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présence était contraire aux lois de l'Etat, et qu'il fallait, ou abroger ces lois, ou tenir la main à leur exécution. Devant l'unanimité de ses ministres, Charles X céda; mais quand MgrFeutrier, évoque de Beauvais, ministre des affaires ecclésiastiques, présenta à sa signature les ordonnances qu'avait rédigées M. Portalis, ministre de la justice, il lui dit : « Mon cher évêque, je ne dois pas vous dissimuler que c'est la chose qui me coûte le plus dans la vie que cette signature ; je me mets ici en opposition avec mes plus fidèles serviteurs, ceux que j'aime et que j'estime. » La première des deux ordonnances du 16 juin était rendue sur le rapport du ministre de la justice : elle soumettait au régime de l'Université les huit écoles secondaires ecclésiastiques où se trouvaient des jésuites, et retirait le droit d'enseigner aux membres des congrégations non autorisées (V. ie texte de cette ordonnance au mot Liberté a enseignement, p. 1680). La seconde, rendue sur le rapport du ministre des affaires ecclésiastiques, réglait pour l'avenir les conditions d'existence des écoles secondaires ecclésiastiques, les ramenait à leur caractère primitif de séminaires, limitait le nombre de leurs élèves, et prescrivait à ceux-ci le port de l'habit ecclésiastique.
M. de Vatimesnil n'avait pas été directement mêlé à la confection des ordonnances du 16 juin, puisque, bien qu'il s'agît d'une question d'instruction publique, c'étaient ses collègues les ministres de la justice et des affaires ecclésiastiques qui avaient mis leur nom au bas de ces deux documents. Mais il en accepta pleinement la responsabilité, et les défendit avec énergie devant la Chambre; aussi sa conduite fut-elle regardée par ses anciens amis comme une apostasie.
Parmi les autres mesures qui ont signalé le ministère de M. de Vatimesnil, mentionnons la réouverture du cours d'histoire de M. Guizot à la Sorbonne, fermé depuis 1822, le rétablissement de la chaire de droit administratif créée en 1819 près la Faculté de droit de Paris ; et un ensemble de réformes de détails touchant à tous les ordres de l'enseignement, et contenues dans une ordonnance en date du 26 mars 1829. Cette ordonnance créa des chaires nouvelles dans les facultés de droit et de médecine ; elle améliora la position matérielle des professeurs des collèges royaux, en leur attribuant, pour augmenter le chiffre de leurs traitements, une part dans les excédents des recettes des collèges; elle créa un commencement d'enseignement professionnel, par son article 19, ainsi conçu : « "Tout chef d'institution ou maître de pension pourra joindre à l'enseignement ordinaire le genre d'instruction qui conviendra plus particulièrement aux professions industrielles et manufacturières. Les élèves qui suivront les cours spécialement destinés aux professions industrielles et manufacturières seront dispensés de suivre les classes des collèges, soit royaux, soit communaux » ; enfin elle disposa que pour les écoles primaires protestantes il y aurait au moins un comité de surveillance par arrondissement d'église consistoriale.
M. de Vatimesnil quitta le ministère de l'instruction publique à l'avènement du cabinet Polignac (8 août 1829). Après la révolution de Juillet, il continua à faire partie de la Chambre jusqu'en 1834. Plus tard, il prit une part active à la lutte entreprise par le parti catholique contre l'Université au nom de la liberté d'enseignement ; mais cette fois, au lieu de défendre les droits du pouvoir civil, il se plaça au premier rang des champions de l'Église, qu'il regrettait d'avoir « contristée » lors de son ministère, et dont il était redevenu l'avocat et le conseil. En 1849, il fut élu membre de la Législative. Après le coup d'Etat du 2 décembre, il rentra dans la vie privée, 11 est mort à Paris on 1800.
VAUCLUSE (Département de). — Superficie, 3 548 kilom. carrés. Population : 244 149 habitants en 1881, au lieu de 255 703 en 1876. Densité moyenne de la population par kiiom. carré : G9 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 4 arrondissements, formant 4 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Avignon, Apt, Carpentras et Orange; 22 cantons, 150 communes, dont 104 de 500 habitants et au-dessus.
Le service de l'inspection primaire dans le département de Vaucluse est réparti comme suit:
Avignon .
Apt
Carpentras. .
Orange. .
NOMBRE
DE CLASSES
pobliq.
libres-
D BtBVBS
pnblics. libres
Population d'âge scolaire. — En 1876, on comppour 100 habitants. En 1881, on ne compte plus que 27244 enfants de 6 à 13 ans (13 764 garçons et 13 480 filles), soit 11.16 enfants dage scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 1 181 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq années. Pendant la même période la population totale a diminué de 11554 habitants.
1. État de l'instruction publique avant 1789. — Le département de Vaucluse a été formé du Comtat Venaissin, de la principauté d'Orange, et d'une partie de la Provence. Sur l'histoire des écoles dans cette région antérieurement à la Révolution, il existe une étude de M. Achard, archiviste, publiée en 1860 dans l'Annuaire de Vaucluse. Nous en extrayons les indications suivantes :
« A Avignon et dans le Comtat Venaissin, l'école primaire paraît avoir dû sa création au moins autant à l'initiative municipale qu'à l'inspiration du clergé. Les documents que nous avons pu recueillir jusqu'à ce jour établissent que l'instituteur est plus souvent laïque qu'ecclésiastique, et que c'est de la caisse municipale qu'il tire principalement ses moyens d'existence. Toutes les fois qu'il se présentait plusieurs compétiteurs pour une même école, le conseil de la commune ouvrait un concours et les syndics ou consuls donnaient l'investiture au plus digne.
» Une délibération du conseil de la ville d'Avignon du 3 avril 1470 nous fait connaître l'établissement dans cette ville d'écoles générales à la tête desquelles fut placé Yves Frette, familier du cardinal-légat Pierre de Foix. Une autre délibération du 18 décembre 1478 indique que les écoles publiques furent ensuite données à Jean de Saluées. La ville payait le loyer de la maison où se tenaient les écoles et faisait toucher à l'instituteur une redevance de 10 écus à laquelle les Juifs étaient tenus. »
M. Achard nomme ensuite un certain nombre de maîtres qui exercèrent à Avignon, du xv« au xvne siècle ; puis il énumère 21 communes qui possédaient des écoles au xvi» et au xvii* siècles.
« Généralement, ajoute M. Achard, on donnait à l'instituteur une chambre dans la maison commune, on lui fournissait le local de l'école, et il touchait sur les fonds municipaux une subvention
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qui, au xvi^ et au xviie siècle, ne dépassait guère 12 écus par an. La rétribution scolaire lui était en outre entièrement acquise. Il était enfin nourri par douze pères de famille qui l'admettaient à leur table pendant un mois chacun. Tant que la difficulté des communications empêcha d'envoyer au dehors des jeunes enfants, les chefs de famille se disputèrent l'instituteur à cause des préceptes qu'il donnait à la famille pendant les repas; mais à mesure que les parents aisés purent envoyer leurs enfants chercher l'instruction au dehors, il ne resta plus dans les villages que les journaliers qui eussent pu désirer le maître d'école ; mais ils n'avaient pas les moyens de le nourrir, ou bien le nourrissaient si mal qu'il ne voulait plus de ce mode d'alimentation.
h Quant au chiffre d& la rétribution scolaire, nous voyons qu'en 1527 l'usage était à Caderousse que les plus jeunes enfants payassent un sou par mois ; les « grammairiens » en payaient deux. Dans le traité que la commune de Courthezon passa avec maître Courrat-Barnel en 1570, il fut convenu que les grands paieraient trois sous par mois, les moyens deux sous, et les petits un. »
Un mémoire rédigé par M. Schuwer, et qui se trouve en manuscrit au Musée pédagogique, contient de nombreux extraits des archives municipales d'Orange, qui permettent de reconstituer l'histoire des écoles de cette ville. Dès 1208, il est question de l'achat d'une maison pour les écoles. En 1355, le salaire des régents était fixé à une salmée de blé ; vers la fin du xiv^ siècle, il est de 2 florins par mois. Le collège d'Orange fut fonde en 1573; il y avait deux maîtres, un protestant et un catholique ; en 1688, une école primaire fut jointe au collège, mais pour les catholiques seulement. En 1741, il est donné lecture au conseil de la ville d'une lettre de M. de Breteuil, ministre d'État, portant « que l'éducation de la jeunesse des deux sexes ayant été négligée dans cette ville, en ce que les écoles n'étaient régentées que par des laïques mariés, ce qui ne pouvait jamais procurer aux enfants une instruction conforme aux sentiments de religion et de bonnes mœurs; dans de pareilles circonstances, il convenait d'établir en cette ville deux écoles où l'on instruisît séparément les garçons et les filles, régentées par deux frères et par deux sœurs des écoles chrétiennes. » Le conseil objecte « qu'il y a dans la ville d'Orange tout ce qu'il faut pour l'instruction des personnes de tout état et de tout âge ; que si les frères et les sœurs des écoles ne sont pas tout à fait inutiles, ils sont en tout cas très peu nécessaires; que, à supposer même que les enfants de tout état fussent envoyés aux écoles de ces frères et de ces sœurs, il est un nombre, et le plus grand nombre de ces enfants, auxquels la lecture et l'écriture ne suffisent pas ; c'est là cependant, à ce que l'on assure, que se bornent les instructions de ces frères et de ces sœurs. » Le représentant du gouvernement répond par un mémoire où sont clairement indiqués les véritables motifs qui ont dicté la lettre de M. de Breteuil : il s'agit « des religionnaires, qui sont nombreux en cette ville, dans tous les états, et qui font un des principaux objets de la cour dans l'établissement des écoles chrétiennes. M. le syndic ne doit pas ignorer que les enfants de cette religion ne sont point conduits par les maîtres d'école qu'on a eus jusqu'à présent dans cette ville à aucun exercice de notre religion, parce que ces maîtres préfèrent à leur devoir la rétribution qu'ils retirent des pères de ces enfants qui ne les enverraient plus chez eux s'ils les y conduisaient... Il y a sans doute le catéchisme à la cathédrale; mais les enfants des religionnaires n'y paraissent pas, et un très petit nombre de ceux des cathoUques le font. 11 est donc nécessaire d'avoir des maîtres sur l'exacti-
tude desquels on puisse compter pour les y conduire. » Le conseil ne se rendit pas ; devant sa résistance, l'évèque et la cour durent abandonner le projet de créer une école de frères; ils se contentèrent de l'ouverture d'une école gratuite pour les filles, dirigée par des religieuses.
A Apt, en 1739, une école de frères est établie, et le conseil de ville vote 300 livres de gages annuels. Cette école dure près d'un demi-siècle ; mais une délibération du 16 juin 1784 en ordonne la suppression, « vu que les écoles gratuites tendent à enlever à l'agriculture un grand nombre de bras ; le conseil croyant, par cette délibération, se conformer aux vues du gouvernement et faire le plus grand bien à la patrie. »
Dans l'arrondissement de Carpentras et dans celui d'Apt, les recherches destinées à constater l'existence des écoles avant 1789 n'ont donné de résultats que pour une quinzaine de communes.
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Les documents sur l'époque révolutionnaire sont rares et incomplets; ils suffisent toutefois pour indiquer l'existence des écoles durant cette période. Nous voyons, par exemple, le 10 juillet 1792, le conseil de la commune de Saint-Trinit voter 100 livres pour le traitement de six mois du maître d'école, qui reçoit en outre de ses élèves une rétribution mensuelle de trois et do cinq sous ; ce même traitement est encore voté en l'an IV, et la maison commune sert de salle d'école. A Malemort, les archives renferment un registre ouvert en conformité de l'article 5 du décret du 29 frimaire an II, et contenant les noms des instituteurs qui ont exercé dans cette commune du 4 ventôse an II au 19 vendémiaire an VII. A Gucuron,le26juinl793, M'"'' Rolandy est nommée maîtresse d'école aux appointements de 150 livres ; le 18 octobre 1793, nomination du « citoyen Gyr Icard, régent des écoles du français et pour travailler à l'éducation de la jeunesse conjointement avec le citoyen Allier, autre régent » ; le 2 floréal an II, « déposition sur le bureau de la municipalité du certificat de civisme de la citoyenne Marguerite, épouse de Joseph Rolandy, institutrice de l école des filles » ; le 5 germinal an III, nomination « de la citoyenne Tulle Mathieu, femme OUivier, institutrice, en remplacement de la citoyenne Rolandy, qui s'est absentée pour aller joindre son mari à Toulon ». L'instituteur de Saignon signale un règlement des écoles primaires du département de Vaucluse dressé par l'administration centrale du département dans sa séance du 18 prairial an VI; nous n'avons pu nous procurer ce document.
En l'an IX, le Conseil général du Vaucluse dit; « L'instruction publique est nulle dans ce département; il est peu d'écoles primaires qui soient fréquentées. L'école centrale est peu fi-équentée, et n'atteint pas le but qu'on s'était proposé. La supprimer, sauf à en conserver une par division militaire ou judiciaire. Le vœu général est que les 27 800 francs accordés à l'école centrale soient employés à l'établissement de quatre collèges dans les chefs-lieux d'arrondissement. »
Nous ne possédons pas de renseignements sur la situation des écoles pendant l'époque du premier empire et celle de la Restauration, autres que ceux fournis par la statistique qu'on trouvera ci-après.
Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le département de Vaucluse depuis la fin de la i^cstauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.
Nombre dea commuries dépourvues d'écoles. -— En 1837, le département comptait 121 communes n'ayant aucune école, et 58 communes n'ayant
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pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 4 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1883-1884, on ne trouve plus de communes sans écoles ni de communes de 500 habitants n'ayant pas d'écoles publiques de filles.
Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de V Université, de 191 en 1813 et de 184 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :
Écoles Écoles t, .„i publique» libres ^"^"'
d'après la statistique offlc"«
Division des écoles publiques et libres en écoles de gaî'çonSf écoles mixtes et écoles de filles.
de garçons
École
(y compris les écoles mixtes)
de filles Total
Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congrcganistes.
Écoles laïques
de garçons ^ j.,, ou mixtes
Écoles congréganislcs
de garçons ^ ^^^^ ou mixtes
Total
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.
Instit
u tours
Instit
utiicns
Total.
Laïques.
Congrég.
Laiqurs.
Congrcg.
Nombre total d'élèves, et nombredes élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.
1832 (année civile)...
-77 (année scolaire)
Total des élève»
Élèves gratuit»
Manque
29iil9
Manque
Gratuité
En 1832, il y avait 503 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 1840, 6G9; en 1863, 1077; en 1876- 1877, 1136, et 1262 en 1883-1884.
Écoles maternelles [Salles d'asile).
Nombre des établissements.
Nombre des élèves.
Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.
Nombre de cours
Hommes Femmes