XENOPHON
ans. Les écoles préparatoires sont des établissements prives, mais elles sont soumises k la surveillance de l'Etat.
Il existe depuis 1873 une école normale d'institutrices, à Markgrôningen ; avant de devenir établissement de l'Etat, cette école était une fondation privée, due à l'initiative de l'instituteur Dûlil de Ludwigsburg (1859). A Gmund il y a une école normale catholique d'institutrices, qui est un établissement privé.
III. Statistique de l'enseignement primaire. — La statistique la plus récente que nous ayons sous les yeux est celle de 1881-1882, publiée en 1884. Cette statistique ne s'occupe que du personnel enseignant ; elle ne fournit aucun renseignement sur le nombre des écoles primaires ni sur celui de leurs élèves.
Le nombre des postes d'instituteurs à titre définitif, d'intérimaires, de sous-maîtres, et d'auxiliaires, était le suivant au 1" janvier 1883 :
Instituteurs touchant 900 marks 2
— 001 à 1 000 marks 1 523
— iOOi à i 100 — 1040
plus Je 2 000 marks 1
Instituteurs intérimaires 27
Sous-maitres {Unterlehrer) 391
Auxiliaires (ZeAr5re/«7/'e) 673
Parmi les 391 sous-maîtres, il y avait 33 institutrices; et parmi les 673 auxiliaires, 91 institutrices.
L'Etat a dépensé en 1882 une somme de 358 400 marks, sous forme de traitements supplémentaires {Alterszulagen) accordés à 2065 instituteurs, et une somme de 4900 marks pour traitements supplémentaires accordés à 42 institutrices.
Il y avait au le^ janvier 1883 247 élèves dans les écojes préparatoires, 546 élèves dans les écoles normales d'instituteurs de l'Etat, 74 élèves dans les écoles normales d'instituteurs ayant le caractère d'établisssements privés, et 63 élèves dans les écoles normales d'institutrices.
Le personnel enseignant des sept écoles normales de l'Etat était ainsi composé à la même 1 date : écoles normales protestantes d'instituteurs,
quatre recteurs, quatre professeurs, douze maîtrea supérieurs, douze maîtres adjoints; écoles normales catholiques d'instituteurs, deux recteurs, deux professeurs, quatre maîtres supérieurs, un maître spécial, cinq maîtres adjoints ; école normale d'institutrices, un recteur, un maître supérieur, deux maîtres adjoints et deux institutrices.
A l'enseignement primaire se rattachent les orphelinats, au nombre de 3 (tous trois publics) ; les institutions de sourds-muets, au nombre de 6 (3 publiques, 3 privées) ; les institutions d'aveugles, au nombre de 4 (toutes quatre privées).
IV. Enseignement supérieur et enseignement spécial. — Au-dessus de l'enseignement primaire se placent six autres catégories d'enseignement, savoir :
1° L'enseignement supérieur des jeunes filles [hôheres Mûdchenschulwesen), qui comprend 7 écoles publiques, avec 1462 élèves, et 4 écoles privées avec 1890 élèves. Il faut y joindre l'école normale supérieure d'institutrices, à Stuttgart, avec 37 élèves ;
2° L'enseignement secondaire classique et réal [Gelelivten- uncl Realschulen), qui comprend : les écoles dites élémentaires [Elementai'schulen), au nombre de 17, recevant les enfants dès l'âge de six ou sept ans pour les préparer à entrer au gymnase ou à la Realschule ; les Realschulen, au nombre de 72, dont 59 de l'ordre inférieur et 13 de l'ordre supérieur; et les Gelehrtenschulen, au nombre de 92, savoir 68 écoles latines inférieures, 8 lycées (dont 3 lycées réaux), 12 gymnases (dont 2 gymnases réaux), et 4 séminaires théologiques protestants inférieurs ;
3" Les écoles d'art, comprenant l'école des beaux-arts et le conservatoire de musique, tous deux à Stuttgart;
. 4° Les écoles techniques, qui comprennent : les écoles complémentaires industrielles {gewerbliche Fortbildunr/sschulen), au nombre de 153, auxquelles s'ajoutent 12 écoles complémentaires pour les filles {weibliche Fortbildungsschulen) et 14 écoles de travaux de femme {Frauenarbeitssckulen) ; l'école d'architecture et l'école polytechnique, toutes deux à Stuttgart;
5° Les écoles agricoles, qui comprennent : les écoles complémentaires agricoles (/andwJrif /isc/ia/ii- LicheFortbildangsschulen), au nombre de 897 ; les 5 écoles agricoles d'hiver {landuoirtkschaftiche Winterschulen); l'école de viticulture de Weinsberg; les écoles d'agriculture d'Ellwangen, d'Ochsenhaufen et de Kirchberg ; l'école vétérinaire de Stuttgart; et l'école supérieure d'agriculture do Hohcnheim ;
6° L'université de Tûbingen, quia compté en 1882 104 professeurs et 1400 étudiants.
XÉNOPHON. — Historien, moraliste et général grec, Xénophon a joué un rôle important dans l'histoire politique et littéraire de son pays. Né dans l'Attique vers 445 avant J.-C, il mourut en 355. Il prit part à diverses expéditions militaires ; il a raconté dans VAnabase la retraite des Dix Mille, après l'avoir commandée. 11 a continué dans les Helléniques l'histoire grecque de Thucydide. Nous avons déjà dit, à l'article CyropédiSy comment il s'était laissé entraîner, quoique Athénien de naissance, à rêver pour l'éducation de la jeunesse un idéal Spartiate, une éducation militaire où les exercices du corps occupaient la place d'honneur.
Dans «n autredq ses ouvrages Xénophon s'est
rapproché au contraire des mœurs plus douces et de la civilisation plus raffinée des Athéniens. ISE- C07i07nique, la Mesnagerie comme disaient les premiers traducteurs de Xénophon, semble avoir été écrite sous l'impression de Socrate, le maître de Xénophon. C'est un dialogue entre un mari, Ischoniaque, et sa jeune femme. Il s'agit surtout de la direction qu'il convient de donner au ménage, à l'administration de la maison. Mais, à propos des mille détails de l'économie domestique, Xénophon est conduit à indiquer comment il entend l'éducation de la femme, ou plutôt l'éducation de l'épouse par le mari.
Avant son mariage, la femme d'Ischomaque, comme la i)lupart de ses contemporaines, ne savait
YONNE
YONNE
rien ou pou s'en faut. On lui avait appris à filer la laine, à ôtro sobre, à ne pas faire do cpi estions, et c'était tout. Xcnophon conçoit pour la femme un autre idéal, et c'est le mari qu'il charfçe d'instruire ei de former sa compagne. « 11 l'instruit, dit M. Croi- §et dans son étude sur Xénophon, avec une délicatesse charmante. D'abord il prie les dieux avec elle, et tous deux demandent en commun, pour lui la grâce de la bien instruire, et pour elle le don de ne jamais s'écarter de ses devoirs. Il lui laisse le temps do s'habituer à son caractère et de lui parler librement. Il faut que l'affection précède l'obéissance, et que la confiance de l'élève rende plus facile la tâche du maître. Alors, seulement, il lui fait entendre les conseils de la raison ; il cause amicalement avec elle, d'un ton grave et afl'ectueux, il la traite comme son égale. « Dès ce moment, dit-il, cette maison nous est commune. Il ne s'agit plus maintenant d'examiner lequel de nous deux a apporté plus de biens que l'autre, mais il faut songer à cette vérité que le meilleur des deux associes aura le plus apporté au ménage commun. »
Et il continue ainsi ses leçons, sur le ton d'un ami qui conseille, non d'un maître qui sermonne et qui gronde. Il rappelle à son épouse que la femme et l'homme se complètent l'un l'autre, que les dieux leur ont donné des facultés difi'érentes, pour que l'un se chargeât des aff"aires extérieures, l'autre des soins domestiques. " Une de tes fonctions, qui peut-être ne te plaira pas, lui dit-il, sera de veiller sur tes domestiques malades et de travailler à les guérir. — Que dis-tu? reprend la jeune femme, je
n'aurai pas d'occupation plus agréable, puisqu'il» me sauront gré de mon <lévouemcrit et qu'ils me deviendront ainsi plus attachés. » La jeune femme acquiert peu à peu, sous la douce direction de son mari, toutes les vertus de son sexe, l'ordrs, la simplicité, l'économie, et la plus précieuse de toutes, la bonté. On cherche vainement ce qui manque à cet intérieur domestique, idéal de la famille grecque, qui ressemble beaucoup à l'idéal de la famille moderne.
On est vraiment surpris que le charmant et délicat auteur de VEconomiquc soit le même écrivain qui, dans la Ci/ropédie et dans la CynérjétiquCy a prôné l'éducation rude et grossière, telle que Sparte n'a jamais cessé de la pratiquer. La C>/né- (^(itique est un traité sur la chasse, et en partie, sans qu'on puisse le soupçonner tout d'abord, un traité d'éducation. Aux yeux de Xénophon la chasse est rexei:cice qui convient le mieux aux jeunes gens : il n'y a pas de vertu qu'elle ne leur enseigne. Elle est, qui le croirait? une école do douceur et de modération, une école de franchise. Xénophon, ici comme dans la Cijropédie, vGa.^it avec exagération contre les tendances trop raffinées et légèrement amollies des mœurs athéniennes, pour réhabiliter la vieille éducation grecque, celle des âges rustiques et encore étrangers à la civilisation. En résumé Xénophon, dans les questions d'éducation, a hésité entre deux directions très différentes, celle de YEconornique et celle de la Cyropëdie, mais il a cependant fini par donner la préférence à l'idéal Spartiate.
[Gabriel Corapayré.]
YOjVNE (Département de 1'). — Superficie, 7428 kilom. carrés. Population : 357 029 habitants en 1881, au lieu de 359 070 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré: 48 habitants, au lieu de 71 habitants, chiff"re de la densité moyenne de la France. 5 arrondissements, formant 6 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Auxerre, Avallon, Joigny, Sens, Tonnerre etïoucy; 37 cantons, 485 communes, dont 245 de 500 habitants et au-dessus.
Le service de l'inspection primaire dans le département de l'Yonne est réparti comme suit :
CIRCONSCRIPTIONS
Auxerre .
Avalloa .
Joigny. .
Sens .
Tounerre ïoucy. ..
de classes
publ.
libr,
d'élèves
publics
libres
Population d'âge scolaire. — En 187G,on comptait 42 009 enfants de 6 à 13 ans (21 423 garçons et 20580 filles), soit 11.70 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on ne compte plus que 40122 enfants, de 6 à 13 ans (20271 garçons et 19 851 filles), soit 11.24 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 1887 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq an-
nées, tandis que pendant la même période la population totale n'a diminué que de 2041 habitants.