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tuaient alors tout le programme des études primaires.
Il se trouvait cependant des maîtres qui ne manquaient pas d'un certain savoir. L'un d'eux, J. Joannos, « maître de pension des écoles de Crouy-sur- Ourcq », publia en 1G9Î un ouvrage qu'il dédia à Bossuet : « Règles contenant les principes de l'orthographe et de la langue françoise, d'une méthode si facile qu'une personne les peut apprendre en un jour, avec un dictionnaire tout en françois pour ceux qui n'étudient pas la langue latine. » Certains maîtres d'école étaient en même temps tabellions ou notaires, arpenteurs, etc.
Les écoles devaient être ouvertes de 8 heures à 11 heures le matin et de 2 à 5 le soir. Elles n'étaient pas régulièrement fréquentées, et beaucoup d'enfants restaient dans une comnlète ignorance. Ils ne savaient même pas toujours réciter le catéchisme. En 1705, le cardinal de Bissy obligea les maîtres d'école « à se rendre un jour la semaine dans les gros écarts plus éloignés de la paroisse, pour y instruire les enfants dans le temps qu'ils ne pourront venir à l'école. » Le vicaire devait en faire autant pour l'instruction religieuse, que l'on trouvait trop négligée.
La même année, le même évêque rend une ordonnance ainsi libellée : « Nous, évesque de Meaux, désirant pourvoir aux besoins de la paroisse de Quincy, ordonnons que le sieur curé refusera les sacrements aux pères et mères qui n'enverront pas leurs enfants à l'école et aux catéchismes dans tous les temps qu'ils le pourront. »
Il existait déjà des cours d'adultes au xviii* siècle. On en trouvera la preuve irrécusable dans les archives de la mairie d'Annet, notamment, d'où nous extrayons cette pièce :
« Je soussigné, François Jumelet, maître d'école de la paroisse d'Annet, reconnais avoir reçu de monsieur Chartier, receveur de la commune de la dite paroisse, la somme de quarante livres pour une année des écalages du soir des pauvres de ladite paroisse. Ladite année echeu le premier janvier mil sept cent quatre-vingt neuf. Fait ledit jour et an que dessus. »
Semblable quittance fut donnée en 1788.
Un curé de la paroisse de Compans laissa en mourant « un escu de rente pour acheter des prix tant pour les garçons que pour les filles, afin de les exciter à apprendre le catéchisme. »
On peut juger, par cet exposé rapide, de l'état général de l'enseignement avant 1789 et de l'ardeur que mirent les évêques à propager les écoles. Les progrès furent très lents sans doute, mais ils furent constants. [Château.]
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — De 1789 a la fin de LA RESTAURATION. — Il existe au Musée pédagogique une collection de notices historiques sur les écoles primaires des 97 communes de l'arrondissement de Melun, notices rédigées par les instituteurs et institutrices de l'arrondissement sous la direction de l'inspecteur primaire, M. Laporte. Cette collection nous fournit de précieux renseignements, sur les écoles d'un seul arrondissement, il est vrai; mais il est permis de conclure ici du particulier au général, et les quelques indications que nous empru [Itérons à ces notices permettront, croyons-nous, do se faire une idc3 de la situation des écoles dans l'ensemble du département, à l'époque révolutionnaire et sous les divers régimes qui ont suivi, jusqu'à la fin de la Restauration.
Sur la ville de Melun elle-même, nous ne possédons que peu de détails. Il y exista de 1776 à 1792 une école gratuite de garçons, à plusieurs classes, tenue par les frères des écoles chrétiennes. A la date du 15 février 1792, la municipalité de Melun écrivait au ministre de l'intérieur qu'elle n'avait qu'à se louer de l'école des frères, qui
donnait gratuitement l'enseignement à 2G0 enfants ; trois frères y étaient employés : deux d'entre eux recevaient un salaire de 300 fr. chacun, payé par l'hôpital de Saint-Nicolas ; l'entretien du troisième frère était à la charge du régime général des Frères des écoles chrétiennes; la ville payait 400 fr. par an pour le loyer du local (l'ancien Châtelet). Cette même année, l'Institut des frères fut supprimé ; mais d'anciens frères, ayant quitté l'habit religieux, continuèrent à tenir l'école. En l'an III, après la démolition du Châtelet, les classes furent transférées dans les dépendances de l'ancien hôpital Saint-Jacques, où elles restèrent jusqu'en 182G. A cette époque, la ville prit en location, moyennant 500 fr. par an, une maison sise à Saint-Liesne, afin d'y installer son école communale pubHque de garçons ; l'école y resta jusqu'en 1837, date à laquelle elle fut transférée dans son local actuel, rue des Poitiers.
A Brie-Comte-Robert, il y avait en 1789 deux instituteurs payés par la ville, Gault et Adam. En 1794, Adani donna sa démission parce qu'on lui avait refusé l'autorisation de recevoir des pensionnaires ; mais il resta dans la ville comme maître de pension, et sa femme fonda de son côté un pensionnat de demoiselles. Gault resta instituteur communal ; son école était mixte. Un curieux questionnaire, envoyé le 2 fructidor an II par le district de Melun à la municipalité de Brie (et sans doute à toutes les autres municipalités du district), et retourné le 6 fructidor, nous fait connaître l'état de l'enseignement à cette date. Nous le reproduisons ci-dessous, avec les réponses :
« Quelles sont les mœurs de vos instituteurs et institutrices ? — Républicaines.
» Combien y en a-t-il dans votre commune ? — Un seul depuis la démission du citoyen Adam, qui doit cependant continuer jusqu'au remplacement.
» Sont-ils instruits ? Ont-ils les talents qu'exigent leurs fonctions ? — Il sait lire, écrire, et les quatre premières règles de l'arithmétique.
» Quel est le nombre de leurs élèves et leur âge respectif? — Environ 83 élèves sur au moins 300 enfants.
» A quelle heure commencent et finissent les séances de ces écoles? Quelle est la police qui y règne ? — Le matin de 9 h. à midi ; le soir de 2 à 5 h. ; l'ouverture s'en fait par une strophe d'hymne républicaine, et finit par une autre.
» Quels sont les congés de la décade, outre le décadi? — Le quintidi.
» Les pères et mères, tuteurs ou curateurs, sontils exacts à envoyer leurs enfants ou pupilles aux écoles, et surveillent-ils leur instruction? — N'ayant qu'un seul instituteur, il est impossible qu'il puisse recevoir et contenir au moins 300 enfants.
» Avez-vous sévi, aux termes de la loi du 29 frimaire an II, contre ceux d'entre eux négligeant à remplir ce premier devoir ? — Par la raison ci-dessus, la municipalité n'a pas été dans ce cas.
» En quoi consiste l'instruction ? Le calcul décimai, si recommandé, en fait-il partie ? — Les droits de l'homme, la constitution, le catéchisme républicain, le recueil des actions héroïques. Il n'y a pas encore de principes élémentaires sur le calcul décimal.
» Éprouvez-vous des difficulté pour vous procurer des instituteurs? Quelles sont-elles? — Oui, le défaut de capacités. »
La notice ne donne aucune indication sur les destinées de l'école communale de Brie à partir de cette époque. Elle nous dit, par contre, que le pensionnat de M. Adam prospéra, et que sous le successeur de celui-ci, M. Barrois, l'établissement fut môme subventionné par la ville. Il y avait aussi,
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à l'époque de la Restauration, une ccoïc mixte tenue par un certain Chevalier: son établissement fut transformé en école publique en 1834.
Les filles de la Croix avaient à Brie-Comte-Robert une maison où elles recevaient, en 1790, 41 pensionnaires ; elles tenaient en outre une école de charité. Elles continuèrent à tenir l'école jusqu'au 1" octobre 1793; à cette date la congrégation fut déclarée dissoute, et un certificat de civisme fut déUvré à chacune des ci-devant religieuses. L'une d'elles, la citoyenne Jou, fut autorisée le 13 avril 1794 à ouvrir une école destinée aux jeunes filles qui voulaient pousser leurs études au-delà du programme élémentaire. L'arrêté est ainsi conçu : « Le district, considérant que la citoyenne Jou possède les talents et le civisme nécessaires pour parvenir complètement au but d'utilité publique qu'elle se propose, autorise la citoyenne Jou à continuer, sous la surveillance de la municipalité de Brie, l'éducation des jeunes citoyennes à la charge par elle, ainsi qu'elle s'y soumet, de n'admettre parmi ses élèves que des citoyennes qui aient, conformément à l'art, 8 de la section III de la loi du 29 frimaire, fréquenté les écoles pendant au moins trois années consécutives. » Outre l'école de la citoyenne Jou, une autre école était tenue par la citoyenne Vinot, également ancienne religieuse. — A partir de cette époque les renseignements font défaut jusqu'en 1826 : à cette date, il existe une école primaire de filles tenue. par Mme Héron, qui reçoit 200 fr, de traitement annuel, plus une indemnité de 100 fr. pour son logement et pour l'instruction des jeunes filles pauvres.
Si nous recherchons quelle était, pendant cette même période, la situation de l'instruction primaire dans une commune rurale, voici ce que nous apprenons, par exemple, sur celle de Dammarieles-Lys (canton de Melun sud). On constate l'existence d'une école dans cette commune à partir du commencement du xyiii" siècle. En 1787, le maître d'école s'appelait Etienne Turlure. Il déclara, le 27 janvier 1793, que, vu la modicité de son traitement, il lui était impossible de continuera exercer ses fonctions. L'assemblée générale de la commune décida, le 3 février suivant, que le traitement du maître d'école serait porté à 600 livres; en revanche, tous les élèves, sans distinction, étaient affranchis de la rétribution scolaire; le maître d'école devait remplir en outre les fonctions de secrétaire greffier, et sonner l'angelus matin et soir. Etienne Turlure s'étant proposé dans ces nouvelles conditions fut élu et installé. L'année suivante, ayant dû choisir entre les fonctions d'instituteur et celles de greffier, il optapources dernières. Le 10 germinal an II, le conseil général de la commune délibère « qu'il y a nécessité d'établir un instituteur, et qu'attendu que personne ne s'est présenté jusqu'à ce jour, il a été arrêté qu'il serait fait une affiche pour remplir cette place suivant et conformément à la loi. » Le citoyen Codieu, ancien maître des écoles de la commune du Mée, se présenta, mais ne fut pas accepté parce qu'il n'avait pas de certificat de civisme; ce fut Denis Duchemin qui fut nommé (floréal an II). En l'an IV, Etienne Turlure, après avoir été greffier, puis adjoint, et enfin maire de la commune, reprit les fonctions d'instituteur : il les conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1831. Les seuls actes relatifs à l'école que l'on retrouve dans les archives communales à partir de l'an IV jusqu'en 1831 sont une délibération du conseil municipal, du 7 mai 1815, accordant à l'instituteur une indemnité de logement de 80 francs ; et une autre délibération, du 27 juillet 1817, accordant à l'instituteur une indemnité de 150 francs pour les élèves indigents et fixant le taux de la rétribution mensueÙe ainsi qu'il suit : « Les enfants de la première classe,
à qui M. Turlure montrera i'alp"'abct et les premiers principes de la religion, paieront 75 centimes par mois; ceux de la dernière classe, à qui M. Turlure apprendra à lire, à écrire en gros et la religion, paieront 1 franc; enfin ceux de la troisième classe, à qui M. Turlure apprendra à écrire en fin et les quatre règles du calcul et continuera de leur enseigner la religion, paieront 1 franc 26 centimes. »
Dans la commune de Pringy, il ne paraît pas avoir existé d'école antérieurement à 1791. Le 27 janvier 1791, dans une assemblée du conseil général de la commune, « à laquelle ont été invités les sieurs curé et marguillier, le procureur de la commune a représenté que l'office n'était point chanté, et que les enfants de la paroisse manquaient des instructions convenables, faute do maître d'école ; que Tonne pouvait y pourvoir qu en assurant au maître d'école une somme suffisante pour son entretien. » L'assemblée décide qu il sera donné au maître d'école une somme annuelle de 150 livres, « dont 50 seraient prises sur les revenus de la fabrique, et les 100 autres seraient distraites de la somme de 150 livres affectée aux pauvres de la paroisse. » La môme délibération nomme maître d'école Jean-François Mériliot « qui s'est engagé à accomplir ses fonctions avec exactitude, et en outre de sonner l'angelus le matin, le soir et à midi. » Mériliot ne resta en fonction que deux ans et demi. Le 8 juillet 1793, le procureur de la commune représente de nouveau au consei? général « que l'office n'est point chanté et que les enfants de la paroisse manquent d'instruction convenable » ; le conseil assure au maître d'école 200 livres par an et le logement aux Irais de la commune, et nomme à ces fonctions Charles Vincent. L'année suivante, Vincent est confirmé dans les fonctions « d'instituteur public » par une délibération du lOventôse an II, et promet « de se conformer à tous les décrets de la Convention nationale sur l'organisation de l'instruction publique. » A partir de ce moment, ajoute la notice à laquelle nous empruntons ces détails, « il n'est plus trace dans les registres de rien qui ait rapport à l'enseignement. Cependant les anciens citent, vers l'époque de 1800, l'instituteur Godefroy, qui réunissait, dans un local que l'on montre encore, une quarantaine d'enfants, tant do Pringy que des communes environnantes; mais quel local I Un sieur Meunier, cordonnier de profession et tueur de cochons, lui succéda, et faisait la classe quand il n'avait rien de mieux à taire. Rien n'indique plus aucuns sacrifices consentis par la commune en faveur de l'école. En 1818, comme la commune ne possédait toujours pas d'écoie, les enfants se rendaient pour leur instruction à Ponthierry, où avait été ouverte une école d'enseignement mutuel. De 1818 à 1821, une somme annuelle de 75 francs est allouée à une institutrice qui réunissait, dans une sorte d'asile, une vingtaine d'élèves. Enfin, en 1827, un instituteur est de nouveau installé à Pringy; il reçoit un traitement de 100 francs. »
Dans une commune voisine, Champeaux, les registres municipaux indiquent le fonctionnement régulier de l'école pendant toute la période révolutionnaire. L'ancien maître d'école, Poulet, exerce jusqu'en 1791; il est remplacé par Hérisson, qui cumule les fonctions de recteur des petites écoles et de greffier. Le 30 juin 1793, le traitement du maître d'école est porto de 400 à 600 livies, à la condition qu'il s'oblige « de montrer aux enfants gratuitement, comme aussi de se démettre des terres qu'il tient de la fabrique. » En ventôse an II, Hérisson ayant démissionné, est remplacé par Séjourné, nommé « instituteur pour instruire les enfants de cette commune dans les principes républicains ». L'instituteur est installé « dans la mai-
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Bon de l'Hùtcl-Dieu, comme étant vacante et plus logeable que celle du ci-devant recteur, à la charge de réserver une chambre pour pouvoir y monter deux lits pour les malades. » Le 24 fructidor an III, le conseil général, « vu un arrêté du district de Melun qui ordonne la location du ci-devant Hôtel-Dieu, vu encore la loi du 27 brumaire qui dit que les instituteurs auront pour logement les cidevant presbytères non vendus au profit de la République, a délibéré qu'cà la Saint-Martin d'hiver prochain, vieux style, il allait être notifié aux citoyens Philippe Jacques et François Burette qu'ils aient au 11 novembre prochain, vieux style, à sortir de la maison ci-devant presbytère, ou faute par eux d'y satisfaire ils y seront contraints par la voie de rigueur. » Pour l'époque du Directoire et celle du Consulat, les registres sonc muets. Le 20 nivôse an XII, les maire, adjoint et membres du conseil municipal, « convaincus de la nécessité de rétablir une éducation que les circonstances malheureuses ont trop fait négliger », nomment instituteur le citoyen Lambert, avec un traitement de 256 francs, plus la rétribution des élèves et le logement gratuit ; l'instituteur est tenu d'assister à l'église et de chanter au chœur, et d'accompagner le ministre du culte dans l'exercice de ses fonctions. Cette dernière condition est reproduite dans les délibérations de 1807, 1817, 1819, 1821 et 1823 pour la nomination d'un nouvel instituteur. Pendant toute cette période, le traitement est de 360 francs (dont 100 francs pour indemnité de logement).
Les registres de la ville de Chaumes fournissent des indications sur la suppression du collège de cette ville en 1793 et son remplacement par des écoles primaires de garçons et de filles; ils nous montrent en outre la façon dont fut exécutée, dans le canton de Chaumes, la loi du 3 brumaire an IV. L'administration du département demande, en pluviôse an IV, combien il convient d'instituer d'écoles primaires dans le canton, et dans quelles communes elles devront être placées. L'administration du canton répond qu'il faudra une école dans chacune des communes de Courtomes, Champdeuil, Verneuil, Andrezel, Yèbles et Beauveoir, et deux écoles (garçons et filles) dans chacune des communes de Chaumes et de Guignes. Ces diverses écoles sont installées la même année, sauf celles de Champdeuil, Verneuil, Courtomes, et l'école de filles de Chaumes, pour lesquelles il ne s'est point présenté de sujets. L'école de Courtomes est pourvue l'année suivante. En l'an VI, l'administration de Chaumes prend un arrêté où se lisent les dispositions suivantes :
« Les trente exemplaires de l'Institution des enfants, les 15 exemplaires du Catéchisme constitutionnel et les 15 exemplaires de V Alphabet national, envoyés par le département, seront distribués entre les instituteurs des communes du canton où sont étabhes des écoles primaires, avec injonction à eux d'en faire usage pour l'enseignement. Les agents municipaux veilleront à ce qu'il ne soit souffert dans les écoles publiques aucun livre contenant les maximes et les principes particuliers à un culte quelconque, et ils dénonceront au jury d'instruction les instituteurs qui s'en serviraient pour l'instruction. Ils dénonceront pareillement tout instituteur qui prendrait une part active quelconque dans l'exercice des cérémonies d'un culte. »
Le 1*' ventôse an VII, dans un discours prononcé au temple décadaire, le président de l'administration rend compte des travaux qu'elle a accomplis depuis qu'elle fonctionne. « Pour ce qui est de l'instruction publique, dit-il, nous avons six écoles primaires en activité ; le département en a déterminé huit, sur la proposition que nous lui en avons faite; le nombre serait en eflet convena- j
ble, mais le peu d'élèves qu'il y avait à Verneuil et à Champdeuil est cause que les places ne sont pas reclicrchées. Les instituteurs remplissent avec activité leurs fonctions ; ils sont animés d'un bon esprit, nous les surveillons ; un membre de l'administration est chargé de les visiter souvent et il a fait sur leur compte un rapport favorable. Il y avait autrefois une maison d'éducation connue sous le nom de collège; il serait à désirer pour l'instruction publique qu'il put y être établi une école secondaire; mais nous attendons à cet égard avec autant de respect que d'impatience que le corps législatif ait entièrement organisé l'instruction publique. »
Le 10 prairial de la même annéç, la fête de la jeunesse est célébrée dans toutes les communes du canton. « Tous les élèves des écoles primaires sont appelés à prendre part à cette fête; les agents municipaux chargés spécialement de l'inspection des écoles primaires nationales proclameront les noms des élèves qui se sont le plus distingués dans le courant de l'année, non seulement par leur amour du travail et par leurs progrès dans les sciences, mais encore par la régularité de leur conduite, leur assiduité à l'école et par la réunion de toutes les vertus de leur âge, afin que l'administration puisse adjuger à celui qu'elle en croira le plus digne le prix d'excellence qui devra lui être décerné au nom de la République. » Mais l'essor que paraissait vouloir prendre l'instruction populaire est brusquement arrêté. « A partir de 1799, dit la notice que nous résumons, et jusque vers 1820, les registres ne nous apportent aucune lumière sur le développement des écoles. Il est présumable que tout ce qui avait été créé par la Révolution a disparu. » En 1830, un rapport du maire au conseil municipal donne les renseignements suivants sur ce qui s'est passé sous la Restauration : « Une école d'enseignement mutuel avait été créée dans cette ville en 1817 ; le département et la commune avaient concouru à tous les frais de son établissement. Pendant quelques années les efi"orts de l'instituteur dirigeant ont été couronnés de succès. Les changements trop fréquents dans le personnel, la multiplicité des écoles publiques et clandestines, et l'opinion défavorable émise par des personnes étrangères à l'administration, ont mis dès 1821 cet établissement dans une position peu favorable. Pour concilier toutes les opinions, une espèce de transaction avait été faite, et on avait lieu de croire que l'enseignement mutuel refleurirait et aurait les mêmes succès qu'au moment de sa création. La même influence a exercé tout son empire, et dans le cours de l'année 1823 la méthode nouvelle a été supprimée sans le concours de l'administration pour faire place à l'ancienne... Depuis que la nouvelle méthode a été abandonnée, l'instruction des enfants a considérablement souffert, et aujourd'hui elle est dans un état déplorable. » Sur la proposition du maire, il est décidé que l'enseignement mutuel sera remis en vigueur, que l'enseignement sera gratuit pour tous les élèves, et que le traitement de l'instituteur sera porté à 800 fr. En 1833, ce traitement fut élevé à 1100 fr., et en 1836 le mode mutuel fut remplacé par le mode simultané.
Nous bornons là ces quelques extraits, qui nous semblent indiquer d'une façon sinon complète, du moins «uffisammcnt claire, les diverses phases par laquelle a passé l'instruction primaire depuis 1789 jusqu'à la loi de 1833.
Statistiquecomparéede 1829 a 1883-1884. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le département de Seine-et-Marne depuis la fin de la Restauration, époque ou fut faite la première statistique des écoles primaires.
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Nombre des communes dépourvues d'éeoles. — En 1837, le dcpartcmcrit comptait 35 communes n'ayant aucune école, et 423 communes n'ayant pas d'école do filles. En 1850, il n'y avait plus que 4 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1883-1884 on no trouve plus que 2 communes Bans écoles; 21 communes de 500 habitants n'ont pas d'école publique de filles.
Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de lUjiiversité, de 425 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :
Écoles Écoles publiques libres
(d'apr. la statistique offic"») .
Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons^ écoles mixtes et écoles de filles.
Ecoles , , II, 1,1- Total.
de garçons mixtes de filles
•1850 566 (y compris les 125 691
écoles mixtes)
1876-77 252 296 3it 859
Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.
Ecoles laïques Écoles congréganistes
de garçons ^ ^j. de garçons , .., Total ou mixtes **® ""*' ou mixtes "® '"'"
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.
Instituteurs
laïques congrég. laïques congréç.
1883-84.... &52 aa
Total
Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits
dans les écoles primaires de toute nature.
Total des élèves Élèves grataiU
1832 (année civile) 27 105 Manque
1876-77 (année scolaire).. 48 423 Manque
1881-82 — .. 49 431 Gratuité
En 1832 il y avait 837 élèves inscrits sur lOOOO habitants; en 1840, 1048; en 1863, 1388; en 187Ô- 1877, 1393, et 1441 en 188-3-1884.
Écoles maternelles {Salles d'asile).
Nombre
Nombre
des établissements
des élèves
Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.
Nombre de cours
Nombre d'auditeurs
Hommes Femmes Hommes Femmes
Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de 1833 à 1885 inclusivement a été le suivant :
Instituteurs
428 brevets élémentaires,
brevets supérieurs.
— obligatoires,
— complets.
— facultatifs ou complets.
— élémentaires,
— supérieurs»
Institutinces.
1836-1850. 152 brevets élémentaires, 19 brevets supérieurs 1851-1867. 277 — obligatoires, 5 — complots. 1868-1880. 644 — — 52 — facultatifs
1881 93 — élémentaires, 9 — supéi leurs.
Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits