‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 489 sur 573 · ZSCHOKKE · texte numérisé non relu

ZSCHOKKE

ZWINGLl

services comme manuel scolaire; et une histoire populaire des trois Ligues grisonnes [Die drci cwigen Bûnde im hohen Rfiàtien, Zurich, 1798). Mais il ne put rester que deux années à Reiche- ■nau. Au milieu de 1798, les paisibles vallées des Grisons se virent soudain transformées en champ do bataille des armées autrichiennes et françaises; Zschokke, signalé aux Autrichiens comme « patriote », dut se réfugier en Suisse. Là il trouva, auprès du gouvernement helvétique qui avait fixé son siège à Lucerne, un nouvel emploi de son activité ; entouré d'hommes avec lesquels il se sentait en communauté d'opinion, le ministre Stapfer *, Paul Usteri, Pestalozzi *, etc., il fonda un organe de propagande démocratique, le Schweizerbote, auquel succéda ensuite un autre journal, Der helvetische Gejiius. Mais Zschokke posa bientôt la plume du publiciste pour entrer au service du gouvernement helvétique comme commissaire administratif, et il fut envoyé en mission dans les petits cantons d'abord, puis dans le Tessin et à Bâle. Au cours de la première de ces missions, il eut à s'occuper de l'orphelinat de Stanz, dont la direction avait été confiée à Pestalozzi. Zschokke prêta son concours dévoué au développement de ■cette intéressante institution; mais, après un essai de quelques mois, il jugea, comme l'avaient fait les membres du comité administratif de rétablissement, que Pestalozzi avait entrepris une œuvre au-dessus de ses forces. Ce fut lui qui, en qualité de commissaire du gouvernement, procéda, en juin 1799, aune réorganisation de l'orphelinat, dont il dut éloigner Pestalozzi, fatigué et malade. La conduite de Zschokke dans cette affaire a été diversement jugée; le ministre Stapfer, dans un rapport au Directoire helvétique, l'accusa de s'être laissé aller contre Pestalozzi à des préventions injustes (V. Pestalozzi, p. 2308); mais le Directoire donna raison à son commissaire. L'impartialité de Zschokke ne saurait donner lieu à aucun doute, et la postérité, croyons-nous, a ratifié sa décision, dictée par le bon sens et une saine appréciation des circonstances. Du reste, Zschokke et Pestalozzi n'en demeurèrent pas moins unis par les liens d'une durable amitié. Lorsqu'en 180.2 le parti unitaire fut renversé du pouvoir par les fédéralistes, Zschokke rentra dans la vie privée. Il s'établit dans le canton d'Argovie, où il s'était fait naturaliser citoyen suisse. Il reprit alors la plume, et écrivit d'abord un récit des principaux événements de la révolution helvétique {Historische Denkwurdigkcilen der helvetischen Staatsumwdlzung y 1803-1805) ; puis il ressuscita le Schweizerbote, qui reparut €n 1804 et dont il continua la publication pendant trente-huit années. C'est dans ce journal que parurent la plupart des contes et nouvelles qui ont rendu le nom de Zschokke si populaire en Suisse et en Allemagne : le Village rfev faiseurs d'or, la Peste de Veau-de-vie, Maitre Jordan, etc. Son Histoire de la Suisse, écrite en style populaire , toute vibrante des accents du patriotisme le plus pur et le plus élevé, est un véritable chef-d'œuvre, qui a puissamment contribué à réveiller dans la jeune génération l'esprit national. Non moins grande a été l'influence de ses Heures de recueillement {Stunden der Andacht), qu'il publia de 1809 à 1816 sous la forme d'un journal hebdomadaire, et qui répandirent dans un nombreux cercle de lecteurs les principes d'une morale véritablement laïque, affranchie de tout dogmatisme confessionnel. Zschokke contribua aussi directement aux progrès de l'éducation populaire dans son canton d'adoption : il fut pendant de longues années inspecteur des écoles, et fit une active propagande en faveur de l'enseignement mutuel, qui était alors regardé par la plupart des esprits libéraux comme le plus puissant moyen d'émancipation des intelligences. C'est à

son initiative que sont dues la fondation de l'ccolo professionnelle {G^werheschule) d'Aarau en 1827 et de l'Institut des sourds-muets d'Aarau en 1835; il s'occupa aussi avec zèle de l'organisation d'une Association d'enseignement (l/ùrgerlicfier Le/trverein), dont les cours étaient destinés à donner un supplément d'instruction à la jeunesse sortant des écoles primaires et qui ne pouvait recevoir l'enseignement des écoles d'ordre supérieur. Il est mort à Aarau le 27 juin 1848, à l'âge de soixantedix-sept ans, laissant le souvenir d'un homme de bien, d'un patriote désintéressé, et dun remarquable écrivain populaire.

ZUBEUBUIILER. — Sebastien Zuberbuhler, éducateur suisse, est né à Trogen (canton dAppenzcll) en 1809. Il fréquenta d'abord l'école primaire de son lieu natal jusqu'à douze aos, et il avait appris ensuite le métier de fabricant de peignes, lorsqu'on lui proposa en 1822 d'entrer à l'école cantonale, dont KrUsi * venait de prendre la direction, pour s'y préparer à la profession d'instituteur. Zuberbuhler accepta, et trois ans après il ouvrait une école privée, où il réunit un grand nombre d'élèves. Mais bientôt, désireux de compléter ses études, il se rendit à Bâle, et y suivit pendant deux ans les cours de l'université. Il remplit ensuite pendant un an les fonctions de précepteur, puis devint à vingt ans instituteur à Trogen. En 1833, il fut nommé instituteur àLiestal, et en 1837 maître à l'école normale de Herzogenbuchsee (Berne), où il resta quinze ans. En 1852, un changement politique dans le canton de Berne lui fit perdre sa place ; mais il fut aussitôt choisi comme directeur de l'école normale de Coire (Grisons). Enfin en 1861 il devint directeur de l'école normale du canton de Saint-Gall, et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1868. Zuberbuhler a laissé le souvenir d'un éducateur consciencieux, tout dévoué à sa tâche difficile. Sa mémoire est restée chère à ses anciens élèves, qui ont célébré, le 18 octobre 1886, une fête en commémoration des services rendus aux écoles suisses par cet homme distingué.

ZWIiVGLI. — Ulrich Zwingli, le réformateur de Zurich, naquit en 1484 à Wildhaus dans le Toggenburg (canton de Saint-GallU II appartenait à une famille aisée, qui lui fit faire ses premières études à Bâle et à Berne; il se rendit ensuite à l'université de Vienne, où l'humanisme était alors particulièrement en honneur, et en 1502 il devint maître à l'école latine de Bâle. Le jeune humaniste se destinait à la théologie; il fut bientôt après ordonné prêtre, puis 'nommé curé de Claris (1506). Il occupa dix ans ces fonctions, et à deux reprises, durant cette première période de sa carrière, accompagna en Italie comme chapelain militaire une troupe de mercenaires glaronnai'^ (en 1513 et 1515). En 151611 devint prédicateur à Einsiedeln; trois ans plus tard, la réputation qu'il avait acquise le fit appeler en cette même qualité à Zurich. C'est là qu'il commença, en 1522, son œuvre de réformateur à la fois sur le terrain religieux et sur le terrain politique. Il la poursuivit avec un zèle infatigable et un courage héroïque jusqu'au moment où la mort vint le frapper sur le champ de bataille de Cappel, le 11 octobre 1531.

La réforraation zuricoise a fait sentir ses effets sur l'école ; là encore c'est à Zwinsili qu'appartient l'initiative : ce fut lui qui, à partir de 1525, dirigea personnellement les affaires scolaires de l'Etat zuricois en qualité de « premier magistrat des écoles » {erster Schulherr).

L'idéal de Zwingli est une organisation sociale dans laquelle la décision dernière, en religion comme en politique, doit être laissée à la souveraineté des citoyens, et où la communauté religieuse et la communauté politique sont identiquef l'une à l'autre. L'Eglise et l'Etat, en consé-

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