HO
1881-82 lOS 53
Nombre d'auditeurs Hommns Femm°3
Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de 1833 à 1885 inclusivement a été le suivant :
Instituteurs.
161 brevets éléîneutaires, 31 brevets supérieurs.
— obligatoires,
élémentaires,
complets.
facultatifs.
ou complets
supérieure.
Institutrices.
18361850. 13 brevets élément. 6 brevets supérieur?
1851-1867. 123 — obligatoires, 5 — complets.
1868-1880. 404 — — 29 — facultatifs
1881 140 — élémentaires, 7 — supérieurs.
Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits
VAUGLUSE
VAUGLUSE
dans le dcpavtcment de Vaucluse en 18G9; mais les résultats connus ne remontent pas au delà de 1872. En voici le tableau :
Nombre de
Garçons
candidats.
FiUci
Certifica
Garçons
Is obtenus
'"^les »
187fi
i884..U.':ti;.
Résultats de l'instruction. — Les deux tableaux ci-dessous indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints :
Sornb7^e de conscrits sachant au moins lire, de 1827 à 1884 inclusivement.
ANNÉES
( Examinés
:0NSCR1T«
Sacliant
Combien pour 100
RANG
du
DÉPABTB- MENT
En 1827-1829 la moyenne do l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0; dans le département de Vaucluse cette moyenne était de 42.1 0/0, soit 2.7 0/0 au-dessous do la moyenne générale. La classe de 1884, en portant l'instruction des conscrits dans le département do Vaucluse à 89.9 0/0, réalise ainsi un progrès total de 47.8 0/0 pour la période de cinquante-cinq années qui s'est écoulée de 1829 à 1884, soit un progrès annuel de 0.87 O/O, tandis que pour toute la France le progrès n'a été, durant la même période, que de 0.79 0/0.
Nombre de conjoints sur 100 ayant signé leur acte de mariage.
Années Hommes Femmes Eommes ei Femmes
1854-bo 66.» 33.3 49.9
1878 82.4 eile 72!5
Budget de l'instruction primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire pour les trer.to dernières années, de 18ô5 à 1884 :
u •ta
ta
SLBVENTIO.XS
148 Os2
Gratuité
En 18G3, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de 7f',63, soit l'',84 audessous de la moyenne générale, qui était à la même date de 9'%47. En 1876, cette dépense était de lô'',93, la moyenne générale étant de 17'',8?.. En 1882, la dépense par tête d'élève dans le département de Vaucluse était de 22'%37, tandis que la moyenne générale était de 21",77.
Etat actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de Vaucluse pendant l'année scolaire 1884-
Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 452 (347 écolespubliques et 105 écoles privées). Aucune commune n'est entièrement dépourvue d'école. Toutes les communes de plus de 500 habitants sont pourvues d'écoles publiques de filles. Sur les 452 écoles primaires du département, il y a 292 écoles laïques (134 écoles de garçons, 92 de filles et 66 mixtes) et IGO écoles congrcganistes (40 de garçons, 116 do filles et 4 mixtes).
Division des écoles de toute nature d'après le nombre de classes qu'elles possèdent.
Écoles à 1 classe
— à 2 classes
— à S — et au-deââU:>
Publiques
Privées
lui)
VAUCLUSE
VAUCLUSE
Division des classes publiques d'après le nombre des élèves qu'elfes reçoivent.
Classes de 50 élèves et au-dessous., — de plus de 50 élèves
— de 60 —
— de 70 —
— de 80 —
564, soit 96,7 0/0
Les moyennes correspondantes pour toute la France sont 82.8 0/0, 10.8 0/0, 4.1 0/0, 1.4 0/0, 0.9 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une bonne situation.
Noinbre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1884-1885 sont au nombre de 31 583 (au lieu de 30 823 en 1883-1884). Ce nombre peut se décomposer en :
Élèves des écoles publiques :22 532
— — privées 9 051
Garçons 15 763
Filles 15 820
Élèves des écoles laïques 17 950
— — congrégaaistes 13 633
^ de garçons 14 640
Élèves des écoles \ de tilles 14 729
{ mixtes 2 214
Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 31 583 pour 26 256. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de Vaucluse est de 27 244, d'où il résulterait que 988 enfants d'âge scolaire ne fréquentent pas les écoles primaires. Il convient toutefois de retrancher de ce nombre 688 enfants de 6 ans et au-dessus, inscrits dans les écoles maternelles publiques ou privées, ce qui réduit à 300 le nombre des enfants de 6 à 13 ans qui ne fréquentent pas les écoles primaires. Ce nombre de 300 équivaut probablement à celui des enfants recevant l'instruction dans des établissements d'enseignement secondaire ou dans leurs familles.
examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1885 :
Garçons .
Filles . . ,
Totaux
Nombre de candidats
Nombre de certificats obtenus
Le nombre des certificats obtenus représente 6.4 0/0 du total des élèves en âge de concourir, inscrits dans les écoles primaires publiques et privées. Pour toute la France, cette proportion est de .9 0/0.
Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'année scolaire 1884-1885 un effectif de 928 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.
lo Pour les écoles publiques :
Titulaires avec brevet
Instili lai que S
leurs congr
Titulaires avec brevet
élémentaire
Titulaires sans brevet.
Adjoints brevetés
— non brevetés. .
20 Pour les écoles libres :
Instituteurs
Institutrices
Titulaires brevetés....
adjoints brevetés
— non brevetés.
laïques
COIlgl'.
laïques »
Maisons d'école. — La situation au 1«' septembre 1885 est résumée dans le tableau suivant :
Nombre et nature des immeubles scolaires
de garçons.
Écoles l de filles
Groupes scolaires. .
Totaux... .'
Appartenant aux communes.
Prêtés, Loués. Total.
"ÎÏ4
Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 85 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maisons d'école s'élève à 21 321 francs.
Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de Vaucluse pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobiliei scolaire, durant les neuf dernières années, est le suivant :
Nombre des communes
Subventions de l'Etat
Totaux. ...
Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1885, 47 écoles maternelles (36 publiques et 1 1 privées). Sur les 36 écoles maternelles publiques - 16 sont dirigées par des directrices laïques et 20 par des directrices congréganistes. Une seule directrice laïque n'est pas munie du certificat d'aptitude ; parmi les 20 directrices congréganistes, 9 sont dans ce cas. Les 11 écoles maternelles privées sont dirigées par des congréganistes, dont 8 n'ont pas de titres de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 7 sous-directrices, dont 6 sont pourvues d'un titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 11 sous-directrices, dont 3 sans titre de capacité. On trouve également 1 sous-directrice d'école maternelle privée congréganiste sans titre de capacité.
Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1884-1885, 5171 élèves (5223 en 1883-1884), répartis comme suit :
Ecoles maternelles \ laïques. . 1 807
publiques / congrég. 2 503
Ecoles maternelles Haïques.. »
privées ) congrég. 861
,5 171 élèves.
Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 688.
Ecoles normales. — Le département de Vaucluse ne possède qu'une école normale d'instituteurs. Cette école normale, une des plus anciennes, a été fondée à Avignon en 1832. Elle reçoit actuellement 46 élèves-maîtres, auxquels l'enseignement est donné par le directeur, 6 maîtres-adjoints et 4 professeurs supplémentaires.
Il n'y a dans le département ni école normale ni cours normal d'institutrices. Les jeunes personnes du Vaucluse qui se destinent à l'enseignement sont envoyés à l'école normale d'institutrices d'Aix.
Écoles primaires supérieures. — Le départe ment de Vaucluse possédait, à la date du 1" janvier 1885, les établissements d'enseignement primaire supérieur ci-après : une école primaire su-" périeure publique de garçons, avec 5 maîtres et' 50 élèves, dont 12 boursiers; 2 cours complémen-
VAUGELAS
VAUGELAS
taires publics de garçons, avec 2 maîtres et 25 élèves et 1 cours complémentaire public de filles avec :{ maîtrossos et 20 élèves.
Uihliothèqucs scolaires et bihlloLh(](jUes pëdarjoqiques. — Voici la situation au l^r janvier 1886 :
Bil)liolh(^auos scolaires 1 66
Noml)re ac livres de lecture 20 257
— de prêts en 1S85 24 605
Bililiothcques pédagogiques 20
Nombre de volumes 4 478
. En 18G3,le département ne possédait que 118 bibliothèques scolaires contenant ensemble 701 volumes de toute nature.
Caisses des écoles. — 104 caisses des écoles fonctionnent en 188G dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1885 :
Recettes de l'exercice 1885
Somme en caisse à la clôture de l'exercice.
20 852 fr.
;i fr.
Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait que -i caisses de ce genre, dont l'actif était, en 1881, de 843 francs.
Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1875. Voici leur situation en 1879 et en 188G ;
Nombre
Années.
de caisses.
de livrets.
Sommes inscrites
ces livrets.
ti 279 fr.
34 944 fr.
Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, dont la fondation ne remonte qu'à 1880, compte en 188G 297 membres, et son actif «'élève à 21 117 francs.
Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de Vaucluse, dont la fondation remonte à 1880, paraît selon les besoins du service, en format petit in-8°. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.
VAUGELAS. — Claude Favre, baron de Vaugelas, grammairien français, est né à Meximieux •dans l'ancien Bugcy, en 1585, et mort à Paris en 1650. Son pcro, le jurisconsulte Antoine ï\ivro de Vaugelas, premier président du sénat de Savoie, lui fit obtenir en 1G19 une pension do 2000 livres du roi Louis XIII, et le plaça, en qualité de gentilhomme ordinaire, chez Gaston d'Orléans, dont il devint plus tard le chambellan. Hôte assidu de l'hôtel de Rambouillet, Vaugelas fut bientôt cité comme l'un des hommes de France qui parlaient le plus correctement la langue et qui en savaient le mieux les règles. Grâce à cette réputation, il figura parmi les premiers membres de l'Académie française, et fut chargé, ainsi que Chapelain et quelques autres, de préparer le Dictionnaire. En même temps il s'occupait activement de l'ouvrage qui devait illustrer son nom, et qui parut en 1G47 sous ce titre . Remarques sur la langue française, utiles à ceux qui veulent bien parler et' bien écrire. Vers la lin de sa vie, Vaugelas ét.-'it devenu le gouverneur des deux fils de Thomas de Savoie, prince de Carignan, dont, l'un était sourdmuet, et l'autre bègue : fcnite sa science, on le comprend de reste, fut impuissante contre ces ingrates natures. .Malgré cet cm;)loi qui sans doute n'était pas très lucratif, et malgré sa pension, qui d'ailleurs lui était assez irrégulièrement servie, il vécut dans une gène extrême. A sa mort, ses <:réanciers firent saisir ses papiers, parmi lesquels l'o Partis.
se trouvaient les cahiers du Dictionnaire. H fallut une sentence du Châtelet pour que l'Académie rentrât en possession de son lien. Vaugelas laissait, en outre, les matériaux d'un nouveau livre sur la langue, qui parut beaucoup plus tard sous le titre de Nouvelles remarques, et une traduction de Quinte-Curce, à laquelle il avait travaillé pendant trente ans, et (jui fut publiée, en 1GG3, par les soins de Conrart et de Chapelain.
Que s'est proposé Vaugelas? C'est d'inventorier fidèlement le matériel de la langue, d'en fixer les règles éparses et indécises, et par suite, de la centraliser, de l'unifier, soit en la préservant des caprices individuels, soit en la délivrant du mélange des patois provinciaux et de l'envahissement des idiomes étrangers. Pour arriver a ce but, que fait-il? H prend l'usage pour arbitre suprême. Les livres des bons auteurs, les travaux des gens savants en la langue, et le parler de la cour, c'est-àdire de la société polie : voilà pour lui d'où se déduit l'usage. En cas de conflit entre ces trois pouvoirs, il donne la préférence aux grands écrivains, quelle que soit son estime pour la cour; et ce qui le détermine dans les cas douteux, c'est l'opinion des érudits. Telle est la règle suivie par Vaugelas, ce qu'on a appelé sa méthode. Au fond, il ne se pose ni en législateur ni en réformateur ; le rôle qu'il s'attribue est plus modeste : c'est celui d'un témoin qui dépose de ce qu'il a vu et entendu. Il serait plus vrai de dire, avec Sainte- Beuve, qu'il se constitue le secrétaire, le greffier de l'usage. En effet, c'est moins par des discussions raisonnées que par des citations et des exemples, qu'il aborde, poursuit et mène à terme son travail de centralisation sur la langue; c'est en s'appuyant sur les autorités les plus imposantes â ses yeux qu'il résout toutes les questions relatives à la clarté, â l'élégance, à la politesse du langage. Tout ce qui a trait au choix des mots et à la construction des phrases, aux anomalies apparentes et aux difficultés réelles du vocabulaire, de la syntaxe, de l'orthographe et de la prononciation, à l'amphibologie des tours, à l'emploi et à l'abus du néologisme, aux formes multiples de la période, est examine, traité, élucidé, toujours suivant la môme méthode, dans ces cinq cents Remarques, appelées à devenir le code de tous ceux (jui veulent, suivant son expression, bien parler et bien écrire.
L'autorité de Vaugelas subsista durant tout le xviic siècle. Des hommes compétents en matière de langage. Chapelain, Patru, d'Ablancourt, Th. Corneille, Bonheurs, Alcman, Bèrain, d'Olivet, aidèrent au succès de son œuvre, les uns en la complétant par une collaboi'ation directe, les autres en la rectifiant de son vivant ou après sa mort. Des contradicteurs éminents, entre autres La Mothe Le Vayer, protestèrent contre le joug de sa discipline au nom de rindèpcndance des écrivains. Ménage, qui se piquait de partager ses principes, se révolta plus d'une fois contre ses arrêts ; et l'on sait que Molière lui-même lança quelques traits malins contre l'académicien qu'on saluait en tout lieu comme un oracle. La renonmiée de Vaugelas n'en a pas souffert. On l'accusait d'arrêter l'essor de la pensée par la contrainte des règles; mais les chcls-d'ocuvre littéraires du xviic siècle allaient bientôt réfuter cette accusation; et il fallut reconnaître que la reforme de la grammaire laissait à l'art toutes ses franchises. On avait reproche â Vaugelas de pousser à toute outrance l'épuration du vocabulaire; mais lui-même s'était chargé d'avance de répondre à ce reproche; « J'ai, disait-il, une certaine tendresse pour ces beaux mots que je vois ainsi mourir, opprimés par une tyrannie qui ne nous en donne point d'autres en leur pince. » Si parfois il consentit trop facilement a do fâcheux sacrilices, on peut
ISS
VAUGELAS
VEGIO (MAFFEO)
dire qu'il ^isa plus souvent de son crédit pour enrichir la langue que pour l'appauvrir. Dans bien des cas, il rompit ouvertement avec les beaux-esprits de niôtel de Rambouillet, et gagna contre eux la cause de certains vocables et de certains tours qu'une fausse délicatesse aurait voulu proscrire. Disons aussi que la modestie et l'aménité de ses mœurs tempéraient la rigueur et ajoutaient à l'autorité de ses décisions : on lui savait gré de ne se montrer ni régent ni pédant dans des controverses qui trop souvent avaient eu pour effet de fausser le jugement et d'aigrir le caractère des plus honnêtes gens de l'époque.
Ceux qui considèrent la grammaire comme une science plutôt que comme un art hésiteront peutêtre à classer Vaugolas parmi les grammairiens de premier ordre. Il ne remonte pas à la raison des choses : c'est plutôt un empirique qu'un théoricien ; à cet égard il est loin des savants de Port- Royal et des philosophes du xvni° siècle. D'autre part, il est trop étranger aux origines et à la formation du français ; défaut qui lui est commun avec ses contemporains et ses successeurs immédiats, puisque la grammaire historique était encore à naître. Enfin l'esprit sévère et un peu exclusif de sa méthode l'a entraîné à des erreurs et à des préventions, dont les effets sont encore aujourd'liui sensibles et regrettables. Mais, malgré tout cela, l'influence de Vaugelas a été durable, et elle méritait de l'être. Il est venu en son temps, et ses eft'orts ont tendu et touché au but où marchait l'esprit français mis en possession de luimême, à la pureté, à la justesse, à l'unité de la langue.
Pour achever d'apprécier son œuvre, transcrivons ici la conclusion d'une étude qu'un maître consciencieux, M. Moncourt, lui a consacrée. « Vaugelas, répétons-le, n'a pas prétendvi faire une œuvre définitive : il n'a posé aucune barrière capable de gêner la légitime expansion de la langue française, il a réservé à l'avenir ses droits intacts... Ce sont les grands écrivains qui donnent la mesure de la force et de la richesse d'une langue ; mais quel avantage pour eux, lorsqu'ils n'ont pas en même temps le souci de la former, lorsqu'ils la trouvent régulièrement constituée, et qu'il ne leur tombe sous la main que d'excellents matériaux ! Précieux pour le génie même, ce secours est nécessaire à la médiocrité, qu'il parvient à rendre supportable. C'est par là qu'au xvn® siècle des écrivains de troisième ou quatrième ordre se font lire, sinon avec un vif intérêt, du moins sans fatigue. Ils parlent une langue claire et naturelle, leur style est sain. Au contraire, aux époques de formation et de décadence, il est incontestable que la nature fait naître, comme en tous temps, des esprits vigoureux : ce qui les empêche d'atteindre à la perfection, c'est que la langue leur fait défaut : ou elle est encore incertaine et bégayante, ou elle s'altère et se déconcerte. Elle condamne ceux qui l'emploient à rester pour l'ordinaire, suivant le mot de Villemain, û.' éloquents barbares... De nos jours, on paraît sentir la nécessité de se remettre sous une forte discipline : de toutes parts, on s'efforce de revenir aux anciennes formes de notre langue classique; on l'étudié avec un redoublement de zèle, on se livre à des recherches à la fois profondes et minutieuses sur les maîtres de notre littérature; on travaille à dresser un inventaire de toutes leurs richesses, pour les reconquérir sur la désuétude qui les a laissé perdre ou sur l'abus qui les a dénaturées. Il s'agit de faire sur les meilleurs écrivains français, depuis Corneille et Descartes, le travail que Vaugelas a fait sur les meilleurs jusqu'à Descartes et Corneille. Trouverat-on, pour et diriger dans cette tâche immense, une méthode plus juste et plus sûre que celle qu'il a suivie?»
A consulter : E. MoNcounT, Méthode, grammaticale de Vaugelas: MonEm, Dictionnaire Idstoinque ; Pélisson, Histoire de t Académie française ; Sainte-Beuve, Nou- r veaux lundis, t. VI ; Fu. VVev, Béoolution du langage en France, ch. xvi.
[Ch. Lebaigue.J
VAULABELLE. — Achille Tenaille de Vaulabôlle, né à Châtcl-Consoir (Yonnej en 1799, mort à Nice en 1879, est surtout connu comme l'auteur de VHisioire des deux Restaurations, publiée en 6 volumes en 1844 et dans les années suivantes. Après la Révolution de février, il fut élu représentant de l'Yonne à l'Assemblée constituante, où. il siégea dans les rangs du parti démocratique modéré. Après avoir été d'abord président du comité d'instruction publique, il fut, après la retraite de M. Hippolyte Carnot, nommé ministre de l'instruction publique (5 juillet 1848). Son administration ne fut marquée que par un seul acte important^ le décret du IG août 1848, qui plaça les écoles û-ançaises et Israélites de l'Algérie dans le ressort exclusif du ministre de l'instruction publique. M. de Vaulabelle abandonna son portefeuille au bout de trois mois, à la suite d'un remaniement du cabinet dans un sens moins républicain ; iï eut pour successeur M. Freslon*. Depuis ce moment, il est resté jusqu'à sa mort étranger à la , politique.
VEGIO (3IAFFE0). — Maffeo Vegio, désigné souvent par le nom latinisé de Maphaeus Vegius, na- , quit à Lodi en 1406, étudia les lettres à Milan, fut appelé à Rome par le pape Nicolas V, et remplit les fonctions de secrétaire des brefs, puis de dataire; il mourut à Rome en 1458. Il a laissé plusieurs ouvrages, tous écrits en latin, qui n'ont été ' publiés qu'après sa mort : ce sont des traités de religion et de morale, et divers poèmes, entre autres une continuation de ïEnéide (imprimée dans l'édition de Virgile de 1471), quia principalement contribué à faire connaître le nom de Vegio.
Parmi ses écrits en prose, on trouve un traité d'éducation, qui fut imprimé pour la première fois à Milan en 1491, sous ce titre : Maphei Vegii, patrià Laudensis, divinnrum scripturarum peritissimi et poetae celeberrimi, Martini papae quinti datarii, de educatione puerorum et eorum claris moribus libri sex; in-4°. Quelques années plus tard, des imprimeurs français firent plusieurs éditions de cet ouvrage, en l'attribuant à Philelphe *, et en l'intitulant : Francisci Philelphi de liberorum educatione aurei libri sex (Poitiers, vers 1500, in-80; Paris, 1505, in-4°; Paris, Gourmont, 1508, in-4o). Nous avons comparé le livre de Maffeo Vegio avec celui qui a été mis sous le nom de Philelphe ; les deux textes sont absolument identiques.
Ce livre a été traduit en français en 1513 par un étudiant de l'université d'Orléans, Jean Lode, qui, se conformant à l'usage reçu en France, l'a aussi désigné comme un traité de Philelphe. Voici le titre de sa traduction : « Le Guidon des parensen instruction et direction de leurs enfans. Aultre^ ment appelle' François Philelphe de la manière de nourrir, instruire et conduire jeunes enfans. Nouvellement imprimé à Paris. On les vend à Paris en la maison de Gilles Bourmont. » Le ■ Guidon des parens est, croyons-nous, le plus an- ; cicn livre imprimé en français qui traite de péda-' gogie. A ce titre, il peut être intéressant d'en diro quelques mots.
Le « Prologue » s'exprime en ces termes :
« Icy joieusemcnt commence le trossalutaire et fructueux traicté de François Phileli)he, orateur et philosophe très excellent, de la manière de nour- ^ rir, conduire et diriger les enfans et leur monstrcr' bonnes mœurs et en icelles les informer et maintenir. Auquel gist tout art de bien et sainctement vivre, tout genre de bien dire, et auquel presque?
VENDÉE
VENDEE
innumcrablcs (livino^s sontencos dés philosophes et Ihcolo^^iciis sont oontenucs. Translaté du latin on frangois par maistro Jehan Lode esludiant en luniversitc Dorlcans natif du diocèse du Nantes au pays de Bretaignc. A Ihonncur et exaltation de messieurs les douze eschevins et principaulx gouverneurs de la noble ville et cite Dorléans : ensemble de honorable homme et saigc mosiour maistrc Pierre le BeiTuier advocat et conseiller du roy nostre sire en icello. Anssi à l'utilité et consolation dos manans et habitans dicolle. Kt généralement de l'universelle chose publique Gallicaine. »
Voici les titres de quelques chapitres du livre l""^ :
«Ch. icr. Comment l'auteur monstre cstro nécessaire aux pore et more pour bien instituer leurs enfans de bien et sainctcmcnt vivre.
» Ch. II. Quelles choses sont diligentement à garder et observer des parons en la procréation de leurs enfans.
Ch. m. De la grande cure et sollicitude que doibvent avoir père et more de bien et saigcment nourrir leurs enfans, après que nostre seigneur leur a donné estre et vie en ce monde.
» Ch. IV. Comment est utile et proufitable acoustumer les enfans a tollerer et endurer patientement l'aspérité du froid.
>' Ch. VI. Comment les enfans doibvent oyr sermons et parolles graves et honncstes pour tousjours en bien informer leur humain espcrit.
« Ch. VII. Gomment jeunes enfans ne sont à espouvontcr par monstrueux noms, comme souvent feignent ung tas de folles femmes.
» Ch. VIII. Comment jeunes enfans préalablement et devant toutes choses sont à instruire en l'amour et crainte de Dieu le créateur. »
Le livre II traite de l'instruction des jeunes enfants « es lettres et bonnes sciences » ; il ne contient à ce sujet que des recommandations générales.
Au livre III on rencontre des préceptes variés, sur l'enseignement, les occupations des enfants, etc. Le chapitre ii est intitulé : « Comment chascun doibt ensuivre nature comme princesse et ductrice de la vie.» L'auteur parle ensuite des récréations, de la philosophie, des arts mécaniques, des mauvaises compagnies.
Le livre IV roule sur les devoirs des enfants envers leurs supérieurs et envers le prochain en général. On y montre « comment les enfans doyvent aymer et honorer pore et more ». On leur recommande d'honorer leurs maîtres, les magistrats, « d'être miséricordieux vers les povres et indigens ».
Le livre V traite des mœurs, recommande la <( chasteté et pudicité », la « taciturnité »; parle des soins du corps, des habits. Il l'autu fuir loquacité et gloutonnerie » ; « observer sobriété »; « respecter les saints heux ». Un chapitre parle de l'agriculture : « Comment Agriculture est diligentemont à procurer. »
Le dernier chapitre de l'ouvrage, contenant la dernière recommandation de l'auteur, rappelle que « Icsadolesccns doivent s'appliquer principalement à l'étude des lettres ».
VKiNi»Éii (Département de la). — Superficie, 6703 kilom. carrés. Population: 421 G42 habitants en 1881, au lieu de 411781 en 187G. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 63 habitants, au lieu do 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 3 arrondissements, formant 4 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : La I\ochc-sur-Yon, Fontenay-le-Comte, Luçon, les Sables d'Olonne ; 30 cantons, 300 communes, dont 278 de 500 habitants et audessus.
Le service de .l'inspection primaire dans le
département de la Vendée est réparti comme suit :
■ti
NOMnUli
DKOOLBS
DBCLiSSKS.
b'KLÈVEg 1
puMIi.
libres.
|)ablii|.
librei.
poblics.
librei. 1
La Rorlic-
sui-Voii.
F OIltOIKlV-
le-Cointc.
Luçon ....
Les Subies
d'Ûloiiue.
Population d'âge scolaire. — En 187G on comptait 55 800 enfants de G à 13 ans (28 715 garçons et 27 085 filles), soit 13.55 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on ne compte plus que5l95G enfants de G à 13 ans (20 135 garçons et 25821 filles), soit 12.32 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 3 844 enfants de G à 13 ans pour une période de cinq années, tandis que pendant la même période la population totale s'est accrue de 98G1 habitants.
1. État de l'instruction publique avant 1789. — Aux renseignements généraux déjà donnés à l'article Poitou, auxquels nous renvoyons le lecteur, nous ajoutons quelques dctaiîs nouveaux extraits de documents dont la copie se trouve au Musée pédagogique.
Les évoques de Luçon s'occup'^ ont, au xvii^ et au xviiie siècle, de fonder des écoles, et demandèrent a plusieurs reprises, à cet ofTct, l'appui financier de la cour. Dans une lettre où le ministre Pontchartrain annonce à Mgr de Barillon que quatre gentilshommes vendéens, de religion protestante, enfermés à la Bastille, ne recouvreront la liberté qu'à la condition d'abjurer, il ajoute que le roi accorde 1000 livres pour les maîtresses d'écolo du diocèse de Luçon (3 juillet 1091). Le successeur de Mgr de Barillon, Mgr de Lescure, commit un do ses chanoines pour inspecter les écoles et lui rendre compte ; il fonda à Luçon une « psallette », c'est-à-dire une école où on enseignait la lecture, l'écriture et le calcul à des enfants qui apprenaient en même temps le chant et servaient d'enfants de choeur.
Dos personnes généreuses créèrent aussi des écoles à leurs frais : par acte du 16 novembre 1705, le marquis de Montaigu et son épouse donnent une maison pour y installer une école de filles, qui sera desservie par les sœurs de l'hôpital de Montaigu; par acte du 27 septembre 1771, la demoiselle de Chevigné donne deux maisons et le tiers de tous ses revenus pour la fondation d'une écolo do filles à Saint-Fulgont, « et se nomme pour première régente de ladite école sous le bon plaisir et agrément de Mgr l'évêquo de Luçon, qu'elle supplie très humblement d'agréer et approuver la présente fondation et établissement, et d'accorder après le décès de ladite demoiselle do Chevigné des mandements aux régentes qui lui succéderont, qui seront agréées et choisies par M. le curé de Saint-Fulgent, qui cependant ne pourront êtro autres que dos filles do la nunillo de ladite demoiselle de Chevigné, autant qu'il y en aura de capables et qui se présenteront pour tenir ladite école. »
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Peiulant la période révolutionnaire, la N ondco, théâtre d'une longue
VENDÉE
VENDÉE
guerre civile, ne participa -pas au mouvement qui se fit pour la réorganisation des écoles primaires. Après la pacification du pays, les écoles y restèrent rares. Nous avons sous les yeux une lettre de l'administration du canton des Herbiers à l'administration du département, datée du 29 ventôse an VII, qui peut donner une idée de la situation. On y lit : >
« Nous vous adressons cy joint, citoyens, les états des écoles primaires de notre canton pour les années V et VI ; ils ne sont pas aussi satisfaisants que nous le désirerions. Les Herbiers sont le seul endroit de notre canton où il y ait un instituteur public, encore a-t-il peu d'élèves; la raison est que, voulant entièrement se conformer aux lois et ne donner à ses élèves que des principes républicains, aucun habitant des campagnes n'envoyent leurs enfants à son école. L'instituteur ne jouissant ny du logement ny de la rétribution que la loi lui accorde pour lui en tenir lieu, ou du moins celle-ci étant trop modique, nous aurons la douleur de voir les enfants des citoyens peu fortunés rester sans éducation, attendu que l'instituteur nous a déclaré ne pas accepter pour l'an VII la rétribution de trente francs qui lui est accordée par votre arrêté du 16 floréal an V pour lui tenir lieu de logement et de jardin. »
En l'an IX, le Conseil général du département s'exprime en ces termes au sujet de l'instruction publique : « L'instruction publique est presque nulle dans le département. Le goût des sciences n'y a pas pénétré, quoique les habitants du Bocage surtout naissent avec de la perspicacité. Les instituteurs primaires des campagnes, du Bocage surtout, sont très peu instruits. On désirerait qu'ils fussent secrétaires de mairie. L'école centrale placée à Luçon, est peu suivie ; quatre chaires seulement sont en activité; elle ne compte en tout que 50 élèves La supprimer, et substituer à l'école centrale quatre écoles intermédiaires placées à Fontenay, à Luçon, à Montaigu et aux Sables. »
Sous l'empire, plus de la moitié des communes du département n'avaient pas d'écoles ; et la situation ne s'améliora que fort peu jusqu'à la loi de 1833.
Statistique comparée pe 1829 a 1883-81. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le département de la Vendée depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.
Nombre des communes dépourvues d'écoles. — En 1837, le département comptait 32 communes n'ayant aucune école, et 101 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 26 communes entièrement dépourvues d'écoles. En ■1883-1884, on ne trouve plus que 4 communes sans écoles ; mais 49 communes de 500 habitants n'ont pas d'école publique de filles.
Nombre des écoles primaires publiques et libres.
Le noiTibre total des écoles primaires était,
d'après VAlmanachde l'Université, de 152 en 1813, et de 200 en 18"21. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ciaprès :
d'après la stalîsti que oflici'» .
Écoles
Écoles
TaÏ»
publiques
6iG
Division des écoles publiques e\ libres en écoles de garçonSf écoles mixtes et écoles de filles.
Total
Écoles
de garçons mixtes de Tilles
i8o0 294 (y compris les
écoles mixtes)
Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.
Écoles laïques Écoles congréganistes
" de garçons . g,. de garçons , f.„
ou mixtes demies ou mixtes demies
Total
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.
Instituteur*
Institutrices
^ il»
Total
laïques
congrégan.
laïques
congrcgaa.
lOGC
Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gi^atuits dans les écoles primaires de toute nature.
Total des élèves Ëlëves gratuits
1832 (année cWile). . .
1876-77 (année scolaire)
Manque.
Manque 21 742 23 533 26 047
Gratuité.
En 1832, il y avait 338 élèves inscrits sur 10000 habitants; en 1840, 599; en 1803, 1 026; en 187G- 1877 4239, et 1524 en i8S3-188i.
VEl^DÉE — 20/i5 —
Écoles malei'neUes {Salles d'asile).
VENDÉE
Nombre des coiirs d'adidtes et de leurs auditeurs.
Nombre
Nombre
des^établi^-scments
dcj élèvei
Nombre Hommes
de cour?
Femmes
Nombre d
Hommes
auditeur Femme
Brevets. — Le nombre des brevets délivrés dans 1g département de 1833 à 1885 inclusivement a été le suivant :
Instituteurs
272 brevets ôlémenf.iires, 338 — obligatoires.
26 brevets supérieurs 55 — complets.
19 — facultatifs
élémentaires, Institutrices
ou complots supérieurs
108 brev(
>ts élémentaires obligatoires,
rev(
ils supérieurs complets, facilitai ifs
élémentaires,
ou complets, supérieurs.
Certificat d'études primaires. — Les examens du ccrtiHcat d'études primaires ont été introduits dans le département de la Vendée en 1877. Voici le tableau des certificats obtenus de 1877 à 18Si :
Nombre de candidats Certificats ohlcniis
('■illÇUIlS
1881. ..;.,-vr ^ ^^
Filles
Garçons Fille
li^sultats de T instruction. — Les deux tableaui cî-dessous indiquent le degré din;,truction des conscrits et des conjoints :
Nombre de conscrits sachant au moins lire, de 1827 à 1884 inclusivement.
CLASSES
ONSCRITS
RANG da
DÉPAR- TEMKrfT
Sachant
au moins
lire
Combien pour luii
En 1827-1829 la moyenne de rinstruction des conscrits était de ii.S 0/0 ; dans le département de la Vendée cette moyenne était de 32.3 0/0, soit 12.5 0/0 au-dessous de la moycnno générale.
La classe de 1884, en portant l'instruction des conscrits dans le département de la Vendée à 80.2 0/0, réalise ainsi un progrès total de 47.9 0/0 pour la période de cinquante-cinq années qui s'est écoulée de 1829 à 1884, soit un progrès annuel de 0.87 0/0, tandis que pour toute la France le progrès n'a été, durant la même période, que de 0.79 0/0.
Le département de la Vendée n'en reste pas moins un des plus arriérés sous le rapport do l'instruction des conscrits et de celle des conjoints.
Nombre de conjoints sur 100 ayant signé leur acte de mariage.
Années
Uomin