OSO
En 1863, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de ll'',76, soit 2'', 29 audessus de la moyenne générale, qui était à la môme date de 9'',47. En 1876, cette dépense était de 17", 17, la moyenne générale étant de 17'',83. En 1882, la dépense par tète d'élève dans le département de l'Yonne était de 24'%20, tandis que la moyenne générale était de 21'',77.
Etat actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de l'Yonne pendant l'année scolaire 1884-
Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 926 (798 écoles publiques et 128 écoles libres). 1 commune seulement (Clichy, 59 hab.), est entièrement dépourvue d'école. 18 communes de plus de 500 habitants n'ont pas encore d'école publique de filles (ce nombre était le même en 1883). Sur les 926 écoles primaires du département, il y a 783 écoles laïques (261 écoles de garçons, 225 de filles et 297 mixtes) et 143 écoles congrcganistes (6 de garçons, 134 do filles et3 mixtesj.
Division des écoles de toute nature d'après le Jiombre de classes qu'elles possèdent.
Publiques Libres
à 1 classe 660
à 2 classes 106
à 8 — et au-dessus 1
Totaux ,. 798
YONNE
YONNE
Division des classes publiques d'après le nombre des élèves qu'elles reçoivent.
Classes de 50 élèves et au-dessous..
— de plus de 50 élèves
— -— de 60 —
878, soit
Les moyennes correspondantes pour toute la France, en 1884, sont 82.8 0/0, 10.8 0/0,4.1 0/0,1.4 0/0, 0.9 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une bonne situation.
Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1884-1885 sont au nombre de 54 316 (au lieu de 54508 en 1883-1884). Ce nombre peut se décomposer en :
Élèves des écoles publiques 46 981
— — libres 7 235
Garçons 26 614 I
l- illes 27 602 (
de garçons.. ..'.il î ^ '19 205
Élèves des écoles J de tilles .'; ' 21 158
mixtes 13 853
Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 54 216 pour 41 175. De plus les états de situation des écoles maternelles accusent l'inscription de 1 4U5 enfants de plus de 6 ans, et les classes primaires des établissements d'enseignement secondaire en reçoivent 280 environ, soit, au total, 42^50 enfants d'âge scolaire inscrits dans les établissements de toute nature. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de l'Yonne est de 40 122, d'où il résulterait un excédent de 2828 inscrits de 6 à 13 ans sur les recensés du même âge. Il y a lieu pour le département de l'Yonne comme pour tous ceux où les doubles emplois se sont produits avec une certaine intensité, d'opposer aux chiffres des états de situation ceux des enquêtes à jour fixe faites dans les écoles publiques, les 5 avril 1884 et 10 février 1885 :
Enfants d'âge Inscrits Présents
5 avril 1884.., iO février 1885.
scolaire
Présents sur 100
Soit en moyenne 92 présents ou fréquentants sur 100 inscrits, et 8 absents. Si l'on applique cette réduction de 8 0/0 au total des enfants d'âge scolaire inscrits dans les établissements de toute nature, on le ramène à 39 514, chiffre inférieur de 608 au nombre des enfants recensés.
Certificat d'études primaires. — Le résultat des examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1885 :
Garçons.
Filles . . .
Nombre Nombre de certificats de candidats obtenus
Totaux
Le total des certificats obtenus rCi)réscnte 9.9 0/0 du total des élèves en âge de concourir inscrits dans les écoles primaires publiques et libres. Pour toute la France cette proportion est de 8.9 0/0.
Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'année scolaire 1884-1885 un effectif de 1 304 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.
10 Pour les écoles publiques :
Titulaires avec brevet supérieur
Titulaires avec brevet élémentaire
Titulaires sans brevet.
Adjoints brevetés
— non brevetés..
Instituteurs laïques congr.
2» Pour les écoles libres :
Institutrices
Titulaires brevetés ....
— non brevetés.
Adjoints brevetés
— non brevetés.
laïques
congr.
laïques
eongr
Maisons d'école. — La situation au 1er sep' tembre 1885 est résumée dans le tableau suivant:
Nombre et nature des immeubles scolaires.
Ide garçons, de filles mixtes
Groupes scolaires....
Totaux
Appartenant aux communes.
Prêtés.
Loués.
ToUI
Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 149 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maisons d'écolo s'élève à 12 151 francs.
Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de l'Yonne pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les neuf dernières années, est le suivant :
Nombre des communes
Subventions de l'Etal
41 700 fr.
1 506 320 fr.
Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1885, 84 écoles maternelles (45 publiques et
39 libres). Sur les 45 écoles maternelles publiques,
40 sont dirigées par des directrices laïques et 5 par des directrices congréganistes. Toutes les directrices laïques sont munies du certificat d'aptitude; parmi les 5 directrices congréganistes, 1 n'est pas dans ce cas. Sur les 39 écoles maternelles libres, 4 sont dirigées par des laïques et 35 par des congréganistes ; 12 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 14 sous-directrices, possédant toutes un titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 2 sousdirectrices, ayant leur titre de capacité. On trouve également S sous-directrices d'écoles maternelles libres congréganistes, dont 3 sans titre de capacité.
Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1884-1885, 6572 élèves (6 488 en 1883-1884), répartis comme suit :
Écoles maternelles I laïques.. 3 628
publiques | congrég. 4i9
Écoles maternelles J laïques.. 73
privées \ eongiég. tAîi
6562 élevés.
ZELLEll
ZILLEH
Les enfants do 6 ans et au-dcssiis, c'cst-à-diro d'âsc scolaire, fifi;urent dans ce nombre pour 1495.
Ecoles normales cl cours normal. — Le département de l'Yonne possède deux écoles normales primaires, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.
L'école normale d'instituteurs, fondée à Aiixerre en iS'iij, contient 09 élèves-maîtres auxquels l'enseignement est donné par le directeur, G maîtresadjoints et 4 professeurs supplémentaires.
L'école normale d'institutrices, ouverte à Auxerre en 1872, comprend un effeclif de 34 élèves-maîtresses auxquelles l'enseignement est donné par la directrice, G mtiîtresses-adj ointes et 5 professeurs supplémentaires.
Écoles primaires supérieures. — A la date du 1er janvier 188G le département de l'Yonne possésédait les établissements d'enseignement supérieur ci-après : une école primaire supérieure publitjue de garçons avec 8 maîtres et GO élèves, dont 2 boursiers; un cours complémentaire public de garçons avec 1 maître et 20 élèves; et 2 écoles primaires supérieures publiques de filles avec 14 maîtresses et 116 élèves dont 37 boursières.
Bibliothèques scolaires et biblioth<:qucs pédagogiques. — Voici la situation au l^r janvier 1886 :
Bibliothèques scolaires 536
Nombre de livres de lecture 90 415
— de prêts eu 1885 97 712
Bibliothèques pédagogiques 35
Nombre de volumes 17 333
En 1863, le département ne possédait que 89 bibliothèques scolaires contenant ensemble 4956 volumes de toute nature.
Caisses des écoles. — 41G caisses des écoles fonctionnent en 188G dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1885:
l'.ccettes de l'eiercice 1885 76165 fr.
l)<;j)Oiisc» 45 O'î'l »
Somme en caisse à la clôture de
l'exercice '. 31 090 fr.
Avant l'application do la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département possédait déjà 121 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 17 155 francs.
Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1862. Voici leur situation en 1879 et en 188G :
Années.
de caisses.
de lirrets.
SOVVES
inscrites ces livrets.
Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1844, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 que 4G8 membres et son actif n'atteignait que 45 690 francs. Elle compte en 1886 700 membres, et son actif s'élève à 78272 fr.
Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de l'Yonne, dont la fondation remonte à 1867, paraît selon les besoins du service, en format petit in-8". Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.
ZELLER. — Christian-Henri Zeller, ne en 1779 à Hohen-Entringen (Wurtemberg), fut destiné par sa famille à l'étude du droit ; mais il se sentait attiré vers la vocation d'éducateur, et à l'âge de vingt-deux ans il entra comme précepteur dans une famille noble d'Augsbourg. Il dirigea ensuite une école à Saint-Gall pendant six ans, puis devint en 1809 inspecteur des écoles de Zofingue (canton d'Argovie). Ce fut dans cette ville que ses sentiments religieux s'exaltèrent jusqu'à se transformer en un mysticisme qui rendit Zeller suspect au gouvernement argovien. Des membres de la Société des missions de Bâle avaient songé à créer un orphelinat où seraient recueillis des enfants abandonnés, et où des jeunes gens seraient formés à la profession d'instituteurs des pauvres. La direction de cet établissement fut offerte à Zeller, qui accepta et quitta Zofingue en 1820. L'orphelinat fut installé dans le château de lieuggcn, au bord du Rhin, sur le territoire badois, à trois lieues en amont de tiàlc. Zeller resta pendant quarante années à la tête de cet établissement, qu'il rendit célèbre. Les résultats qu'il y obtint lui valurent les éloges de Pestalozzi, dans une visite que celui-ci fit à lieuggen en 1826. Zeller a laissé quelques écrits, dont les principaux sont intitulés : Enseignements de l'expérience pour les instituteurs chrétiens de la campngne et des pauvres {Lehven der Erfahrung fur christliche Laud-und Armenschullehrcr, Bàlc, 1827, 3 vol.; et Courte psgchologie, fondée sur l'Ecriture et rexpérienc (Kurze Seelen/chro, gegrundel auf Schrift und Erfahrung), Stuttgart, 1840. Il est mort à Heuggen en ISGO.
Son frère aîné, Charles-Auguste Zeller (1774- :I840), théologien et pédagogue, mais resté étran-
irc P.VnTIE.
ger à la tendance piétiste, et disciple de Pestolozzi, auprès duquel il séjourna à Yverdon en 1807, fut inspecteur des écoles en Wurtemberg, puis en Prusse, et contribua à la diffusion de la méthode pestalozzienne en Allemagne.
ZERUE>'XER. — Gottlicb Zerrcnner, pédagogue allemand, né en 1780 à Beiendorf dans la Saxe prussienne, mort en 1851 à Magdcbourg, a joue un certain rôle dans la réorganisation des école* prussiennes pendant la première moitié de ce siècle. Après avoir étudié la théologie à Halle, il devint pasteur à Magdebourg, et y fut en même temps chargé d'enseigner dans divers établissements. Au bout de quelques années, il fut nommé inspecteur des écoles et directeur de l'école normale d'instituteurs. En 1832 il échangea la direction de l'école normale contre celle du gymnase de Magdebourg, qu'il conserva jusqu'en 184i. Dans les dernières années de sa vie, il se vit tenu à l'écart à cause de ses opinions rationalistes, qui le désignaient à l'animadversion du parti piétiste, devenu dominant en Prusse. Il a laissé divers ouvrages qui ont rendu des services en leur temps, mais qu'on ne lit plus aujourd'hui, entre autres, un Traité de méthodologie [Melhod^nbuch fiir Volksschullehrer), des Principes d'éducation et d'enseignement (Grundsd.'ze der Schulerziehung, der Schulku7îde und Unferrichtsuissenschaft), et un Annuaire de l'instruction primaire (Jnhrbuch fUr das Volk^schulwcsen^, publié à partir de 1825.
ZILLER. — Tuiskon Ziller, pédagogue allemand, professeur de philosophie, ne à Wasungen en 1817, mort à Leipzi*; on I8S2, est le plus connu (les représentants de l'hcrbartianisme. Il perdit de bonne heure son père, d'abord recteur à Wasun-
ZILLER
ZSÇHO^^]^
gen, puis pasteur à Stcinach et à Frauenbreitun-; gen, et se trouva chargé, à peine au sortir du gymnase, du soin de sa mère et de quatre jeunes frères, qu'il éleva en acceptant une place de professeur au gymnase de Meiningen. Dès qu'il se vit un peu plus libre, il se hâta de se tourner vers l'enseignement académique, auquel il se consacra à partir de 1863. Après des études de droit et une thèse sur les « Pandectes de Pachta », il se voua tout entier à l'enseignement de la pédagogie. Disciple enthousiaste de Herbart, c'est le côté pédagogique de l'œuvre de son maître qu'il a surtout à cœur de développer. Il fait en 1854 un cours sur la « pédagogie générale » ; toute son existence, toute son activité, tant par la plume que par la parole, sont déjà renfermées en germe dans ces premières leçons ; il est resté fidèle à lui-même et n'a l'ait que développer et appliquer les idées de ce premier cours pendant le ^este de sa vie.
Son premier ouvrage a paru en 1856 sous ce titre : Introduction à la pédagogie générale {Einleitung in die allgemeine PUdagogik). Il annonce qu'il se propose d'étudier séparément les diverses parties de la science pédagogique, telles que Herbart les a classées, et de les rapprocher le plus possible des enseignements de la religion. En 1857, il publiait un livre sur Le goiwey^nement des enfants [Die Regierung der' Kinder). Son ouvrage capital parut en Ï8G5. Il l'appela -.Fondement pour la doctrine de l'enseignement éducatif {Grundlegung zur Lehre vom erziehenden Unterriclit). Oii peut encore mentionner, comme dignes d'attention, ses Leçons sur la pédagogie générale [Vorlesunge7i iiber allgemeine Pudagogik), publiées en 187G.
Il voulut ajouter la pratique à la théorie. A l'exemple de Stoy *, il fondait en 1862 à l'université de Leipzig un « séminaire pédagogique », c'est-àdire un ensemble de leçons et de cours, auquel il adjoignait bientôt une école d'application. Les principaux élèves de son séminaire se recrutèrent parmi les théologiens et les instituteurs de la Saxe. Cette institution dura jusqu'à sa mort. Une autre fondation de Ziller lui a survécu : c'est V Association pour la pédagogie scientifique {Verein fur loissenschaftliche PUdagogik), créée par Ziller et Stoy en 1868 et qui ne tarda pas à avoir pour organe, dès l'année suivante, un Annuaire où d'importants travaux ont été publiés. L'association compte aujourd'hui plus de 700 membres, qui se sont donné pour tâche de propager les doctrines de Herbart et de Ziller, et qui constituent pour la plupart une petite église passablement intolérante. Les prétentions de cette association à être la seule qui possède les secrets d'une pédagogie vraiment « scientifique » ont donné lieu en Allemagne à de vifs débats et à un actif échange d'articles de journaux et de revues et même de brochures qui ne se signalent pas toujours par l'aménité ou la courtoisie.
Si la science consiste dans le pédantisme et dans l'obscurité, il est évident que Ziller et son école peuvent revendiquer le monopole scientifique. Au langage déjà obscur et aux divisions et subdivisions artificielles de Herbart et de Stoy, il semble que Ziller se soit ingénié à ajouter de nouvelles bizarreries, qui finissent par faire de l'éducation de l'enfance le métier le plus hérissé de rubriques et de formules qui se puisse imaginer. Une des inventions dont Ziller est le plus fiier est sa théorie de la « concentration ». Il n'entend pas par concentration de l'enseignement la méthode qui consisterait à mettre en lumière les éléments les plus importants, les plus utiles, les notions fondamentales de chaque science, de façon à ce que l'enfant s'habitue à rattacher tous les détails à leur centre naturel et logique. Du tout : Ziller veut que chaque année le maître
prenne pour « centre » do son pnseignoment une idée, un ordre de matières auquel il rattachera et réunira tout le reste. La langue, l'histoire, le calcul, l'éducation, tout se groupera autour de ce point unique. Pour la première année, ce seront douze fables qui reviendront sans cesse dans l'enseignement et serviront de thème permanent, de trame où se broderont l'instruction et l'éducation tout entières. La seconde année ce sera Robinson Crusoé, la troisième année l'histoire des patriarches. Les cinq années suivantes auront successivement pour thème unique et pour centre d'instruction et d'éducation l'époque des juges d'Israël, puis celle des rois juifs, puis la vie de Jésus, puis l'histoire des apôtres, et enfin l'histoire de la réformation. Ces huit objets d'enseignement, ces huit centres, représentent aux yeux de Ziller les huit étapes de la civilisation que l'humanité a parcourues jusqu'à ce jour et que l'enfant doit parcourir dans les huit années de sa scolarité, de 6 à 14 ans. Cette philosophie de l'histoire appliquée aux enfants des écoles primaires, cette sorte de méthode Jacotot poursuivie impitoyablement d'année en année, paraissent uniquement propres à produire la dispersion, l'ahurissement et un colossal ennui.
On reconnaît facilement à ces traits, et à tant d'auti'es que l'on pourrait énumérer, que Ziller a peu connu les enfants, qu'il a vécu dans le monde de l'abstraction, du raisonnement à priori et des formules. Sa psychologie est tirée des livres de Herbart et non de la fréquentation des écoliers; sa pédagogie est « scientifique » peutêtre, comme ses disciples s'en vantent à tout propos, mais elle n'est ni judicieuse, ni expérimentale, ni pratique. Ce n'est pas à dire pourtant qu'il n'y ait pas dans ses œuvres de sérieux efi"orts vers la vérité, des vues parfois profondes et originales, d'utiles indications pour un maître intelligent; mais il faut se donner tant de peine pour les y découvrir, elles se noient dans une telle masse de longueurs, de banalités ou d'étrangetés, qu'il semble qu'on aurait encore plus vite fait de consulter tout simplement l'expérience et le bon sens. [Jules Steeg.]
ZOOLOGIE. — V. Histoire naturelle.
ZSCHOKKE. — Henri Zschokke naquit à Magdebourg, en Saxe, en 1771. Resté orphelin de bonne heure, il eut une enfance triste; ce fut seulement lorsqu'à l'âge de dix-neuf ans il eut obtenu de son tuteur la permission d'aller achever ses études à l'université de Francfort- sur-l'Oder qu'il sentit son cœur et son esprit s'éveiller aux joies de la vie et de la science. Ses études terminées, il devint Privat-Docent à l'université, et fit avec succès des cours sur l'histoire, le droit naturel, la philosophie morale et l'esthétique. En 1793 il publia son premier livre, les Idées sur une esthétique psychologique {ïdeen zur psyschologischen Aesthetik). Dans son ardeur juvénile, il avait attaqué avec une imprudente franchise les abus qu'il voyait autour de lui; aussi, lorsqu'après deux années d'enseignement il posa sa candidature à une chaire de professeur, se la vit-il refuser net par le ministre prussien von Wôllner. Profitant alors de l'indépendance que lui assurait une petite fortune, il quitta l'Allemagne, visita l'Italie, la Suisse, Paris, et en 1796 se fixa dans les Grisons, où il obtint à l'âge de trente-cinq ans le poste de directeur dn célèbre institut de Reichcnau. Il se consacra avec ardeur à sa tâche, et chercha à faire de l'institut une pépinière de chauds patriotes, animés de l'esprit nouveau de tolérance et de l'amour du bien public. Il écrivit pour les écoles des Gri-^ sons un petit livre [Das noue und nûtzliche Schulbûchlein zum Geùrauche fur die wissb^gierige Jugcnd im Bûndnerlande) qui se répandit rapidement dans le pays rhétien, où il rendit de réels: