chrétien, l'école des catéchètes d'Alexandrie, l'éducation arabe, les écoles impériales, les villes de la Gaule et leurs universités, l'action plus directe du christianisme sur les Goths, sur les Bretons, en France, en Allemagne. L'auteur résume entre autres le livre Sur Cédwatioyi des jeunes princes, dédié à la reine Marguerite, femme de saint Louis, par un Français, Vincent de Beauvais, « le seul écrivain pédagogique de cette époque ». Il nous fait assister, au xiic siècle, à l'apparition du maître des enfants {Kind<'rmeister),c\\dsg(i de faire réciter le credo, le décalogue, le pater, d'apprendre à lire, et quelquefois, mais plus rarement à écrire ; et il rapporte un passage d'un poème de 1215 où une image représente la maH.resse d'éi:o e {Schulmesiterynne), assise dans son fauteuil, la verge dans la main droite, l'abécédaire sur le genou, ayant devant elle un loup dressé sur ses pattes qui doit épeler la lettre grecque iamhda {'*■) ; mais le loup est inattentif; il est distrait par le Lamm {agneau) placé derrière lui. Décidément rien n'est nouveau, ni l'enseignement par l'image, ni les jeux de mots. Schwarz apprécie et analyse ensuite tous les pédagogues de la Renaissance et de la Réforme et leurs successeurs, Montaigne et Coménius, Locke et Rousseau, Fénelon et La Chalotais.

Le reproche qu'on a fait à Schwarz, de ne pas avoir donné une place prépondérante, dans son livre, à l'Allemagne, est au contraire un titre à notre estime. Il a voulu écrire une histoire générale de l'éducation chez tous les peuples ; il a fait une place relativement considérable à la Gaule et à la France. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que si, depuis 1813, d'autres pédagogues ont écrit l'histoire de l'éducation — Niemeyer en 18"24, Cramer en 1832, von Raumer en 1847, etc.. — sur des plans nouveaux, ou en insistant surtout sur le mouvement pédagogique en Allemagne depuis le xvio siècle, Schwarz a eu le mérite d'ouvrii' la voie.

U éducation, d'après Schwarz, doit conduire l'homme depuis sa naissance, à travers son enfance et sa jeunesse, à sa destination. L'enfant est un être dans lequel la raison se développe dès l'âge le plus tendre ; on ne doit donc ni le pousser comme une machine, ni le dresser comme un animal, ni l'abandonner à lui-même comme une plante, mais le former, le guider conformément à sa nature d'être libre. Schwarz combat ce qui pourrait donner à l'éducation un caractère étroit {einseitig) ; il ne veut ni du dressage qui fait de l'enfant noble un page et du petit paysan un conducteur de charrue, ni du piédsme qui dénature le caractère de l'enfant et le rend hypocritQ, ni de l'éducation néyativ' qui consiste à laisser aller et laisser faire, ni de l'éducation basée exclusivement soit sur les sciences, soit sur les langues anciennes. Tous ces systèmes mécunnaissent la nature humaine. Il laut queToducat on s'occupe de toutes les aptitudes naturelles ide l'homme ; qu'elle soit complète et unir^rstlle (ailseitig), qu'elle élève l'ontant en vue de sa destination future sur la terre et dans le ciel. La religion doit en être la base, le christianisme doit en être la boussole.

Vinstriicion est parmi les moyens d'éducation le meilleur. Mais pour que son action soit efficace

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il faut que l'enseignement soit vivant, qu'il passe du concret à l'abstrait, qu'il pénètre dans l'âme de l'enfance. Les trois chapitres de ce volume ont pour objet : la Methodik, ou les méthodes d'enseignement; la Diddktik, ou les matières qui doivent figurer au programme ; la Paedeufik, c'est-à-dire l'action éducatrice de chaque matière, l'idée chrétienne qui doit inspirer tout l'enseignement. Un appendice fort intéressant contient des observations journalières, prises sur le fait, sur le développement successif d'un enfant depuis sa naissance jusqu'au dixième mois; l'auteur cite en outre un certain nombre d'exemple d'enfants précoces par leur intelligence ou par leur développement physique , et des traits de la jeunesse des hommes illustres, depuis saint Augustin jusqu'à Voltaire.

Le livre Its Ecoles complète le précédent. Il passe en revue l'organisation des différents établissements d'instruction depuis la solle d'asile, VéC'Ue éiéoipniaire de G à 10 ans, l'école moyejine {Mitielschule) de 10 à 14, Véco/e primaire supérieure [hohere Biirgerschulf), de 14 ans et audessus, jusqu'au gymnase et à l'université. Contrairement à l'opinion qui a toujours prédominé en Allemagne, Schwarz demande la séparation des sexes dans l'école moyenne, afin de dissiper les scrupules auxquels peut donner lieu, à cet âge, l'école mixte, et afin d'approprier à chacune des deux sections, garçons ou filles, la méthode d'enseignement qui convient le mieux à chaque sexe. Le Manuel de l'éducation et de linstiuction (Lekrbnch der Erziehung- und Unferrichisle/ire), dont Schwarz pubUa une 1'^ édition en 1805, une 2" en 181G, une 3^ en 1835 (Winter, Heidelberg), est un résumé de sa grande Erziefiungslelire . En 1834 et 1835 parurent (Goschen, Leipzig), comme additions à V Erziehungslehrey deux volumes de Mélanges pédagogiques [Dirstellungen aus dem Gtbiete der Pudagogik) qui complètent et rectifient plusieurs points, et réfutent quelques critiques. Tous les articles ne sont pas de Schwarz. Enfin, en 1837, l'année de sa mort, il pubUa encore un volume de cinq cents pages, la Vie dans sa fleur [dus Leben in seiner blûthe, Goschen, Leipzig), qui est comme la conclusion {Schiuss aer Erzietauigslelire) et le couronnement de son œuvre. Ce sont des dissertations et des entretiens sur la vie morale, sur l'accord de l'Église et de l'État, sur l'éducation. Schwarz avait traversé, de 17G6 à 1836, une des époques les plus tourmentées, la Révolution française, les guerres de la République et de l'Empire, la réaction de 1816, la Révolution et le libéralisme de 1830, et il se demanda à la fin de sa vie si l'éducation exerce réellement une action efficace sur le genre humain. Les doctrines nouvelles placent la garantie des lois ailleurs que dans la conscience religieuse, le droit divin est entamé par la souveraineté des peuples, l'émancipation des Juifs menace d'enlever à l'État son caractère chrétien : toutes ces idées et ces réformes inquiètent le vieillard; il les accepte cependant, mais à condition qu'elles se pénètrent de l'esprit du christianisme. 11 insiste surtout, en commentant les livres de M™o Necker {Education progressive) et de M. de Gérando {Per/eitionnement moral), sur la nécessité pour chacun de faire l'éducation de soi-même [die Selbsterziekung), déjà réclamée par les anciens philosophes.

On voit que les publications pédagogiques de Schwarz embrassent une période de quarante-cinq années, de 1792 à 1837. Son œuvre est contenue dans dix volumes compacts dans lesquels l'auteur se répète fréquemment, et qui auraient gagné à être condensés. Le seul de ses livres qui se lise encore aujourd'hui est son Lehrbuch der Erziehung Und des U'iterrichls, dont Curtmann * a donné en 1844 une édition révisée, portant son nomi as.socié à celui de Schwarz ; elle a été réim-

primée fréquemment, chaque fois aviepfclç iiou-, ,, , veaux remaniements. Une dernière réimpressioja, ,,jj') de cet ouvrage a été faite depuis la mort de Curtr,^\, ,y ï\ mann, par les soins de son élève M. Frciensehnip^ ;' -» (chez Winter, Leipzig et Heidelberg, 'i vol., 188^^, m ^

et 1883). [G. jost.i ,,:;,;;,„i

SCHWARZBOURG-RUDOLSTADT. — Le comt^, ,„,^ de Schwarzbourg, enclavé dans la Saxe, se partage^\\^^^^\,\ au milieu du xvi^ siècle en deux Etats, Sch\varZi7, ;.,,. bourg-Rudolstadt et Schwarzbourg-Sondershausen,j,i,.(i, (V. ci-après), dont les souverains reçurent plus tard.. (; , i ,,7 le titre de princes. ,^ |,

La principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt(ville^, , ,, ,,^, principales : Rudolstadt, Schwarzbourg, Franken-v.|,f,,.^ hausen) a environ 80 000 habitants et un territoire j de 942 kilomètres carrés.

Une loi sur les écoles primaires a été promulguéô;i(y , ,? en 1801, et* complétée par une loi de 1873, qui,^j,j^<j soumis les écoles à la surveillance de l'Etat, exercée, ^\\V^ par l'ecclésiastique de chaque paroisse et par desk,:K.(;, inspecteurs généraux. L'autorité scolaire supérieur^ ^,,1^ est le ministère d'Etat, département des affaires e(>nai JT clésiastiques et scolaires. Pour pouvoir être nommé t-îoninstituteur titulaire, il faut avoir passé par l'école^- ■,>, normale ; les instituteurs qui ont dix années au moins de bons services reçoivent le titre honorifique de chantre {Cantor).he minimum des traitements est,^,,,,,, de 850 marks; des augmentations périodiques peu*"^ f.r.;) vent l'élever au chiffre de 1630 marks. Il existe un, . système de pensions de retraite analogue à celui de Saxe-Gotha.

Le nombre des écoles primaires est d'environ 175. L'âge scolaire s'étend de cinq ans et demi à treize ans et demi pour les garçons, à treize ans pour les filles. ,v

Il y a deux écoles normales, l'une à Rudolstadt avec une douzaine d'élèves, l'autre à Frankenhausen avec quatre élèves. La ville de Rudolstadt possède un gymnase (fondé en 16^) et une Bealschule (fondée en 1840).

Le célèbre Frœbel * est né dans un village de la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, à Oberweissbach. Deux autres localités de ce petit Etat furent le principal théâtre de l'activité pédagogique du créateur des jardins d'enfants : Kcilhau, où il fonda, en 1817, un institut de jeunes gens qui subsiste encore ; et Blankenbourg, où le premier jardin d'enfants fut ouvert en 1840.

SCHWARZBOUIlG-SONDERSHAUSEiy. — La principauté de Schwarzbourg-Sondershausen (villes principales : Sondershausen, Arnstadt, Breitenbach) a environ 70000 habitants et un temtoire de 862 kilomètres carrés.

L'organisation des écoles primaires est réglée par les lois du 6 mai 1852 et du 9 décembre 1865 et par l'ordonnance ministérielle du 14 mars 1866. Les instituteurs sont nommés par le prince sur la présentation du comité scolaire local. Les traitements sont de 750 à 1200 marks dans les villages, de 850 à 1350 marks dans les petites villes, de 915 à 1500 marks dans les trois villes principales. Une pension de retraite est assurée aux instituteurs. Le nombre des écoles est d'une centaine. Il existe, en outre, dans chaque commune une Fortbildu7igsschule, dont la loi du 15 janvier 1876 a rendu la fréquentation obligatoire. Les autorités scolaires sont, outre le comité local, l'inspection ecclésiastique et scolaire (composée dans chaque arrrondissement du Landrath et du surintendant ecclésiastique), et le ministère d'État, département des affaires ecclésiastiques et scolaires.

Il existe depuis 1844 une école normale d'instituteurs à Sondershausen.

La principauté possède deux gymnases (à Sondershausen et Arnstadt), deux Realschulen (à Sondershausen et Arnstadt), et une école supérieure de jeunes filles (à Sondershausen).

SCIIWEIGII^^USER. — Jean Schweighàuser,

SCIEN<!:ES>'HîYSIQUES —2731 — SCIENCES PHYSIQUES

parent du cclo])rc pliilologne du mémo nom, fut l'un des premiers collaborateurs de Basodow* au Philanthropinum de Dessau. Né à Strasbourg, en 1753, il n'avait que vingt et un ans lorsqu'il s'unit à Basedow, à Wolke* et à Simon* par un vœu solennel, s'cngageant avec ces trois amis à consacrer son existence à la cause de l'éducation (V. Philanlhropinisme). Il ne resta néanmoins que deux ans au Pliilanlliropinnm , et se relira en 177G au moment où Basedow dut céder la direction de l'établissement à Campe. Quelques années plus tard, il devint professeur au gymnase de Bouxvviller ; il publia, à l'usage des élèves de ce gymnase, des cours d'astronomie, de matliématiqucs, et de géographie historique (en allemand; Pirmasens, 4 vol., 1784-1785). A l'époque de la Révolution, il fut nommé secrétaire interprète du département du Bas-Rhin, et fit paraître une Instruction élémentaire swr la langue française (en allemand ; Strasbourg, 2 vol., 1790-1791). Plus tard, il reçut l'emploi d'archiviste de la préfecture de Strasbourg, Il mourut dans cette ville en 1801. Peu avant sa mort, il avait publié une Instruction raisonnée sur les calculs d'une utilité générale adaptés aux nouveaux poids et mesures (Strasbourg, an IX). « C'était, dit la Biographie Michaud, un homme probe, laborieux et plein de zèle pour l'instruction de la jeunesse. »

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