UNION CENTRALE
quio d'heureux résultats, et l'Association scolaire allemande.
Nous croyons en avoir assez dit pour montrer combien est considérable le rôle de l'initiative privée. ^ [J- Preux.]
TYPOGRAPHES (École professionnelle des jeunes). — C'est sous ce nom qu'a été fondée en 18G2, par M. Napoléon Chaix, une école d'apprentis annexée à son vaste établissement d'imprimerie. Nous ne saurions mieux faire, pour résumer les renseignements relatifs à cette intéressante institution, que demprunter le texte même d'un rapport présenté à ce sujet par M. Lavallée à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, le 12 mars 1886.
« Les enfants, dit ce rapport, sont admis à l'école professionnelle à partir de treize ans, après un examen qui constate qu'ils ont reçu l'enseignement primaire et après une visite médicale. La durée de l'apprentissage est de quatre années. La maison ne se charge pas de loger ni de nourrir les élèves : ceux-ci habitent chez leurs parents, tuteurs ou correspondants, ou, à défaut, dans une pension spéciale d'apprentis. Les cours s'appliquent à trois groupes distincts, à savoir: 1° les apprentis compositeurs ; 2° les apprentis graveurs et lithographes; 3° les enfants et jeunes gens occupés aux machines. En même temps que l'enseignement pratique, dirigé, pour chacune de ces trois spécialités, par un contre-maître, les apprentis reçoivent un enseignement scolaire très complet,qui, dans le cours des quatre années, doit leur donner des notions assez étendues sur l'histoire et la géographie, sur les langues anciennes et sur les langues étrangères. Ces notions sont, en effet, nécessaires à l'ouvrier typographe, qui est souvent appelé à travailler sur des copies d'une lecture difficile , peu correctes, contenant des termes techniques ou des citations empruntées aux langues anciennes ou étrangères. A cet égard, l'enseignement donné par l'école professionnelle de la maison Chaix procure aux futurs ouvriers une instruction dont le degré dépasse certainement celui de l'instruction moyenne. L'assiduité aux classes, outre qu'elle est assurée par les règles de la discipline, est encouragée par une prime, les élèves qui ont fait preuve d'application recevant, pour chaque jour, un jeton de présence de 10 centimes. L'institution de cette prime remonte à 1867, c'est-à-dire à une époque où la discussion était si ardente sur la gratuité de l'instruction primaire. Du premier coup, le fondateur de l'école professionnelle, M. Napoléon Chaix, dépassait les partisans de la gratuité, en payant les élèves pour assister aux classes. Le système des jetons de présence continue à fonctionner, et il contribue certainement à l'assiduité des élèves. Indépendamment des cours réguliers, il y a des conférences, des distributions de livres écrits à l'usage des apprentis, une biblio-
thèque formée d'ouvrages appropriés, et toute une série de récompenses et d'encouragements, qui tendent à l'instruction et à l'éducation morale des apprentis. Les conditions d'hygiène sont assurées par de fréquentes visites médicales, par l'allocation gratuite de soins et de' médicaments, par l'organisation • d'un service de bains chauds, et môme par des voyages à la mer ou aux montagnes, pendant les vacances, pour les jeunes apprentis débiles ou fatigués. Toutes les mesures sont prises pour supprimer les risques que peut faire courir l'emploi ou le voisinage des machines; à cet égard, l'imprimerie Chaix s'est toujours appliquée à adopter les dispositions préservatrices, tant pour les ouvriers que pour les apprentis. Dès leur entrée à l'école, les apprentis sont familiarisés avec les idées de prévoyance et d'épargne ; au moyen de prélèvements sur le produit de leur travail et avec les subventions qu'y ajoute le patron, ils possèdent, non seulement des livrets de la caisse d'épargne, mais encore des livrets de la caisse des retraites pour la vieillesse ; ils profitent même, dans une proportion qui ne peut être évidemment que restreinte, du système de la participation aux bénéfices, système que M. Albans Chaix recommande, par son exemple et par une active propagande, comme devant être pratiqué dans tous les grands ateliers. Nous devons nous borner à extraire des documents qui nous ont été communiqués les principaux éléments de cette organisation complète, qui constitue Yapprentlssage dans la maison Chaix, et qui augmente singulièrement la valeur propre de l'enseignement professionnel, pour les diverses branches de l'industrie typographique. Cet enseignement spécial donne à l'apprenti toutes les notions nécessaires à l'ouvrier typographe : l'habileté de la main, la lecture facile des manuscrits, l'emploi judicieux des caractères, la disposition intelligente et presque artistique des tableaux de chiffres. Grâce à cette instruction, les apprentis peuvent être amenés progressivement à faire des travaux productifs, pour lesquels ils reçoivent une rémunération. La gratification allouée aux apprentis s'élève de 50 centimes par jour à 3 fr. 50. Devenu ouvrier, l'apprenti de la veille gagne facilement un salaire journalier de 5 à 6 francs.
» Ainsi se trouve résolu dans la maison Chaix le problème de l'apprentissage, se combinant avec l'enseignement professionnel. »
La chambre syndicale des patrons imprimeurs de Paris a créé récemment une école professionnelle; mais cette tentative n'ayant encore que quelques mois d'existence, il n'est pas encore possible de parler des résultats obtenus.
Des écoles techniques pour les apprentis typographes ont été fondées à Vienne (Autriche) en 1874, et à Berlin en 1875.
UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORA- TIFS. — Fondée en 1863 pour favoriser le développenient du goût et de l'art dans ses applications industrielles, cette société reçut d'abord le titre à'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, qui ne fut modifié qu'en 1882, à la suite d'une entente avec une autre association formée en 1877 pour la constitution d'un musée des arts décoratifs. La société de l'Union centrale, qui a rendu a la cause de l'enseignement du dessin, ainsi qu'à nos industries nationales, les plus imoortants services, et qui compte aujourd'hui par-
mi ses membres les représentants les plus éminents du monde des arts, l'élite des fabricants, des collectionneurs, des écrivains, etc., eut des débuts assez modestes. Elle fut constituée par un petit groupe d'hommes dévoués, sous la présidence d'un architecte, M. Guichard, ayant pour but de fournir à l'industrie française les moyens de lutter contre les efforts faits à l'étranger, et notamment en Angleterre, au point de vue de l'élégance des produits, et de la propagation du dessin. Elle voulait honorer, encourager, stimuler dans l'œuvre industrielle tout ce que "celle-ci comporte d'art, et