‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 436 sur 573 · TASSE (LE · texte numérisé non relu

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Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 298.

Eco/es nonnnlrs. — Le département de Tarn-et- Garonnc possède deux écoles normales primaires, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à Montauban en 18^3, contient actuellement 41 élèves-maîtres, auxquels l'enseignement est donné par le directeur, 6 maîtres-adjoints et 9 professeurs supplémentaires.

L'école normale d'institutrices, dont le siège est également à Montauban, a été ouverte en 1883 par application de la loi du 10 août 1879. Elle contient actuellement 39 élèves-maîtresses, auxquelles l'enseignement est donné par la directrice, 5 maîtresses-adjointes et 4 professeurs supplémentaires.

Ecoles primaires supérieures. — Le département de Tarn-et-Garonne possédait, à la date du lerjanvier 1885, les établissements d'enseignement primaire supérieur ci-après : 4 cours complémentaires publics de garçons, avec 4 maîtres et 50 élèves; 2 écoles primaires supérieures publiques de filles avec 28 maîtresses et 103 élèves, dont 44 boursières; et 1 cours complémentaire public de filles, avec 1 maîtresse et 8 élèves.

Bibliothèques scolaires et bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1er janvier 1886 :

Bibliothèque? scolaires 165

Nombre de livres de lecture .. ....;:..* 10608

— de prêts en 1885 15503

Bibliothèques pédagogiques 23

Nombre de volumes 6 651

En 18G3, le département ne possédait que 68 bibliothèques scolaires contenant ensemble 912 volumes de toute nature.

Caisses des écoles. — 80 caisses des écoles fonctionnent en 1886 dans le département. Voici leur mouvement pendant Tannée 1885 :

Recettes de l'eKercice 1885 8 357 fr.

Dépenses 2111 .

Somme en caisse à la clôture de l'exercice 6 246 îu

Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait aucune caisse de ce genre.

Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1877. Voici leur situation en 1879 et en 1886 :

Années.

Nombre de caisses,

de livrets. 1 516

Sommes inscrites à ces livrets.

905 fr.

22 697 fr.

Société de secom^s mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1872, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 que 75 membres, et son actif n'atteignait pas 10 000 francs. Elle compte en 1886 121 membres, et son actif s'élève à 27 866 francs.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de Tarn-et-Garonne, dont la fondation remonte à 1869, paraît selon les besoins du service, en format petit in-8'>. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publi^iues, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.

TASSE (LE). —On trouve, au tome VII des œuvres complètes du Tasse (pages 365-400), édition de Venise, 1737, un traité en forme de dialogue intitulé U Padredi famiglia, « Le Père de famille », adressé à Scipion Gonzague. Le poète de la Jérusalem délivrée a donc droit de figurer parmi les anteurs qui ont écrit sur l'éducation, à côté de ses

contemporains Montaigne*,Sainte-AldcgondG*,Scévole de Sainte-Marthe *, etc.

« Il Padre di famiglia, dit M. Guizot, traite de l'éducation d'un père de famille plutôt que de celle de ses enfants. Un gentilhomme des environs de Verceil, chez lequel l'auteur s'est arrêté en passant dans les États du duc de Savoie, l'a reçu avec une hospitalité franche et amicale. Le Tasse a été frappé de l'ordre et, de l'abondance simples d'une maison qui ne présente pas les apparences de la richesse. L'air de dignité du maître a excité son respect. La mère de famille, craignant de gêner l'étranger, n'a paru au repas que sur l'invitation de son mari ; elle s'est retirée ; ses deux fils, âgés l'un de dix-huit ans, l'autre de seize, après l'avoir reconduite dans son appartement, sont venus rejoindre leur père ; et lorsque, sur la demande de l'étranger, ils ont reçu l'ordre ou la permission de s'asseoir, le père commence à entretenir son hôte des devoirs du père de famille et des instructions qu'il a reçues lui-même de son père, quand, peu d'années avant de. mourir, ce sage vieillard lui a remis, comme à l'aîné de ses fils, le gouvernement de sa maison. » Le dialogue ainsi engagé entre le Tasse et le gentilhomme son hôte, les deux interlocuteurs parlent successivement du mariage, des devoirs du père de famille envers son épouse, ses enfants, ses domestiques, de la façon dont le père doit gouverner sa maison, des devoirs des deux époux l'un envers l'autre.

Les préceptes que donne le Tasse relativement à l'éducation des enfants n'ont rien de bien original : ce sont les lieux communs de la pédagogie, exposés dans un langage élégant et noble. La mère doit allaiter elle-même ses enfants, à moins de maladie : « car celle qui refuse de nourrir ses enfants me paraît, en quelque façon, refuser d'être mère; d'autant plus que, dans le premier âge, si tendre et si délicat, l'enfant, d'habitude, suce avec le lait les habitudes de sa nourrice. » On doit éviter d'amollir les enfants, sans toutefois tomber dans l'excès contraire; il faut tenir un juste miheu entre la « férocité lacédémonienne » et la « mollesse phrygienne ». On les élèvera dans la crainte de Dieu, dans l'obéissance à leurs parents; on les formera avec un soin égal aux exercices du corps et à ceux de l'esprit, de manière à les rendre « bons citoyens de leur ville, bons serviteurs de leur prince, qu'il les emploie aux négociations, aux lettres ou à la guerre ».

TASïU (Mme). — Sabme-Casimir-Amable Voïart, qui devint M™e Tastu, est née à Metz en août 1798, et morte à Paris en janvier 1885. M. Voïart, son père, ex-administrateur des vivres à l'armée de Sambre-et-Meuse, et sa belle-mère, Elisabeth Petitpoin, cultivaient les belles-lettres. Son mari, M. Tastu, était imprimeur. Ces circonstances favorisèrent sa vocation littéraire. Elle débuta par la poésie. Son poème les Oiseaux du Sacre, composé à l'occasion du sacre de Charles X, n'a rien de la banalité des pièces de circonstance : l'originalité en fut remarquée. D'autres poèmes, composés à divers intervalles, classent M«"c Tastu à un rang distingué parmi les poètes de second ordre du xix^ siècle. Ils valent par la grâce, l'harmonie, l'aisance et une grande pureté de style.

Ce n'est pas, toutefois, cette partie de son œuvre qu'on se propose d'étudier ici, mais bien ses ouvrages sur l'éducation, M™c Tastu songea à ses enfants avant de songer au public, et c'est vraiment la mère de famille qui, chez elle, tient la plume. Son principal ouvrage parut en 1836, par livraisons mensuoUos, et sous ce titre justifié : Education maternelle, simples leçons d'une mère à S'^s enfants. Sainte-Beuve a dit do ce livre : « J'admire tout ce que l'auteur a su y faire entrer de notions élémentaires, précises, senties

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môme agréables en tout genre. » Il ajoute que l'ouvrage eut le plus grand succès. .. en Russie. <t En quoi, dit-il,, les Russes ont fait preuve de goût. » Revenons donc brièvement sur ces pages qui contribuèrent à répandre à l'étranger les méthodes et l'esprit français.

L'auteur s'adresse aux enfants de cinq à neuf ans, « c'est-à-dire à ceux, garçons ou filles, qu'on garde à la maison jusqu'à l'âge de les envoyer au collège et à la pension ». Premier trait à signaler : M™^ Tastu n'admet à l'origine qu'une seule éducation, qu'un seul cours d'études commun aux garçons et aux filles. Second trait : elle en confie l'exécution à la mère de famille, dont elle veut bien se faire l'auxiliaire, mais qu'elle n'entend pas remplacer. Fournir des indications, tracer un cadre et des programmes, voilà son rôle : aux mères de faire le reste. « Comme Marie dans l'Évangile, toute mère, dit-elle, obéit à la voix qui lui crie : Le maître est là ! Le maître, pour elle, c'est l'intérêt de son enfant. »

Après une courte prière — car M"^* Tastu fait volontiers appel au sentiment religieux — commence la première leçon d'alphabet. Le tour en est vif, et l'aridité de la matière n'en exclut pas l'attrait : « Y a-t-il ici un enfant qui ait envie de connaître ses lettres? J'ai quelque chose à lui montrer. Voici une page où se trouvent toutes les lettres grandes et petites... Avec ces lettres on peut écrire tous les mots qui existent : dans le plus gros livre du monde, il n'y a pas d'auti*es lettres que celles-là. Je vais les nommer. » Dans tout son livre, M™e Tastu a de ces commencements heureux, pleins d'une verve engageante et persuasive : on n'est pas poète impunément. Ici l'attrait se complète par l'exhibition d'une page d'images où les 24 lettres de l'alphabet sont figurées sous forme de bêtes. Le procédé avait alors sa nouveauté : l'enfance n'avait pas encore été dotée par Stahl et par Frœhlich de « l'alphabet de M'ie Lili ».

L'auteur n'est pas pressé d'arriver à la grammaire. Elle y vient à la 15« livraison, c'est-à-dire quand elle juge l'esprit de l'enfant suffisamment riche en notions acquises. La première leçon de grammaire est excellente et pourrait aujourd'hui encore, à quelques détails près, servir de modèle. Sur les sons composant les mots, et sur les mots signes de nos idées, M™'' Tastu engage une causerie pleine de verve et d'intérêt. Les questions se succèdent, provoquent la réflexion et le raisonnement, aboutissent à l'évidence.

La dictée nous semble partir de plusieurs degrés trop haut. D'emblée elle nous transporte dans La Bruyère, M^e de Sévigné, J.-J. Rousseau. L'enjambée est forte pour de jeunes enfants. ' ^ ■

Un poète ne pouvait manquer de faire sa part à la poésie. Elle fait donc apprendre des vers aux enfants. Les conseils que lui suggère l'exercice de récitation seront toujours de saison. « Sans vouloir qu'oa fasse des enfants de petits perroquets, je crois qu'il est utile d'exercer de bonne heure la mémoire. Mais il ne faut pas en exiger des efforts trop grands. Faites apprendre à l'enfant deux vers ou quatre au plus; tâchez qu'il les dise nettement, naturellement, en observant bien la ponctuation. Assurez-vous qu'il en a compris le sens, aidez-le à le trouver. » Méditez et appliquez ces conseils, maîtres de l'enfance : c'est de la pédagogie ■de tous les temps. Écoutez encore de quelle façon mgcnicuse elle explique, à propos de La Fontaine, le procédé du fabuliste et dégage la moralité du corps de la fiction : « Dans 'les fables, on lait agir et parler des plantes ou dos animaux, quoiqu on sache fort bien qu'ils ne parlent pas, et de cette manière on adresse une leçon indirecte au lecteur. Je vais tâcher de l'expliquer cela.

Quand j'ai dit l'autre jour à ton petit chat : « Mi- » net, il ne faut pas vous fâcher quand on joue » avec vous, mais bien vous prêter à la plaisantc- » rie, comme un chat aimable et bien élevé, qui » ne montre point ses griffes en bonne compagnie, » autrement on vous mettrait à la porte », — croistu que j'imaginais que le chat me comprendrait? Non, tu penses que je disais cela pour rire. Mais j'avais encore une autre intention. Voyons si tu l'as devinée. — Je crois que vous disiez aussi cela pour moi, parce que je m'étais fâché quand mon oncle fit semblant de prendre mes joujoux. — Fort bien ; tu as compris qu'en ayant l'air de parler au chat, c'est à toi que je m'adressais, quoique je n'eusse pu te dire de rentrer tes griffes et de faire patte de velours. — Non, mais c'était comme si vous aviez dit qu'il ne fallait pas montrer mon humeur. — C'est cela même; tu comprends donc qu'on emploie ainsi une chose pour en signifier une autre. Aussi à chaque fable que nous apprendrons, tu me diras toi-même quelle est la moralité que tu en tires ». Ce ton de conversation enjouée est celui de M"c Tastu dans tout le cours de son livre.

M^ie Tastu accompagne de notes les fables qu'elle propose de confier à la mémoire des enfants. C'est la partie faible du livre : ces notes ont peu de portée, et on ne peut pas toujours les accepter de confiance.

Le choix des poésies autres que les fables fournit une indication sur le goût public en 183(» et sur ce qu'il permettait d'introduire, à cette date, dans le courant scolaire. Lamartine contribue pour une seule pièce, Brizeux pour deux tragments, Guiraud se présente escorté de son fidèle Petit Savoyard, Delavigne de sa Messénienne sur Jeanne d'Arc ; M""' Valmore et M^e Tastu fournissent nombre de jolies strophes. De Victor Hugo, de Béranger, de Vigny pas un seul vers. En revanche Delille, Ducis, Arnault, Léonard, Millevoye reviennent fréquemment, et avec eux des muses féminines dont le nom même nous est devenu étranger. M.^^ Tastu a pour elles des complaisances qui s'accommodent mal du précepte de Mme de Maintenon : « Ne laisser rien apprendre par cœur qui ne soit excellent. » Plus tard — hâtons-nous de le dire — Mme Tastu publia sous le titre de Lectures pour les jeunes filles ou Leçons et modèles de littérature (2 volumes, 1840- 1841), un recueil où la part faite aux poètes contemporains est autrement ample : l'horizon de l'auteur s'est élargi; le mouvement de l'opinion et les conquêtes du goût public lui permettaient davantage.

L'histoire sainte figure sur le programme de Mme Tastu. Les récits qu'elle donne des temps bibliques sont précis et corrects, sans beaucoup de chaleur ni de coloris.

L'histoire de France est absente : encore \in signe du temps. On sait que la loi de 183:} n'en rendait pas l'enseignement obligatoire. Il fallut attendre 1867 et le ministère de M. Duruy pour combler cette lacune. Mais l'importance de l'enseignement historique et national n'éciiappait pas à Mme Tastu, car dans la même année qu'elle publiait son Cours materne/ paraissait, sous son nom et sous les auspices de M. Guizot, ministre de l'instruction publique, un Cours d'histoire de France en deux volumes, sur un plan assez nouveau. La première partie, toute d'exposition, contient un judicieux abrégé des faits «■ d'après les historiens les plus dignes de foi ». La deuxième partie présente un choix de lectures, tirées des chroniques et des mémoires, donnant le détail des mœurs, les traits de caractère, les scènes tameusus. Ce livre ingénieux et bien compose fait de M™^ Tastu un prédécesseur de Ratty et de iM'"^ de Witt : le rapprochement lui est honorable.

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d'établir entre ces deux termes, afin d'éviter de^ contusions, une distinction très nette.

On a souvent qualifié à tort de professionnel l'enseignement secondaire dit spécial établi par la loi de 18G5 et destiné, à côté de l'enseignement secondaire classique, à préparer les jeunes gens, d'une manière générale, à toutes les professions (industrielles, commerciales et agricoles) pour lesquelles l'étude des langues mortes n'est pas indispensable. De ce côté toute équivoque doit cesser, et la tentation ne doit môme plus venir à personne de désigner sous le nom de profcssio7ineL l'enseignement secondaire dit spécial, au moment surtout où ses programmes viennent d'être profondément remaniés, dans le sens d'une culture générale plus élevée^ et où il est même questioii de remplacer son nom, si malheureusement choisi, par celui d'enseignement secondaire classique français. '

On a aussi quelquefois désigné Sous le titre de professionnel cet autre enseignement qui consiste plus spécialement dans les études soit théoriques soit pratiques, se rapportant aune profession ou à un métier déterminé. Pour ce dernier enseignement l'expression de technique semble convenir davantage, et elle nous paraît devoir être exclusivement réservée à cet usage.

« L'enseignement technique est celui qui est le plus spécialement dirigé vers les besoins de la profession industrielle ou commerciale à laquelle l'élève se destine. » {Rapport au Conseil supérieur de l'enseignement technique, par M. Tresca, 1885).

« L'enseignement technique a pour objet la pratique des arts utiles, et l'application aux diverses branches de l'industrie et du commerce des études scientifiques et artistiques qui s'y rapportent. » (Proposition de loi déposée à la Chambre des députés par M. Maurice Rouvier, session de 1885),

Voici donc l'enseignement technique bien défini : il comprendra le groupe des écoles dans lesquelles on préparera les jeunes gens à la pratique d'une profession industrielle ou commerciale, c'est-à-dire d'une part les écoles d'apprentissage, les écoles d'arts et métiers, etc., et, d'autre part, les diverses écoles de commerce proprement dites.

Quant à ce qualificatif trop vague de professionnel, le plus simple serait de l'abandonner; si l'on tenait absolument à s'en servir, il faudrait l'appliquer à certaines écoles primaires supérieures auxquelles sont annexés des ateliers pour le travail du fer et du bois, destinées à donner une culture générale scientifique pratique, mais qui ne sauraient avoir en vue l'apprentissage d'un métier déterminé. Telles sont par exemple les écoles nationales en voie de construction à Armentières, à Vierzon et à Voiron.

Jusque vers la fin du siècle dernier, les lettres et les beaux-arts constituaient presque exclusivement le fonds de l'instruction et de l'éducation publiques. Jusqu'en 1789, l'École des Mines, l'École des Ponts et Chaussées, l'École des Constructions navales, l'École du génie de Mczicres, les Écoles d'artillerie de Bapaume, de Chàlonssur-Marne, de la Fcre, sont les seuls établissements d'enseignement technique existant en France.

L'Institut, l'École polytechnique, le Conservatoire des Arts et Métiers, le Muséum d'histoire naturelle, les Écoles centrales destinées à remplacer les collèges et à rendre l'enseignement plus pratique, voient le jour au milieu d<.'S troubles de la Révolution. De 1793 à la fin de l'Empire sont créées les écoles de Liancourt et do Compicgne, dont la réunion forme en ISOG l'École d'arts et meliors do Chàlons-sur-Marnc et l'École de Beaupréau (1812), transl'eroc à Augers eu 1815.

L'enseignement do la géographie n'est pas la meilleure partie du livre : l'auteur n'y évite pas la sécheresse et la banalité scolaires. Elle laisse tout à faire aux novateurs d'aujourd'hui.

Plus à l'aise sur le terrain du calcul et du système métrique, elle emprunte à Pestalozzi sa méthode, et avec l'aide d'un disciple du maître (M. Boniface, sauf erreur), elle communique à cette partie de l'ouvrage la vie et l'entrain qui en animent tant d'autres pages.

Mais où elle fait avec le plus de bonheur acte d'éducatrice, c'est dans la partie la moins didactique du livre, dans ces Variétés Qt Récréations où son imagination de poète et son cœur de mère se donnent si complaisamment carrière. Elle se révèle là véritable amie de l'enfance, véritable institutrice, et guide d'institutrices ; elle fait honneur à son temps et mérite le respect du nôtre. Sous le titre de Variétés, elle donne de véritables leçons de choses, bien appropriées et soigneusement mesurées. Il y a là sur les divisions du temps (année, saison, mois, semaine, jour et heure) sur les couleurs, etc., d'ingénieux développements que ne désavouerait pas M°»e Pape-Carpantier. L'article Récréations contient des historiettes amusantes et bien contées : nous citerons comme modèle du genre l'histoire de cette petite princesse qui se moquait de ceux qui ont faim et à qui son père fit faire la douloureuse expérience du jeûne.

Telles sont les qualités qui font de ce Cours d'éducation un livre bon à rappeler et utile à feuilleter : nous avons trop de tendance à croire que nous inventons quand nous ne faisons que recommencer ou perfectionner.

Nous citerons, sans y insister, un certain nombre de récits composés pour la jeunesse par Mme Tastu, entre les années 1840 et 1845 : Le bon petit garçon ou récits du maître d'école, historiettes morales ; l'Honnête homme, Voyage en France, etc.

Il faut dire un mot aussi du succès littéraire remporté par elle en 1840 : son Eloge de madame de Sévigîié obtint le prix d'éloquence au concours de l'Académie française. Bien pensé et sobrement écrit, ce discours place M™^ de Sévigné dans un bonjour. Sans doute, le goût actuel, devenu exigeant, réclamerait plus de recherches spéciales et d'étude; disciple de Villemain en critique littéraire, comme elle l'est de Guizot en littérature historique, Mme Tastu applique le conseil : « Glissez, mortels, n'appuyez pas. » Elle marque avec netteté le caractère de l'aimable marquise, sa forte éducation classique qui déconcerte nos timidités modernes, sa philosophie pratique, ses relations, l'intérêt historique de ses lettres « véritable journal de l'époque », le charme de son esprit et de son style : de ce dernier, elle fait sentir le goût et le bouquet par des citations habilement enchâssées. Il y a là un travail de rapport et comme de broderie qui est le triomphe de la délicatesse et de la dextérité féminines.

Terminons sur Mm« Tastu par ce mot de Mme Desbordes-Valmore : « Son talent est sans une tache, comme sa vertu. » [H. Durand].

TAXE SCOLAIRE. — On trouvera les renseignements nécessaires sur les taxes levées par les communes ou par l'État, dans les divers pays, pour l'entretien des écoles, aux articles généraux Communes {Obligations scolaires des) ot Subventions, ainsi qu'aux articles particuliers consacrés à chacun des pays étrangers. Pour la France, consulter les articles Centimes et Ressources ordinaires.

TECHNIQUE (ENSEIGNEMENT). — Un grand nombre de personnes se servent encore indifféremnient aujourd'hui dans la môme acception des deux expressions Enseignement professio7incl et Enseignement technique. Il nous paraît nécessaire

TECHNIQUE (ENSEIGNEM.) — 2871 — TECHNIQUE (ENSEIGNEM.)

En 1829, quatre savants, MM. Olivier, Lavallce, Pôclot et Dûmes fondent l'École ccuti-ale des Arts ot Manufactures.

En 18i3,uno troisième École des arts et métiers est établie à Aix en Provence.

Et lorsque nous aurons cité l'École des mines do Saint-Etienne, l'École des maîtres mineurs d'Alais, l'École dos mineurs de Douai, l'École d'iiorlofîeric de Cluses," que l'État a prise à sa chart^e lors de la cession de la Savoie, mais qu'il a récemment reconstruite sur des plans plus vastes, l'École d'apprentissage de DcUys (Algérie), fondée en 1S82, nous aurons épuisé la liste des établissements d'enseignement technique appartenant à l'État. Ajoutons qu'une quatrième École nationale d'arts et métiers est en ce moment en construction à Lille, et qu'une loi a décidé la création à Nevcrs d'une École nationale de chaudronnerie.

De son côté l'initiative privée a suppléé par elle-raérac à l'insuffisance de l'enseignement technique public; des départements, des communes, des chambres de commerce, des chambres syndicales, des sociétés industrielles, des particuliers, ont fondé ou subventionné des écoles ou des cours. Chacune de ces institutions librespossède une organisation essentiellement différente et des programmes variant suivant les besoins, depuis ceux d'un enseignement élevé comme l'Institut industriel du Nord, l'École centrale lyonnaise, etc., jvisqu'à ceux de l'apprentissage proprement dit, comme les écoles de la Villette à Paris, du Havre, de Rouen, de Saint-Quentin, etc. Ces écoles ou cours, déjà nombreux, se sont mulli])liés pendant ces dernières années. Ils sont aujourd'hui au nombre de 130 environ; ils reçoivent ensemble près de 20 000 élèves.

Au point de vue de l'enseignement commercial, la situation de la France est moins favorable. Nous ne possédons pas sur toute la surface du territoire plus de dix établissements consacrés à l'enseignement commercial proprement dit. L'Ecole commerciale de la chambre de commerce de Paris (avenue Trudaine) peut être considérée comme représentant le degré primaire de cet enseignement. Les Ecoles supérieures de commerce de Paris, Lyon, Bordeaux, le Havre, Rouen, Marseille, correspondent au degré secondaire. Quant au degré supérieur, il est constitué par l'unique Ecole des hautes études commerciales de la chambre de commerce de Paris. Un groupe de négociants et d'industriels a fondé récemment à Paris, sous le nom d'Institut coinmercial, un établissement que son programme rapproche des écoles supéiHeures \ les élèves sont spécialement formés pour le commerce d'exportation. Enfin une chaire de commerce vient d'être annexée à l'école industrielle d'Épi naL

Toutes ces écoles réunies ne comptent pas ensemble un minier d'auditeurs, chiffre absolument hors de proportion avec le grand nombre de jeunes gens qui se destinent à la carrière commerciale, surtout en présence de l'organisation formidable de certaines nations rivales. Il n'existe pas en Allemagne moins de GO écoles de commerce, fréquentées par plus de 8000 élèves; en Autriche on en compte 62, réunissant le même nombre de jeunes gens; aux États-Unis, on rencontre 207 établissements d'enseignement commercial proprement dit, fonctionnant, il est vrai, dans des conditions spéciales, mais recevant près de 45000 jeunes gens. C'est ajuste titre que l'on attribue à la supériorité de cet enseignement le développement considérable qu'ont pris depuis une quinzaine d'années le commerce et l'industrie do CCS nations. — Un article spécial a été consacré dans ce Dictionnaire aux écoles de commerce ; V. Commerce {Ecoles de).

En présQçiqe^it^u^.jCaractcre d'âpreté do plus en

plus marqué que revêt la lutte industrielle et commerciale engagée entre les divers oeuplcs, il devient d'une nécessité absolue d'organiser fortement en France l'enseignement industriel et l'enseignement commercial, l'enseignement technique en ua mot.

Si l'on considère par exemple l'enseignement industriel, on reconnaît que l'ensemble des institutions déjà existantes forme dès maintenant, pour le monument complet qui doit être envisagé, une charpente bien disposée.

Dés la salle d'asile, dès que l'enfant est en état de se servir de sa main, de cet organe merveilleux, aussi docile <iue délicat, il ref;oit les leçons de la méthode Frœbel, plus ou moins étendue et développée.

A l'école primaire, des ateliers appropriés sont mis à sa disposition dans le but — mais dans le seul but — d'exercer la souplesse et l'adresse de soq corps, de le familiariser avec l'idée du travail manuel, de lui apprendre à l'aimer et à le respecter.

En sortant de l'école primaire, il voit s'ouvrir devant lui des écoles d'apprentissage disposées en vue de l'étude spéciale de chaque métier, formant des jeunes gens capables de devenir rapidement des ouvriers instruits et habiles.

A la suite et au-dessus des écoles d'apprentissage, véritables écoles techniques de degré primaire, viennent se placer les écoles nationales d'arts et métiers, écoles techniques du degré secondaire.

Au sommet de l'échelle enfin, nous trouvons les écoles d'enseignement tcchni(iuc supérieur, comme par exemple l'École centrale des Arts et Manufactures.

Telle est la série d'institutions qui, convenablement reliées les unes aux autres, nous apparaît comme répondant aux nécessités de l'enseignement industriel d'un pays comme la France, car dans cette suite ininterrompue d'écoles, chacun — ouvrier, contremaître, ingénieur — pourrait recevoir l'éducation en rapport avec sa valeur personnelle.

Nous le répétons, le canevas existe ; mais il reste à remplir les vides et à relier entre eux les programmes. Nous nous gardons de penser que l'enseignement industriel doive êtr^ établi de toutes pièces. Il ne saurait surtout être question ne créer quelque chose d'analogue à cet enseignement qui est donné par le ministère de l'instruction publique, à cet enseignement littéraire et scientifique qui s'adresse aux besoins généraux du pays, soumis à des règles forcément uniformes ; on ne saurait songer, en un mot, à créer une Université d'enseignement industriel. Ici le mode d'enseignement doit varier d'une classe à l'autre comme les industries auxquelles elles s'adressent; la plus grande liberté devra être laissée au point de vue des programmes aux fondateurs, qui seront la plupart du temps des ingénieurs, des industriels connaissant mieux que personne les besoins à satisfaire.

Les observations précédentes montrent en môme temps quel doit être le rôle do l'État en pareille matière : provoquer, stimuler les initiatives locales, les soutenir de son influence, de son argent, au moyen de subventions et d'allocutions annuelles; régulariser et coordonner les tendances des divers établissements; exercer les fonctions de contrôle qu'il ne saurait abandonner; créer par lui-même le moins possible.

Il est évident qu'une pareille entreprise ne saurait être conduite que par les soins d'un même département ministériel, car c'est à cette seule condition que l'on pourra réaliser l'unité de vues et de direction, l'esprit do suite nécessaire, et que pourra s'établir la tradition dans ce qu'elle a de bon et de respectable ; ce département ne saurait être que celui du Commerce et de l'Industrie, dans

TECHNIQUE (ENSEIGNEM.) — B872 — TECHNIQUEi (ENSEXGJS^EM./

les attributions duquel se trouvent déjà le Conservatoire national des Arts et Métiers, l'École centrale des arts et manufactures, les Ecoles nationales d'Arts et Métiers, l'École nationale dapprentissage de Dellys, l'École nationale d'horlogerie de Cluses, et qui subventionne en outre un grand nombre d'écoles techniques, auties que celles de l'État. \Nous laissons de côté, bien entendu, certaines écoles spéciales comme celles des Travaux publics, de la Guerre, etc., chargées d'alimenter les services de ces administrations).

'c L*enseignemcnt technique doit être considéré surtout dans sa matière et dans sa nature propre, et toutes ses affinités le portent vers le minbtére du commerce, de l'agriculture et des travaux publics. C'est le ministère du travail, de l'industrie, des métiers, des arts industriels. Le ministère du commerce est le plus compétent pour juger et diriger l'enseignement technique. LTniver!.itc se préoccupe de théories plus que d'applications ; son point de xue n'est pas celui de l'enseignement particulier, de la réalité actuelle, de l'utilité pratique. Ce sont les hommes de l'industrie qui enseignent le mieux la pratique industrielle, ce sont eux qui savent former les bons ouvriers, les bons contremaîtres, les bons chefs d'industrie. Les professeurs dans l'enseignement secondaire classique ou spécial, les instituteurs dans l'enseignement primaire sont soumis à des conditions sévères et nombreuses de diplômes, de brevets, de certificats de stage. Des programmes d'examen règlent leur action. L'enseignement primaire et le secondaire se donnent à peu près partout de la même manière. Rien de semblable dans le technique. Tout le monde peut professer : chacun est libre dans sa méthode, il n'y a ni règlement officiel, ni programme ; ce n'est pas l'uniiormité, c'est la variété, on peut môme dire la liberté absolue. L'esprit pédagogique est tradition ; l'esprit industriel est activité sans fin et sans limite. La recherche du mieux ne lui permet pas un insunt de repos. Une industrie qui s'endort est une industrie morte. » [Rapport au Corps législatif, session de 18C7, par M. Chauchard.)

Cependant la loi du 11 décembre 1880 a chargé conjointement les deux administrations du commerce et de l'indf strie et de l'instruction publique de ia création et de la surveillance des écoles d'apprentissage. Nous n'ignorons pas que cette solution n'a été adoptée qu'en désespoir de cause, et dans le but de faire profiter les établissements à fonder des subventions de la caisse des écoles ; mais nous n'en sommes que plus convaincu, surtout en présence de la situation de cette caisse, qui ne peut pas même suffire à la construction des écoles primaires, que cet état de choses doit prendre fin; nous estimons que les pouvoirs publics, laissant l'administration de l'instruction publique poursuivre l'œu^Te immense quelle a entreprise et qu'elle tient à honneur de mener à bonne fin, doivent résolument déclarer que les écoles d'apprentissage, comme les écoles techniques du degré secondaire et supérieur, doivent être placées dans les attributions du ministère du commerce et de l'industrie, et inscrire au budget de ce département les crédits dont il est totalement dépourvu. C'est en effet vers les écoles d'apprentissage que le principal effort doit être tout d'abord porté ; on a fait beaucoup pour l'enseignement technique secondaire et supérieur; on a fait peu ae chose en faveur de l'enseignement dont l'ouvrier pourrait profiter.

Les considérations générales que nous venons d'exposer au sujet de l'enseignement industriel Beraient presque entièrement applicables à l'enseignement commercial. Comme l'enseignement industriel, l'enseignement commercial se divise nalurellemeat en trois degrés, dont chacun compte

un représentant à Paris dans les écoles de la chambre de commerce. Nous ne recommencerons donc pas, au sujet de cet enseignement, une étude qui nous entraînerait à des redites, et qui nous conduirait d'ailleurs, au point de vue de son orga^nisation et du rôle que 1 État est appelé à jouer à son égard, aux mêmes conclusions. La néce^^ilc de développer l'enseignement commercial en France s'impose même avec beaucoup plus de force que pour l'enseignement industriel ; car, s'il nous est permis de reconnaître qu'au point de vue de ce dernier la France occupe en Europe un rans honorable, il n'en est malheureusement plus de même, comme nous l'avons vu plus haut, en ce qui concerne l'enseignement du commerce.

Nous ne saurions, en outre, nous dispenser d'ajouter les observations suivantes. Ce qui a fait le succès dune grande partie des écoles d'Allemagne et d'Autriche -sans parler des États-Unis où les charges du service militaire n'existent pour ainsi dire pas , c'est le concours précieux que les gouvernements de ces deux pays leur ont apporté en accordant, à leurs élèves diplômés, le droit au volontariat d'un an. Il n'est pas douteux, pour nous, que si le diplôme de nos excellentes écoles supérieures de commerce françaises, par exemple, entraînait ipso facto l'admission au volontariat d'un an, au lieu de donner simplement droit à un sursis d'appel, ces écoles seraient bientôt trop petites pour contenir leurs élèves, alors qu'elles arrivent à gi-and peine, aujourd'hui, à vivre de leurs '. propres ressources. '

Tous les efforts des gouvernements allemand et autrichien tendent d'ailleurs, en vue de sauvegarder les intérêts généraux du commerce et de l'industrie aussi bien que ceux des hautes études générales, à faciliter l'accès du volontariat aux jeunes gens munis de diplômes présentant des garanties suffisantes. Xous ne pouvons nous empêcher d'exprimer ici le vœu que le Parlement français, dans son patriotisme éclairé, ne perde pas de vue les exemples qui nous viennent de ces deux grandes puissances militaires.

[P. Jacquemart.]

PAYS ÉTRANGERS

ALLEMAGNE. — Bade, — Au degré primaire, l'enseignement technique est donné dans les Gexcerbschulen, qui sont des écoles complémentaires ou Fo7ibildungsschulen (sortes d'écoles primaires supérieures) destinées aux jeunes gens qui doivent se consacrer à un métier dont la pratique n'exige pas d'études scientifiques du degré secondaire ou supérieur. Les branches d'enseignement, dans ces Gewerbschulen, sont l'arithmétique, la géométrie, le dessin, l'cconoraie industrielle, la rédaction allemande, et, selon les besoins et les ressources, les sciences physiques et naturelles, la mécanique, et le modelage. L'âge ordinaire des élèves est de quatorze à dix-sept ans. La fréquentation de certe école peut être rendue obligatoire pour les apprentis par une décision de l'autorité communale. Les élèves sont distribués en trois classes, ou en deux classes au minimum. Chaque classe reçoit au moins 6 heures de leçon par semaine, dont 2 ont lieu le dimanche. Il existe des Geuerbschulen dans une cinquantaine de communes. Ces établissements relèvent du Conseil supérieur de l'instruction publique.

Dans un certain nombre de localités, jiarticnlièrement dans la Forêt-Noire, on trouve des écoles spéciales, subventionnées par TÉtat, pour l'apprentissage de l'horlogerie, de la sculpture sur bois, du tressage de la paille, etc.

L'enseignement technique du degré secondaire n'est pas représente.

L'enseignement technique du degré supérieur

TECHNIQUE (ENSEIGNEM.) — 2S73 — TECHNIQUE TeNSEIONEM.)

se donne à l'école polytechnique [poljjlechnischt Sckitle) à Carisruhe, relevant du ministère de l'intérieur, et à rétablissement pour renseignement de l'art industriel [Aifitalt far kunstgewerhlichen UntetTicht) à Carisruhe, relevant du ministère du toramerce.

Bavièhe. — Au degré primaire, on trouve, cnmme dans le grand-duché do Bade, des écoles co.iiolementaires destinées aux apprentis, sous le nom' de gewerblkhe Fortbildiinrjsschulen

3 écoles de filage, et 30 écoles d'industrie domestique 'ces dernières dans la Su'ssc saxonne). Pour les élèves déjà sortis de l'écoie primaire, il existe 22 écoles complémentaires donnant un enseignement technique igewerbliche Fortbildungsschulen) ; il faut y joindre 9 écoles proressionncùes pour les femmes et les jeunes filles.

Comme écoles spéciales d'apprentissage, on trouve des écoles de tissage et de passementerie au nombre de 2S, diverses autres écoles fabricitioa

On appelle Gewerbschulen, en Bavière, des ', de jouets, meunerie, vannerie, horlogerie, etc. , au écoles formant leurs élèves à l'apprentissage d'une ■ nombre de 20, 6 écoles de navigation, 2 écoles de profession spéciale; ces écoles sont assez nom-

breuses : on y enseigne le tissage, la vannerie, la céramique, la sculpture sur bois. etc.

Le degré secondaire est représenté par les tndustrieSchulen, au nombre de quatre, à Munich, Augsbourg, ^'u^emberg et Kaiserslautern, L' Industrie-ScÂule de Munich comprend quatre divisions : mécanique, chimie, architecture et commerce

mineurs.

Il y a 25 écoles de commerce, dont plusieurs sont subventionnées par l'État.

Au (icgré secondaire, les 5 écoles royales d'architecture, le Tecknikum de Mittwei'da, l'école industrielle municipale [stûdtiche Geiirrheschule) de Leipzig, et les établissements techniques de l'État à Ghemnitz, divisés en quatre sections. Au degré supérieur, les deux Kun^tge^joerbe- II existe en outre à Munich et à Nuremberg des ! schulen de Dresde et de Leipzig, et le Poiytechni" écoles d'art industriel iKunst-Gewerbe-Schulen)Akum de Dresde. qui sont des établissements de l'État. Wlhtembekg. — Aux écoles primaires sont an-

Au degré supérieur, on trouve l'École poly- nexées, sous le nom de Indtistj'ieschu en, des technique de Munich. classes où l'on enseigne aux filles les travaux à

Prusse. — Un arrêté ministériel du 14 juin ', l'aiguille, aux garçons le dessin et les travaux 18T4 a réglé ce qui concerne l'enseignement agricoles et horticoles. Les élèves de ces classes teciinique dans les écoles complémentaires {Fo7^t- spéciales sont presque exclusivement des filles. btldungsschiden}. La geicerbïiche Fortbildungs-\ Les écoles complémentaires donnant un enseisc/iuie comprend deux degrés : au degré inre-| gnement technique sont de trois catégories : rieur, le programme est celui des classes les plus j 1» Les gewerbliche Foribildungsschuten, au élevées de l'école primaire; au degré supérieur, ' nombre de 162 en 1S83, qui enseignent principa- OD y ajoute la physique et la chimie, l'arithmé- j lement le dessin, et dont plusieurs possèdent des tique commerciale, la tenue des livres, la corres- i ateliers où se fait l'apprentissage d'une profession poadance commerciale, et, si c'est possible, une ! spéciale (ciselage et gravure, sculpture sur ivoire, ou deux langues étrangères. Il existe aussi des j sculpture sur bois, etc.);

Hand'-cerker Fortbildungsschulen {écoles comp[é-\ 2» Les kaufm'Àimische Fortbildungsschulen , mentaires pour les ouvTiers), où l'enseignement, ! au nombre de 7, destinées aux coounis qui font qui dure au moins deux ans, s'étend au dessin, [ l'apprentissage du commerce; au calcul, aux sciences physiques et naturelles, à '■ 3° Les xjceibliche Forlbi'dungsschulen, au noml'histoire et à la littérature; le nombre des heures bre de U, et les F rauennrbeitsschulen, au nombre de leçons doit être de seize par semaine, dont la de 13, destinées aux femmes et aux jeunes filles, moitié est consacrée au dessin. j Au degré moyen on trouve l'école d'art indus-

Au degré moyen se trouvent les écoles techni- j triel {Kunstgew'erbeschule] de Stuttgart; au degré ques spéciales' {gewerbliche Fuchschu'en), qui i supérieur, l'école polytechnique de Stuttgart, comprennent entre autres les écoles de l'industrie, ' ANGLETERRE. — L'enseignement technique, dans du bâtiment [Baiigewerkschulen), les écoles de le Royaume-Uni, relève d'un département spécial contremaîtres pour les mécaniciens {^Werkmeis- i de l'administration, le Science and Art Departtevschulen fur Mechaniker), les écoles de l'in- j ment. Ce département accorde des subventions dustrie textile, de l'industrie céramique, de l'in- : aux écoles de diverses catégories ouvertes par des dustrie du bois, etc. Ces diverses écoles sont, les ' particuliers ou des corporations : cours de dessin, unes entretenues complètement par l'État, les cours de sciences appliquées à l'industrie, cours autres subventionnées par lui. Il existe aussi des d'art industriel, etc. Un vaste établissement, le écoles d'art industriel, de diverses catégories, i Musée de South Kensington (V. Afj<5e?5 a't/rf mentre autres les écoles provinciales d'art et de ' du5(r:e/}, a été créé par le Département des Sciences travail manuel (Provincial-Kunst- und Uandœer- et Arts pour reunir les plus beaux modèles, et aukerschuLen) à Dantzig et à Kœnigsberg. Ces éta- près de ce musée une école normale spéciale prépare blissements sont placés sous la surveillance d'une des professeurs de dessin ; une partie des modèles Commission permanente pour l'enseignement de South Kensington forme des collections circutechnique. , lames, mises à la di>positiou des écoles locales

Lens*»ignement commercial est donné dans les d'art industriel qui en font la demande.

écoles de commerce de Berlin, Francfort, Dant zig, etc.

L'enseignement technique du degré supérieur

Parmi les établissements d'enseignement teciinique dus à l'initiative privée, il faut citer en première ligne les récentes créitions de la Cite et

est donne à l'École technique supérieure de Ber- des corporations de Londres; ce sont : l'école d'art

lin, ainsi que dans les écoles polytechniques des professionnel de Kennington Pa;k lioad, le lec/i-

provinces (Hanovre, Aix-la-Chapelle, etc.^ nical Collège de Finsbury, et l école technique

Il y a en outre à Berlin une école d'art indus- suoérieure appelée City and Guilds of London

triel, à laquelle est annc\é un musée croc en Teè/mica/ /«s///zf^jon (South Kensington), quia ete

ISG"; et qui a déjà pris un développement conside- inaugurée en ISSi. Il existe encore un cert.iin

rablc ^V. Musées d'art industriels

Saxe. — D'après le rapport publié par le gouvernement saxon sur la situation de l'instruction publique en 1884, les établissements d'enseignement technique sont les suivants :

Au degré primaire, 31 écoles pour le tricot et le lacet, a écoles pour le tressage de la paille.

nombre d'écoles d'enseignement technique dans une douzaine de villes, à Manchester, Liverpool, Leeds, Shelfield, -\ottingIiam, Biruaingham, Leicester, etc.

Mais, makré les efforts remarquables qui se font dcr>uis quelques années, « l'enseignement teciinique en Grande-Bretagne est encore dans la pé

TECHNIQUE (ENSEIGNEM.) — 2874 — TECHNIQUE (ENSEIGNEM.)

riode d'enfance, disait en 1884 un document officiel [Officiai Guide to the International Health Exhibition, p. 9). Les institutions pour l'enseignement technique supérieur sont malheureusement rares et isolées ; quant aux institutions des degrés primaire et intermédiaire, on peut presque dire qu'elles n'existent pas. Sous ce rapport, la Grande-Bretagne est restée bien en arrière des principales nations de l'Europe. «

Une Commission royale a été instituée en 1881 pour étudier les institutions d'enseignement technique existant dans les pays étrangers, et pour examiner les améliorations qui pourraient être suggérées. Cette Commission a présenté en 1882 un premier rapport, et l'a fait suivre en 1884 d'un second rapport en trois gros volumes, résumant les résultats de l'enquête faite par elle tant dans les trois royaumes que dans les principaux pays d'Europe et dans l'Amérique du Nord. Les conclusions de la Commission royale concernant l'organisation à donner à l'enseignement technique dans le Royaume-Uni se trouvent aux pages 505- 540 du tome 1er de ce second rapport.

AUTRICHE-HONGRIE. — AUTRICHE. — L'Autriche a organisé l'enseignement technique en commençant par le degré supérieur, pour aboutir en dernier lieu aux écoles du degré inférieur. En 1863 fut créé à Vienne le Musée d'art industriel [Muséum fur Kunst und Industrie), auquel fut jointe en 1867 une école d'art industriel [Kunst gewerbeschule) comprenant trois divisions : architecture, sculpture, dessin et peinture. En 1875, le ministre de l'instruction publique décida la création de quatre écoles supérieures techniques [Staatsgewerbeschulen), qui furent placées à Prague, Reichenberg, Salzbourg et Gratz. « Il paraît à propos, disait à ce sujet un mémoire émané du ministère, de commencer par fonder, sur quelques points centraux, un petit nombre de grands établissements modèles. Une fois que cette nouvelle création aura pris racine, on aura gagné une base d'opérations solide, qui permettra d'organiser peu à peu, dans le rayon de ces divers établissements, des écoles techniques de moindre importance. » L'exécution de ce plan n'est pas encore entièrement achevée, et les écoles techniques de second ordre appartenant à l'État ne sont encore qu'en petit nombre ; mais, par contre, il existe de nombreux établissements fondés par des municipalités. Ces établissements inférieurs sont de trois degrés: 1" cours préparatoires; 2* écoles complémentaires techniques [gewerbliche Fortbildungsschulen) pour les apprentis et pour les jeunes filles ; 3° écoles spéciales [Fachsschulen] avec ateliers d'apprentissage ; on trouve à Vienne 7 de ces écoles spéciales, placées sous la direction de la commission municipale d'enseignement technique (dessin manufucturier et tissage, passementerie, horlogerie, tour, imprimerie, orfèvrerie, commerce).

Il y a des écoles supérieures de commerce à Vienne, Prague, Gratz et Trieste; celles du degré inférieur sont assez nombreuses.

HONGRIE. — Les documents statistiques publiés parle ministère hongrois de l'instruction publique ne mentionnent pas d'établissements d'enseignement technique du degré primaire. Toutefois, les instituteurs peuvent être chargés de l'enseignement du travail manuel, et cet enseignement, qui se réduit d'ordinaire à celui d'une branche particulière d'industrie (objets en paille, dentelles, sculpture sur bois, etc.) est donné dans un millier d'écoles environ.

Au degré moyen, on trouve les écoles de commerce, au nombre d'une quarantaine ; quatre ou cinq ateliers d'apprentissage; l'école industrielle de Budapest, et l'école de constructeurs-mécaniciens de Kabchan.

Le degré supérieur offre deux grands tablisse-

ments à Budapest, l'Ecole nationale de dessin, dont une section est consacrée à l'art industriel, et ÎÉcole polytechnique, divisée en trois sections: ingénieurs et architectes, ingénieurs mécaniciens, section générale.

BELGIQUE. — La Belgique a organisé, sous le nom ^.'écoles industrielles, des classes d'adultes à l'usage des apprentis et des ouvriers. On y enseigne particulièrement le dessin et les sciences; on n'y fait pas, sauf exception, de travail manuel proprement dit. Les cours ont généralement lieu le soir; quelques écoles ont aussi des classes du jour. Le nombre des écoles industrielles était de 34 en 1881. Il existe en outre dans les Flandres des ateliers d'apprentissage, au nombre d'une cinquantaine, destinés à former des ouvriers pour le tissage de la laine.

Les écoles professionnelles de jeunes filles, au nombre de 6, donnent, à côté de l'enseignement primaire supérieur, un enseignement technique spécial (confection de vêtements, fleurs artificielles, peinture sur porcelaine, etc.).

Parmi les écoles de commerce, celle d'Anvers est la principale.

La Belgique ne possède pas d'école polytechnique. L'enseignement technique supérieur se donne dans les universités.

HOLLANDE. — Il existe, depuis 1863, une catégorie spéciale d'écoles destinées à la classe ouvrière : ce sont les Bargerschoolen ou écoles moyennes inférieures. Parmi ces Burgerschoolen, les unes, en plus petit nombre, sont des écoles de jour; les autres sont des écoles du soir; quelquefois la même école a un cours du jour et un cours du soir. L'école du jour est destinée aux jeunes gens appartenant à la partie de la classe ouvrière dans laquelle se recrutent les patrons et les contremaîtres ; l'école du soir est ouverte aux jeunes gens qui apprennent déjà un métier pendant la journée. Toute commune de plus de 10000 habitants doit avoir au moins une Burgerschoole du jour; toutefois le roi peut dispenser la commune de cette obligation, s'il est évident qu'une école du soir suffit aux besoins

Antérieurement à 1863, la plupart des villes possédaient des écoles dites industrielles ou des écoles de dessin. Dans quelques communes, les Burgerschoolen ont pris la place de ces anciennes écoles ; un certain nombre de ces établissements ont néanmoins continué à exister, non seulement dans les communes où la loi n'impose pas à l'administration l'obligation d'établir une école moyenne, mais aussi dans quelques villes où on les a laissé subsister à côté de ces nouvelles institutions.

En dehors des écoles prévues par la loi, l'initiative privée a créé dans plusieurs villes, Amsterdam, Rotterdam, Arnheim, La Haye, etc., des « écoles professionnelles » [Aynbachts-schoolen), les unes pour les garçons, les autres pour les jeunes filles.

L'État a fondé une école polytechnique à Delft en 1864.

ITALIE. — Au degré primaire, on trouve dans un grand nombre de villes des classes du soir [scuole serali) pour les ouvriers, et des écoles des dimanches et fêtes [scuole festive) pour les ouvrières. La plupart de ces classes donnent simplement l'instructionprimaire; mais il en est où l'on enseigne le dessin industriel, le modelage, la mécanique, la technologie.

Le degré secondaire est formé par des établissements de divers genres, que subventionne le , ministère de l'agriculture, du commerce et dô ' l'industrie. Une statistique publiée en 1885 mentionnait, comme recevant des subventions : 11 écoles d'arts et métiers pour garçons, pourvues d'ateliers; 33 écoles d'arts et métiers pour garçons,

TECHNIQUE (ENSEIGNEM.) — 2875 —

sans ateliers; 64 écoles d'art appliqué à l'industric; 15 écoles spéciales; et la écoles professionnelles de jeunes filles; ces divers établissements recevaient ensemble environ 16000 élèves.

Les scuolc ti'cnici, qui relèvent du ministère de l'instruction publique, ne sont pas en réalité des « écoles techniques », mais des établissements d'enseignement secondaire, analogues aux Realschuler. d'Allemagne et à nos collèges d'enseignement sîécial.

Au -dessus des scuole iecnici sont placés les istituti tecnici, établissements où l'enseignement prend un caractère plus technique en s'élevant et en se spécialisant. A l'origine, les istituti tecnici relevaient du ministère de l'agriculture et du commerce ; ils n'ont été rattachés à celui de l'instruction publique qu'en 1878. L enseignement y est réparti en quatre secticr.f! : section administrative et commerciale, sectior agronom^ue, section chimique, section physico-mîithéiT.atique. Le cours d'études, qui fait suite à celui des scuole tecnici (lequel est de trois ans), est de deux années dans les trois premières sections, de trois années dans la quatrième.

Au degré supérieur, on trouve l'institut technique supérieur de Milan, et les écoles d'application pour les ingénieurs, à Turin et à Naples.

Il y a une école supérieure de commerce à Venise, et plusieurs écoles de commerce du degré moyen dans d'autres villes.

SUÈDE. — Depuis quelques années, une impulsion assez vive a été donnée au développement de l'enseignement technique, qui a été réorganisé.

Les écoles techniques sont de deux degrés.

Celles du degré inférieur sont :

\° Les écoles techniques (ou professionnelles) du dimanche et du soir, à l'usage des ouvriers, qui existent dans une dizaine de villes;

2° L'école des arts et métiers (Slôjdskola) à Stockholm, qui reçoit des élèves des deux sexes;

3" Les quatre écoles techniques élémentaires de Norrkœping, Malmœ, OErebro et Boras ;

4° Les deux écoles inférieures des mines, à Filipstad et à Falun.

Le degré supérieur est représenté par l'école industrielle Chalmers, à Gotherabourg, et par l'école polytechnique, à Stockholm.

SUISSE. — La Suisse possède, dans les villes industrielles, des cours du soir destinés aux ouvriers, où l'on enseigne le dessin et diverses connaissances techniques. Des écoles spéciales d'apprentissage pour certaines industries ont été créées dans divers cantons : écoles d'horlogerie, de tissage, de sculpture sur bois, etc. Il y a de plus quelques écoles d'art industriel, à Genève, Zurich, Lucerne, Bâle, Saint-Gall et la Chaux-de-fonds. La ville de Winterthur possède, sous le nom de Technikum, un établissement du degré secondaire donnant l'enseignement technique ; il comprend six divisions : industrie du bâtiment, mécanique, chimie, dessin d'art industriel et modelage, géométrie et arpentage, commerce.

Le Conseil fédéral a reconnu la nécessité de développer l'enseignement technique, et a chargé en 188i une commission d'étudier l'organisation adoptée dans les pays voisins : cette commission a présenté son rapport en un volume de 200 pages, qui contient des détails sur l'enseignement technique en Autriche, en Wurtemberg, en France en €n Suisse. La môme année, les Chambres fédérales ont décidé d accorder une subvention annuelle en vue d'encourager les elTortt en faveur de renseignement industriel et des progrès de l'agriculture, et ont institué une inspection des établissements existants.

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