‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 379 sur 573 · brcvctsélémcntaires, 6 brevets supérieurs · texte numérisé non relu

brcvctsélémcntaires, 6 brevets supérieurs

complets, facultatifs ou œmplets.

•upérieuri.

obligatoires, 170

élémentaires, 140

Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits dans le département de la Seine en 186'.); mais les résultats connus ne remontent pas au-delà de 1872. Nous en donnons ci-dessous le tableau :

Nombre Garçons

de camlifl.its.

Filles

Certificats

obtonai

~Fiuè«

Résultats de l'instruction. — Les deux tableaux ci-après indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints :

Nombre de conscrits sachant au moins lire, de 1827 à 1884 inclusivement.

1 846 ISSO 1S82

Examinés

S.ichanl

au moins

lire

Combien pour 100

RANG du

DÉPARTE-

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/U; dans le département de la Seine cette moyenne était do 7i).5 0 0, soit 34.7 0/0 au-dessus de la moyenne 2;onérale. La classe de 1884, en portant l'instruction dos conscrits dans le département do la Seine à 96.4 0/0, réalise ainsi un prop;rès total de 16.9 00 pour la période de cinquante cinq années qui s'est écoulée de 18.29 à 188 i. soit un pro£:ros annuel de 0.31 u/0, tandis que pour toute la France le progrès a été durant la même période de 0.79 0,0.

SEINE

SEINE

Nombre de conjoints sur 100 aya7it signé leur acte de mariage.

Années

ommes

Femme»

Hommes et Femmes

Budget de Vinstruction primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire pour les trente dernières années, de 1855 à 1884 :

SUBVENTIONS

ta

es p9

es

es ~

es

Archives brûlées à l'inc

endie de

l'Hôtel-de-ville en

Archives brûlée

Archives brûlées

Archives brûlée

Gratuité 5 110 749

■ dans \ 5 403 779

7 les / 6 13G304

1 écoles i 7 044 374

Ipubliques.f 9 788 889

En 1863, la dépense moyenne par tête d'élève dos écoles publiques était de 9fr,03, soit Of'',44 audessous de la moyeune générale, qui était à la même date do 9^^,47. En 1876, cette dépense était de 31fr,i4, la moyenne générale étant de 1 7fr,83. En 1882, la dépense par tête d'élève dans le département de la Seine était de 42fr,84, tandis que la moyenne générale était de 21fr,77.

État actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de la Seine pendant l'année scolaire 1884-1885.

Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 1870 (557 écolespubliqucs et 1293 écoles libres). Aucune commune n'est entièrement dépourvue d'écoles. En 1882, il existait encore 3 communes de plus de 500 habitants n'ayant pas d'école publique de filles; il n'y en a plus en 1884. Sur les 1870 écoles primaires du département, il y a

1556 écoles laïques (506 écoles de garçons, 889 de filles et 161 mixtes) et 314 écoles congréganistes (79 de garçons, 231 de filles et 4 mixtes}.

Division des écoles de toute nature d'après le nombre de classes qu'elles possèdent.

Publiques Libres

Écoles

classe. .

à 8 — et au-dessus.

Totaux.

Division des classes publiques d'après le nombre des élèves qu'elles reçoivent.

Classes de 50 élèves et au-dessous...

— de plus de 50 élèves

— — de 60 —

— — de 70 —

— de 80 —

2 694, soit 80.9 0/0

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont 82.8 0/0, 10.8 0/0, 4.1 0/0, 1.4 0/0, 0.9 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département de la Seine se trouve dans une bonne situation.

Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fré-^^ quenté les écoles primaires pendant l'année sco-^ laire 1884-1885 sont au nombre de 314 802 (au lieu de 304 620 en 1883-1884). Ce nombre peut se dé^ composer en :

Élèves des écoles publiques 190 679

— — libres 124 123

Élèves des écoles laïques 242 497

— — congréganistes 72 305

de garçons 143 459

Élèves des écoles \ de tilles 162 554

mixtes 8 789

314 soi

Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 314 802 pour 270281 De plus, les états de situation des écoles maternelles accusent l'inscription de 13 100 enfants de plus de 6 ans, et les classes primaires des établissements d'enseignement secondaires en reçoivent 3 537, soit, au total, 286 928 enfants d'âge scolaire inscrits dans les établissements de toute nature.

D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de la Seine serait de 271 254, d'où il résulterait un excédent de 15664 inscrits de 6 à 13 ans sur les recensés du même âge.

Il convient de faire remarquer que cet excédent des inscrits sur les recensés se produit surtout dans les grands centres où les écoles de toute nature abondent, et où les parents n'ont pour leurs enfants que l'embarras du choix.

Pour le département de la Seine, qui compte une population scolaire de 386 000 enfants y compris ceux des écoles maternelles, cet excédent de 13 000 inscriptions n'a rien d'exagéré ; les migrations d'école à école et le passage des écoles maternelles aux écoles élémentaires suffisent à l'expliquer.

Certificat d'études primaires. — Le résultat desexamens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1885 :

SEINE

SEINE

Nombr-» Nombre de certificats de candidats oliteiius

Garçons.

Filles . . .

Totaux 17 905

Le nombre des certificats obtenus représente 13.3 0/0 des élèves en âge de concourir, inscrits dans les écoles primaires publiques et libres. Pour toute la France, cette proportion est de 8.9 0/0

Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'année scolaire 1884-1885 un effectif de 7 976 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.

1° Pour îes écoles publiques :

Instituteurs

laïques congr.

Titulaires avec brevet

supérieur 43 »

Titulaires avec brevet

élémentaire 239 »

i Titulaires sans brevet. » »

' Adjoints brevetés 1671 »

— non brevetés.. » »

2° Pour les écoles libres :

Instituteurs

laïques congr.

Titulaires brevetés.... 204 77

— non brevetés. 7 2 Adjoints brevetés 272 331

— non brevetés. 32 66

laïques cun;;r.

Il résulte d'une statistique spéciale faite à l'occasion de la discussion au Sénat de la loi d'organisation de l'enseignement primaire, que l'effectif général du personnel enseignant des écoles publiques (primaires et maternelles) subit une perte annuelle de 2.5 0/0. Dans le département de la Seine, cette perte est de 2.7 0/0.

En voici le détail pour les deux dernières années :

Années.

Instituteurs

révoqués 1 7

démissionnaires.. 31 52

décédés 17 8

retraités 8 9

institutrices, directrices et ( révoquées ,, »

.«,.c H;nn,.»n;.n= J demissiounaires . . 23 44

j décédées 9 12

( retraitées 5 7

sous-directrices d'écoles maternelles

Total.

Maisons d'école. — La situation au Ifir sepscmbre 1885 est résumée dans le tableau ci-destous :

No7nbre et nature des iynmeuhles scolaires.

Appartenant aux communes.

Prêtées. Louées. Total.

de garçons.

Écoles \ de filles

mixtes

Ecoles de garçons et

' de filles dans le

même immeuble. . .

Totaux.

Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 55 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers do maisons d'école s'élève à 2 004 139 francs, dont 1 902 400 francs pour la ville do Paris et, 41 739 francs pour les arrondissements de Saint- Denis et de Sceaux.

Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de la Seine pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les neuf dernières années, est le suivant :

Wombre des commones

Totaux.

Subventions de l'F.tat

» fr.

205 800 fr.

Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1885, 311 écoles maternelles (220 publiques et 91 libres). Sur les 220 écoles maternelles publiques, 204 sont dirigées par des directrices laïques et 1(1 par des directrices congréganistes. Une seule directrice laïque n'est pas munie du certificat d'aptitude ; parmi les 16 directrices congréganistes, 3 sont dans ce cas. Sur les 91 écoles maternelles libres, 27 sont dirigées par des laïques et 64 par des congréganistes; 3 directrices laïques et 12 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 355 sous-directrices toutes pourvues d'un titre de capacité; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 4 sous-directrices, dont une sans titre de capacité. On trouve également 12 sous-directrices d'écoles maternelles libres laïques et 41 congréganistes, dont 10 sans titre de capacité.

Les écoles maternelles ont reçu pendant l'année 1884-1885 71228 élèves (66356 en 1883-1884), répartis comme suit :

Ecoles maternelles \ laïques.. 55 108 publiques ) congrég. 2349

Ecoles maternelles \ laïques. . 2 204 libres 1 coDgié'î. 1 1 557

,71 228 élèves.

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-àdire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 13100.

Ecoles normales. — Le département de la Seine possède deux écoles normales primaires, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à Auteuil en 1872, reçoit actuellement 110 élèves-maitres, auxquels l'enseignement est donné par 11 maîtres normaux et 14 maîtres supplémentaires.

L'école normale d'institutrices fondée également en 1872 à Paris-BatignoUes, contient actuellement 79 élèves-maîtresses. L'enseignement y est donné par 13 maîtresses normales et 10 maîtresses supplémentaires.

Le département de la Seine possède en outre un établissement normal supérieur, l'école normale supérieure d'institutrices de Fontenay-aux- Roses, qui relève directement du ministore de l'instruction publique (direction de l'enseignement primaire).

L'école Pape-Carpantier, pour les directrices d'écoles maternelles, transférée à Sceaux en 1882, a été réunie à l'école de Fontenay-aux-Uoses. Il existe en outre à Paris (30, boulevard du Montparnasse), un cours normal libre, mais subventionné, pour ces mêmes directrices.

Ecoles primaires supcneurcs. — Les écoles primaires supérieures sont nombreuses dans le département de la Seine. Nous donnons ci-apres la liste des établissements publics, d'après une statistique officielle, et celles des établissements libres d'après leur notoriété reconnue ;

SEINE

Etablissements publics.

2742 — SEiNE-ET-MARNE

de des

très boursiers élèves

Collège Chaptal

Aragi)

tColbert

Ecoles 'J.-B. Say

/Lavoisier

\Turgot

Écoles de la rue de Jouy (filles).

Établissements libres.

Nombre de maîtres, d'élèves.

École de garçons.

Établissement des frères des écoles chré-

, tiennes, rue Saint- Antoine, 212

Etablissement des frères des écoles chré-

, tiennes, rue de Vaugirard, 92

Etablissement des frères des écoles chré-

, tiennes, rue Raynouard, 68

Ecole laïque Blondel à Ivry

— — Eloy, rue de Montreuil, 39, à Pantin

Écoles de filles.

Rue de Poitou, 7 (école professionnelle

Elisa Lemonnier)

Rue d'Assas, 70 (id.)

Rue Duperré, 24 (id.)

Rue des Boulets, 41 (id.)

MM"" Laval, rue Jacob, 37

Bibliothèques scolaires. — Voici la situation au 1er janvier 1885 :

Nombre de bibliothèques 707

— de livres de lecture 131475

— de prêts pendant l'année ... 227 515

La statistique de 1863 n'a pas relevé le nombre des bibliothèques scolaires du département de la Seine; mais en 1877 on en comptait 403, contenant ensemble 99 130 volumes de toute nature.

Bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1er janvier 1886 :

Nombre de bibliothèques

— de volumes

Caisses des écoles. — 90 caisses des écoles fonctionnent en 1886 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1885 :

Recettes de l'exercice 1885 1560 781 fr.

Dépenses 1 180 078

Somme en caisse à la clôture de l'exercice. 380 078 fr

Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait que 62 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 820 572 francs.

Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1876. Voici leur situation en 1879 et en 1886 :

Années.

Nombre

de caisses.

de livrets.

Sommes inscrites

ces livrets.

4 468 fr.

6 i4 902 fr.

Société de secours mutuels. — Il n'existe pas de Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices du département de la Seine.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de la Seine, dont la fondation remonte à 1806, paraît selon les besoins du service, en format petit in-8°. Il est envoyé gratuitement à

toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.

SEINE-ET-MARNE (Département de). — Superficie, 5736kilom. carrés. Population : 348 991 habitants en 1881, au lieu de 347 323 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 61 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité n^oyenne de la France. 5 arrondissements, formant 5 circonscriptions d'inspection primaire, savoir: Melun, Coulommicrs, Fontainebleau, Meaux et Provins ; 29 cantons, 530 communes, dont 213 de 500 habitants et audessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département de Seine-et-Marne est réparti commo suit :

NOMBRE

d'écolbs

DE CLASSES

d'klèves I

publiq.

libres

pnbliq.

libres.

publics.

libres.

Melun . . .

CouioiDDiiers.

FoDtaioebleaa Meaux . . .

Provins . .

Population d'âge scolaire. — En 1876 on comptait 41 699 enfants de 6 à 13 ans (20 702 garçons et 20 997 filles), soit 12.01 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on ne compte plus que 40 848 enfants de 6 à 13 ans (20574 garçons et 20 274 filles), soit 11.70 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 851 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq années, tandis que pendant la môme période la population totale s'est accrue de 1 668 habitants.

1. Etat de l'instruction publique avant 1789. — Les diverses petites provinces ou territoires qui ont formé le département de Seine-et-Marne, Brie française. Brie champenoise, Gâtinais, France, Gaële , Multien , Montois , Bierre , n'appartenaient pas au même diocèse. Melun, Provins, Château- Landon et tout l'arrondissement actuel de Fontainebleau relevaient de l'évêque de Sens ; la plus grande partie des cantons de Lagny, Tournan, Brie-Comte-Robert et Marmant, étaient du diocèse de Paris ; le reste formait le diocèse de Meaux. Cela dura jusqu'à la Révolution. L'histoire de l'enseignement en Seine-et-Marne se confond donc en partie avec celle de l'enseignement dans les départements circonvoisins. Il y avait d'ailleurs unité de doctrine et de direction générale, cela se conçoit. Il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir les ordonnances synodales des trois diocèses. Partout s'affirme nettement un grand désir de multiplier les écoles et un soin jaloux d'en surveiller le « gouvernement ».

Seine-et-Marne eut de bonne heure quelques moyens d'instruction. Sans essayer de remonter plus haut, on sait qu'au xiie siècle, Abélard fonda à Melun l'une de ces écoles nées du grand besoin de savoir qui se manifesta vers la fin du siècle précédent, et qui sont connues sous le nom à'écoles ambulatoires. Elle prit le nom d'académie de Melun et « fit contre-carre », dit Rouillard, « à l'université de Paris qui brillait de sa clarté la plus vive sous l'intendance etauthorité de messire Guillaume de Champcaux. »

Il existait déjà d'autres écoles sur divers points de la contrée. On lit, en effet, dans les cartulaircs de la cathédrale de Meaux, qu'en 1201 le chancelier du chapitre « obtint le droit de juri-

SEINE-ET-MARNE

2743 — SEINE-ET-MARNE

diction sur la Psallcttc (maîtrise) et les enfants de chœur do la cathédrale, qui était la première école du diocèse, et sur toutes les autres. »

Dès le xvic siècle, les villes importantes curent un collège; celui de Meaux, qui l'ut « uni et incorporé » au séminaire en 1G43, existait déjà en 1556. Celui de Provins remontait à 1571 ; il passa sous la direction des Oratoriens un siècle plus tard. En 1G03, Françoise de Laval-Bois-Dauphin, princesse de Ilohan-Guéménée, établit à Coupvray, sous le nom de « Mont-de-Piété », une sorte de petit collège où six enfants pauvres, choisis dans diverses paroisses désignées, devaient faire gratuitement leur éducation, qui durait cinq ans. Vers 1G37, les PP. de l'Oratoire de Paris fondèrent à Juilly la maison célèbre qui reçut de Louis XIII le titre d'Académie. D'autres localités eurent, à défaut de collège, « un maître pour enseigner le latin depuis les premiers éléments jusqu'à la troisième déclinaison » ; les pensionnaires seuls pouvaient pousser plus loin leurs études : ces fondations, dues au cardinal de Bissy, furent faites en faveur des paroisses de La Ferté-au-Col (La Ferté-sous-Jouarre), Rozoy, La Ferté-Gaucher et Dammartin-en-Gaële.

Ces établissements divers, et d'autres semblables dont nous négligeons de parler, eurent pour la plupart une existence précaire. En tout cas, ce ne sont pas des écoles populaires, au sens que nous attachons aujourd'hui à ce mot. Que l'enseignement y fût donné gratuitement ou' non, il ne s'adressait qu'à une élite.

Les écoles populaires proprement dites, indépendantes des universités, comme des écoles de grammaire créées dans les cloîtres, sont généralement connues sous le nom de petites écoles; elles sont souvent des écoles de charité. Il en est incidemment parlé dans les cartulaires de la cathédrale de Meaux. D'un acte de visite épiscopale en date du 14 décembre 1525, il résulte qu'un sous-vicaire, nommé Philibert Lebrun, dirigeait à Meaux l'école de la paroisse Saint-Nicolas. En 1659, l'évêque Dominique de Ligny se transporta dans toutes les paroisses pour connaître de visu tous les curés, tous les vicaires, et jusqu'aux « maîtres d'école des paroisses ». Dès le commencement du xvii^ siècle, on constate déjà d'une manière exacte l'existence de ces petites écoles dans beaucoup de paroisses de Seine-et-Marne. Le nombre s'en accrut rapidement, et vers la fin du siècle on en trouvait presque partout. Généralement, elles étaient communes aux enfants des deux sexes ; mais les évoques ne tardèrent pas à recommander avec une grande insistance la création d'écoles de filles. A partir de 1048, un couvent d'ursulines fut établi à Meaux « pour l'instruction et éducation des filles de la ville et autres du diocèse » ; les religieuses devaient en outre « enseigner gratuitement ou par charité les petites filles qui se présenteraient à elles, de quelque condition qu'elles fussent, riches ou pauvres, indistinctement. » Il y eut donc en même temps pensionnat et externat ; ainsi le voulut révoque.

A Provins, en 1683, plusieurs jeunes filles des meilleures familles s'étant réunies pour « vivre saintement » obtinrent que l'archevêque de Sens leur adjoignit quelques religieuses. « Elles tenaient des écoles pour les jeunes filles peu fortunées. » Ce fut le noyau de la congrégation des Filles de la Vierge. En 1691, Mer d'Aligre, abbé de Saint- Jacques, établit dans la même ville l'hôpital dit des orphelines; trente jeunes filles « y recevaient l'éducationjusqu'à dix-huit ans». Grâce au zèle des évêques, et à la faveur de fondations pieuses, des écoles de filles furent ainsi établies dans les autres villes et les paroisses d'une assez forte population : Grécy, Mitry, La Ferté-au-Gol, qui avait

une communauté, Quincy, Touquin, Fleur}'-en- Bicrro, Jouarre, etc. C'était surtout pour éloigner les jeunes filles « des écoles paroissiales, où elles se trouvent en présence des enfants de l'autre sexe, » que les chefs de J'épiscopat poussaient à la création d'écoles spéciales.

C'est dans la même pensée qu'en 1729 le cardinal de Bissy appela à Meaux les frères des écoles chrétiennes.

Presque partout, dans les campagnes tout an moins, l'installation des écoles était fort incomplète, pauvre, misérable. Elles étaient établies dans des locaux étroits, sombres, humides, comme l'étaient d'ailleurs les habitations rurales du temps. Ici, la classe se tenait dans la cuisine du maître d'école ; ailleurs, le maître avait pour toute habitation une seule pièce, qui servait en même temps à la tenue de la classe. Parfois, l'école relevait d'un fief et devait payer une redevance. Celle de Thieux, notamment, « payait à M. le prince de Condé 3 livres de droits "seigneuriaux par an, plus huit boisseaux d'avoine et Le tiers de deux chapons. »

D'ordinaire, le mobilier scolaire n'était ni moins mauvais, ni moins insuffisant que le local. Une table, celle de la cuisine le plus souvent, quelques bancs mobiles, et c'était tout. Encore bien souvent les bancs étaient-ils empruntés à l'église le lundi matin pour lui être rendus le samedi soir.

Nous ne dirons rien touchant la nomination ou « élection » des maîtres et maîtresses d'écoles. Partout en France elle se faisait à peu près dans la même forme, et ce point fort connu a été traité ailleurs d'une manière générale. En Seine-et- Marne, les évoques se plaignaient souvent de la négligence que le personnel enseignant apportait à faire renouveler ses pouvoirs chaque année.

Le maître d'école était avant tout clerc paroissial. Il pouvait exercer et il exerçait souvent une profession manuelle, même en faisant sa classe. Ses gages étaient fort modiques et variaient souvent d'une paroisse à l'autre, bien que la règle fût qu'il reçut 250 livres, alors que la maîtresse en devait recevoir 100. La rétribution mensuelle, toujours minime, n'était pas moins variable. Elle dépassait rarement cinq sous pour les élèves qui n'écrivaient pas encore et dix sous pour les « écrivains ».

Bien qu'elle lut mal rétribuée, la fonction de maître d'école était cependant recherchée et se transmettait quelquefois de père en fils pendant plus d'un demi-siècle. C'est qu'en effet elle procurait un certain nombre d'autres petites ressources, offrait quelques avantages généralement appréciés. Dans les campagnes, la classe n'occupait pas plus de six mois par an. A défaut d'autre métier, le maître d'école se faisait faucheur au mois de juin, moissonneur au mois d'août, gauleur de pommes en septembre et ensuite batteur en grange jusqu'à la Toussaint. Dans certaines paroisses, il vivait en partie dans les familles dont il instruisait les enfants, aujourd'hui chez l'un, demain chez l'autre. Ailleurs, il recevait des dons en nature, à la moisson, à la vendange, à la cueillette des pommes, à la cueillette dos noix. De plus, il portait chaque matin l'eau bénite dans les maisons du village, et on lui donnait qui un morceau de pain, qui un œuf, parfois un sou. Cet humiliant emploi de porteur d'eau bénite à domicile a subsiste jusqu'en 1874, au moins dans une localité que nous ne désignerons pas.

En général les maîtres d'écoles étaient peu instruits, souvent fort ignorants. Il leur suffisait d'ailleurs de savoir lire les imprimés et les manuscrits, d'être assez bons calligraphes et do connaître le plain-chant. La lecture, récriture, un peu de calcul, le catéchisme et le plain-chant consli-

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