‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 461 sur 573 · VANIÈRE · texte numérisé non relu

VANIÈRE

de diverses catégories. D'abord viennent les domaines académiques : ce sont des maisons agricoles, pourvues de terres cultivables, où les enfants pourraient ôtrc élevés sans qu'il en coûtât rien aux parents*. « un seul arpent de terre, cultivé à ma façon, produira plus que trois cultivés à la manière ordinaire ; les enfants de trois ou quatre ans seront employés utilement et agréablement aux opérations de l'agriculture : tout doit s'y passer en joie et en divertissements. » En première ligne, on placerait dans ces « domaines académiques » les enfants des soldats et matelots morts au service du roi: mais d'autres domaines seraient réservés aux enfants dos deux sexes des diverses classes de la société ; il y en aurait de trois degrés : « un pour les enfans de qualité; le second pour les enfans des notables bourgeois; le troisième pour les enfans du menu peuple. » D'autres établissements, les laboratoires instructifs, permettraient aux enfants des artisans, de l'un et l'autre sexe, d'apprendre les arts libéraux et mécaniques. Les académies royales instructives proprement dites seraient placées dans les villes ; les élèves y formeraient trois sections, enfants à la mamelle, enfants sevrés, enfants plus âgés; à chacune de ces sections correspondrait l'un des trois ordres de chevalerie enseignante, académiciennes, muses académiques, et commilitons. Au-dessus viendraient les académies d'arts ingénieux, dirigées par des hommes, pour les enfants de famille (c'est-à-dire de la bourgeoisie aisée) au sortir des académies précédentes ; et les académies per/'ectives, pour l'apprentissage d'un état : académies sacerdotales, de jurisprudence, militaires, de médecine, etc. Les filles auraient des établissements séparés, dans le même genre. Les enfants de qualité (c'est-à-dire de la noblesse) feraient leurs études à part, dans des établissements décorés du nom d'hôtels royaux académiques,

VALLET DE VIRÏVILLE. — M. Vallet de Viriville, professeur à l'Ecole dos chartes, né à Paris en 1815 et mort dans cette même ville en 1868, a publié de 1849 à 1851 un livre intitulé Histoire de l'instruction publique en Europe et principalement en France, depuis le christianisme jusqu'à nos jours (universités, collèges, e'coles des deux sexes, académies, bibliothèques publiques, etc.), avec des illustrations archéologiques exécutées sous la direction de Ferdinand beré; Paris, à l'administration de l'ouvrage Le Moyen Age et la Renaissance, 5, rue du pont de Lodi ; un vol.in-4o de 400 pages. C'est un ouvrage curieux et, à quelques égards, remarquable, bien qu'il ne tienne pas complètement les promesses du titre. L'introduction en 60 pages est une histoire générale des progrès des sciences depuis le christianisme jusqu'à nos jours, accompagnée de gravures empruntées pour la plupart au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.

L'histoire do l'instruction publique proprement dite se divise en cinq parties :

I. L'instruction et l'enseignement avant Char- Icmagne. Généralités sur les Gaulois; écoles gallo-grecques et gallo-romaines ; écoles de monastères et école palatine des Mérovingiens.

II. De Charlemagne à la fin du xii^ siècle. Exposé des travaux d'Alcuin et de l'école du palais ; écoles anglo-saxonnes, premiers efforts d'Alfred le Grand ; écoles musulmanes, notamment en Espagne ; origines des principales universités d'Angleterre, de France et d'Italie.

III. Les universités jusqu'à la Renaissance. Monographie de l'université de Paris avec fac-similé des sceaux et gravures représentant diverses scènes de la vie intérieure des universités et des collèges ; détails curieux sur la misère .et sur les moeurs des écoliers et des maîtres ; liste chronologique de la fondation des principales universités

étrangères et des collèges de Paris ; détails sur les écoles inférieures (écoles grammaticales, péda gogie, écoles de filles) ; chapitre cuneux sur l'histoire de la propagation do l'imprimerie de 1462 à la fin du siècle.

IV. De la Renaissance à la Révolution française. Ramus et leS' Réformateurs, Loyola et les Jésuites, Port-Royal, les Bénédictins, les Oratoriens, La Salle et les Frères; Collège de France et bibliothèques publiques, Académies françaises et étrangères, écoles spéciales supérieures.

V. De la Révolution à nos jours. Résumé historique sans parti pris; exposé de la loi de 1833 et tableau général de l'organisation do l'instruction publique en France, le livre s'arrêtant à la révolution de 1848.

Les pièces justificatives contiennent, entre autre» documents, la liste des fonctionnaires de l'instruction publique en France, depuis les Mérovingiens.

Le grand nombre de planches qui accompagnent cet ouvrage et qui sont empruntées, soit à la Bibliothèque nationale, soit à la bibliothèque de l'Ecole des chartes, contribue à lui donner son vrai caractère et son prix : c'est l'oeuvre d'un érudit, dédiée surtout aux archéologues.

VALMORE (Mme OESBORDES — ). —Marceline Desbordes, née à Douai en 1786, mariée en 1817 à M. Valmore, morte à Paris en 1859, occupe un rang distingué dans la poésie lyrique française contemporaine. A ses divers recueils de poésies, dont le premier date de 1818, et dont le dernier parut un an après la mort de l'auteur, en 1860, il faut ajouter des romans et nouvelles, ainsi que des contes pour la jeunesse [Les Anges de la famille, recueil couronné en 1854 par l'Académie française) , qui sont sinon des manuels d'école, aa moins des livres d'éducation.

Le talent délicat et ému de M^ne Desbordes- Valmore a été caractérisé en ces termes par Sainte-Beuve : « M™» Valmore unissait une délicatesse morale exquise au don de chanter le plus pénétrant, ou plutôt chez elle cette sensibilité et ce don ne faisaient qu'un. Entièrement étrangère à la politique et à tout ce qui en approchait, elle avait le cœur libéral, populaire, voué à tous les opprimés, à tous les vaincus. Vraiment patriote, comme on disait en ce temps-là, elle avait été malade six semaines du désastre de Waterloo... Alfred de Vigny disait d'elle qu'elle était « le plus « grand esprit féminin de notre temps ». Je me contenterais de l'appeler « l'âme féminine la plus « pleine de courage, de tendresse et de miséri- « corde. »

Sans insister sur les mérites littéraires de M^e Desbordes-Valraore, nous ajouterons une ob-i scrvation qui légitime la place que nous avons faite ici à ce chantre des joies et des douleurs de la femme et de la mère. A son inspiration se mêle un sentiment qui la domine, et qui ne quitta ce cœur brûlant qu'avec la vie : la charité. Ce grand art de la pitié et du pardon, qui est un des instruments les plus agissants de l'éducation, se retrouve dans ses chants, dans ses contes, partout vivant et inimitable. L'enfance lui est chère ; elle sait la comprendre et au besoin la convaincre; elle en aime l'ingénuité et jusqu'aux défauts ; elle sait la persuader, non par des raisonnements abstraits, mais par des mots qu'elle trouve, qu'elle invente. Elle est mère en même temps que poète, et elle sait faire naître avec une force pleine de douceur, dans ces intelligences encore obscures quelle a saisies, la vision du bien, du beau ou du repentir.

VANIÈRE. — Ignace Vanière, neveu du poète latin le P. Jacques Vanière, naquit à Caux, diocèse de Béziers, en 1690, et mourut près de Corbeil, en 1767. H se consacra à la profession d'instituteur.

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