‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 462 sur 573 · TANIÈRE · texte numérisé non relu

TANIÈRE

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mais, malgré ses talents, il ne réussit pas à y trouver la fortune, ni même l'aisance, car son fils nous apprend qu'il mourut dans un état voisin de la misère.

Son principal ouvrage est un Cours de latinité publié à Paris en 1759 et les années suivantes, et formant 2 volumes. Il eût voulu écrire une série de livres formant un cours complet d'études, et il développa ses idées générales sur les méthodes d'enseignement dans deux Discours sur l'éducation, publics en 1760 et 1763. Dans le premier Discours, il définit l'éducation « l'art de faire connaître, goûter et pratiquer à l'homme, dans son enfance et dans sa jeunesse, tous les devoirs qui sont à la portée de ces deux âges. » Quant aux méthodes d'enseignement, il donne pour principe de choisir « les moj^ens les plus sûrs, les plus courts, les plus faciles, les plus agréables ». Il cite, à ce propos, pour l'enseignement de la lecture, l'invention de son joujou littéraire, « petite machine portative ; c'est un petit théâtre sur lequel toutes les lettres de l'alphabet viennent seules ou accompagnées jouer le rôle qu'on leur demande.... au lieu de ce triste syllabaire qu'on met entre les mains de l'enfant avec les chagrins et les ennuis dont il est chargé. » Il demande des réformes dans l'enseignement du latin : « la plus tendre enfance peut l'apprendre en badinant et en se jouant, et si bien qu'à l'âge de neuf ans, il y aura très peu d'auteurs latins qu'elle ne soit en état d'expliquer à livre ouvert : j'en offre la démonstration à quiconque la souhaitera. » Citons encore ce passage : « Le premier, le plus beau, le plus agréable et le plus instructif de tous les livres, celui de l'univers, est écrit en caractères lisibles au premier coup d'oeil. L'imagination s'y remplit d'une foule d'objets qui forment, à beaucoup d'égards, un fond d'instruction des plus riches. » Et celui-ci, sur le rôle moral de l'éducateur : « Si l'éducateur est tel qu'il doit être, il peut figurer lui-même presque tous les devoirs. » Et celui-ci encore : « L'art do l'éducation est le dépositaire de nos plus chers intérêts. Par le nombre, l'étendue, la continuité, la délicatesse et la diversité de ses opérations, il est le plus difficile de tous les arts, et doit, avant d'être exercé, avoir été longtemps appris, étudié, médité, à moins qu'on ne s'imagine qu'il est plus important et plus difficile de faire un habit que de former des hommes. Tous les arts, jusqu'aux plus faciles, ont leur apprentissage. Il doit donc y avoir des écoles d'éducation, comme il y a des écoles de chirurgie et de médecine. »

Le second discours, « dans lequel on expose tout le vicieux de l'institution scholastique et le moyen d'y remédier », comprend deux parties. Dans la première, Vanière établit « la nécessité d'une nouvelle manière d'enseigner la langue latine, sur le tort que fait à l'État par rapport aux langues dont la science nous est utile, et surtout par rapport à l'éducation, la manière dont on l'enseigne ». La seconde partie montre « dans l'exposition du but, de la marche et des avantages de notre Cours de latinité, le moyen qui a paru à tous ceux qui en font usage le plus court, le plus aisé, le plus efficace, le plus agréable et le plus utile, à bien des égards, qu'on puisse employer pour bien apprendre soi-même les langues savantes, ou étrangères, et en môme temps celle de la nation, ou pour les enseigner à un élève ou à plusieurs à Id fois. »

Son fils, l'abbé de Vanière, publia en 1789 VArt de former l'homme, précédé d'un Précis historique de la maison Vanière, 1 vol. in-8. L'auteur, qui se donne pour le disciple et le continuateur de son

{>èro, a divisé son exposé en trois parties : « Dans a première, il amène l'homme à la vérité de l'existence d'un Dieu et de l'immortalité de l'âme, par une route nouvelle ; dans la seconde, il découvre les

causes radicales de la félicité et de la dépravation publiques et particulières ; dans la troisième, il présente le plan de l'ouvrage en cinq volumes, dans lequel l'art doit être mis en œuvre. » Les cinq volumes annoncés n'ont pas été publiés.

VAR (Département du). — Superficie, 6028 kilom. carrés. Population: 288 577 habitants en 1 881, au lieu de 295 763 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 48 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 3 arrondissements, formant 3 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Draguignan, Brignoles et Toulon ; 28 cantons, 145 communes, dont 112 de 600 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département du Var est réparti comme suit :

ClBCOUSCRIPTIOJiS.

Draguignan . . ,

Brignoles

Toulon ,

NOMBRE

d'écoles

publ. libr.

de classes

publ. libr

d'élèves

publics libres

Population d'âge scolaire. — En 1876 on comptait 30 952 enfants de 6 à 13 ans (15 809 garçons et 15143 filles), soit 10.47 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on ne compte plus que 29862 enfants de 6 à 13 ans (15152 garçons et 14 710 filles), soit 10.35 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 1090 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq années. Pendant la même période la population totale a diminué de 7186 habitants.

1. État de l'instruction publique avant 1789. — Dans la partie de la Provence qui a formé le département du Var, il y eut, à partir du xyii^ siècle, un certain nombre d'écoles. Le Musée pédagogique possède des dossiers contenant entre autres le résultat des recherches faites en 1879 par des instituteurs dans 35 communes de l'arrondissement de Draguignan ; dans une seule de ces communes, on a pu constater l'existence d'une école dès le xvie siècle ; dans 10 autres, il y a des écoles au xvii^ siècle; dans 20 autres, on ne peut constater l'existence d'écoles antérieurement au xvme siècle; dans 4 autres enfin, les écoles paraissent n'avoir été créées qu'à l'époque de la Révolution. Le chiffre des traitements des maîtres et maîtresses d'école varie beaucoup d'une commune à l'autre et suivant les époques. A Ampus, en 1010, le traitement du maître d'école est de 20 livres seulement; en 1650, il est porté à 50 livres. A Chateaudouble, l'article 27 du « Règlement politique de la maison commune » porte : « La régence des escoUes sera donnée annuellement par les consuls aux gages de lOU livres sans la pouvoir augmenter, moyennant quoi seront obligés de faire le service de la purcatoire {sic) accoustume, et en cas que les consuls en donneront davantage les supporteront à leur propre. » A Claviers, en 1714, une délibération relative à la sœurFranqui, institutrice, porte que son traitement sera de 30 écus, « savoir 10 écus payés par la confrérie du Saint-Esprit, plus 10 écus de l'abbé d'Antclmy, prévôt de l'église de Frcjus, seigneur do Claviers, qui veut bien charitablement contribuer à cette bonne œuvre ; les 10 derniers écus seront payés

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par les filles qui iront à l'école, qui auront aussi robligation de payer le logement do ladite sœur. » A Flayosc, en 1771, le régent a 100 livres, la régente 60 livres et le logement. A Roque-Esclapon, en 1784, un document du 31 mai 1784 fixe le traitement du maître d'école à 30 livres, plus la rétri bution des élèves.

Dans l'arrondissement de Brîgnoles, il a été constaté l'existence d'écoles antérieurement à la Révolution dans 17 communes; « dans les autres communes de l'arrondissement, écrivait en 1879 M. l'inspecteur primaire, on n'a trouvé aucun document ayant trait aux écoles avant 1789. »

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Parmi les documents recueillis pour les instituteurs du Var, un petit nombre seulement se rapportent à l'époque révolutionnaire. Nous signalerons entre autres la prestation du serment civique par le régent de la commune de Grimaud : « Cejourd'hui 21 janvier 1791, le sieur Augustin Daver Christine, régent des écoles de ce lieu d'Athénople, ci-devant Grimaud, s'est présenté ricre le greffe de la municipalité... lequel a déclaré au sieur maire qu'il désirait satisfaire à la loi et prêter son serment conformément à l'article 2, etc. » On trouve aussi une délibération du conseil général de la commune de Taradeau, du 24 mars de l'an 1793 et le second de la république française, attribuant au citoyen Martin-Éléazar Lion, secrétaire greffier, la somme annuelle de 2oO livres, « qui nous est accordée par les citoyens administrateurs du directoire du département du Var, sur l'avis du directoire du district, pour l'établissement dans cette commune d'un maître enseignant à écrire, lire et chifîrer » ; le conseil « a unanimement arrêté et prié le citoyen Lion de vouloir bien consentir à se charger de montrer à lire, à écrire et à chiffrer aux personnes grandes et petites de cette commune qui seront bien aises de s'instruire de ces objets ».

En l'an IX, le Conseil général du département formule les vœux suivants concernant l'instruction publique : « La modicité des traitements qu'on offrait aux instituteurs a empêché l'exécution delà loi du 3 brumaire an IV, qui établissait des écoles prunaires. Il faudrait augmenter le traitement des instituteurs. On pourrait les charger de la rédaction des actes civils, avec une rétribution qui serait aux frais des communes. Pour encourager les élèves des écoles communales et centrales, il faudrait que celui des élèves des écoles communales qui pendant trois ans aurait remporté le prix d'excellence fût entretenu aux frais du département pendant trois ans à l'école centrale; et que celui qui aurait obtenu le même prix à l'école centrale fût envoyé au Prytanée *, également aux frais du département. En général, l'instruction publique manque d'instituteurs capables de seconder l'aptitude des habitants de ce département... Il serait intéressant pour l'instruction d'établir un pensionnat près l'école centrale : on propose à cet effet la maison de l'Oratoire de Toulon ; accorder pour la réparation à faire à ce local 13 472 francs restant du crédit ouvert pour les dépenses de l'instruction publique en l'an VIII. Rétablir les écoles secondaires dans chaque cheflieu d'arrondissement. »

Pendant l'époque du premier empire et celle de la Restauration, l'enseignement primaire demeura négligé. Une impulsion sérieuse ne fut donnée à son Qéveloppcment que par la loi de 1833.

Statistique comparée de 1829 a 1883-1884. — N oici les données que nous possédons sur le développement do l'instruction primaire dans le département du Var depuis la fin de la Restauration.

Nombre des communes dépourvues d'éoolcs, —

En 1837, le département comptait 18 communes n'ayant aucuno écolo, et 110 communes n'ayant pas d'écoles do filles. En 18r,0, il n'y avait plus que I2communesenticremcntdépourvues d'écoles. En 1883-1884 on ne trouve plus qu'une commune sans école; toutes les communes do 503 habitants sont pourvues d'écoles publiques de filles. Nomhre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de l'Université, de 237 en 1813 et de 257 en 1821. Le progrès du nombre des écolesà partir do 1829 est résumé dans le tableau ci-après :

(d'apr. la statistique orOc"«

Ecoles

Écoles

Total

bli.jues

libres

loi

3ît

Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles mixtes et écoles de filles.

Ëcoles

Total.

de garçons

mixtes

de filles

(y compris les 263

écoles mi

xtes)

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles laïqnes

de garçons . g„

Écoles congréganistes

àT^^^^ de filles ou mixtes

Total.

Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.

Iiistitu

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Toi»

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congi-éjî.

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