‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 398 sur 573 · IS7S · texte numérisé non relu

IS7S

Totaux.

Nombre des cotiimuDM

SI

Subventioat de l'Ktat

17 iOO fr.

1Î0 500 2.^0 880 298 190 2t. 1 4v0 i:8 060 8.2 885 519 020 SOI 120

Ecoles mnf '^ruelles. — Le département compte, en 1885, 33 écoles maternelles (18 publiques et

(eaa .i^'È>^M3o(:P^EiJM]a •=^^^3^--. sfE^^^çs ;(ç,QtjÇii:i6^T;.;i>^p^

15 libres). Sur les 18 écoles maternelles publiques, 9 sont dirigées par des directrices laïques et; 0 par des directrices congréganistes. Une seule directrice laïque n'est pas munie du certificat d'aptitude; parmi les 9 directrices congréganistes, 5 sont dans ce cas. Sur les 15 écoles maternelles libres, t est dirigée par des laïques et 14 par des congréganistes ; 9 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les directriceis publiques laïques sont secondées par 8 sous-directrices, toutes pourvues d'un titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 4 sous-directrices, dont 1 sans titre de capacité. On trouve également 3 sous-directrices d'écoles maternelles libres congréganistes, dont 2 sans titre de capacité.

, Les écoles maternelles ont reçu pendant l'année 1884-1885 304e„çlèv,§S.^3,^Q3i m-Mh^i^^h), répartis comme smlj^r^j^qi ie.s'ii..Jmu(ui/icm ur. woi

Ecoles maternelles | laïques.. 926

publiques | congrég. 1195

Ecoles maternelles \ laïques.. 9

libres .^. | coug^ég. 916

3 046 élèves.

p Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire 4'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 131G.

Ecoles normales. — Le département des Deux- Sèvres possède deux écoles normales primaires, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.

L'école normale d'instituteurs a été fondée à Parthenay en 1835. C'est une des écoles rares normales n'ayant pas pour siège le chef-lieu du département. Elle contient actuellemenc 50 élèves-ma très, auxquels l'enseignement est donné par 7 professeurs jîulaires ou chargés de courç^.et .6, maîtres au?iir Jaires. ^ '.,:,,..

L'école normale d'institutrices, créée en 1882 par application de la loi du 10 août 1879, a son siège à Niort. Elle contient actuellement 42 élèves-maîtresses, auxquelles l'enseignement est donné par 6 maîtresses titulaires on chargées de cours et 4 maîtresses auxiliaires.

Écoles primair*^s supérieures. — Le département des Deux-Sèvres possédait, à la date du 1 er janvier 1885, les établissements d'enseignement primaire supérieure ci-après :

Écoles prim. sup. publ de garçons

Cours comp. publ. degar.

Ecolo prim. sup. publ.de filles ,

Cours compl. publ. de

NOMBRE

• Cj

Dont 7 boursiers.

Bibliothèques scolaires et bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1er janvier 1880 :

Bibliothèques scolaires 377

Nombre de livres de lecture 36 096

— de prêts en 1 884 34 983

Bibliothèques pédagogiques......... 26

Nombre de volumes '.T.'i' 4 H4

En 18G3, le département ne possédait que 130 bibliothèques scolaires cont.Qjaanjt,ftu&©mWe 7 000 volumes de toute nature.

Recettes de l'exercice 1883.

Dépenses .,.....,

j-itriij'v'.-ioi nô ■ ''■^y/^hn

%''î*«1f)fVdiù.

, ,''nl'>Z'> OUI

, ^ BQinines iivscntei

Somme en caisse à la clôture (le l'exoceicg. , ^ ;, 8.|S9^,fc.

Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le dép.^rn tement ne possédait que 6 caisses de ce , gei)r0, dont l'actif était en 1881, de 669 francs. • . [^

Caisses d'épargne scolaires. -^ Elles existent dans le département depuis 1876«.VokijleuCi^u^a tion en 1879 et en 1886 : j.ilofljGa >.9aii:minq aolcoè-

9'fvob nb '<?'-)iJj.ilddfcricatoét)-.t Jdellvnetiî.L cei iivrcU»io

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Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1867, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 que 302 membres et un actif qui n'atteignait pas 24000 francs. Elle compte en 1886 364 membres, et son actif s'élève à 47 379 francs. . ' -;

Bulletin sColdir^è'^ -^ "Lq Bulletin scolaire du département des Deux-Sèvres, dont la fondation remonte à 1869, paraît suivant les besoins du service, en format petit in-S^. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention dti Conseil général.

SEXES (Coéducation des). — On appelle ainsi lé système qui consiste à réunir les garçons et les filles dans la mèmeéco!e et dans la même classe, et à leur donner ensemble une éducation identique. Ce système est à peine toléré dans certains pays ; il est librement admis dans d'autres, et préféré dans quelques-uns. En France, on le trouve, chose remarquable, aux deux extrémités de la hiérarchie scolaire; en effet, outre les écoles maternelles, il y a dans nos campagnes quelques milliers d'écoles primaires mixtes, et d'autre part les femmes sont admises à suivre les cours des facultés de médecine, de la Sorbonne et du Collège de France. Mais c'est, dans l'un et dans l'autre cas, la nécessité seule qui rend la chose admissible, parce qu'il est impossible de créer des établissements particuliers pour chaque sexe. Partout ailleurs les sexes sont strictement séparés dans nos écoles publiques; la loi défend môme aux particuliers d'ouvrir des écoles mixtes, à moins d'autorisation spéciale.

Dans les pays de race germanique et d'éducation protestante, au contraire, où les femmes jouissent d'une plus grande indépendance et où les sexes se mêlent plus librement, les écoles mixtes sont nombreuses. Dans plusieurs régions de l'Allemagne et de l'Angleterre, dans la plus grande partie de la Suisse, en Hollande et dans les pays Scandinaves, presque toutes les écoles du degré primaire sont mixtes; partout l'on se montre satisfait de ce système et l'on ne paraît pas songer à en changer.

Mais dans ces mômes pays, les sexes sont, sauf de rares exceptions, séparés dans les écoles secondaires et dans les écoles primaires supérieures, c'est-cà-dire dès que les enfants atteignent dix ou douze ans.

Ce n'est que dans certaines colonies anglaises, et surtout aux États-Unis, que l'on rencontre la coéducation à tous les âges et k tous les degrés, depuis l'école enfantine jusqu'à l'école normale et à l'université, et c'est là qu'il faut l'étudier

s\i^ksKùoM\j(i'A1:r'M'^) — str.-) — sex^s (co^ducat. des)

poii'r; 'so'Vén^i'(f"qh VÀrnifftte éiiitt' de' l'influente,

AuxÉtuts-Unîs «lôWc*,toiil'e'â les écoles ne sont pas ni^ixtcs : on rencontre constamment les deux systèmes, ainsi que tous les intermédiaires.

Les écoles rurales, à peu près sans cxcCptîotl, sont mixtes; il en est de môme do presque toutes hïs écoles publiques du degré élémentaire dans les villes, dé la grande majorité des écoles publi- (jues intermédiaires, et d'un grand nombre d'é- <o1gs primaires supérieures, d'écoles normales, d'établissements d'instruction secondaire, supérieure ou professionnelle. La séparation des sexes se rencontre surtout dans les écoles libres; les -écoles primaires catholiques en particulier la pratiquent presque exclusivement; mais elle domine aussi, quoique avec des exceptions nombreuses et croissantes, dans les écoles publiques du degré supérieur (A/^A schools), dans les écoles normales, dans les collèges et dans les universités. Enfin, si l'on examine la distribution géographique des écoles mixtes, on reconnaît qu'elles sont nombreuses dans la Nouvelle-Angleterre et surtout dans l'Quest, c'est-à-dire dans les États ^u général lee plus progressifs.

Quelles sont les raisons qui ont fait adopter la cocducation par les Américains ?

A l'origine, c'est la nécessité qui l'impose dans les endroits peu peuplés, là où les enfants sont trop peu nombreux pour qu'il soit possible d'avoir dos écoles séparées. Là même où il n'y a pas nécessité absolue, le mélange des sexes permet soit de réaliser d'importantes économies, soit d'obtenir une meilleure distribution des enfants : par exemple, si une localité peut avoir un instituteur et une institutrice, on confiera au premier les enfants les plus avancés, à la seconde la classe enfantine, au lieu de les diviser en garçons et en filles. Ce sont ces raisons qui ont généralement amené la fondation des écoles mixtes; elles se sont perpétuées ensuite, non sans soulever d'assez vives réclamations de la part d'un certain nombre d'éducateurs distingués. C'est surtout en 1871, «n 1877 et en 1884 que la question delà coéducation a été discutée à fond; en 1871, il s'agissait de savoir si les jeunes filles seraient admises à l'université Gornell; en 1877, si on leur ouvrirait les portes de l'école latine de Boston; en 1884, si on les exclurait du collège Adelbert (Ohio). Les partisans de la coéducation eurent gain de cause dans le premier cas, furent vaincus dans le second et l'emportèrent de nouveau dans le troisième.

D'après les adversaires de l'éducation en commun, les inconvénients de ce système sont de trois sortes : intellectuels, physiques et moraux.

Il est bien certain, en effet, que certaines études, si elles sont également accessibles aux deux sexes, •ne leur sont pas également utiles. On se demande, par exemple, en voyant les jeunes filles américaines se livrer à l'étude du grec et de la trigonométrie et négliger la couture, la comptabilité et l'économie domestique, si c'est pour elles le meilleur moyen de se préparer à l'accomplissement de leurs devoirs de femmes?

Toutefois, on ne peut pas dire que ce soit là une objection pôremptoire à opposer à l'éducation mixte, car rien n'empêcherait de réunir les enfants pour certains cours et de les séparer pour d'autres. L'introduction du travail manuel dans quelques écoles américaines, où les garçons travaillent le bois et le fer, pendant que leurs compagnes apprennent à coudre et à tricoter, montre bien quelle devrait être la solution delà difficulté. Mais il faut avouer que les Américains no s'en inquiètent pas assez. Préoccupés à juste titre de donner aux femmes des facilités de s'instruire égales à celles dont jouissent les hommes, ils oublient volontiers que l'égalité n'est pas identité et qu'une

jeune fille peut avohr une éducation aussi complèto en son genre qu'un jeund homme sans avoir parcouru exactement le même cercle d'études. ■'

En revanche, un certain nombre d'entre eux se demandent avec inquiétude, si la santé des jeunes filles ne souffre pas de la nécessité où ell'^s s© trouvent dé lutter avec les garçons. Elles parvien nent, il est vrai, à égaler, souvent à surpasser ces derniers dans leur travail; mais n'ost-ce pas par l'effet d'un excès d'application, d'une e\'itatiOB nerveuse et malsaine, qui produira plus tard de déplorables efi"ets? Et ne faut-il pas attribuer à cette cause la détérioration de la santé des femmes américaines? Telles sont les questions posée»,' il y a quelques années, par le D*" Claike.

Les partisans de l'éducation mixte repondent, avec raison, croyons-nous, que la somme de travail imposée aux élèves américains (cinq heures par jour au maximum), n'est pas de nature à fatiguer des jeunes filles bien portantes. S'il est vrai que la santé de quelques-unes en souffre, il suffirait, pour y remédier, de réduire quelque peu les occupations mondaines, de développer l'habitude des exercices physiques et surtout de changer le déplorable régime d'alimentation.

Les objections morales seraient en France les plus sérieuses ; elles sont presque nulles aux Etats- Unis : au contraire, ce sont des raisons morales qu'on invoque pour défendre le régime de l'école mixte. Les Américains pensent qu'en apprenant à se connaître et à se voir de bonne heure, les enfants évitent les inconvénients que présente ailleurs le moment où ils entrent dans la vie; ils estiment que les jeunes gens gagnent ainsi en moralité, en douceur, en générosité, que lesjennes filles y prennent plus de sérieux, de sang-fr.^id, de raison, sans rien y perdre, au contraire, en retenue et en modestie. « Dans les campagnes surtout, disent-ils, où les élèves sont frères et sœurs, cousins ou voisins, les infiiiencos bienfaisint'^s de la famille se continuent à l'école ; les élèves plus forts ou plus âgés protègent et conseillent ceux qui sent plus jeunes ou plus faibles. Sous ce régime simple et salutaire, les garçons deviennent moins rudes et moins grossiers, les filles acquièrent plus de courage et de franchise. Les jeunes gens sont à l'école de cinq à six ans jusqu'à seize ans au moins, moment où commencent les dcvoirs.de la vie active. Ainsi, simplement et naturellement, les enftmts de ce pays deviennent des hommes et des femmes qui se connaissent mieux et se respectent plus que ne paraissent le faire ceux des autres pays. La morale publique et privée est des plus satisfaisantes dans les campagnes des Etats-Unis. » {Circulars of Education, 188;{).

Et si enfin des attachements naissent entre un jeune homme et une jeune fille, ne vaut-il pas mieux que ce soit « sous l'influence salutaire de la règle de l'école, où tous deux s'efforcent d'attoinilrc un noble but, le développement de leurs facultés intellectuelles, qu'au milieu des lumières éblouissantes et des parfums enivrants de la salle de bal ?»

Sans prétendre nous prononcer sur une aussi grave question, nous avouerons avoir été trapné, aux Etats-Unis, de l'aspect charmant des écoles mixtes, véritables grandes familles où règne, avec la plus entière liberté, une parfaite ronvenanco. et qui contraste agréablement avec celui de nos internats européens. En tout cas, les raisrns (lue nous avons données parai-^sont concluantes a la majorité des Américains, et chez eux le système do hi coéducation, parti de l'école clèmentàire, v.nvahit peu à peu l'ensemble de l'enseignement; il se développe sans concurrence naus l'OuCbt, et dans peu d'années, si le mouvement continue, il sera seul en vigueur aux Etats-Unis. II n'y a rien 'à que de naturel : dans tous les pays du monde, en eftèr, l'écolo est et doit être J'imago de la société. Là où

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