CORBIÈRE
GOSTA-RIGA
évalué, en 1883, à 1500 environ, ot celui de leurs élèves a 75 bOO.
A la même époque, l'enseignement secondaire était représenté par des collèges existant dans les principales villes, par des séminaires de théologie; l'enseignement spécial et supérieur par l'école navale à Garthagène, l'école des mines à Antioquia, l'école militaire, les écoles d'architecture de peinture et de musique à Bogota, et par plusieurs universités, dont celles de Garthagène et de Bogata sont les plus importantes.
A la suite de la guerre civile qui a amené le le renversement du régime ledcratif, et qui a couvert le pays de ruines, l'instruction publique à tous les degrés s'est trouvée presque complètement anéantie. Mais l'un des premiers soins de l'Assemblée nationale qui a rédigé la nouvelle constitution a été d'ordonner la réouverture des écoles. Une loi du 18 août 1886, en trois articles, porte ce qui suit :
« Art. 1er. — Le gouvernement est autorisé à réorganiser l'instruction publique nationale.
» Art. 2. —Le gouvernement exercera, à l'égard de l'instruction primaire, les pouvoirs qui appartiennent aux assemblées départementales, jusqu'à ce que ces corps se soient légalement constitués.
» Art, 3. — Aucun emploi pubUc n'est incompa- ' tible avec les fonctions de professeur d'enseignement secondaire ou professionnel, et ceux qui donnent cet enseignement peuvent également occuper ])lusieurs chaires. Dans ces divers cas, les traitements sont cumulés. »
Le décret qui a réorganisé l'instruction primaire en Colombie, conformément à cette loi, porte la date du 9 octobre 1886.
Le ministère de l'instruction publique de la Colombie a un organe officiel, les Anales de la instruccion pûblica, qui paraît à Bogota depuis 1881 ; la publication en a été interrompue pendant la guerre civile, puis elle a été reprise à partir de juin 1886.
CORBIERE. — Jean-Baptiste Corbière, né à Amanlis, près de Rennes, en 1767, n'entra dans la vie politique qu'en 1815. Elu député, il se signala, à la Chambre « introuvable », comme l'un des plus fougueux parmi les membres du parti ultra. En décembre 1820, lorsque le ministère Richelieu se vit contraint de transiger avec les chefs de ce parti, Corbière fut placé à la tête de l'Université. L'ordonnance du 1er novembre 1820 venait de transformer la Commission de l'instruction publique en Conseil royal de l'instruction publique; la présidence de ce conseil avait été d'abord donnée à Laine *. Corbière succéda à Laine avec le titre de ministre secrétaire d'Etat (ordonnance du 21 décembre 1820). Au bout de deux mois, il fit rendre l'ordonnance du 27 février 1821, la première de celles qui devaient livrer l'instruction publique aux mains de la « Congrégation » ; on y lit des articles tels que ceux-ci : « Les bases de l'éducation des collèges sont la religion, la monarchie, la légitimité et la charte ; — L'évêque diocésain exercera, pour ce qui concerne la religion, le droit de surveillance sur tous les collèges de son diocèse ; il les visitera lui-même ou les fera visiter par un de ses vicaires généraux, et provoquera auprès du Conseil royal de l'instruction publique les mesures qu'il aura jugées nécessaires ; — Le cours de philosophie des collèges sera de deux ans; les leçons ne pourront être données qu'en latin. » Une disposition particulièrement si:!;nificative était la suivante : « Les maisons particulières d'éducation qui auront mérité la confianco des familles, tant par leur direction religieuse et morale que par la force de leurs études, pourront, sms cesser d'appartenir à des particuliers, être converties par le Conseil royal en collèges de plein service, et joui-
ront à ce titre des privilèges accordés aux collèges royaux et communaux. » On voulait par là créer, à côté des collèges, des établissements qui eussent tous les privilèges de l'Université sans être sous aucun rapport sous sa dépendance. En même temps qu'il donnait au clergé une si grande part dans l'instruction publique, Corbière introduisait dans les hautes fonctions de l'enseignement des prêtres dévoués à la Congrégation : c'est ainsi que l'abbé Nicolle * fut nommé recteur de l'académie de Paris.
En juillet 1821, Corbière quitta la présidence du Conseil royal; au mois de décembre suivant, il fut nommé ministre de l'intérieur. En cette qualité, il contresigna l'ordonnance qui supprimait l'Ecole normale supérieure (6 septembre 1822). Il combattit à outrance l'enseigoement mutuel, et se montra jusqu'au bout le docile iri^trument des ambitions et des rancunes du parti prêtre. Il tomba du pouvoir en 1827 avec M. de Villèle. Après 1830, il disparut delà scène politique. La Restauration lui avait accordé des lettres de noblesse et le titre de comte. Il est mort en 1853.
COSTA-RICA . — La république de Costa- Rica, dont la population s'affranchit de la domination espagnole en 1821, entra d'abord dans la confédération de l'Amérique centrale, puis, après dans la dissolution de cette confédération en 1847, elle se constitua en Etat indépendant. Son territoire-a une superficie de 58 743 kilom. carrés; sa population, selon le dernier recensement (188S), est de 193 144 habitants. Le pouvoir législatif est exercé par une Chambre des représentants; le pouvoir exécutif est remis à un président élu pour quatre ans. La république est divisée en sept provinces : San José, Alajuela, Cartago, Heredia, Guanacaste, Puntarenas, Limon.
L'enseignement primaire a été récemment réorganisé par une loi qui porte la date du 15 mars 1886. Le gouvernement, désireux de faire progresser l'éducation populaire, a fondé le 22 février 1886 deux écoles normales, une pour chaque sexe; l'enseignement y est donné par des professeurs européens. Une école modèle, organisée sur le système des Etats-Unis d'Amérique, a également été installée en 1886 à San José, capitale de l'État. L'instruction primaire est obligatoire et gratuite; l'enseignement a un caractère exclusivement laïque.
Nous devons à l'obligeance de M. Ricardo Fernândez Guardia, secrétaire de la légation de Costa- Rica à Paris, la communication des renseignements statistiques qui suivent :
Nombre des enfants d'âge scolaire en 1885.
Enfants d'âge scolaire.
Provinces. Population totale. — i .,.--'■ ^i „ . *>-
Garçons. Filles. Total.
San José 50 702 5 788 5 329 11127
Alajuela 47 825 4 148 3 644 7 92î
Ciirtago 32 247 2 799 2 664 5 463
Heiedia 27 752 2 353 2 134 4 487
Guanacaste 15 652 1 492 1 145 2 637
Puntarenas 8 092 371 284 655
Limon 1874 75 80 155
Nombre des élèves qui ont fréquenté les écoles primaires publiques en 1885.
Garçons. Filles. Total.
San José 2 065 1612 3 677
Alajuela 1712 1419 3 131
Carta-o * i36 1099 2 235
Ileredia 1551 1366 2 917
Guanacaste 694 463 1157
Puntarenas 197 99 29«
Limon 0 0 0