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de s'occuper du placement do leurs élèves sortants. Les Associations amicales d'anciens élèves entretiennent des relations constantes avec leurs anciens maîtres, et les annuaires de ces sociétés sont là pour constater les heureux résultats de l'enseignement primaire supérieur à Paris.
Voici, pour l'école Turgot, un tableau indiquant les professions et carrières des 1 830 élèves sortis dans une période de dix ans (1867-1877) :
1" Commerce et banque i 040
2» Indu»ti'ic et arts industriels. 635
3» Administrations publiques et privées 55
4° Ecoles (Ecole centrale, Ecole spéciale d'architecture. Ecoles des Arts et Métiers, Ecole des beaux-arts, Ecole d'Alfort, Ecole de Grignon, Ecole normale de Cluny, Ecoles normales primaires) 100
Total 1 850
Telle est l'organisation des écoles Turgot, telle est l'étendue de leurs programmes, tel est l'esprit de leur enseignement. Le progrès les obliget-il à franchir les limites de l'enseignement primaire supérieur, à entrer dans le domaine de l'enseignement secondaire spécial et à aspirer au titre de collège français? Assurément non. Elles doivent rester ce qu'elles sont : fidèles, dans l'avenir comme dans le passé, aux traditions de leurs fondateurs, elles conserveront l'honneur de pouvoir répondre aux besoins d'une ville comme Paris.
[G.-F. Filon.] TURK (VOiV). — Wilhelm von Tûrk, philanthrope et pédagogue allemand, né en 1774 àMciningen, étudia le droit à l'université d'Iéna, puis entra en 1794 au service du grand- duc de Mecklenburg-Strelitz comme auditeur à la chancellerie. Chargé en 1801 de l'inspection des écoles du duché, il fut frappé de leur triste situation, qu'il exposa dans une brochure publiée en 1804 [iJeber zvoeckmiissige Einrichtung der Ôffentlichen Schul- und Unterrichtsanstalten), et s'efforça d'y porter remède. Désireux de s'instruire des meilleures méthodes d'enseignement, il entreprit un voyage pédagogique qui l'amena en juin 1804 auprès de Pestalozzi. Il passa six mois en Suisse, et consigna ses impressions dans un livre fort intéressant, qu'il intitula Lettres écrites de Miinchenbuchsee ÇBriefe aus Miinchenbuchsee ûber Pestalozzi und seine Elementarbildungsmethode, Leipzig, 1806). Devenu un pestalozzien enthousiaste, il se décida à abandonner ses fonctions officielles à Strelitz, après avoir acquis la certitude que ses plans de réforme n'auraient aucune chance de succès dans le Mecklenburg. Il passa au service du grand-duc d'Oldenburg, comme conseiller de justice et de consistoire (1806) ; et voulant faire connaître autour de lui la méthode pestalozzienne, il fonda une école et y réunit quelques élèves auxquels il donna lui-même l'enseignement. Le gouvernement d'Oldenburg vit de mauvais œil cette entreprise pédagogique, etvonTurk fut sommé d'opter entre ses fonctions officielles et son école. Il donna sans hésiter sa démission de conseiller (1808), et alla rejoindre Pestalozzi à Yverdon, où il demeura trois ans. Il s'établit ensuite à Vc\ey(1811) comme directeur d'un pensionnat qui eut du succès. En 1815, il retourna en Allemagne avec l'espoir de contribuer à la régénération de sa patrie, et entra dans l'administration prussienne : il fut conseiller scolaire à Francfort-sur- l'Oder, puis à Potsdam; mais il vit bientôt ses espérances déçues, et il dut se contenter de consacrer son activité à quelques œuvres de philanthropie, création de caisses de secours pour les veuves d'instituteurs, de divers orphelinats, etc. Il prit sa retraite en 1833, et fixa sa résidence k Klein-GIienicke, auprès d'un orphelinat fondé par lui et dans lequel il avait réalisé l'idée favorite de Pestalozzi : élever les orphelins pauvres à la campagne et les occuper
aux travaux agricoles. Il est mort en 1846. Outre les deux ouvrages déjà cités, von TUrk a publié une refonte du Livre des rnercs de P. stalozzi, sous le titre de Erscheinungen in der Natur (IHV2 ; des manuels pour l'enseignement du calcul et de la géométrie; un résumé de ses idées sur l'éducation, intitulé Opinions et expériences concernant l'éducation et l'enseirpiement {Ansichten und Erfahrungen ûber Erziehung und Unterricht, Berlin, 1838); et une Autobiographie qui a paru après sa mort, en 1859.
TURQUIE. — Exposer l'état de l'enseignemeni en Turquie, indiquer les textes législatifs qui régissent l'organisation et l'administration de l'instruction publique, c'est là une tâche assez délicate et assez complexe. Certes, aujourd'hui, la Turquie a vu sa puissance diminuer et son autorité se restreindre de jour en jour ; nous ne sommes plus au temps où la Hongrie, la Grèce, la Serbie, la Moldavie et la Valachie étaient des provinces turques; mais l'empire ottoman actuel nous offre encore le spectacle d'un mélange confus de^ races différentes, de religions ennemies, d'insti-* tutions contradictoires. En effet, dans la Turquie d'Europe, seulement, à côté de l'Osmanli qui descend des anciens conquérants de Constantinople, mais dont le sang a perdu de sa pureté primitive par quatre siècles de métissages et de croisements, nous trouvons les autochtones, les anciens habitants du pays. Grecs, Slaves, Albanais, dont le nombre total dépasse de beaucoup celui des Tuirco , il nous faut également citer les nombreuses et florissantes colonies de Français, d'Italiens, d'Anglais, etc., établies dans les villes commerçantes, et les colonies d'Arméniens, de Persans, ^f* ^ircassiens, d'Égyptiens. D'autre part, le facteur le plus important est la différence de religion : en Orient, l'école primaire est avant tout confessionnelle. A côté de l'enseignement musulman, nous trouverons les écoles qui relèvent de l'église grecque orthodoxe, de l'église catholique romaine, de l'église réformée, etc. Enfin, à ces diverses nationalités, à ces religions différentes répondent des institutions différentes; le pouvoir central et l'autorité souveraine du sultan n'ont pas partout les mêmes limites, et les lois ne sont pas exécutoires pour tous les sujets de la même façon.
Ces quelques indications préliminaires nous ont paru indispensables pour établir le plan et la division de cette rapide étude. Nous aurons tout d'abord à examiner l'organisation et le fonctionnement des écoles qui sont fréquentées par la population musulmane (Turcs, Albanais, Kurdes et autres musulmans) ; puis les écoles fondées et organiséesparle gouvernement ottoman à l'instarde colles qui fonctionnent dans le reste de l'Europe, et qui n'ont pas un caractère essentiellement et exclusivement musulman ; enfin les écoles soutenues par les différentes confessions chrétiennes et les israé lites: d'où les trois subdivisions suivantes :
A. Ecoles essentiellement musulmanes;
B. Ecoles de la réforme; G. Ecoles non musulmanes.
Nous ne nous bornerons pas à l'enseignement primaire et nous ajouterons quelques détails siir l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur ; enfin, comme l'empire ottoman ne comprend pas seulement la Turquie d'Europe, mais aussi des provinces en Asie et en Afrique, nous indiquerons les différences qui se produisent selon qu'il s'agit de l'une ou l'autre des régions que les géographes turcs appellent Roum-ili (Turquie d'Europe), Anadolou (Asie-Mineure), ou Arabistdn (pays de langue arabe : Syrie, Irak, Arabie^.
A. Écoles essentiellement musulmanes. — L'Islâm n'est pas, ainsi qu'on a parfois voulu le prétendre, ennemi de toute instruction ; au contraire,
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il faut, d'après ses prescriptions, que l'homme s'instruise, mais cet enseignement doit avoirpour but unique la connaissance de la religion.
L'enfant est remis par son père aux mains d'un maître qui lui apprendra à lire dans le Coran, qui lui fera copier le Coran et le lui fera apprendre par cœur. Telle est la base de l'enseignement à son premier degré ; aux degrés suivants, enseignement moyen, enseignement supérieur, ce caractère persiste ; le produit final de cet longue instruction est un théologien et un jurisconsulte.
Historique. — A l'origine, la société musulmane était profondément démocratique, et tous les fidèles, quelle que fût leur condition sociale, devaient être mis en état de lire et de comprendre le livre saint. Les femmes et les esclaves devaient participer à cet enseignement religieux ; plus tard, on jugea que l'instruction était mauvaise pour les femmes, qu'elles devaient savoir filer et broder, mais non lire et écrire.
L'enfant entrait à l'école à six ans, il y restait quelques années, entre les mains d'un maître généralement ignorant, misérable et peu considéré, i^t n'en recevait qu'une instruction formaliste, mais pas d'éducation. L'école n'avait aucune influence sur la vie morale de l'élève, et le nom même qu'elle porte nous montre clairement quel rôle borné elle était destinée à remplir : c'est la mektéhèh, l'endroit où l'on apprend à écrire.
Si l'enfant désire continuer ses études, s'il se destine, non pas au sacerdoce, car il n'y en a pas dans rislâm, mais aux fonctions judiciaires, les plus honorées, il a une longue route à parcourir avant d'arriver au but de ses désirs, mais il trouvera dans sa carrière scientifique de grandes facilités et de nombreux secours.
La mektéhèh était une institution purement privée; être maître d'école, c'est exercer un métier, et non remplir une fonction; le seul profit matériel du maître est la rétribution scolaire, payée le plus souvent en nature; mais \2i médité sèh, où entre l'enfant devenu jeune homme, est une institution, sinon officielle, du moins soutenue, encouragée, surveillée par l'État. La,medrésèh (au pluriel, medersa) est un établissement d'enseignement secondaire, annexé à une mosquée, où des professeurs payés sur les fonds de l'établissement font des cours. Les matières de l'enseignement comprennent la grammaire, la syntaxe, la rhétorique, la science du style et celle des tropes, la logique, la métaphysique, et parfois aussi la géométrie et l'astronomie ; mais ces sciences sont un moyen de préparer le tâlib (le chercheur de science) aux deux sciences fondamentales auxquelles il devra se consacrer : la théologie dogmatique et le droit. Toujours par suite de la même idée démocratique, des institutions de bienfaisance sont établies pour aider l'étudiant pauvre. Non seulement il n'a rien à payer pour l'enseignement qu'il reçoit, mais encore, soit dans la medrésèh même, soit dans un bâtiment annexe, se trouvent un grand nombre de cellules où les étudiants sont logés gratuitement et où on leur fait des distributions quotidiennes de nourriture. La première medrésèh fut fondée à Bagdad en l'an 993 de notre ère, et le nombre de ces établissements devint bien vite considérable. On compta jusqu'à 44 medersa à Alep et 126 à Damas; ce prodigieux développement s'explique par l'idée religieuse : c'est œuvre pie que de fonder une mosquée ou une medrésèh; c'est œuvre pie que de laisser à ces institutions des sommes destinées à assurer le traitement des w?^<de;v>^5 (professeurs), à augmenter le nombre des chaires, à permettre à un grand nombre d'étudiants d'être secourus dans leurs études; c'est ainsi que se constituèrent ces biens de main-morte qui ont permis aux medersa de survivre à toutes les invasions, à toutes les catastrophes; les livres mêmes donnes à la bibliothèque
d'une medrésèh sont immobilisés et inaliénables.
Telle était l'organisation de l'enseignement sous le khalifat.
Les Turcs, qui s'étaient convertis à l'Islam, en prirent les institutions, et Turcs et Arabes tinrent à honneur d'encourager l'instruction. Le sultan de Constantinople est, depuis la cession fictive qui lui fut faite des droits du dernier Abbasside, le khalife, c'est-à-dire le vicaire, le représentant et le successeur du prophète Mohammed sur la terre, et à ce titre il doit par tous les moyens travailler à la propagation et à l'afl'ermissement de l'Islâm. Aussi, dès que Mohammed II eut conquis Constantinople et qu'il l'eut repeuplée avec des colons turcs venus de Trébizonde, il transforma huit des principales églises en mosquées et institua à côté de chaque mosquée une medrésèh. Dans chaque medrésèh, vingt-quatre étudiants {soukhtèh, « brûlé du feu de la science » ; la prononciation vulgaire est softa) étaient logés dans des cellules, nourris et entretenus. Chacun d'eux recevait tous les jours, nous dit un historien, de la soupe, du riz et de la viande bouillie, et en outre douze aspres par mois pour ses menus plaisirs. Les professeurs touchaient de vingt à soixante aspres par jour. Les autres sultans ne firent que continuer ces fondations de Mohammed II.
Etat actuel. — Aujourd'hui, depuis la réforme, l'enseignement primaire essentiellement musulman a perdu de son importance et a subi une atteinte sérieuse par la loi de septembre 1869 dont nous donnerons l'analyse dans la section suivante. Gomme la loi nouvelle élargissait les programmes et ne limitait plus l'enseignement primaire à la seule lecture et à la copie du Coran, les petites écoles libres musulmanes ont dû se transformer; mais si les programmes ont changé, le niveau de l'enseignement ne s'y est guère élevé; c'est toujours la même école que celle qui existe en Egypte et que M. Mougel a décrite ^V. Egypte) : le khodjah, qui en Turquie remplace le fiki égyptien (ou plus exactement fakih) n'est guère savant : il existe dans la littérature turque de nombreuses anecdotes sur l'ignorance des maîtres d'école, qui parfois ne savaient pas lire. Aujourd'hui, pour fonder une école primaire libre, la loi exige du /c^odya^ un diplôme ou un brevet de capacité délivré par le ministère de l'instruction publique. Quand on connaît les mœurs administratives et le laisser-aller de la bureaucratie ottomane, çnpeut, sans être taxé d'un scepticisme irrévérencieux, émettre des doutes sur la valeur de ces prescriptions, ainsi que de celles qui exigent l'autorisation du gouverneur général et du conseil académique pour ouvrir une école.
Si l'école musulmane primaire a beaucoup à souffrir de l'heureuse concurrence que lui fait l'école officielle, là où elle est établie, en revanche la medrésèh est respectée par la loi de 1869. Cela s'explique par ce fait que le caractère essentiellement religieux de la medrésèh la fait dépendre plutôt du code religieux que du code administratif, la met bien plus sous la surveillance du mufti ou de Vimâm que sous celle du gouverneur ; et, dans l'Orient musulman, si les ministres passent comme partout, et plus que partout, peut-être, si les règlements administratifs se succèdent les uns aux autres, le droit canonique est immuable ; rien de ce qui touche à cette législation ne peut être atteint valablement par le pouvoir temporel, et les medrésèh, instituées près des mosquées, préparant, comme nos petits séminaires, aux études ultérieures de théologie (dans le monde musulman, le droit est inséparable de la théologie), soutenues par le produit des vakouf, biens de main-morte absolument sacrés et inviolables, échappent en fait et en droit à toute ingérence de l'autorité civile.
B. Écoles de la réforme. — On connaît le Kfiatt-
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-chérif (l'écrit auguste) de Gul-Khanèh (3 novembre 1839) par lequel le sultan Abd-ul-Medjld, exécutant le plan de reforme de son père et prédécesseur Mahmoud, établissait les principes des nouvcUcs institutions qu'il jugeait propres à infuser un sang nouveau dans l'organisme affaibli de l'ancien empire ottoman. Mais, comme le font excellemment remarquer MM. L'bicini et Pavet de Courtcillc {Etat présent de L'empire ottoman, Paris, 187G), l'acte de Gul-Khanch n'avait fait que formuler des principes généraux; restait à tirer les conséquences de ces principes, c'est-à-dire à promulguer les lois et les règlements qui devaient ouvrir à la Turquie une vie nouvelle et la régénérer en la réformant.
« C'est cette reforme poursuivie avec plus ou moins do succès, à travers des difficultés sans ccsserenaissantespendantlerègned'Abd-ul-Medjîd et de son frère Abd-ul-Azîz, qui reçut à l'origine et qui porte encore aujourd'hui le nom de tanzimât. Etendu successivement à toutes les branches des services publics, et de la capitale, où il fut établi d'abord à titre d'essai, aux diverses provinces de l'empire, le tanzimât a parcouru plusieurs phases qui marquent comme les étapes de la réforme en Turquie. »
Ces phases, nous les retrouvons pour la matière spéciale qui nous occupe ici. En 184Galieu le premier essai de sécularisation de l'instruction publique: mais il faut bien se garder de donner à ce mot de sécularisation plus de portée qu'il n'en a: il n'a jamais été question en Turquie, sous prétexte de liberté de conscience et de fusion des diverses nationalités, pas plus dans l'essai de réforme de 184G que dans la loi organique de 18G9, d'instituer l'école neutre. Le Turc, quelle que soit sa religion, est trop religieux pour tolérer que l'école ne soit pas confessionnelle •,maistandis que dansl'ancienne école, que nous avons appelée l'école libre essentiellement musulmane, le Coran était à la fois le but et le moyen de l'enseignement, dans les nouvelles écoles l'étude du Coran sera une des parties obligatoires, fondamentales de l'enseignement donné aux enfants par les maîtres officiels, mais non l'objet exclusif du programme scolaire.
Le règlement de 1846 créait pour surveiller l'organisation des nouvelles écoles un Conseil supérieur de l'instruction publique {rnedjlis-i-meârifi-oumoumhjè/i), présidé par le grand-vizir et le ministre des affaires étrangères. En 1857 fut fondé le ministère de l'instruction publique [meârif-i-oumoumiyè.h nezâreti). Enfin, en septembre 18G9, fut promulguée la loi organique de l'instruction publique, document considérable qui ne compte pas moins de 198 articles et dont nous donnons ciaprès l'analyse.
ORGANISATION SCOLAIRE D'APRÈS LA LOI DE 1869. — Les écoles sont ou bien des èco]es publiques, dont la surveillance et l'administration appartiennent exclusivement au gouvernement, ou desécolesjonvûes qui, placées seulement sous la surveillance de l'Etat, sont fondées et directement gérées par les communautés ou les particuliers.
Ce sont les écoles publiques que nous allons étudier dans cette section.
Les autres feront l'objet de la section suivante.
Les établissements d'instruction sont répartis en cinq classes : au degré le plus bas les écoles ^ibyâJi, ensuite les écoles ruchdiyèh ; \es deux réunie? constituent l'enseignement primaire; les écoles préparatoires [idâdiyèh) et les lycées impériaux [sultaniyèh) constituent l'enseignement secondaire , enfin l'enseignement supérieur est représenté par les écoles spéciales (alivèh).
E.^SE1G^EME^T primaire. —Ecole sibyàn. — Cette appellation a détrôné 1 ancien nom de mektehch. Lo mot stbyàn signifie enfants.
Chaque village, chaque quartier d'une ville doit I
avoir au moins une école sibyân. En cas d'insuffisance de population plusieurs villages, plusieurs quartiers peuvent se grouper. Comme l'école est toujours confessionnelle, dans les villages dont la population est mixte il y aura forcément, à côté de l'école musulmane, une école non musulmane. Les communes supportent le« frais de construction et de réparation des écoles, ainsi que le traitement des instituteurs.
L'obligation scolaire s'étend à tous les enfants de l'empire, sans exception, pour les garçons de six à onze ans, pour les filles de six à dix ans.
Les juges do paix des quartiers et villages dressent le rôle des enfants en âged'alleràl'école et le transmettent à l'instituteur. Celui-ci est tenu d'informer des absences le juge du quartier. Le juge convoque les parents ou tuteurs et les engage à envoyer l'enfant à l'école. Après trois exhortations dans le même mois restées sans effet, les parents seront passibles selon leur état de fortune d'une amende de cinq à cinq cents piastres (1 fr. 15 à 115 fr.), qui sera versée dans la caisse du conseil académique.
Les dispenses légales qui relèvent de l'obligation scolaire sont les suivantes : 1° les vices de constitution et les affections mentales qui, après examen de l'enfant par les autorités locales, seraient reconnus susceptibles d'empêcher absolument toute étude ; 2" la nécessité pour un père ou une mère dans l'indigence de garder auprès de soi son unique enfant; 3° les travaux de l'enfant dans hs champs à l'époque de la moisson; 4° une distance supérieure à une demi-heure de chemin entre la maison et l'école ; 5* l'absence d'école ou son insuffisance; 6° la preuve que l'enfant reçoit l'instruction dans la maison paternelle ou dans une école privée.
II n'y a d'autres vacances que les jours fériés de rislâm (le vendredi de chaque semaine, les deux fêtes du Beiram) et Tanniversaire de l'avènement au trône de S. M. L le Sultan.
Les matières de l'enseignement dans les écoles sibyân sont l'alphabet, le Coran, la lecture du Coran [tedjvid), le catéchisme musulman, l'écriture, des éléments de l'histoire ottomane, des éléments de géographie, des notions élémentaires des diverses connaissances pratiques (leçons de choses).
Par les mots « lecture du Coran », il faut entendre ce genre de lecture qui chez les musulmans est une véritable science et dont nous avons de nombreux traités et manuels composés par les plus grands théologiens. En effet, l'on sait que dans les langues sémitiques on n'écrit que les consonnes, les voyelles ne sont indiquées que par des points ou signesspéciaux placés au-dessus, au-dessous ou au milieu de la consonne et qu'on omet généralement. Du jour où l'arabe est devenu la langue sacrée de l'Islam, l'écriture arabe a chassé les anciennes écritures des peuples non sémites devenus musulmans, l'alphabet pehlvi en Perse, l'alphabet ouigourchez les Turcs. Mais suivant qu'un mot est vocalisé de telle ou telle façon, le sens change absolument; d'où la nécessité pour le Coran, comme jadis pour la Bible, d'établir une lecture, une prononciation officielle, unique ; sinon, en lisant à haute voix le Coran d'une autre façon, on commettrait un sacrilège, car ce serait altérer le texte sacré. Cette lecture officielle s'appelle kedjvid. En outre, il est à remarquer que le Coran est écrit en arabe et qu'il ne doit pas être traduit; les élèves turcs apprennent donc à lire dans un texte qu'ils ne comprennent guère.
La durée de l'enseignement est de qu?tre ans, à la suite desquels ceux des élèves qui voudraient apprendre par cœur le Coran ont la faculté de prolonger leur séjour à l'école.
Les écoles de filles doivent être autant que possible séparées de celles des garçons, le per-
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sonnel enseignant doit appartenir au sexe féminin. Toutefois, tant qu'on n'aura pu se procurer tout le personnel nécessaire et qu'on ne trouvera pas suffisamment d'institutrices, on pourra en faire remplir les fonctions par des instituteurs d'un âge mûr et d'une moralité éprouvée.
Toutes les dispositions relatives à l'obligation scolaire, aux vacances, à la durée et aux matières de l'enseignement dans les écoles de garçons, s'appliquent également aux écoles de filles ; on les exerce en outre aux travaux à l'aiguille.
É-colesruchdiyèh. — Prise dans son sens littéral, cette expression signifierait écoles d'adultes; il vaut mieux la traduire par écoles primaires supérieures. L'enseignement dans ces écoles est gratuit, sans être obligatoire. Il doit exister une école ruchdiyèh dans tout bourg comptant plus de 500 maisons. Si la population est mixte, il y a une école musulmane et une école non musulmane, pourvu que le nombre des maisons appartenant aux membres de la communauté non musulmane dépasse cent. Les frais de construction, de réparation et d'entretien des écoles ruchdiyèh sont payés par la caisse du conseil académique de la province et non par la commune.
Chaque école compte un ou deux professeurs, un surveillant et un concierge, qui ont pour appointements mensuels : les professeurs titulaires 800 piastres (184 francs), les suppléants 500 piastres (115 francs), le surveillant 250 piastres (57 fr. 50), le concierge 150 piastres (34 fr. 50). En outre, une somme de 4000 piastres (920 francs) est affectée chaque année aux frais divers de l'école.
L'enseignement dure quatre années; il comprend les matières obligatoires suivantes : Instruction religieuse élémentaire, grammaires arabe et persane, arithmétique, tenue des livres, dessin linéaire, géométrie élémentaire, histoire universelle et histoire ottomane, géographie, gymnastique, langue d'une des communautés non musulmanes habitant la localité.
Dans les villes qui sont des centres de commerce, les élèves appartenant aux classes aisées auront la faculté d'apprendre le français pendant la 4^ année.
Les vacances durent du l«r au 23 août. La première moitié de juillet est consacrée à la révision générale des cours, la seconde aux examens. En outre, les élèves des écoles ruchdiyèh jouissent des vacances accordées aux élèves des écoles sibyân.
A la fin de la 4^ année, les élèves doivent passer un examen. Le certificat d'études scolaires <\m leur est alors délivré les dispense de tout nouvel examen pour entrer dans les écoles préparatoires. Ceux qui sont refusés à l'examen de fin d'études ont la faculté de rester encore un an à l'école rwcAdiyèh.
Les écoles primaires supérieures de filles n'existent que dans les grandes villes et non dans les bourgs de plus de 500 maisons. Les premières écoles ont été établies à Constantînople et ne s'étendent que peu à peu aux provinces. Le personnel enseignant doit, autant que possible, appartenir au sexe féminin.
L'enseignement comprend : l'instruction religieuse élémentaire, la grammaire turque et des éléments de grammaire arabe et persane, l'orthographe et la littérature, les éléments de la morale, l'économie domestique, les éléments d'histoire et de géographie, l'arithmétique et la tenue des livres, le dessin d'imitation et l'aquarelle, les travaux à l'aguille, la musique (facultative).
Toutes les autres prescriptions indiquées plus haut pour les écoles de garçons sont applicables aux écoles de filles.
Enseignement secondaire. — Cet enseignement, selon la loi organique de 1869, devrait être donné
dans deux séries d'établissements, les écoles préparatoires (i«?dcfiî/è/«) et les lycées {sultaniyôh); les écoles préparatoires se trouveraient dans les villes comptant plus de mille maisons, les lycées dans tous les chefs-lieux de province. Dans les uns, l'instruction serait donnée en trois ans, dans les autres en six ans, y compris trois ans passés dans une division préparatoire. Mais toute cette organisation, calquée plus ou moins exactement sur l'organisation française, n'existe que sur le papier. En réalité, il n'y a qu'un seul établissement offlr ciel, c'est le lycée impérial de Gonstantinople qui existe depuis 1868.
L'enseignement, qui s'y donne en langue française, est réparti en cinq années d'études. Il faut y joindre trois années d'études préparatoires destinées aux enfants dont l'instruction primaire n'est ni assez solide, ni assez étendue pour leur permettre de suivre avec fruit les classes.
Les matières enseignées sont : la langue turque, la langue et la littérature françaises, la morale, les éléments de la langue latine, les étymologies grecques, l'histoire générale et l'histoire ottomane, les mathématiques élémentaires et spéciales, la cosmographie, la mécanique, la physique et la chimie, l'histoire naturelle, le lavis, le dessin géométrique et d'imitation.
Par une dérogation naturelle aux règles générales de l'enseignement en Turquie, le lycée est mixte ; les élèves appartiennent à toutes les religions et à toutes nationalités de l'empire.
On peut faire rentrer dans l'enseignement secondaire l'école bureaucratique {mekieb-i-aklâmi-châhânèh)' fondée en 1862 et annexée à la mosquée de Châh-Zâdèh. Elle est destinée à former des copistes (kiâtib) pour les bureaux ; les cours ne durent qu'un an et ne comprennent que la calligraphie, la rédaction en langue turque, les éléments de l'arabe et du persan, l'arithmétique, le droit religieux.
L'école d'administration {mekteh-i-milkiyèh), instituée également en 1802, se recrute parmi les élèves des écoles ruchdiyèh et prépare aux emplois administratifs. Les cours y durent deux ans.
Enseignement supérieur. — Il est représenté par l'université, qui est loin d'être organisée. Elle ne se compose actuellement que de l'école de droit {hukiouk mektehi), de l'école des hautes humanités {édébiyât-i-aliyèn mektebi)y fondée en 1875, et de l'école des ponts et chaussées, qui est destinée à devenir la faculté des sciences.
A côté de l'université impériale se trouvent deux écoles spéciales supérieures qui ressortissent également au ministère de l'instruction publique : L'école impériale de médecine {mekteb-i-tibbiychi-châhânèh), créée en 1826 par le sultan Mahmoud, et l'école normale.
Celle-ci, appelée dâr-el-mouallîmtn (la maison de ceux qui enseignent), est destinée à former des professeurs, soit pour les écoles ruchdiyèh, soit pour les écoles préparatoires, soit pour les lycées. Elle se compose de trois divisions correspondant chacune à un degré d'enseignement et subdivisées en section des lettres et section des sciences.
Une école normale a été également fondée pour préparer des itistitutrices, soit primaires, soit primaires supérieures. Les cours y sont de deux ou trois ans. Cinquante des élèves sont salariées , à la sortie de l'école, toutes les élèves sont tenue* d'accepter l'emploi d'institutrice.
Il existe un certain nombre d'autres écoles spéciales qui ne dépendent pas du ministère de l'instruction publique.
Organisation administrative de l'enseignement PUBLIC — Au sommet se trouve le ministre, assisté du Conseil impérial de l'instruction publique qu'il préside. Le Conseil se divise en section technique et section administrative. La section technique se
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compose d'un président, de huit membres permanents, de membres correspondants en nombre illimité, et do deux secrétaires, dont l'un pour la correspondance française. Ce comité technique se réunit deux fois par semaine, et a pour mission principale de composer ou traduire les ouvrages et manuels scolaires nécessaires et de délivrer les diplômes. La section administrative, composée d'un président, de deux vice-présidents, de quatre inspecteurs généraux (deux musulmans, deux non musulmans), de six membres rétribués, dont deux non musulmans, et d'un secrétaire général, se réunit tous les jours. Elle est chargée de la haute direction et du contrôle de tous les établisssements d'instruction publique, de la nomination des professeurs et de la juridiction disciplinaire.
L'assemblée générale du Conseil se tient deux fois par an et se compose des membres des deux sections et, en outre, de deux conseillers d'État, de deu x conseillers à la haute cour de justice, de deux u lémas, de deux généraux et d'un représentant de chaque communauté non-musulmane.
Dans chaque province [vilayet) se trouve un conseil académique ayant sa caisse spéciale, présidé par un recteur, assisté de deux vice-recteurs, de quatre inspecteurs généraux, de membres non rétribués ; la moitié de ces divers fonctionnaires doit appartenir à la religion musulmane, l'autre moitié aux con fessions non musulmanes. Dans chaque chef-lieu de département {sandjak), l'instruction publique est surveillée par deux inspecteurs, l'un musulman, l'autre chrétien.
Budget de l'instruction publique. — Ce service ne figure au budget général de l'État que pour 81000 livres turques (1863 000 francs). En dehors de cette somme, il faut compter la contribution des communes et communautés, les dons et legs particuliers, la pension des élèves internes du lycée et des écoles spéciales, les droits d'examen, les amendes, revenus dont il n'est guère possible d'évaluer, même approximativement, le montant.
Statistique scolaire. — Il n'est pas plus facile d'indiquer quelle peut être, en dépit de la sévérité des règlements, la fréquentation de l'école. Une statistique officielle de 1864, citée par MM. Ubicini et Pavet de Gourteille dans leur État présent de l'Empire ottoman, donne pour une population de 28 millions d'habitants 15 071 écoles primaires (289 à Constantinople, U782 dans les provinces), fréquentées par 660 000 enfants des deux sexes. Sur ce nombre, 12 509 écoles étaient musulmanes avec 135229 enfants. Depuis lors, de graves événements politiques se sont passés qui ont amoindri la population de l'empire et ont retardé les progrès de l'instruction.
Il est plus facile de suivre les progrès des écoles ruchdiyèh. En 1857, on en comptait 39 avec 3371 élèves; en 1868, 87 avec 11894 élèves; en 1874, 386 avec 19356 élèves.
En 1875, le lycée comptait 428 élèves, l'école normale 175, l'école de médecine 1189.
Traités de pédagogie. — Avec l'institution d'écoles officielles, nous voyons apparaître une nouvelle science qui, jusqu'alors, n'avait pas été représentée dans la bibliographie ottomane, c'est la pédagogie. Mais là, comme dans tout ce qui touche de près et de loin à la réforme (Tanzimât), nous ne trouvons qu'une pâle copie ou une traduction servile d'ouvrages européens.
C'est ainsi que sous le titre de Fézâil-i-Akhlakiyèh u Kémdlât-i-ilmiyèh (les vertus morales et les perfections de la science), Saïd-Bey, rédacteur en chef du journal Vakyt (le Temps), a fait récemment paraître un recueil de préceptes d'éducation empruntés à J.-J. Rousseau.
Conclusion. —Ce qui frappe, quand on examine l organisation de l'enseignement officiel en Turquie, c'est son caractère confessionnel : l'école
neutre n'existe pas; là où il y a Juxtaposition de deux confessions, de deux nationalités, deux écoles sont obligatoires ; le Turc, qui est resté profondément musulman, est devenu néanmoins tolérant; il n'enteufj pas opprimer les autres religions ; il y a, à tousles degrés de l'enseignement, un respect de la liberté do conscience qui mérite d'être signalé.
Quant aux programmes de l'enseignement primaire, ils sont en Turquie ce qu'ils sont à peu près partout; mais comment sont-ils appliqués? N'hésitons pas à l'avouer, ils sont mal appliqués ou plutôt ils ne le sont guère, du moins dans les écoles primaires. Tout manque : l'argent d'abord, les maîtres ensuite, et enfin la confiance dans l'avenir. La Turquie se sent malade et elle est incapable des efforts qui seraient nécessaires pour surmonter l'indifférence native de la population musulmane. Nous verrons plus loin que l'initiative privée des non musulmans a donné de bien meilleurs résultats.
L'instruction primaire supérieure est dans un état plus florissant ; c'est de ce côté que se porte l'action du gouvernement; les professeurs sont mieux recrutés, ils ont passé par l'école normale, sont porteurs de diplômes assez sérieux ; ils sont aussi mieux payés : mais le sont-ils plus régulièrement?
Quant à l'instruction secondaire, tout ou presque tout est encore à faire, et sans grands résultats éventuels à espérer. L'Osmanli qui est dans une situation aisée aimera toujours mieux envoyer son fils dans un collège à l'européenne, même non musulman, où l'enfant apprendra les langues étrangères qui en Turquie, plus encore que partout ailleurs, sont un besoin de tous les instants. L'idéal de tout Osmanli aisé, c'est de n'être jamais pris pour un Turc.
C. Écoles libres non musulmanes. — La loi de 1869 reconnaît formellement les écoles libres. Elle exige bien certaines conditions pour la fondation de ces écoles, les soumet à un contrôle, mais, en pratique, ces conditions ne sont pas remplies, ce contrôle n'est pas exercé- Toutes les confessions ont tenu à honneur de se faire représenter dans les diverses provinces de l'Empire ottoman où toutes retrouvent plus ou moins des souvenirs de leur histoire religieuse.
Ecoles grecques orthodoxes. — Nous trouvons d'abord., les écoles qui dépendent du patriarchat grec orthodoxe, et celles qui se rattachent à l'exarchat bulgare, car on sait que les Bulgares orthodoxes se sont séparés du patriarchat de Constantinople et ont fondé une église autocéphale. On trouvera quelques détails sur les écoles grecques de l'empire turc à l'article Grèce. V. aussi Bulgarie et Roumé lie orientale, au Suppléineut.
Ecoles catholiques romaines. — Sous ce titre nous comprenons les écoles des différentes confessions qui reconnaissent l'autorité du Saint-Siège, Latins, Grecs-Unis, Arméniens-Unis, Bulgares- Unis, etc. Mais pour ne pas donner à cet article des dimensions trop étendues, nous nous bornerons à indiquer celles des écoles catholiques de l'Empire ottoman qui se sont donné pour mission de propager l'influence française et d'étendre le domaine de la langue française en Orient. Nous devons les renseignements qui vont suivre à l'obligeance de M. l'abbé Charmctant, directeur général de rCEuvre des écoles d'Orient.
Matières de l'enseignement. — Le programme varie selon les localités, ou plutôt la langue ou les langues de l'enseignement varient; ici la langue scolaire est le turc osmanli, là le grec, ailleurs l'arabe ou l'arménien ou les dialectes néo-syriens, mais partout ou presque partout le français est enseigné. A Constantinople, à Sniyrne. dans les grands centres commerçants de lAsie-Mineure, à côté du turc et du français, comme langues par-
TURQUIE
TURQUIE
lées et enseignées dans l'école, il faut ajouter le grec, l'italien, parfois l'anglais. Outre l'instruction religieuse et le catéchisme, dont l'enseignement est d'ailleurs non seulement toléré, mais même ordonné par la loi ottomane de 1869, l'enfant reçoit l'enseignement de la lecture, de l'écriture ou plutôt des différentes écritures, de l'histoire, de la géographie, de l'arithmétique ; des notions de comptabihté, de correspondance commerciale, préparent de bons négociants ou de bons commis pour nos comptoirs du Levant.
Statistique. — Le tableau ci-après indique le nombre des établissements et celui des élèves :
Turquie à^ Europe.
Constantinople. ...
Ordres enseignants. Écoles Élèves
Salonique
Asie-Mineure, Kadi-Keuï
Erzeroum . .
Tfébizonde.
Frèi-es de la doctr. chrét. 3
Religieux de l'Iirm. Conc. 1
Mineurs convenluels 1
Capucins de Péra 1
Religieux de l'Assompt. . 1
Sœurs de la Charité 5
Religieuses franciscaines. 1
Relig. deN.-D. de Sion. 1
Religieuses oblales i
Lazaristes 1
Religieuses dominicaines. 1
Sœurs de rimm. Concept. 2
Sœurs de charité 2
Frères de la doctr. chrét. 1
Dames de Sion 1
Capucins 2
SmjTne et envh'ons
Aîdin
Brousse
Koula et Bou^ja. .
Aïn-Tâb
Adana, Césarée,etc.
Arménie,
Âïdin
Angora
Mésopotamie et Kurdistan.
Mossoul
Ecoles foraines et sédentaires
Bagdad et Bassora.
Sœurs de Saint-Joseph
Capucins
Frères de la doctr. chrét.
Sœurs de Saint- Joseph. . .
Ecoles de l'archevêque. . .
Frères de la doct. chrét. .
Soc. de St-Vinc. de Paul.
Sœurs de charité
Id
Id
Id
Franciscaines
Jésuites
Ecoles du patriarche arménien-uni
Sœurs arméniennes
Mekhitaristes
Dominicains français.
Syrie.
Damas
Tripoli . .
Beyrouth.
Liban .
Palestine.
Jérusalem
Bethléem .
Id.
Capucins
Carmes
Religieuses de la Présentation (de Tours)
Ecoles du délégué apostol.
Lazaristes
Carmes
Franciscains
Jésuites
Sœurs de charité
Conférence de St-Viuc.
de Paul
Visitandines
Jésuites
Capucins
Sœurs de charité
Sœurs de Saint-Joseph. . .
Ecoles du Patriarchat latin.
Missionnaires blancs
Dames de Sion
Franciscains
Frères de la doctr. chrét..
Sœurs de Saint- Joseph.. .
Dames de Nazareth
Religieux italiens
Ecole des arts et métiers...
Ecoles protestantes. — Il existe dans les diverses provinces de l'Empire ottoman un grand nombre d'écoles soutenues, soit par V Anglo-Protestant League, mii^diV les missions anglaises ou les missions américaines. Dans toutes ces écoles, la langue anglaise joue le même rôle que la langue française dans les écoles catholiques et elle est un des principaux objets de l'enseignement. Malheureusement, il nous a été absolument impossible, malgré nos recherches, de trouver des documents suffisants ou une statistique sérieuse de ces écoles.
Ecoles Israélites. — L'Alliance Israélite universelle, fondée en 1860, a pour objet de soutenir, protéger et relever les Juifs répartis sur la surface du globe. Son action a été surtout énergique en Turquie où, grâce à la tolérance du gouvernement, les écoles qu'elle a fondées ont donné les résultats moraux et matériels les plus considérables. Nous devons les renseignements qui vont suivre à M. L Loeb^ secrétaire général de l'Alliance, dont l'obligeance égale l'érudition.
Programme. — L'enseignement, outre les matières habituellement étudiées dans les écoles primaires, comprend l'instruction religieuse et la langue hébraïque, qui sont enseignées par les rabbins indigènes. En outre, selon les besoins du pays, le turc, l'arabe, le bulgare, l'anglais, l'allemand ou l'italien sont enseignés par des professeurs spéciaux. Dans chaque école se trouvent une bibliothèque pour les professeurs et une bibliothèque d'au moins 300 volumes pour les enfants. A côté des écoles primaires pour les garçons et des écoles de filles, qui soat l'objet d'une attention toute particulière, il existe un grand nombre d'écoles d'apprentissage pour les garçons et les filles ; mais ce qui manque, ce ne sont pas les apprentis, ce sont les patrons.
Statistique — Voici quelques données statistiques :
Localités.
Constantinople .
Constantinople-Galata .
Andrinople
Salonique.
Smyrne.. .
Damas. . . .
Bevrouth.
Jérusalem,
Jaffa (école agricole).
Caïffa
Alep
Bagdad
Dardanelles
Ecoles (garçons ou filles).
Garçons (6 écoles)
Filles (5 écoles)
Ecole mixte allemande
Garçons
Filles
Garçons
Filles
Garçons
Filles
Garçons
Filles
Garçons
Filles
Garçons
Garçons. . .
Garçons
Garçons
Garçons
Garçons
Nombre d'éicves.
Constantinople
Andrinople .
Dardanelles.
Smyrne
Salonique.
Jérusalem.
Damas
Alep
Bagdad. . .
Ecoles d'apprentissage.
Garçons 3T
Filles 27
Garçons 30
Filles 20
Garçons 28
Garçons 50
Filles 10 ~
Garçons 26
Garçons 2J
En dehors des écoles confessionnelles proprement dites, il nous faudrait citer les établissement» soutenus par des associations rivales qui s'efforcent chacune de faire prévaloir l'étude et l'usagd de leur langue nationale. Telles sont l'AHiance française, dont le siège est à Paris et qui, malgrè^ la date récente de sa fondation, a produit en Tuiv