‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 84 sur 573 · LOCAL · texte numérisé non relu

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Vécole primaire sont clioisis par le directeur cantonal de l'éducation, le synodo scolaire entendu. L'examen des livres est confié par le dicecteur à une commission spéciale, au sein de laquelle l'auteur do l'ouvrage examiné est entendu. Il ne peut ôtre introduit de nouveaux livres d'enseignement religieux qu'avec l'approbation de l'autorité ecclésiastique compétente. — L'achat des livres est à la charge des écoliers; la direction de l'édu- ■cation prend des mesures pour que les livres scolaires obligatoires puissent ôtre achetés au plus bas prix possible.

Vauii. — « L'enseignement est donné d'après des ouvrages adoptés par le Conseil d'Etat pour toutes les écoles. Aucun livre de lecture ne pourra <itre introduit avant d'avoir été autorisé par le département de l'instruction publique et des cultes. — Chaque commune fournit gratuitement aux enfants de ses bourgeois pauvres les objets dont ils ont besoin pour l'école. » (Loi du 31 janvier 1865, art. n et 27.)

Neuchâtel. — « Les livres, manuels, traités ou autres moyens d'enseignement sont déterminés par le Conseil d'État, sur le préavis de la commission d'État de l'instruction publique. La direction de l'instruction publique s'efforcera de procurer ces manuels aux commissions d'éducation au plus bas prix possible. Les commissions d'éducation peuvent en outre adopter des manuels pour leurs écoles, sous réserve de la sanction du Conseil d'État. » (Loi du 17 mai 1872, art. 17.)

Genève. — « Le département de l'instruction publique détermine, chaque année, les programmes des différentes parties de l'instruction prfmaire, secondaire et supérieure, et statue sur les livres et manuels qui sont obligatoires. — Les livres distribués comme prix en récompense aux élèves des établissements d'instruction publique doivent être approuvés par le département. » (Loi du 19 octobre 1872, art. 3 et 4.)

UNION AMÉRICAINE. — On peut résumer de la façon suivante les prescriptions générales qui régissent la matière dans toute l'étendue de l'Union :

Les School Boai'ds de chaque district scolaire ou de chaque township arrêtent le programme des matières à enseigner dans les écoles de leur ressort et les livres dont on fera usage. Dans quelques Etats où il existe des conseils de comté (County Board of éducation)^ c'est ce conseil qui choisit les livres. Ailleurs, ce droit appartient au surintendant scolaire, soit de la ville, soit du comté. Les élèves sont pourvus, soit aux frais de la ville ou du district, soit aux frais de leurs parents, des livres scolaires prescrits. Les instituteurs ne doivent pas tolérer l'usage d'autres livres que des manuels déclarés obligatoires ; dans certaines villes, un instituteur qui tolère dans sa classe l'usage d'un livre non autorisé est privé de son traitement.

LIVRETS DE CAISSE D'ÉPARGNE. — Les livrets de caisse d'épargne sont depuis longtemps adoptés, dans un grand nombre de localités, comme l'un des modes de récompenser le travail et l'application dans les écoles primaires et les cours d'adultes. Les caisses des écoles, là où les ressources le leur permettent, consacrent, chaque année, une partie de leurs fonds à cet objet. Généralement le livret est accordé sous la condition qu'il ne pourra être retiré qu'à la majorité du titulaire ou à une époque déterminée. Quelquefois, pour exciter les enfants à continuer eux-mêmes les versements destinés à accroître ce pécule qui leur sera fort utile un jour, les municipalités ou les caisses des écoles attribuent un livret spécial à celui qui aura fait, dans l'année, les versements les plus nombreux. On ne saurait trop inspirer de bonne heure aux enfants l'habitude de l'épargne et de la prévoyance.

l" Partie.

C'est en se plaçant à ce point de vue que M. Paul Matrat a proposé, sinon de remplacer par des livrets de la caisse des retraites pour la vieillesse les livrets de caisse d'épargne donnes presque exclusivement jusqu'à ce j ur, du moins de distribuer, dans les écoles et les cours d'adultes, des livrets de la caisse des retraites en même temps que des livrets de caisse d'épargne. Cette idée a déjà fait son chemin. Plus de mille livrets de la caisse des reti-aites, représentant près de 40 00) fr. de rente, ont été délivrés. Cet usago, en se généralisant, rendrait à la société un incalculable service. Pour contribuer à le répandre, le ministre de l'instruction publique a fait insérer au Bullelin administratif' d\i 6 mai 1882, n» 4D1, l'intéressante lettre que lui avait adressée à ce sujoi M. Paul Matrat. [Ernest Cadet. |

LOCAL. — Le local de l'académie, le mobilier du conseil académique et les frais de bureau du recteur sont fdurnis par la ville chef-lieu.

Le lecal et le mobilier nécessaires à la réunion du Conseil départemental, et les bureaux de l'inspecteur d'académie ainsi que les frais de bureau, sont à la charge du département. (Loi du 14 juin 1854, art. 10.)

Toute commune doit fournir à l'instituteur un local convenable tant pour son habitation que pour la tenue de l'école. (Loi du 15 mars 1850, art. 37.)

Ce local doit, avant l'ouverture de l'école, être visité par le délégué cantonal qui fait connaître au Conseil départemental s'il convient pour l'usase auquel il est destiné. (Décr. du 7 oct. 1850, art. 7.")

Lorsque des communes demandent à se réunir pour l'entretien d'une école, le local destiné à la tenue de cette école doit être visité par l inspecteur de l'arrondissement, qui transmet son raj)port au Conseil départemental (Ibid., art. 8).

S'il est reconnu que le local fourni par um commune ne convient pas à sa destination, le préfet, sur la proposition de l'inspecteur d'académie et après avoir pris l'avis du conseil municipal, décide s'il y a lieu, en raison des circonstances, de faire exécuter des travaux pour approprier le local ou bien d'en prononcer l'interdiction.

S'il s'agit de travaux à exécuter, il met la commune en demeure de pourvoir à la dépense nécessaire pour leur exécution dans un délai déterminé. A défaut d'exécution dans ce délai, il peut y pourvoir d'office.

Si rinterdiciion du local a été prononcée, le préfet, sur la proposition de l'inspecteur d'académie, pourvoit à la tenue de l'école, soit par la location d'un autre local, soit par les autres moyens prévus par l'article 36 de la loi organique de 1850 {Ibid.,2LTt.Q).

Il était nécessaire, pour assurer l'exécution de la loi du 28 mars 1882, que l'Etat fût armé de tous les moyens propres à triompher des mauvais vouloirs qui auraient pu en entraver l'application. Il y a été pourvu par le titre II de la loi du 20 mars 1883.

Lorsque la création d'une école a été décidée conformément aux lois et règlements, les frais d'acquisition, de construction et d'approprintion des locaux scolaires constituent pour la commune une dépense obligatoire.

Cette dépense est acquittée, soit à l'aide d'un prélèvement sur les ressources disponibles de la commune, soit par un emprunt contracté à la caisse spéciale, soit enfin par des subventions du département ou de l'Etat.

A défaut d'un V9te du conseil municipal ou sut son refus, le préfet, après avis du Conseil général, et, si cet avis n'est pas favorable, en vertu d'un décret du président de la République rendu en Conseil d'Etat, pourvoit d'office, par un arrêté, au payement de la dépense.

I Si un emprunt à la caisse des lycées, collèges

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et écoles est jugé nécessaire, le maire ou, sur son refus, un délégué spécial le réalise- Une imposition spéciale en assure le remboursement.

Tout instituteur qui veut ouvrir une école libre doit, dans sa déclaration au maire, désigner le local où il se propose de s'établir.

Dans les trois jours, le maire est tenu de visiter ou de faire visiter ce local. S'il refuse de l'approuver, il doit faire mention de celte opposition et des motifs sur lesquels elle est fondée au bas des copies légalisées qu'il délivre à l'instituteur de sa déclaration. Il est statué à cet égard par le Conseil départemental. (Loi du 15 mars 1850, art. 27 et "28 ; décret du 7 octobre 1850, art. 2.)

Il convient de remarquer que la décision du Jonseil départemental n'est plus aujourd'hui susceptible d'appel au Conseil supérieur de l'instruction publique. Au terme de l'article 7 de la loi du 27 février 1880, la haute assemblée ne connaît des décisions des Conseils départementaux que lorsqu'il s'agit de l'interdiction absolue d'enseigner prononcée contre un instituteur primaire, public ou libre.

On peut regretter que la loi n'ait pas indiqué les conditions que doivent remplir les locaux des écoles libres. En l'état, le maire peut approuver trop complaisarament un local défectueux ou se montrer trop exigeant de parti pris. Mais il paraît difficile qu'une réglementation intervienne d'ici à quelque temps. On ne saurait astreindre un établissement privé à des conditions que ne remplit pas souvent l'établissement public existant dans la même localité.

Toutefois, s'il arrivait qu'un maire eût approuvé un local manifestement insalubre ou insuffisant, l'administration ne serait pas désarmée. L'inspection primaire, qui a entrée dans les écoles libres, porte spécialement sur l'hygiène et la salubrité. Il est donc toujours possible au préfet, sur le rapport motivé de l'inspecteur, ou dé prescrire des mesures d'assainissement que le directeur de l'école ne saurait se refuser à exécuter sans commettre une faute grave qui le rendrait justiciable du Conseil départemental (loi du 15 mars 1850, art. 30), ou même, s'il y a lieu, d'ordonner la fermeture d'un établissement ouvert dans des conditions reconnues dangereuses pour la santé ou la moralité des élèves.

Aux termes de l'article 18 de la loi du 28 mars 1882, des arrêtés ministériels, rendus sur la demande des inspecteurs d'académie et des Conseils départementaux, déterminent, chaque année, les communes où, par suite d'insuffisance des locaux scolaires, les prescriptions des articles 4 et suivants sur l'obligation ne peuvent être appliquées.

Une instruction spéciale pour la construction des écoles maternelles et des écoles primaires élémentaires a été publiée le 28 juillet 1882, simplifiant de beaucoup le règlement du 17 juin 1880 qu'elle remplace.

Les locaux scolaires peuvent être mis à la disposition des notaires pour les adjudications publiques les jeudis et dimanches ou, à la rigueur, les autres jours après 4 heures. En échange de cette tolérance, les communes ont le droit d'exiger des notaires, au bénéfice de la caisse des écoles, une redevance fixée ainsi qu'il suit par séance :

Cinq francs pour une adjudication de 1000 francs et au - dessus, quel que soit le nombre des lots;

Deux francs 50 cent, si la somme est inférieure à 1000 francs. (Circulaire du 30 août 188..>.j

[Ernest Cadet.]

LOCATION DE MAISONS D'ÉCOLIi:. — Une maison prise à loyer ne satisfait jamais complètement aux exigences du service scolaire. Aussi, la location d'une maison d'école ne peut-elle être qu'une mesure transitoire. En principe, toute com-

mune doit donc être propriétaire d'un local convenable pour la tenue de l'école et pour le logement de- l'instituteur. Cette obligation n'a cessé d'être inscrite dans nos lois depuis la fin du siècle dernier. Mais les prescriptions à cet égard ont étéplus ou moins formelles suivant les époques.

Le projet de décret du 12 décembre 1792 obligeait les communes à fournir les bâtiments scola^'res et à loger les instituteurs, autant que^ possible, « dans le lieu même de l'école. » Ui> autre décret, du 9 brumaire an II (30 octobre 1793), était beaucoup plus impératif; « Si un mois après> que la commission d'éducation a arrêté l'emplacement et les dispositions de la maison d'une école? nationale, la commune n'en a pas commencé l'exécution, les corps administratifs sont chargés d'y pourvoir, au défaut de la commune, et à ses frais,, à prendre sur les sous additionnels. » Les événements ne permirent pas d'exécuter ces prescriptions.

La loi du 3 brumaire an IV (24 octobre 1795) neidésigne plus les communes, mais la République comme devant fournir à chaque instituteur primaire un local, tant pour lui servir de logement que pour recevoir les élèves, et, en outre, a le jardin qui se trouverait attenant à ce local ». La loi autorise le paiement d'une indemnité à défaut de logement : <« Lorsque les administrations de département le jugeront convenable, il sera alloué à l'instituteur une somme annuelle pour lui tenir lieu du logement et du jardin susdits. »

L'obligation, pour la commune, de fournir le local scolaire reparaît dans la loi du 11 floréal an X (1*"^ mai 1802), qui fait entrer le logement, en première ligne, dans le traitement de l'instituteur.

Une instruction du 15 mars 1816 a signalé l'amélioration des locaux parmi les mesures réclamées pour l'instruction primaire. Mais elle n'avait pas de sanction : l'administration semblait ne compter que sur l'influence des comités cantonaux auprès des municipalités.

L'ordonnance du 14 février 1830 avait pour objet de faire intervenir le département et l'Etat dans les dépenses de création et d'entretien des écoles communales. Trois ans plus tard, la loi du 28 juin 1833 réglait ce concours ec le rendait obligatoire dans des limites déterminées.

La loi de 1833 assurait à tout instituteur communal tenant une école primaire élémentaire ou une école primaire supérieure, outre un traitement fixe et la rétribution scolaire, « un local convenablement disposé tant pour lui servir d'habitation que pour recevoir les élèves. » A défaut de fondations, donations ou legs, et en cas d'insuffisance de ses revenus ordinaires, la commune devait fournir le local et le traitement au moyen de 3 centimes additionnels au principal des contributions foncière, personnelle et mobilière, imposition qui, au besoin, pouvait être établie d'office par ordonnance royale. Le département devait ensuite, après épuisement des ressources communales, concourir aux dépenses de logement et de traitement des instituteurs jusqu'à concurrence de deux centimes additionnels au principal des mêmes contributions. Enfin, si les centimes départementaux ne suffisaient pas pour solder ces dépenses, le ministre de l'instruction publique devait accorder une subvention sur le crédit annuellement porté au budget de l'Etat.

La loi du 28 juin 1833 a donc rendu obligatoire le loyer d'école, ainsi que le traitement de l'instituteur, pour la commune et, subsidiairement, pour le département et l'Etat.

Mais le droit légalement reconnu aux communes d'obtenir une subvention pour frais de location eût retardé indéfiniment les constructions d'écoles, s'il n'avait été isoumis à certaines conditions liouitalives.

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I/ordonnancft dii 16 juillet 1833, rendue pour l'exécution ùa la loi du 28 juin, porte ce qui suit

(art. 3) : . . , ^

K Les maires des communes qui ne possèdent pointde locaux convcnablementdisposés, tant pour servir d'habitation à leurs instituteurs communaux que pour recevoir les élèves, et qui ne pourraient en achfîter ou en faire construire immédiatement, 8'occupcront sans délai de louer des bâtiments propres à celte destination. Les conditions du bail seront soumises au conseil municipal et à l'approbation du préfet.

M Pendant la durée du bail, qui ne pourra excéder six années, les conseils municipaux prendi'ont les mesures nécessaires pour se mettre en èiat d'acliever ou de faire construire des maisons d'école, soit avec leurs propres ressources, soit avec les secours qui pourraient leur être accordés par le département ou par l'Etat. »

Le délai ainsi accordé aux communes pour devenir propriétaires de locaux d'école a été prorogé, par l'ordonnance du 25 mars 1838, jusqu'au i" janvier 1844, et, par l'ordonnance du 26 décembre 1843, jusqu'au !«' janvier 1850.

La loi du 15 mars 1850, qui a remplacé celle du 28 juin 1833, n'a fait qu'en reproduire les dispositions en ce qui touche la maison d'école. L'article 37 porte que « toute commune doit fournir à l'instituteur un local convenable, tant pour son habitation que pour la tenue de l'école, le mobilier de classe et un traitement ».

La pensée qui a dicté les deux lois de 1833 et de 1850 est évidemment la même pour ce qui concerne le local scolaire. En permettant l'imputation des frais de loyer sur les fonds de subvention du département et de l'Etat, le législateur a to\ijours entendu que les locations ne devaient avoir lieu qu'à titre provisoire.

Le décret du 7 octobre 1850 (art. 9) donne à Tîidœinistration le droit de laire approprier d'office les locaux, ou bien d'en prononcer l'interdiction et de pourvoir à la tenue de l'école par une location.

Cependant, ni ce décret, ni les circulaires ayant pour objet l'application de la loi du 15 mars 1850 n'ont rappelé le délai précédemment accordé comme limite de la durée des baux.

L'administration supérieure ne manquait pas toutefois, lors de l'examen des états de dépenses, de signaler l'augmentation progressive des loyers et indemnités de logement qui retombaient à la charge du Trésor public. Une circulaire aux préfets, en date du 9 août 1870, expliquait ainsi le» causes de cette augmentation :

<f II a été constaté qu'un certain nombre de communes, propriétaires de maisons d'école convenables à tous égards, continuaient à demander et à obtenir des subventions pour frais de loyer. Il me suffit de vous signaler un fait aussi grave pour être assuré qu'il ne se renouvellera plus.

» D'un autre côté, des communes propriétaires de maisons d'école qui ne conviennent plus qu'imparfaitement à leur destination, demandent aussi des subventions pour loyer. Ces subventions ne doivent être accordées qu'à titre provisoire, pendant une année ou deux tout au plus, c'est-à-dire pendant le temps strictement nécessaire pour permettre aux administrations municipales d'approprier les locaux. Le décret du 7 octobre 1850 (art. 9) vous donne le moyen de vaincre le mauvais vouloir ou l'indifférence que vous pourriez rencontrer à ce sujet. L'Etat ne saurait, en effet, continuer à payer indéfiniment un loyer pour une maison à l'édification do laquelle il a déjà contribué.

» Enfin, les prix do location do maisons d'école présentent souvent une exagération qui ferait craindre qu'une partie des fonds affectés à cet

objet ne fût employée à des dépenses facultative» de l'école ou mOme à des dépenses étrangères au service de l'instruction primaire. Il importe que vous n'approuviez les baux qu'après vous être assuré que la dépense est de tout point régulière. MM. les inspecteurs primaires vous donneront les renseignements qui vous permettront de statuer en pleine connaissance de cause.

n Lorsque la maison tenue à loyer comprend à la fois l'école, la mairie, la justice de paix, la remise à pompe, les logements de divers employés de la commune ou un pensionnat, il est absolument impossible d'admettre qne la totalité de la dépense soit supportée par le budget de l'instruction publique. Il vous appartient d'établir la part qui revient à chaque service. »

La même circulaire ajoutait : « L'indemnité de logement payée aux adjoints et aux adjointes n'est due que lorsqu'il est absolument impossible de loger ces fonctionnaires dans une des dépendances de la maison d'école. Au moyen d'une appropriation peu coiiteuse ou dune meilleure distribution des pièces qu'occupe l'instituteur, il sera presque toujours possible de leur procurer une chambre ou deux pour leur habitation. »

De 1870 à 1878, les ministres de l'instruction publique n'ont pas manqué de rappeler les inconvénients qui résultent des locations, tant au point de vue des intérêts scolaires que des charges imposées annuellement à l'Etat pour perpétuer une situation fâcheuse. Malgré toutes leurs instances, les résultats obtenus n'étaient pas satisfaisants. Il fallait, en prescrivant aux communes de se rendre propriétaires de maisons d'école, leur donner de plus grandes facilités pour satisfaire à cette obligation. Tel a été l'objet de la loi du 1*' juin 1878, qui a augmenté considérablement le fonds de secours inscrit au budget de l'Etat pour édification de locaux scolaires, et crée en même temps une caisse spéciale, à laquelle les communes sont admises à contracter des emprunts dans les conditions les plus avantageuses (V. Maisons d'école). La dotation de cette caisse, sur laquelle des subsides leur sont alloués moitié à titre de subvention, moitié à titre d'avances remboursables, fut d'abord portée à r20 millions. Une autre loi, en date du 2 août 1881, l'a augmentée de 100 millions.

L'intervention du département et de l'Etat dans le paiement des frais de loyer n'avait plus dès lors la même raison d'être et elle devait être réglée pour ne pas aller à rencontre des prescriptions de la loi du 1*' juin 1878 (art. Î4), qui rendent obligatoires les frais de construction ou d'appropriation des maisons d'école.

La circulaire du 24 octobre 1882 a indiqué les circonstances particuliculières où ce concours pourrait être maintenu temporairement et à titre exceptionnel. Elle a spécifié que les communes qui ont à pourvoir à des frais de location ne sont nullement dispensées d'y affecter, jusqu'à due concurrence, le cinquième des revenus ordinaires énumérés en l'art. 3 de la loi du 16 juin 1881. 0 Ce n'est que dans le cas d'insuffisance de cette ressource que l'Etat pourra être appelé à couvrir le surplus des frais de loyer. 11 a été décidé toutefois que la totalité du loyer pourra être imputée sur le budget de l'instruction publique lorsque la commune aura pris des mesures effectives pour se rendre à bref délai propriétaire d'une maison d'école convenable à tous égards.

» Quant aux communes où le centime ne produit qu'une somme inférieure à ÎO francs et qui sont exemptées par la loi du 16 juin 1881 du prélèvement du cinquième sur les revenus, une subvention pour loyer ne saurait également leur être allouée qu'à titre temporaire. Il ne faut pas

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perdre de vue, en effet, qu'aux termes de la loi du l*"" juin 1878 l'acquisition ou la construction des locaux scolaires constitue une dépense communale obligatoire. En principe, il convient donc de n'appeler l'Etat à venir en aide auxdites communes pour le paiement des frais de location que pendant le temps nécessaire à l'exécution des travaux. » Ce n'est « qu'à titre exceptionnel » que les préfets peuvent avoir à adresser au ministre des propositions en faveur des communes dont la situation financière leur paraît particulièrement digne d'intérêt.

11 résulte, en outre, de la circulaire du 24 octobre 1882, que toutes les fois qu'une école est créée dans une commune, l'administration municipale est tenue de faire savoir au préfet si elle se propose de lui soumettre prochainement un projet d'acquisition, d'appropriation ou de construction, et si provisoirement elle aura recours à une location. Dans le cas où une commune, légalement obligée d'entretenir une école, refuserait de fournir le local nécessaire à la tenuo des classes et au logement des maîtres, le préfet doit pourvoir d'office à la location d'une maison ; la dépense occasionnée par cette mesure serait à la charge de ia commune et, au besoin, inscrite d'office à son budget dans les formes ordinaires.

La loi de finances du 29 décembre 1882 a restreint encore les conditions dans lesquelles le département et l'Etat interviennent dans les frais de location lorsqu'il s'agit de communes où le centime produit plus de 20 trancs. L'article 21, § 2, dispose, en effet, que ces communes ne pourront obtenir une subvention appliquable aux loyers scolaires ou aux indemnités de logement qu'après avoir fait emploi du cinquième des revenus ordinaires désignés en l'article 3 de la loi du 16 juin 1881, soit pour ces dépenses, soit pour les suppléments de traitement garantis par l'article 6 de la même loi.

Enfin, la loi du 20 mars 1883, qui a augmenté de 120 millions de francs la dotation pour l'établissement d'écoles primaires (40 millions pour subventions et 80 millions à titre de fonds d'emprunt), consacre de nouveau, en ces termes, l'obligation pour les communes d'assurer Tinstallation matérielle des écoles et de prendre à leur charge les frais des locations provisoires :

« Art. 8. — Toute commune est tenue de pourvoir à l'établissement de maisons d'école au chef-lieu et dans les hameaux ou centres de population éloignés dudit chef-lieu ou distants les uns des autres de 3 kilomètres, et réunissant un effectif d'au moins 20 enfants d'âge scolaire.

«Art. 9. — Lorsque la création d'une école aura été décidée conformément aux lois et règlements, les frais d'acquisition, de construction et d'appropriation des locaux scolaires ou les fixais de location de l'immeuble, ainsi que les frais d'acquisition du mobilier scolaire, constituent pour la commune une dépense obligatoire.

» Il est pourvu à la dépense, soit par un prélèvement sur les ressources disponibles de la commune, soit par un emprunt contracté à la caisse spéciale, soit enfin par des subventions du département et de l'Etat.

» Art. 10. — A défaut d'un vote du conseil municipal ou sur son refus, le préfet, après avis du Conseil général, et, si cet avis n'est pas favorable, en vertu d'un décret du président de la République rendu en Conseil d'Etat, pourvoit d'office, par un arrêté, au paiement des frais de construction et d'appropriation de maisons d'école louées ou acquises, et d'acquisition de mobiliers scolaires, suit par un prélèvement sur les ressources disponibles de la commune, soit par des subventions du département ou de l Etat, soit enfin par un emprunt contracté à la caisse des lycées, collèges et écoles.

)' Lorsque, dans les conditions énoncées au paragraphe précédent, un emprunt à la caisse des lycées, collèges et écoles aura été jugé nécessaire, le maire, ou, sur son refus, un délégué spécial, nommé en exécution de l'article 15 de la loi du 18 juillet 1837, empruntera à cette caiisse, après y avoir été autorisé, la somme nécessaire.

» Il sera pourvu au service de l'emprunt au moyen d'une imposition spéciale, établie conformément au paragraphe 4 de l'article 39 de la loi du 18 juillet 1837. »

En résumé, les lois et règlements en vigueur permettentaux municipalités de recourir à une location pour l'installation d'une école ou de maintenir les baux existants, mais seulement pendant le temps nécessaire à la réalisation d'un projet d'appropriation ou de construction. Les communes sont admises aujourd'hui à contracter des emprunts à la caisse spéciale aussi bien pour acquitter le prix des loyers que les dépenses de construction. Si une subvention peut encore leur être accordée pour frais de location ou indemnités de logement, ce n'est que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles et à titre purement facultatif.

Il n'est pas douteux que les dernières dispositions législatives précitées n'aient pour résultat de faire décroître sensiblement dans un délai rapproché le nombre des communes qui ne sont pas encore propriétaires de maisons d'école convenables.

D'après les statistiques les plus récentes, le nombre des locaux scolaires loués par les communes est de 13 260, et le montant annuel des frais de location s'élève à 3 094 000 francs.

[B. Turlin.]

LOCKE. — Locke est avant tout un philosophe, un maître accompli dans l'art d'analyser les éléments de l'esprit. Mais de la psychologie à la pédagogie la transition est aisée, et Locke n'a pas eu un grand effort à faire pour apphquer à la direction et à l'éducation des esprits sa science consommée de la nature humaine.

Lorsqu'il publia en 1693 ses Pensées s U7' l'éducation, il était d'ailleurs préparé à ce travail par une longue expérience des choses de l'enseignement. Ecolier studieux au collège de Westminster, il conçut dès son jeune âge, comme Descartes au collège de la Flèche, un vif sentiment de répugnance pour l'enseignement classique de pure forme et les études verbales où il s'était pourtant distingué. Etudiant modèle à l'université d Oxford, il y devint un parfait humaniste, malgré les tendances de son esprit pratique et positif que sollicitaient déjà les sciences naturelles et les recherches de physique ou de médecine. Reçu bachelier es arts en 1656, maître es arts en 1658, il passa sans transition des bancs de l'élève à la chaire du professeur : il fut successivement lecteur ou répétiteur de grec, ce qui ne devait pas l'empêcher plus tard d'éliminer presque complètement l'hellénisme de son plan d'éducation libérale; censeur de rhétorique, enfin censeur de philosophie morale. Lorsqu'en 1666 il rompit avec sa vie scolaire poursemêlerd'affaires politiques et diplomatiques, il emporta du moins de son studieux séjour à Oxford le germe de la plupart de ses idées pédagogiques. Il rechercha l'occasion de les appliquer dans des éducations particulières dont il fut l'inspirateur et le conseiller, sinon le directeur',officiel. Dans les familles amies et hospitalières qu'il fréquentait, par exemple celle des Shaftesbury, il observa de près les enfants; et c'est en les étudiant, en suivant d'un œil sagace les progrès de leur tempérament et de leur âme, qu'il acheva d'acquérir cette expérience pédagogique dont les Pf^is^es sur l'éducation portent la trace à chaque page. C'est d'uue de ces collaborations de Locke à

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l'éducation des enfants de ses anais qu'est sorti le livre des Peniées. Vers 1684 et 1685 il adressa à son ami Clarkc une série de lettres, qui retoucliées et légèrement modifiées sont devenues en 1693 l'ouvrage que nous avons à faire connaître.

Sans entrer dans l'analyse du livre des Pensées^ nous essaierons de caractériser brièvement les tendances générales de Locke et de mettre en relief les principes essentiels de sa pédagogie.

Ecrit pour des gentlemen, c'est-à-dire pour des enfants de la bourgeoisie ou de la noblesse, le livre du pédagogue anglais ne se rapporte qu'indirectement à l'enseignement primaire. Mais les lois fondamentales de la pédagogie étant les mômes à tous les degrés de l'instruction, les maîtres de nos écoles primaires peuvent en partie s'inspirer des leçons que Locke destinait surtout ; aux professeurs d'enseignement secondaire. ]

Trois caractères frapperont surtout un lecteur i attentif des Pensées; trois principes se dégagent] de l'ouvrage entier: ,1» dans l'éducation physique, | le principe de V endurcissement ; 1" dans l'éduca- i tion intellectuelle, l'idée de l'utilité pratique ; ; 3» dans l'éducation morale, le principe de l'hon- j neur, institué comme règle du gouvernement libre j de l'homme par lui-même. j

1° Il serait intéressant de comparer les vues de Locke et celles de Rousseau, relativement à l'édu- : cation du corps. Locke avait sur ce sujet, par sa j compétence de médecin, une supériorité propre. Il i eslle premier pédagogue qui ait disserté avecsuite i et avec méthode sur la nourriture, sur les vête- \ ments, sur le sommeil de l'enfant. Rousseau a beau- j coup profité de ses « préceptes mâles et sévères » ; ! il lui a aussi emprunté quelques paradoxes, en I les aggravant. C'est Locke qui a posé ce principe : ! « Laissons à la nature le soin de former le corps j comme elle croit devoir le faire. » Par suite pas \ de vêtements étroits ; la vie en plein air, au soleil ; 1 des enfants élevés comme des paysans, aguerris I au chaud et au froid, jouant tête nue, pieds nus. ! Dans l'alimentation, Locke interdit le sucre, le | vin, les épices, la viande, jusqu'à trois ou quatre ! ans. Quant aux fruits que les enfants aiment sou- j vent d'un amour désordonné, — ce qui ne doit ' pas surprendre, dit-il, puisque a c'est pour un ; Iruit que nos premiers parents ont perdu le para- \ dis », — il fait un choix singulier : il autorise les | fraises, les groseilles, les pommes et les poires; i il interdit les pêches, les prunes, les raisins. Il j taut, pour excuser ces préjugés de Locke contre ! certains fruits, se rappeler qu'il vivait en Angleterre, dans un pays dont un Italien disait plaisam- : ment: « Le seul fruit mûr que j'aie vu en Angle- ; terre, ce sont des pommes cuites au four. » Quelques-unes des recommandations de Locke, je ; l'avoue, sont tout à fait paradoxales : lorsqu'il \ conseille, par exemple, de donner à l'enfant des j chaussures si minces « qu'elles laissent passer j l'eau, quand les pieds seront en contact avec i elle ». On peut rire de ces fantaisies hygiéniques; 1 on peut se plaindre aussi de la rudesse excessive I d'un système qui certainement abuse de Tendur- ! cissement physique. Je ne sais pas si les consé- ! quences d'un pareil régime, appliqué à la lettre, : ne seraient pas désastreuses : beaucoup d'enfants i n en réchapperaient pas, surtout s'ils étaient aussi j délicats et aussi souffreteux que Locke l'était lui- I môme. M'-e de Sévigné était plus dans le vrai i quand elle disait : « Si votre fils est bien fort, i 1 éducation rustaude est bonne, mais s'il est délicat, je pense qu'en voulant le faire robuste on le lait mort. » Mais ce qui défie toute critique, c est J^ esprit général d'une éducation physique qui tend d se rapprocher de la nature, qui élimine les conventions do la mode, qui condamne les raih ne ments de la mollesse, et où se reflètent enixn les mœurs viriles de l'Angleterre.

2" Fn ce qui touche léducation intellectuelle Locke appartient manifestement à la famille, rare de son temps, mais de plus en plus nombreuse aujourd'hui, des pédagogues utilitaires. Il veut former, non des hommes de lettres ou de sciences, mais des hommes pratiques, armés pour le combat de la vie, pourvus de toutes les connaissances dont ils auront besoin pour régler leurs comptes, pour diriger leur fortune, pour satisfaire aux exigences de leur profession, enfin pour remplir leurs devoirs d'hommes et de citoyens.

Un mérite incontestable de Locke, c'est d'avoir réagi contre l'instruction de pure forme, qui substitue à l'acquisition d'un savoir positif et réel une culture de luxe, pour ainsi dire, l'apprentissage d'une rhétorique superficielle et d'un verbiage élégant. Locke dédaigne et condamne le» études qui ne tendent pas directement à la préparation de la vie. Sans doute il est allé un peu loin dans sa réaction contre le formalisme alors à la mode et dans sa prédilection pour le réalisme. Il oublie trop que les vieilles études classiques, si elles ne sont pas utiles au sens positif du mot, si elles ne satisfont pas aux besoins ordinaires de l'existence, ont cependant une utilité plus haute, en ce sens qu'elles peuvent devenir, entre des mains habiles et discrètes, un excellent instrument de discipline intellectuelle et les éducatrices de l'esprit. Mais Locke parlait à des fanatiques et à des pédants, pour qui le latin et le grec étaient le tout de l'instruction, et qui, détournant les lettres de leur vraie destination, faisaient à tort de la connaissance des langues mortes le but unique, et non, comme il convient, un des moyens de l'instruction. Ce n'est pas que Locke soit un utilitaire aveugle, un positiviste brutal qui songe à éliminer absolument les études désintéressées. Seulement, il veut qu'on les mette à leur rang, qu'on ne leur sacrifie pas, en les investissant d'une sorte de privilège exclusif, d'autres enseignements plus essentiels, plus immédiatement utiles. Il combat, non le latin, mais l'abus du latin; non le fonds de l'instruction classique, mais la façon dont elle est donnée ; non les écoles de grammaire elles-mêmes, mais la mode, l'engouement qui y précipite une multitude d'enfants que leur condition et leur disposition d'esprit destineraient plutôt à d'autres études.

Passons en revue le programme d'études que Locke a dressé pour ses élèves. Dès que l'enfant sait lire et écrire, il faut lui apprendre à dessiner. Très dédaigneux de la peinture et des arts en général, dont son esprit peu poétique ne comprenait pas assez la douce et profonde influence sur l'âme des enfants, Locke en revanche recommande le dessin, parce que le dessin peut être pratiquement utile, et il le met presque sur le même rang que la lecture et l'écriture. Une fois ces éléments acquis, l'élève doit être exercé dans sa langue maternelle, d'abord par des lectures, ensuite par des exercices familiers de composition. L'étude d'une langue vivante (c'est le français que Locke propose à ses compatriotes) doit suivre immédiatetement : et c'est seulement quand l'enfant la possédera, qu'on le mettra au latin. Le latin sera appris par l'usage, si on le peut, sinon par la lecture des auteurs. Le moins possible de grammaire, pas de récitation, pas de compositions latines, mais» le plus tôt qu'on le pourra, des lectures dans des textes latins faciles, voilà les recommandations trop peu écoutées de Locke. Il ne s'agit plus d'apprendre le latin pour l'écrire en perfection : le seul but vraiment désirable est de comprendre les auteurs qui ont écrit dans cette langue. Les partisans obstinés des vers ei des discours latins ne liront pas sans chagrin les vives protestations de Locke contre des exvM-cices dont on abuse, et qui imposent à l'enfant le sup-

LOCKE

LOCKE-

blice d'écrire dans une langue qu'il manie difficilement, sur des sujets qu'il connaît à peine. Quant au grec, Locke le proscrit absolument : non qu'il méconnaisse la beauté d'une langue dont les chefs-d'œuvre sont, dit-il, la source originelle de notre littérature et de notre science. Mais il en réserve la connaissance aux érudits, aux lettrés, aux savants de profession, et il l'exclut de l'enseignement secondaire, qui ne doit être que l'école de la vie. Ainsi allégée, l'instruction classique pourra plus aisément accueillir les études vraiment utiles et d'une portée pratique : la géographie, que Locke met au premier rang parce qu'elle 'est un « exercice de la mémoire et des yeux m ; l'arithmétique; puis ce qu'il appelle un peu ambitieusement l'astronomie, et qui n'est au fond que la cosmographie élémentaire; les parties de la géométrie qui sont nécessaires pour un « homme d'affaires » ; la chronologie et l'histoire, « la plus agréable et la plus instructive des études » ; la morale, le droit et la législation usuelle ; enfin la philosophie naturelle, c'est-à-dire les sciences physiques ; et, pour couronner le tout, un métier manuel et la tenue I des livres.

3» Locke a traité avec un soin particulier le sujet de l'éducation morale. L'instruction à ses yeux n'est pas la chose essentielle. « Ce qu'un gentleman, dit-il, doit souhaiter à son fils, outre la fortune qu'il lui laisse, c'est: 1" la vertu; 2° la prudence; 3° les bonnes manières; 4° l'instruction. » On voit que l'instruction vient seulement au dernier rang, après la politesse, après la prudence, après la vertu aussi.

Mais quel est le principe que Locke a choisi pour en faire le ressort de l'éducation morale? Ce n'est pas l'intérêt, comme on pourrait le croire, étant donnés ses instincts utilitaires. Ce ne sont pas non plus des sentiments tendres et affectueux, l'amour des parents. C'est encore moins la crainte des punitions et le sentiment servile de la terreur. Locke, qui peut-être a le tort de traiter trop tôt l'enfant en homme, qui ne se rend pas compte suffisamment de tout ce qu'il y a de faiblesjse dans la nature enfantine, Locke fait appel dès le début au sentiment de l'honneur et à la crainte de la honte, c'est-à-dire à des émotions qui, je le crains, par leur noblesse même sont un peu au-dessus des facultés de l'enfant. L'honneur, qui n'est à vrai dire qu'un autre mot pour dire le devoir, et comme la traduction mondaine de la vertu, l'honneur peut être assurément le guide d'une conscience adulte et déjà formée. Mais n'estil pas chimérique d'espérer que l'enfant dès ses premières années sera sensible à l'estime et au mépris de ceux qui l'entourent ? S'il était possible d'inspirer h l'enfant le souci de sa réputation, je reconnais avec Locke que l'on pourrait désormais « faire de lui tout ce qu'on voudrait et lui apprendre à aimer toutes les formes de la vertu». Mais la question est de savoir si l'on peut y réussir; et j'en doute, malgré les assurances de LocKe. Il est dupe de la môme illusion, et quand il attend de l'enfant assez d'énergie morale pour que le sentiment de l'honneur suffise à le gouverner, et quand il compte sur ses forces intellectuelles au point do vouloir raisonner avec lui dès qu'il sait parler. Pour former de bonnes habitudes chez l'enfant et le préparer à la vertu, ce n'est pas trop de toutes les ressources que la nature et l'art mettent à la disposition de 1 éducateur : la sensibilité, sous ses diverses formes, les calculs de l'intérêt, les lumières de l'intelligence, (l'est peu à peu seulement, et avec le progrès de l'âge, qu'un principe élevé comme le sentiment de l'honneur ou le sentiment du devoir pourra émerger du milieu des volontés mobiles de l'enfant et fi'iniDOser à ses actions comme la loi souveraine.

La pédagogie morale de Locke est certainement fautive en ce qu'elle ne s'adresse pas assez au cœur, à la puissance d'aimer qui est déjà si grande chez l'enfant. J'ajoute que, dans sa hâte d'émanciper l'enfant, de le traiter en créature raisonnable, de développer en lui les principes du sel/' government, Locke a eu tort de proscrire presque absolument la peur du châtiment. Il est bon de respecter la liberté et la dignité de l'homme dcins l'enfant, mais il ne faut pas que ce respect dégénère en superstition, et il n'est pas sûr que pour préparer des volontés fermes et robustes il soit nécessaire de les avoir affranchies de bonne heure de toute crainte et de toute contrainte.

Locke n'a donc pas assez élargi les bases de sa théorie de la discipline morale : mais s'il est resté incomplet dans la partie positive de sa tâche, s'il n'a pas conseillé tout ce qu'il faut faire, il a mieux réussi dans la partie négative, celle qui consiste à éliminer tout ce qu'il faut ne pas faire. Les chapitres consacrés aux châtiments en général et en particulier aux châtiments corporels, comptent parmi les meilleurs des Pensées. Rollin, Rousseau, les ont souvent copiés. Il est vrai que Locke lui-même en a emprunté l'initiative à Montaigne : la « douceur sévère » qui est la règle pédagogique de l'auteur des Essais est aussi la règle de Locke. C'est d'après elle que Locke a porté sur le fouet le jugement définitif du bon sens: « Le fouet est une discipline servile qui rend le caractère servile. »

Pour entrer plus avant dans l'analyse delà pédagogie de Locke, il faudrait citer mainte autre vérité importante. Il nous suffira d'avoir signalé les trois principes essentiels qui dominent les longs développements du livre des Pensées.

Locke n'est pas resté complètement étranger aux questions d'instruction primaire. Dans un siècle où l'on songeait trop peu aux classes pauvres, il a témo^gné de ses sentiments humanitaires par son projet d'établissement de « maisons de travail » {working houses) destinées à recueillir les enfants indigents. Dans le rapport remarquable qu'il adressa au goiivernement anglais, en 1697, il se préoccupait surtout de remédier à la paresse et au vagabondage de l'enfant, d'alléger la surveillance de la mère absorbée par son travail, enfin de former, par des habitudes d'ordre et de discipline, des hommes sobres, des ouvriers laborieux. Tous les enfants d'une certaine condition, de trois à quatorze ans, devaient être réunis dans des asiles et y trouver travail et nourriture. Par là on peut dire que Locke rejoint déjà Pestalozzi et l'œuvre de régénération morale entreprise cent ans plus tard à Neuhof et à Stanz, de même que par les Pensées sur VéducatioUy il a devancé Rousseau et inspiré l'Emile.

C'est en 1693 que parurent les Pensées, trois ans après l'Essai sur l'entendement humain. Les applaudissements ne manquèrent pas dès l'origine à l'ouvrage de Locke, qui est devenu un des livres classiques de la pédagogie anglaise. Rien qu'elles datent de deux siècles, les Pensées n'ont point vieilli et méritent d'être lues. « Je suis persuadé, écrivait récemment M. Marion, que si l'on donnait aujourd'hui chez nous une édition séparée du livre des Pensées, le succès en serait considérable, au milieu de nos discussions ardentes sur les programmes de l'enseignement public. »

Les Pensées sur l'éducation furent traduites en notre langue dès 1695, par Pierre Coste, protestant fiançais qui s'était réfugié en Angleterre après la révocation de l'Edit de Nantes, et y était devenu l'ami de Locke. La traduction, d'ailleurs fort inexacte, de Coste arriva du vivant de son auteur à sa cinquième édition, en 1737. Le tort principal de cette traduction c'est, comme Coste l'avoue lui-même, qu'il a « refondu des pages entières »,

LOIR-ET-CHER

LOIR-ET-CHER

et qu'il s'est servi « de tous les adoucissements dont 'l a pu s'aviser pour corriger le désordre et les redites du texte original». Tliurot a réédité en 18-21 la traduction de Geste sans y rien changer. Enfin en 18S2, M. Fochier (Paris, Delagrave) a repris la mftme traduction, en l'abrégeant et en la remaniant sur certains points. Une traduction nouvelle 0t complète du texte original a été publiée la mémo année, chez Hachette, par l'auteur de cet -irlicle. [Gabriel Gompayré.l

LOIR-ET-CHER (Département de). — Superficie : G3S1 kilom. carrés. Population en 1876 : 272 634 habitants, au lieu de 275 757 en 1866. Densité de la population : 43 habitants par kilora. carré, au lieu de 70, moyenne générale de la France. Trois arrondissements, formant cinq circonscriptions d'inspection primaire: Blois, Bracieux, Marcheiioir, Romorantin et Vendôme ;24cantons; 297 communes, dont 191 de plus de 500 habitants.

D'après les derniers relevés, le service de l'inspection primaire dans le département de JLioir-et-Gher est réparti comme suit :

riRCOlSCRIPTIOSS d'iDsçeclion

PniMlIRB.

NOMBRE

d'écoles publiques et libres.

de classes publiques.

de kilom.

carres eu luperûcie.

de kilom.

de voie ferrée.

Blois

Uiacieux

Marchenoir

Romorautin ....

Vendôme

Population d'âge scolaire. — En 1872 on comptait dans le Loir-et-Cher 36 1 10 enfants de 6 à 13 ans, 18 333 garçons et 17 777 filles, soit 13.4 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.

En 1876 on y relevait 34 531 enfants de 6 à 13 ans, 17 245 garçons et 17 280 filles, soit 12.7 enfants d'âge scolaire par 100 habitants. Malgré cette diminution de 7 dixièmes pour 100, le département de Loir-et-Cher se trouvait encore pour la population scolaire au-dessus de la moyenne générale, qui était à la même date, pour toute la France, de 12.2 0/0 habitants.

Le recensement de 1881 donne pour le Loir-et- Cher une population totale de 275 713 habitants. La population d'âge scolaire est de 35 333 enfants, 17 895 garçons et 17 438 filles, soit 12.81 enfants de 6 à 13 ans pour 100 habitants.

1. Etat de l'instruction primaire avant 1789. — Pour la partie du département appartenant à l'ancien Orléanais, la seule sur laquelle nous ayons •des renseignements, V. Orléanais.

2. Développement de l'instruction primaire de- TJuis 1789 et état actuel. — Nombre des écoles. — Le tableau ci-dessous indique le nombre des écoles primaires depuis, 1813.

d'après l'almanach de l'université impériale

d'apr. l'alm. de l'univ. royale, d'après la statistique ol'fi°i'«..

publiques

libres

Total

S-io

On remarquera que la statistique de 1876-1877 donne plus d'écoles publiques que t)'en relève la statistique de 1881-1882, et cela malgré les augmentations successives qui se sont produites durant les trois dernières années. C est le résultat d'une erreur de classement imputable à la statistique de 1876-1877 et que l'on a redressée dès l'année suivante en faisant rentrer dans la catégorie des écoles libres un certain nombre d'écoles subventionnées qui, autorisées par le Conseil départemental à tenir lieu d'écoles publiques, avaient été indûment comprises dans la catégorie des écoles publiques proprement dites. On voit ainsi qu'il n'y a pas eu solution de continuité dans l'accroissement du nombre des écoles publiques et que, particulièrement de 1863 à 1882, il y en a eu plus de lOO de créées, ce qui donne une moyenne de 5 créations d'écoles publiques par année pour le département de Loir-et-Cher. Malgré ces efforts dignes d'éloges, le département est loin d'occuper une situation favorable sous le rapport du nombre des écoles publiques et libres de toute nature. Si l'on compare ces écoles à la population, on trouve bien qu'il y en a 18 par 10 000 habitants contre 19, qui est la moyenne générale, mais il ne faut pas perdre de vue que la population est clairsemée sur le sol du département et que, pendant que la France trouve sur son territoire en général 13.3 écoles de toute nature par myriamètre carré, le Loir-et-Cher n'en possède que 7.9, ce qui indique une longue distance entre une école et l'autre et crée de grandes difficultés pour la fréquentation, comme on le verra plus loin.

En 1876-1877 les 502 écoles du département comptaient ensemble 620 classes ; en 1881-1882 les écoles de toute nature en comptent ensemble 760. Il y a donc eu augmentation entre les deux dates de 43 écoles seulement, mais de 140 classes, ce qui montre que la tâche des maîtres a été allégée par le dédoublement d'une centaine de classes trop nombreuses. Il serait à désirer que l'on continuât dans cette voie, car il reste encore beaucoup à faire sous ce rapport dans le département de Loir-et- Cher, dont voici la situation actuelle exacte en ce qui concerne les écoles publiques:

Classes de moios de 50 élèves 191, soit 33.6 0/0

— de plus de 50 — 155, — 27.2

— — de 60 — 89, — 15.6

— — de 70 — 57, — 10.»

de 80 — 77, — 13.6

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont respectivement : 55.2 0/0, 18.9 0/0, 12.3 0/0, 7 0/0 et 6.6 0/0.

En 1837, sur un total de 336 écoles, on comptait 55 écolesde garçons, 208 écoles mixtes, 7 3 écoles de filles; en 1876-1877 les 502 écoles se décomposaient en 176 écoles spéciales aux garçons, 12 1 écoles mixtes, 205 écoles spéciales aux filles. En 1881-1882 les chiffres sont; écoles spéciales aux garçons, 189; spéciales aux filles, 240;

Situation scolaire des communes. — Sur l"s 297 communes du département de Loir-et-Cher, 283 possédaient (en 1882) au moins une école publique de garçons, de filles, ou mixte ; 1 1 étaient réunies légalement à d'autres communes pour l'entretien d'une école publique: 1 ne possédait qu'une école libre; une seule commune était complètement dépourvue d'école.

57 communes de plus de 500 habitants ne possédaient pas d'école publique de filles, savoir : 5 dans la circonscription do Ulois, 20 dans celle de Bracieux, Il dans celle de Marchenoir. 13 dans la circonspection de Romorantin et 8 dans celle d ■ Vendôme. Par contre 3 communes ayant un»? population inférieure à 500 habitants étaient pourvues dune école publique de filles.

LOIR-ET-CHER

LOiil-i:T-CIIER

Division des écoles puhHques et libres en écoles laïques et congréganistes.

Écoles laïques Écoles congréganistes

de

garçons

de filles

de filles

Total

ou

mixtes

on

mixtes

1880-Si..

Les ?97 écoles laïques de garçons ou mhtes se divisent en 294 écoles publiques et 3 libres ; les 8 écoles congréganistes de garçons ou mixtes en 2 publiques et 6 libres. On voit par ces chiffres que l'élément congréganiste tend à disparaître complètement de l'enseignement public des garçons. Les 112 écoles laïques de filles se subdivisent en 96 écoles publiques et 6 libres; les 128 écoles congréganistes de filles, en 48 publiques et 80 libres. Dans l'enseignement des filles, les congréganistes, en minorité dans l'enseignement public, sont en forte majorité dans l'enseignement libre. Voici d'ailleurs le résumé exact de la situation réciproque des laïques et des congréganistes dans l'enseignement public et dans l'enseignement libre, tant au point de vue des écoles qu'au point de vue des élèves qu'elles reçoivent :

Écoles Élèves

Garçons | Laïques., u mixtes, j Congrég..

FiUes jl-aïques..

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèves

Élèves gratuits

1832 (année civile)

Manque.

1876-77 (année scolaire)..

Manque.

Gratuité.

Pour la gratuité, il y a lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Les élèves admis gratuitement en 1881 dans ces dernières étaient, si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que les autorités scolaires n'ont pas à contrôler, an nombre de 3044 sur 5901, soit 51.6 0/0. Dans les écoles publiques la gratuité avait marché très lentement, et elle avait même rétrogradé quelquefois. On la trouve à 26.4 0/0 en 1837 après 30.1 0/0 en 1833. La statistique de 1850, dont l'exactitude est reconnue douteuse, la porte à 32.3 0/0. La statistique de 1863, plus exacte, la ramène à 25.9 0/0; celle de 1867 mentionne 20.5 0/0. En 1872 elle est en progrès à 35 0/0, et en 1876-1877 on constate 38.2 0/0. Enfin en 1880-1881, au moment où la loi du 16 juin promulgue la gratuité absolue, le nombre des élèves admis gratuitement dans les écoles publiques était de 17 700 sur 31 1 16, soit 57 0/0. C'est donc 43 0/0, c'est-à-dire un peu plus des 2/5 des élèves des écoles publiques du département de Loir-et-Cher, qui sont ajoutés à la charge du budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire.

Les 39 798 élèves du département de Loir-et-

Cher peuvent se décomposer : en 33 747 élèves des écoles publiques et 60i6 élèves des écoles libres; en 20083 garçons, et 19 710 filles; eu 30 430 élèves des écoles laïques et 9363 élèves de* écoles congréganistes; en 32 887 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe et 6906 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces derniers pour les écoles publiques est, par rapport au total des élèves, de 20.4 0/0, soit 3.6 0/0 au-dessus de la moyenne générale qui est pour toute la France de 16.8 0/0.

Les élèves d'âge scolaire figurent, dans ce nombre de 39 793, pour 32 340. D'après le recensement de 1881,1e nombre des enfants de cet âge pour le département de Loir-et-Cher est de 35 333. D'où il résulterait que 2993 enfants d'âge scolaire ne fréqnentent pas les écoles primaires. Il convient, toutefois, de retrancher de ce nombre 384 enfants de 6 ans et au-dessus inscrits dans une salle d'asile, et ceux qui reçoivent l'enseignement dans un établissement d'enseignement secondaire quelconque (308 en 1881-1882) ; en admettant qu'avec les enfants qui reçoivent l'instruction dans leur famille on puisse porter à 900 le nombre de ceux qui reçoivent l'instruction du premier âge en dehors des établissements primaires, il n'en reste pas moins encore plus de 2000 enfants de 6 à 13 ans privés de toute instruction, soit 5.7 0/0 de la population d'âge scolaire du département.

u Si l'on prend pour base de la statistique, dit l'inspecteur d'académie dans son rapport au Conseil général (session d'août 1882), les états de situation d'octobre 1881 et le recensement de 1876, on voit que sur les 34 531 enfants qui ont l'âge scolaire, 31 361 seulement fréquentent les écoles publiques ou libres.

» L'année précédente, il n'y en avait que 29 886, soit 1475 en plus pour 1881.

» 11 se peut que la loi sur l'obligation ne produise pas d'effet sensible dans le département avant que l'on ait :

» !• Agrandi au moins 90 locaux ;

» 2° Créé un certain nombre d'écoles de hameau ;

» 3° Créé quelques postes d'instituteurs ambulants dans les parties de l'arrondissement de Tomorantin où il n'est pas possible d'ouvrir des écoles de hameau et où, cependant, un grand nombre d'habitations isolées sont à 6 ou 12 kilom. de tout centre scolaire. »

Personnel enseignant. — Les instituteurs publics sont tous laïques. Parmi les institutrices publiques il existe encore une importante minorité congréganiste. Dans l'enseignement libre, les instituteurs et les institutrices sont en grande majorité congréganistes.

Nombre d'instituteurs et d'institutrices^ y compris les adjoints et les adjointes.

Instituteurs

Institutrices

Total

laïques

coDgrégan.

laïques

congrégan.

SB

Zi.1

Pour 1881-1882, ces nombres se subdivisent comme suit : les 367 instituteurs laïques en 365 publics et 2 libres; les 26 instituteurs congréganistes appartiennent à l'enseignement libre ; les 178 institutrices laïques en 139 publiques et 39 libres ; les246 institutrices congréganistes Qn 73 publiques et 173 libres.

Dans le personnel laïque des écoles publiques il n'existe plus que 3 instituteurs adjoints et

LOIPt-EÏ-CHER

— iG37 —

LOIR-ET-CIIER

4 institutrices adjointes non brevetés : dans le jtersonnel congrcganiste on en trouve encore :i5, dont 2.'} institutrices titulaires et 12 institutrices adjointes. Le total des non brevetées représente 47.9 0/0 des institutrices publiques congréganistes, 2.8 0/0 seulement des institutrices publiques laïques.

Dans le personnel laïque des écoles libres, sur 41 membres dont 2 instituteurs et 39 institutrices, on trouve encore 6 institutrices adjointes non brevetées, soit 14.6 0/0; dans le personnel con- ^Téganiste des écoles libres, qui compte un «■ffectif de 199 membres dont 26 instituteurs et 173 institutrices, on trouve encore 16 instituteurs adjoints, 48 institutrices titulaires et 48 adjointes, en tout 112 non brevetés, soit 66.3 0/0.

On peut voir par la comparaison de ces moyennes : 1" que le personnel congréganiste est loin d'offrir les mêmes garanties de capacité que le personnel laïque ; 2° que contrairement à ce qui se produit dans beaucoup d'autres départements, le personnel congréganiste de l'enseignement libre est ici inférieur à celui de l'enseignement public.

Parmi les instituteurs publics titulaires qui exercent dans le département de Loire-et-Cher, on en trouve 40 pourvus du brevet supérieur, et 4 du certificat d'aptitude pédagogique; 1 est bachelier ès-lettres; 2 bacheliers ès-sciences. Parmi les adjoints, 7 ont le brevet supérieur.

10 institutrices laïques ont le brevet supérieur. On n'en trouve aucun chez les institutrices congréganistes.

Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 425 maisons d'école que comptait le département de Loir-et-Cher en 1882, 370 appartenaient aux communes, 12 étaient prêtées, 43 louées. — Le prix de location de ces dernières s'élevait à

5 927 fr. — 109 des maisons appartenant aux communes étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelconque.

« De toutes les maisons d'école appartenant aux communes, dit le rapport d'inspection académique, il n'en est pas moins de 143 qui ne sont pas convenables, sans compter les 49 qui auraient besoin d'améliorations. Total, 192. Mais il faut ajouter que sur ce nombre il en est 89 qui viennent d'être améliorées ou qui vont l'être.

» L'inspection académique possède les états nominatifs de ces écoles. En résumé, 100 maisons à construire, 100 à améliorer, telle est la situation actuelle.

» Depuis 1878, trois millions ont été dépensés; il en faut encore sept.

» 34 maisons n'ont point de jardin ; deux seulement ont un champ d'expérience.

» 84 maisons seulement ont un mobilier à Tusage de l'instituteur; 91 mobiliers scolaires sont classés comme non convenables ; il y en avait 148 l'année dernière. Le nombre des gymnases est de 29. »

Le chiffre des subventions accordées par l'État à diverses communes du Loir-et-Cher pour construction ou réparation de maisons d'école et pour achat de mobiliers scolaires, de 1877 à 1881, est le suivant :

Nombre d'école»

Subventions de l'État 77 000 fr

1 223 640 fr.

Enseignement, méthodes et résultats. — Nous extrayons du rapport de l'inspecteur d'académie au Conseil général (session d'août 1882) les passages suivants :

« L'inspection se préoccupe en ce moment surtout de l'organisation pédagogique. La discipline,, une forte organisation, avec des programmes gradués quoique concentriques, et une bonne métiiode, peuvent seuls assurer de bo. s résultats à l'enseignement.

» !• La discipline n'est pas suffisamment établie dans un trop grand nombre d'écoles. L'excuse la plus commune est que les classes sont trop nombreuses ; il est à remarquer cependant que les bons maîtres établissent leur autorité sur 80 élèves aussi facilement que sur 20 ; tandis que les autres ne l'établissent pas mieux sur 20 que sur 80. Il n'est pas besoin d'insister longuement sur ce point. On peut dire seulement que Tabsence de discipline empêche tout résultat sérieux dans les deux dixièmes environ de nos écoles.

» 2" Dans trois autres dixièmes au moins, l'organisation n'est pas sérieuse. Tous les élèves de la même école doivent être partagés en trois divisions, absolument comme les élèves d'un collège se répartissent en une douzaine de classes, suivant leur âge sans doute, mais aussi selon le développement de leur intelligence et les connaissances acquises, de manière que tous les enfants de la même division étudient les mêmes leçons et fassent les mêmes devoirs. Au lieu de cela nous trouvons dans les plus petites écoles des subdivisions qui rendent l'enseignement presque individuel ; nous voyons dans la première ou la deuxième division des enfants qui n'ont rien fait dans la troisième, qui sont incapables de suivre les autres. Quelquefois aussi sur 90 élèves, 60 au moins languissent dans la troisième, alors qu'un certain nombre seraient plus utilement dans la seconde. En un mot, dans trop d'écoles, il n'y a.d'autres règlement que la volonté des parents et la croissance de l'enfant.

» Le journal de classe a été supprimé, mais il a été remplacé dans le département par le cahier de devoirs, par un cahier d'histoire, par un cahier de géographie, et dans certaines circonscriptions par un cahier de compositions. Ces cahiers permettent à l'inspection de se rendre compte du progrès des élèves, et du soin qu'apportent les maîtres dans le choix et la correction des devoirs, et dans la préparation des leçons d'histoire, de géographie, de langue française et d'arithmétique.

» Devoirs. — Les devoirs sont tous datés, jour par jour. Les dictées et les compositions françaises, dont les sujets sont en général bien choisis, portent la trace des corrections faites par le maître et indiquent que, dans le plus grand nombre d'écoles, l'étude du français est en bonne voie. On peut en dire autant des problèmes. Les mises au net ont été supprimées à peu près complètement et ne se font que quand elles sont absolument nécessaires ; encore se font-elles surtout en dehors des classes.

« Les devoirs de dessin témoignent presque partout de l'intérêt que prennent les enfants à ce genre d'exercices; mais on copie trop les modèles, au lieu de reproduire les objets.

» L'écriture donne des résultats moins satisfaisants. Trop peu de maîtres enseignent les principes, et font voir aux enfants comment il faut s'y prendre pour bien former les lettres et les unir ensemble. Le cahier d'écriture avec le modèle préparé tue l'art.

» Leçons. — Le cahier de devoirs prouve encore que la leçon de chose est bien faite dans un grand nombre d'écoles ; on trouve sur ce cahierdes essais de reproduction plus ou moins heureux.

» Il en est de même du cahier d'histoire. Mais d'autre part, ce cahier atteste trop souvent que l'histoire s'enseigne encore au moyen du livre, et le résumé obligatoire que dicte le maître, et

LOIR-ET-CHER

LOIR-ET-CHER

que doit apprendre l'élève, n'est souvent qu'une table des matières, formée avec les titres des chapitres ou des paragraphes. Pour les petits les images manquent, en sorte que Ton trouve très peu d'écoles où la troisième division sache un peu d'histoire.

» Les leçons de géographie réussissent beau- •coup mieux dans les trois divisions. Cet enseignement est en général très satisfaisant, depuis <}ue l'usage du tableau a remplacé celui du livre, ^t même celui de la carte.

» Si l'enseignement de l'arithmétique laisse peu de chose à désirer, il n'en est pas de même •de celui du système métrique ; les exercices pratiques sont remplacés par des exercices de mé- «loire qui font malheureusement trop voir que les élèves ne savent rien que des mots.

» En grammaire, beaucoup trop de maîtres en ■sont encore à des définitions, et se donnent pour les enseigner un mal bien inutile, puisque les enfants les plus forts sur les définitions et sur les analyses écrites sont ensuite bien embarrassés pour reconnaître, dans une phrase écrite ou lue, les diverses espèces de mots et les différentes parties d'une proposition.

» Il n'y a pas jusqu'aujourd'hui de véritables leçons d'agriculture, ni de sciences physiques et naturelles, ni d'instruction civique et morale. Les instituteurs et les institutrices ont été invités à préparer des programmes qui seront discutés et «oumis ensuite au Conseil départemental. Pour le moment on se contente de donner sur ces sciences les notions les plus usuelles à propos des dictées et des lectures.

» Auti-es exercices. — Les autres exercices ont pour objet la lecture, la gymnastique, le chant, et pour les filles, les travaux à l'aiguille, qui servent au moins à reposer les enfants des travaux plus intellectuels. Et sous ce rapport, il arrive trop souvent que la lecture donne d'assez mauvais résultats, parce qu'on en fait un exercice trop intellectuel et que l'on néglige totalement les organes. On est satisfait quand l'élève a lu couramment, et qu'il a donné quelques bonnes explications. Sans doute, c'est quelque chose, mais ce n'est pas tout, car celui qui n'a pas le -livre sous les yeux ne saisit pas un mot sur dix, même aux côtés du lecteur ; il ne saisit rien s'il est à dix pas. Les vices de prononciation se corrigent aussi difficilement.

» Les travaux à l'aiguille donnent partout de bons résultats ; la gymnastique et le chant, dans certaines écoles seulement, bien que ces deux exercices soient pratiqués h peu près partout, au ,moins dans les écoles de garçons.

» En résumé, un grand mouvement se produit dans tous les centres scolaires du département. -Nous avons gagné au moins ceci, c'est que toutes les matières obligatoires sont enseignées et que .même l'obligation a été devancée en ce qui concerne la gymnastique, le dessin et le chant, ^ous avons donc actuellement très peu d'écoles mauvaises, mais nous n'en avons pas assez de bonnes, parce que les instituteurs manquent de temps pour préparer leur classe et parce que beaucoup d'entre eux et presque toutes les institutrices se sont formés seuls, sans passer par l'école normale. »

Certificat d'études primaires. — L'institution du certificat d'études primaires s'est implantée dans le Loir-et-Cher en 1877. A cette date 343 candidats, dont 260 garçons et83 filks, s'étaient .présentés aux examens; 172 garçons et Gl filles avaient obtenu le certificat. L'année 1878 était en •sensible progrès sur la précédente : sur 302 gar- -çons et 85 filles qui avaient concouru, 2i3 garçons et 78 filles avaient été admis. En 1881, •lOO garçons et 246 filles se sont présentés aux

examens du certificat d'études primaires ; 3 là garçons et 184 filles ont réussi. Les garçons ont passé dans la proportion de 61.5 0/0 et les filles dans la proportion de 58.4 0/0. Le total des certificats obtenus représente 1.35 0/0 du nombre des élèves de toutes les écoles. Sous ce rapport le département de Loir-et-Cher est dans la moyenne générale, qui est de 1.36 0/0.

En 1882, il y a eu 957 candidats au certificat d'études primaires, 588 garçons et 369 filles : 469 garçons et 298 filles l'ont obtenu. Le nombre des certificats délivrés est supérieur de 2G8 à celui de l'année précédente. Les garçons ont passé dans la proportion de 79.8 0/0 et les filles dans celle de 80.8 0/0.

Ecoles îiormales. — Le département de Loir-et- Cher possède actuellement deux écoles normales : une pour les instituteurs et une pour les institutrices. Ces deux établissements sont loin de suffire au recrutement du personnel, surtout depuis que le nombre des adjoints a dû être notablement augmenté. D'autre part le département fournit peu de recrues et l'administration est obligée de s'adresser aux départements voisins. La Charente contribue beaucoup au recrutement du personnel enseignant de Loir-et-Cher. L'école normale d'instituteurs, fondée à Blois en 1834, reçoit 44 élèves-maîtres. L'enseignement y est donné par le directeur, 4 maîtres adjoints et 7 professeurs externes. La moyenne des admissions a été jusqu'à présent de 15 par année. Les dimensions de l'école ne permettent guère de dépasser ce chiffre. Cependant on a essayé de porter à 20 la promotion de 1882.

La situation matérielle de l'école va être améliorée : des crédits sont assurés à cet effet. Le laboratoire de chimie va être agrandi ; des atelieis de fer et de bois vont être construits et aménagés. Le jardin est bien entretenu et des dispositions sont prises pour en augmenter le rapport.

a Le résultat des examens, dit le rapport d'inspection académique, fait voir que les études sont bonnes, et en général les membres du jury déclarent qu'il n'y a pas de comparaison à établir entre les candidats qui sortent d'une école normale et ceux qui n'en sortent pas.

» Tous les élèves qui sont en 3* année ont été reçus au brevet élémentaire à la session de juillet 1881 et tous ceux qui sont en deuxième ont été reçus à la session de mars 1882. Six élèves sont sortis en 1881 avec le brevet supérieur. »

L'école primaire annexée à l'école normale et qui sert de champ d'expérience aux jeunes maîtres contient 54 élèves.

L'école normale d'institutrices, ouverte à Blois en 1880, comprend un effectif de 22 élèves-maîtresses, dont 2 en 3* année, 10 en 2* et 10 en l'«. Le personnel enseignant se compose de 9 professeurs : la directrice, 3 professeurs femmes, une maîtresse adjointe, un professeur du collège, un professeur d'horticulture, un de gymnastique, une maîtresse de chant. La maîtresse adjointe est chargée en outre de l'enseignement de la langue anglaise. La situation matérielle, qui laissait un peu à désirer, va être améliorée par l'emploi des crédits votés par le Conseil général ou accordés par l'Etat à l'effet de compléter l'aménagement de l'école, en ce qui concerne la chambre de bains, le gymnase, le dortoir, le jardin et la cour. « La discipline, dans cette école, dit l'inspecteur d'académie, a un caractère tout particulier, et semble naître spontanément des rapports qui unissent les élèves et les maîtresses, et qui font de l'école une véritable famille, oîi l'affection produit tout naturellement l'ordre, le travail et la bonne tenue. »

Ecoles primaires supérieures. — Une école primaire supérieure de trois ans a été ouverte à Onzain, le 3 janvier 1882. Les élèves y sont actuelle-

LOÎR-ET-CHER

LOTR-ET-CHEn

ment partagés en deux séries qui suivent exactement les programmes des doux premières années. La troisième année sera organisée à la rentrée prochaine. L'école compte aujourd'hui 24 boursiers de l'Etat, 16 pensionnaires, 13 externes.

En outre le (onseil départemental a donne un avis favorable sur la création de 12 écoles du même <legré, dont G pour les garçons et 6 pour les filles.

Pour

les

garçons.

Oiizouer-le-Marché,

Saiut-Aignan,

Selles-sur-Cher,

Lamnthe-Beuvroo,

Vendôme,

Montdoubleau.

Pour

les

filles.,

Mer,

Oucques,

Pont-Lcvoy,

Romorantin,

Vendôme.

ftlontoire.

Brevet de capacité. — Nous donnons ci-dessous le nombre par nature et par sexe des brevets de capacité délivrés dans le département de Loir- «t-Gher depuis 1833 jusqu'à 1881 inclusivement:

Instituteurs.

1833-1850. 173 brevets élémenfaîres, 30 brevets supérieurs. 1851-1867. 287 — obligatoires, 34 — complets. 1868-1880. 226 — — 56 — facultatifs

ou complets.

1^81 42 — élémentaires, 12 — supérieurs.

I8jI-1867. 149 — obligatoires, 10 — complets. 1868-1880. 331 — — 55 — facultatifs

ou complets.

1881 77 — élémentaires, 5 — supérieurs.

En 1881, 60 aspirants s'étaient présentés pour {'obtention du brevet de capacité élémentaire; 42 ont été admis, soit 70 0/0 ; les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 131, sur lesquelles 77 ont été admises, soit seulement 58.8 0/0. On voit par ces chiffres que la préparation était moins complète chez les jeunes personnes que chez les jeunes gens ; mais il faut dire aussi que tous les aspirants étaient laïques, tandis qu'il y avait parmi les aspirantes 55 congréganistes, dont seulement 29 ont été admises. Les aspirantes laïques étaient au nombre de 76 dont 48 ont été admises, soit 63.2 0/0. Sans l'insuccès relatif des -aspirantes congréganistes, le département de Loiret-Cher se serait placé pour le brevet de capacité élémentaire au-dessus de la moyenne générale de l'année, qui est pour les aspirants de 49.9 0/0 et pour les aspirantes de 62.2 0/0.

Ecoles maternelles. — Le département de Loiret-Cher comptait 1 école maternelle ou salle d'asile en 1837; 6 en 1850; 11 en 1863; 14 en 1867 et 23 en 1876-1877. Le nombre des élèves reçus dans les écoles maternelles était de 110 en 1837 ; ■de 993 en 1850; de 1905 en 1863; de 1946 en 1867 et de 2232 en 1876-1877. En 1881-1882, on trouve dans le Loir-et-Cher, 34 écoles maternelles dont 14 publiques et 20 libres. Huit de ces établissements, sept écoles publiques et une libre, sont dirigés par des laïques; tous les autres sont dirigés par des congréganistes. Les écoles maternelles avaient reçu pendant l'année scolaire 3192 élèves répartis comme suit:

Ecoles maternell es J laïques., publiques / congrég.

Ecoles maternelles) laïques., libres | congiég.

3 084 élèves.

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire en âge de fréquenter l'école primaire, figuraient dans ce nombre pour 384.

Aux termes du décret du 2 aoiît 1881, les écoles .maternelles ont remplacé les salles d'asile. Outre

les écoles maternelles, des classes enfantines ont été annexées à certaines écoles primaires communales dans le Loir-et-Cher. Ces deux créations nouvelles ont cela de commun que lune et l'autre ont pour but de donner rinstruciion a ix enfants deâ deux sexes de deux à sept ans ; mais elles diffèrent en ce sens que les écoles maternelles sont tenues par des directrices et des sous-directrices, qui doivent être pourvues d'un certificat d'aptitude, tandis que les classes enfantines sont tenues par des adjointes pourvues du brevet de capacité.

Il existe actuellement trois classes enfantines dans le département : une à Suèvres, une à Marchenoir et une à Neuvy.

Ouvroirs. Orphelinats. — Il existe à Blois deux ouvroirs, la Providence et le Refuge ; Romorantin en possède un ; les trois ouvroirs comptent 95 jeunes filles.

Neuf orphelinats ont ensemble 248 filles et 77 garçons. Les orphelinats sont à Blois (quatr>;) à Romorantin, Salbris, Vendôme, Nourray et Huisseau en Beauce.

Cours d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863 :

Nombre HomiB«3

iet cours

Femmes

ITombre des Hommes 1 151 7 188 6 049 6 354 6 692 6 397

auditenr»

Feimre»

Pendant l'hiver 1881-1882 il a été ouvert 272 cours d'adultes hommes et 74 cours d'adultes femmes auxquels se sont fait inscrire 7407 élèves, dont 6*220 hommes et 1187 femmes, a Bien que l'inspection ne puisse s'exercer que difficilement, dit l'inspecteur d'académie, sur des classes qui ont lieu le soir, on peut considérer la statistique comme exacte, vu le soin que mettent les instituteurs à noter les absences et l'obligation qui leur est imposée de tenir le registre au courant, de le faire signer tous les mois par le maire et de l'envoyer à l'inspection primaire.

» Cette affluence des auditeurs prouve que partout on sent le besoin de s'instruire, et fait voir combien est dévoué le personnel qui, sans se laisser refroidir par la modicité de la rétribution, consacre volontairement à linstruction des adultes des heures qui lui seraient nécessaires pour son repos et pour ses affaires. »

Bibliothèques scolaires. — Le département de Loir-et-Cher possédait en 1863 ÏÎ81 bibliothèques scolaires comprenant ensemble 61913 volumes. En 1882 on y trouve 391 bibliothèques avec 182 999 volumes. Mais sur ces 183 000 volumes il n'y a que 23 796 livres de lecture, les autres sont des livres scolaires pour les besoins des élèves.

Bibliothèques pédagogiques. — Il en existe 12, pour 24 cantons, avec 1911 volumes. « Douze bibliothèques pédagogiques, dit l'inspecteur d'académie, ont été fondées en 1880, grâce à la subvention du département, aux concessions du ministère et aux dons de nos principaux éditeurs. Quelques-unes ontpuêtredédoublées cette année, et dans peu de temps il y en aura autant que de cantons. Nous voyons aussi arriver le moment oix les instituteurs et les institutrices, sassociant comme ils l'ont déjà fait à Blois, à Vendôme et à Marchenoir, mettront en commun leurs modestes cotisations et pourront enrichir leurs bibliothèques, sinon de véritables ouvrages pédagogiques qui sont très rares, au moins des ouvrages classiques les mieux choisis, avec lesquels ils pourront s'instruire ou développer leurs connaissances et se mettre en état de donner renseignement oral,

LOIR-ET-CHER

LOIR-ET-CHER

le seul dont les élèves profitent réellement. »>

Conférences pédagagiques. — « Les conférences pédagogiques donnent les résultats les plus satisfaisants dans le Loir-et-Cher. Elles ont lieu par canton et séparément pour les instituteurs et pour les institutrices. Elles seules permettent à l'inspection de suivre les progrès de l'enseignement oral dans nos écoles et de constater que cet enseignement est véritablement fructueux, en même temps qu'elles permettent aux inspecteurs de le diriger par des conseils et au besoin par des instructions, qui sont consignées dans les procèsverbaux de chaque canton et fixées définitivement dans le Bulletin départemental. Sous ce rapport ce Bulletin rend de réels services, puisque son principal objet est de servir pour ainsi dire d'archives à ces réunions si dignes d'intérêt. » (Rapport d'inspection académique, 1882.)

Musées scolaires. — «Toutes les circonscriptions scolaires, dit le rapport d'inspection académique, ont autant de musées que d'écoles, excepté celle de Blois, qui a 65 écoles et 52 musées, et celle de Vendôme, qui a 90 écoles et 75 musées. Mais il faut bien le dire, ces musées ne sont utiles qu'autant qu'ils sont composés par les élèves et d'objets recueillis par eux. Malheureusement nous n'en sommes pas là, et l'on appelle musée, quelquefois, la collection de quatre ou cinq objets réunis sans discernement. Quelques-uns cependant méritent véritablement ce nom... »

il serait désirable que les écoles fussent pourvues des objets de première nécessité qui font encore souvent défaut pour l'enseignement du système métrique. L'inspecteur a trouvé des écoles de garçons et de filles de plus de cent élèves où il n'a pu se faire présenter un mètre.

Caisses rVépargne scolaire. — L'institution des caisses d'épargne scolaire s'est implantée dans le Loir-et-Cher en 1877. Au l^"" janvier l879, 20 écoles seulement avaient ouvert une caisse d'épargne, et 331 élèves épargnants, sur lesquels 108 possédaient des livrets de la grande caisse d'épargne, avaient fait des versements s'élevant ensemble à 4067 francs. Depuis, l'institution n'a pas cessé de prospérer, puisqu'on la retrouve au l" janvier 1882 dans la situation suivante : 236 écoles ayant une caisse, 3 891 élèves épargnants possédant un livret de la petite caisse et de la grande, et une somme de 49943 francs inscrite sur ces livrets.

Caisses des écoles. — Au I*' janvier 1879, le département de Loir-et-Cher possédait 3 caisses des écoles, dont l'actif total s'élevait à 283 francs. Aujourd'hui, on en compte 130 ayant ensemble 19833 francs. Il n'y a pas dix départements où la situation au 1" janvier 1882 fût aussi florissante. Cependant, elle n'est pas encore à la hauteur des besoins auxquels elle a à faire face ; « L'article 17 de la loi du 28 mars 1882, dit le rapport d'inspection académique, prescrit que la caisse des écoles instituée par la loi du 10 avril 1867 sera établie dans toutes les communes. Il était nécessaire d'exiger ces fondations, car de tous côtés les instituteurs se plaignent qu'ils ne peuvent plus remplacer les livres hors d'usage, qu'ils sont obligés de donner gratuitement les fournitures aux indigents, et qu'enfin le chauff'age reste au compte des familles, môme des familles pauvres. Et néanmoins 124 communes n'ont pas encore voté de fonds pour la caisse, et beaucoup d'autres ont voté des ressources manifestement insuffisantes... » L'arrêté ministériel du 23 septembre 1881 qui promet aux communes, pour leur caisse des écoles, une subvention de l'Etat égale aux versements de leurs souscripteurs jusqu'à concurrence de 300 francs, fera certainement prendre un grand développement à cette institution.

Société de secours mutuels. — Le département

de Loir-et-Cher possède une société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices» fondée en 1864 et qui depuis cette date fournit à ses adhérents nécessiteux des secours dont le montant total varie de 2000 à 3 600 francs par an. Le taux minimum de cotisation est de lu francs par an. Au 1*' janvier 1879 ie nombre des membres participants était de 149; l'actif de la société en numéraire, titres ou dépôt était de 943r'",10. Au 1" janvier 1882, le nombre des membres s'était sensiblement augmenté et la. situation financière s'était aussi un peu améliorée,^ ainsi qu'on peut le voir par l'exposé ci-dessous :

Nombre des membres ( Instituteurs 157

participants | Institutrices 14

Membres honoraires 37

Total.

tos

Recettes en 1881 3 075 fr.

Dépenses 3 043

Somme disponible 4 424

Fonds de retraite 12 730

^ Bulletin scolaire. — Le Bulletin de l'instruction primaire du département de Loir-et-Cher,, fondé en 1881, est une publication trimestrielle,^ de format petit in-8"; il est envoyé gratuitement à tomes les écoles publiques dont il doit rester la propriété. Cette publication contient les lois, décrets, arrêtés et circulaires ministériels, ainsi que tous les documents émanant des autorités scolaires et administratives du département, les sujets de conférences pédagogiques, en un mot tout ce qui intéresse le service de l'enseignement primaire.

Résultats de l'instruction. — Les tableaux cidessous donnent les chiffres des conscrits et de& conjoints lettrés.

ANNEES

CONSCRITS

5 947 il 091 11 697 10 601 10 967 11433 10 640 11670

Sachant

au moins

lire

Combien pour 100

Les opérations du conseil de révision pour la classe de 1881 ont porté sur 2384 conscrits dont 2031 ont déclaré savoir au moins lire, soit : 85.2 0/0.

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était pour toute la France de 44.8 0/0; dans le Loir- et Cher cette moyen ne était de 3 1.5 0/0, soit 13.8 0/0 au-dessous de la moyenne générale. La classe de 188 1 , en portant l'instruction des conscrits, dans le Loir-et-Cher, à 85.2 0/0, atteint ainsi un progrès total de 53.7 O/O pour la période de 52 années qui s'est écoulée de 1829 à 1881, soit un progrès annuel de 1.03 0/0, tandis que pour toute la France le progrès annuel n'a été pendant la même période que de 0.85 0/0. C'est un résultat très satisfaisant, mais qui serait sensiblement dépassé si le département n'était pas retenu dans un rang d'infériorité par l'arrondissement de Romorantin^ comme on peut le voir par le relevé suivant fait*

LOIR-ET-CHER

LOIRE

pour les trois dernières classes qui ont tiré au fiort:

Conicrits tachant au moins lire.

Claties

Arrondiîi. de Bloîs 83.6 0/0 87.8 0/0 88.4 0/0

— de Vcixlôiiie... 87.10/0 87.9 0/0 89.10/0

— de Romoraulin. 67.» 0/0 71.6 0/0 73.3 û/0

l^ombre de conjoints, sur 100, at/ant signé leur acte de mariage.

Anoéei 1854-53..

lb71-73.

[ommet

Femmes

Hommes et femmes

Budget de l'instruction primaire. — Le budget 4es dépenses ordinaires de l'enseignement primaire est monte de 190 813 francs, en 1855, à ^00352 francs en 1881. En 1863 les dépenses ordinaires atteignaient déjà 232 871 francs, ce qui représentait, pour les 25 655 élèves inscrits à cette époque dans les écoles publiques un coût moyen de 9'',08 par tête. Sur cette somme la rétribution scolaire fournissait G francs, les ressources communales 2f%39, et le budget départemental 0^%e9.

La loi du 10 avril I8(i7, en rendant obligatoire la création et l'entretien d'une école publique de filles dans toutes les communes de 5oO habitants et au-dessus, a eu pour premier résultat d'auge menter dans une proportion considérable les dépenses de l'instruction primaire, qui sont montées, dans le Loir-et-Cher, de 26i) 714 fr. en 18G7 à 376 801 en 18tJ8. Malgré cela le département a continué a faire presque seul les fonds de l'enseignement primaire, et n'a eu recours aux subventions de rf-tat qu'à partir de 1869 et pour des sommes variant de 10034 francs eh 1869 à 44 540 francs en 1876.

A cette dernière date le prix de revient de chaque élève des écoles publiques était pour toute la France de n'^r^83. Les ressources communales réunies fournissaient 15'%08 et la subvention de l'État ■donnait le complément, soit 2'',75. Pour le département de Loir-et-Cher, dont la dépense par tête d'élève n'était que de 16'%78, 1^',05 centimes audessous de la moyenne générale, cette dépense était répartie comme suit: rétribution scolaire, 8^%48; ressources communales, 5'S35 ; budget départemental, n%34 ; subvention de l'Etat, V%b%.

En 1881, les dépenses ordinaires do l'école primaire s'élèvent, comme nous l'avons dit, à €00 352 francs, un peu plus de trois fois plus qu'en 1855, et, quoique le nombre des élèves se soit considérablement augmenté aussi depuis cette date, le prix de revient par tête n'en est pas moins porté de 16f',78, cote de 1876, à l9^29 pour les 31 116 •élèves qui forment le contingent des écoles publiques en 1881.

Mais grâce aux dispositions de la loi du 16 juin 1881, qui a établi la gratuité absolue, le surcroît de ■dépenses occasionné par l'application de ladite loi retombe à la charge de l'Etat, qui fournit une subvention de 284 815 fr. représentant plus de 47.3 0/0 du total des dépenses ordinaires, et qui devra fournir encore davantage pour les prochains budgets d'où les ressources de la rétribution scolaire auront complètement disparu.

Mais dès à présent les 19f',29 que coûte en moyenne chaque élève des écoles publiques sont supportés par la commune et par le département pour 10'', 14 au lieu de 15M7 en 1876, et l'appoint fourni par la subvention de l'Etat atteint 9'M5 au lieu de l'%5s en 1876.

En 1863 les dépenses ordinaires, communales et

départementales réunies, des écoles publiques, représentaient dans le Loir-et-Cher un impût moyen de 0,87 centimes par habitant : pour toute la France cet impôt était de r',45. En 187G les mêmes dépenses représentaient un iTipôt moyen de F',61 pour toute la France et pour le Loir-et- Cher de lf',57 seulement.

En 1881, les dépenses ordinaires communales et départementales réunies s'élèvent à 315 5^36 fr. La population du Loir-et-Cher étant, d'après le recensement de 1881, de 275 713 habitants, cette somme représente un impôt moyen de F', 14 par habitant, soit 43 centimes de moins qu'en 1876.

Nous donnons dans le tableau ci-dessous les chiffres des dépenses ordinaires de l'instruction primaire depuis 1855 jusqu'à 1881 inclusivement :

ANNÉES

RETRIBU- TION

scolaire

A PART

RESSOURCES

communales non compris la rétribution scolaire

SUBVENTION'-

du départeineni

de riilal

LOIRE (Département de la). — Superficie : 4.760 kilomètres carrés. Population en 1876 : 590 613 habitants (au lieu de 537 108 en 1860 . Densité moyenne de la population : 121 habitant^ par kilomètre carré, tout près du double de la densité moyenne de la France, qui est de 70 habitants par kilomètre carré. Trois arrondissements, formant cinq circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Saint-Etienne (l'«), Saint-Etienne {'l" y Mootbrison, Roanne et Saint-Germain-Laval ; 30 cantons ; 330 communes, dont 264 de 500 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection pour le département de la Loire est réparti comme suit entre les cinq inspecteurs pt-iraaires :

CIRCOXSCRIPTIQ^S.

NOMBRE

de Vilon».

de »i>ie ferrée.

d'écoles publiques et libres.

de classes publiques.

de kilom.

carrés en superficie.

St-Élienue (i").

1 Montbnson

Koaiine

loi

St-Germain-Laval

LOIRE

LOIRE

Vopulationd'ârje scolaire. —En 1872 on comptait \ dans la Loire 73G46 enfants de 6 à 13 ans, { 37 307 garçons et 36 349 filles, soit 13.4 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.

En 187G on y comptait 79G90 enfants de 6 à 13 ans, 40 297 garçons et 39 393 filles, soit 13.5 enfants d'âge scolaire par 100 habitants. Le nombre d'enfants d'âge scolaire s'était considérablement augmenté, d'une période quinquennale à l'autre, mais la proportion par 100 habitants était restée sensiblement la même et se trouvait ainsi toujours au-dessus de la moyenne générale qui est, pour toute la France, de 12.2 enfants de 6 à 13 ans par 10'» habitants.

Le recensement de 1881 relève dans le département de la Loire une population générale de 599 836 habitants, et une population d'âge scolaire de 89 414 enfants, 46 453 garçons et 42 961 filles, soit 14.91 enfants de 6 à 13 ans par 100 habitants.

1. Historique de renseignôment primaire avant 1789. — V. Lyonnais et Forez.

"2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Nombre d'écoles. — Le tableau ci-dessous indique le nombre des écoles primaires depuis les dernières années du premier empire, mais surtout depuis la fin de la Restauration, premier régime à partir duquel nous possédions des statistiques olficielies relatives à l'enseignement primaire, jusqu'à nos jours :

d'après l'almanach de l'uni- ■versité impériale

d'après ralnianach de l'uni-

•versilé royale

d'après la statistique offic'i' . .

Écoles

Écoles

Total

publiques

libres

On remarquera, sans doute, que la statistique de 1876-1877 donne plus d'écoles publiques que n'en relève la statistique des deux années suivantes, et presque autant que celle de 1880-1881, malgré les augmentations annuelles qui se sont produites dans ces établissements. C'est le résultat dune erreur de classement imputable à l'année 1876-1877 et qui a été redressée dès l'année suivante par la réintégration au chapitre des écoles libres d'un certain nombre d'écoles subventionnées qui, autorisées par le Conseil départemental à tenir lieu d'écoles publiques, avaient été comprises à tort dans la catégorie des cccl^es publiques proprement dites.

On remarquera également que le nombre des écoles libres, qui était allé en décroissan t depuis 1 837 (il n'y a pas à tenir compte de la statistique de 1850 dont l'exactitudo est reconnue douteuse), se relève à partir de 1878-1879 et continue depuis à augmenter dans une proportion notable. Ce fait est commun à tous les départements où l'élément congréganiste était en nombre dans l'enseignement public : beaucoup des écoles de garçons ou de filles tenues par des congréganistes passent aux mains des laïques, mais l'ancienne direction n'abdique pas et va ouvrir à côté une école libre congréganiste. L'année 1881-1882, lUalgré les apparences, ne fait pas exception à cette règle : sur 12 écoles libres disparues, 10 sont des écoles laïques.

En 1876-1877 les 650 écoles publiques de la Loire comptaient ensemble 1070 classes; en 1881- 1882 les 685 écoles publiques comptent 1300 classes.

Il y a donc entre les deux dates augmentation de 35 écoles seulement, mais de 230 classes, ce qui montre que la tâche des maîtres a été allégée par le dédoublement de près de 200 classes trop nombreuses. Il reste néanmoins beaucoup à faire sous ce rapport, dans la Loire, où les classes de plus^ de 50 élèves sont encore en majorité.

Voici à ce point de vue la situation exacte du département en ce qui concerne les écoles publiques :

Classes de moins de 50 élèves 645, soit 49.6 0/0

— de plus de 50 — 362, — 27.8 0/0

— — de 70 — 65, — 5.» 0/0

~ de 80 — 91, — 7.» 0/0

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont, respectivement : 55.2 0/0, 18.9 0/0, 12.3 0/0, 7 0/0 et 6.6 0/0.

En 1837, sur un total de 458 écoles, on comptait 191 écoles spéciales aux garçons, 114 écoles mixtes et 153 écoles spéciales aux filles ; en 1876-1877 les? 780 écoles du département se décomposaient en r

329 écoles spéciales aux garçons, 88 écoles mixte» et 363 écoles spéciales aux filles. En 1881-1882^ les chifi'res sont : écoles spéciales aux garçons, 364 %. écoles spéciales aux filles, 437 ; écoles mixtes, 84.

Situation scolaire des communes. — Sar les^

330 communes du département, 324 possédaient (en 1882) au moins une école publique de garçons,, de filles ou mixte ; 5 étaient réunies légalement à une autre commune pour l'entretien d'une écol» publique, une n'avait qu'une école libre tenant lieu d'école publique. Aucune commune n'était complètement dépourvue d'école.

37 communes de 500 habitants et au-dessus ne possédaient pas d'écoles publiques de filles, savoir : 2 dans la première circonscription de Saint Etienne et 4 dans la deuxième circonscription ; 10 dans, la circonscription de Montbrison, 13 dans celle de Roanne et 28 dans la circonscription de Saint-Germain-Laval. Par contre 18 communes appartenant : 6 à la première circonscription de Saint-Etienne et 3 à la deuxième, 3 à lacirconscription de Montbrison, et 6 à celle de Saint-Germain-Laval, possédaient une école spéciale aux filles quoiqu'ayant une population inférieure à 500 habitants.

Division des écoles publiques et libres en écoleslaïques et écoles congréganistes.

Écoles laiques

Écoles congréganistes

de garçons ou mixtes

de filles

de garçons ou mixtes

de fiU«s

Toiat^

Les 272 écoles laïques de garçons ou mixtes se divisent en 258 écoles publiques et 14 libres; les 176 écoles coyigréganistes de garçons ou mixtes se divisent en 138 écoles publiques et 38 écoles libres. On voit par ces chiffres que les congréganistes, quoique en minorité, ont encore une belle part dans l'enseignement public de garçons ou mixte: 138 écoles contre 258, soit 3.48 0/0.

Les 89 écoles iniques de filles se divisent en 58 écoles publiques et 31 libres; les 348 écoles congréganistes do filles se subdivisent en 231 écoles publiques et 117 libres. C'est donc une majorité de 79.9 0/0 dans l'enseignement public et de 79 0/0 dans l'enseignement libre en faveur des écoles congréganistes de filles.

LOIIU^

LOIRE

Voici, d'aillnurs, le résumé exact do la situation réciprofiuH des laïquos et des congrcgaoïstes tant au point de vue des écoles qu'au point de vue des élèves qu'elles reçoivent :

Garçons ou mixtes

Filles..*.

I Laïques.

I Laïques.

I Coogrég.

Écoles

élèves

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

li'79.

(année civile).

77 (année scolaire).

Total des élèves

Élèves grataiti

Manque.

Manque.

Gratuité.

Pour la gratuité il y a lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que les autcrilcs scolaires n'ont pas à contrôler, le nombre des élèves admis gratuitement dans ces dernières était en 1881 de 7127 sur J9 720 soit 3G.1 0/0,

Dans les écoles publiques la gratuité, tout en se maintenant toujours à un niveau supérieur, monte et descend suivant que les municipalités, à qni appartenait la confection des listes de gratuits, obdissent à des sentiments de libéralité ou sinspirent des intérêts de l'administration et de ceux du corps enseignant. Ainsi en 1833 on relève 74 élèves gratuits sur 100. En 1837 on n'en relève plus que 49.8; mais en I8ô0 la gratuité remonte à 63.6 0/0 pour retomber à 51.2 0/0 en 18G3 et à 60.40/0 en 1867. En 1872 elle remonte à 63.3 0/0, cote de 1850, et en 1876-1877 elle a fait un nouveau progrès à 64.2 0/0 Enfin en 1881, au moment de la promulgation de la loi du 16 juin qui a établi la gratuité absolue, le nombre des élèves admis gratuitement dans les écoles publiques était de 47 965 sur 65 067, soit : 73.7 0/0. C'est donc un peu plus d'un quart seulement des élèves des écoles publiques de la Loire qui sont ajoutés à la charge du budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire.

Les 88 190 élèves du département de la Loire peuvent se décomposer : en 69 468 élèves des écoles publiques et 18 722 élèves des écoles libres; en 44 881 garçons et 43 309 filles; en 32 057 élèves des écoles laïques et 56 133 élèves des écoles congréganistes ; en 83 146 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe et 5044 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces derniers pour les écoles publiques est, par rapport au total des élèves, de 6.5 0/0, soit 10.3 0/0 au-dessous de la moyenne générale, qui est pour toute la France de 16.8 0/0. Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 88 190 pour 75 179. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de la Loire est de 89 414. D'où il résulterait que 14 235 enfants d'âge scolaire ne fréquentent pas les écoles primaires. Mais il convient de retrancher de ce nombre 16D4 enfants de 6 ans et au-dessus reçus dans les écoles maternelles et ceux qui reçoivent l'instruction primaire dans un établissement d'enseignement secondaire quelconque (478 en 1881-188-2); en admettant que quelques centaines d'enfants reçoi-

vent l'instruction dans leur famille, il n'en resterait pas moins dans la Loire près de 12 000 enfants d'âge scolaire privés des bienfaits de l'instruction. Celte situation est envisagée par l'inspecteur d'académie, dans son rapport au Conseil général (session d'août 1882), sous un point de vue plus pessimiste :

« Les écoles publiques doivent être ouvertes à 89 416 enfants ; elles ont reçu l'inscription de 65 447.

» Mais sur ce nombre, 7767 n'ont pas atteint ou ont dépassé l'âge scolaire; reste l'inscription de 57 680 enfants dans les conditions réglementaires. Il reste donc 31 7;{0 enfants d'âge scolaire qui reçoivent l'instruction dans des établissements d'enseignement secondaire ou dans des écoles libres, ou dans des établissements clandestins, ou dans leurs familles, ou qui ne reçoivent pas du tout d'instruction.

» Les trois dernières catégories, dont la dernière est de beaucoup la plus considérable, comprennent environ 11 OOi) enfants.

» Les écoles publiques devraient pouvoiç accueillir ces 31 736 enfants moins ceux qui suivent l'enseignement secondaire... Mais il faudrait 24 OOO places de plus dans ces écoles... d

Et encore on aurait lïnscription, mais la fréquentation? « Si les inscriptions comprennent 65 447 noms, la fréquentation moyenne ne donne que le nombre de 53 668.

» L'écart de près d'un cinquième, déjà fort regrettable, entre les deux nombres, est loin d'indiquer le véritable écart: 53 6G8 donne la moyenne de présence; mais si l'on consulte les appels de saison d'été, on trouve une moyenne bien inférieure. Enfin si on n'examine que les écoles rurales, c'est, dans un trop grand nombre, une véritable dépopulation qu'accusent encore les états de 1881, comme j'ai dii le constater l'an dernier : la réduction à un tiers et souvent encore moins. Dans ces écoles, la fréquentation moyenne annuelle n'est plus de 9 mois, elle est de 6... »

Personnel eiiseignnnt. — Les instituteurs laïques ont la majorité dans l'enseignement public; dans l'enseignement libre, qui a une certaine importance dans la Loire, ils sont en minorité. Les institutrices laïques sont en minorité dans l'enseignement public comme dans l'enseignement libre.

Nombre d'instituteurs et d' institutrices , y compris les adjoints et les adjointes.

Instituteurs Institutrices

laïques congrég. laïques congrég.

1840 213 lo5 69 438 825

Pour 1881-1882 les nombres se subdivisent comme suit : les 463 instituteurs laïques en 438 publics et 25 libres, les 411 instituteurs congréganistes en 268 publics et 143 libres. Les 2:3 institutrices laïques en 166 publiques et 57 libres, les 932 institutrices congréganistes en 445 publiques et 487 libres.

Dans le personnel laïque des écoles publiques on trouve 21 instituteurs, dont 1 titulaire et 20 adjoints, et 1 institutrice adjointe, non brevetés. Dans le personnel congrcganiste des mêmes écoles i^ existe encore 404 non brevetés, dont 107 instituteurs adjoints, 163 institutrices titulaires et 13 i institutrices adjointes. La proportion des non bre-

LOIRE

LOIRE

Tet<5s est de 3.5 0/0 chez les laïques et de 56.6 0/0 chez les congréganistos des écoles publiques.

Dans le personnel laïque des écoles libres, sur «2 membres dont 25 instituteurs et 57 institutrices, on trouve 7 instituteurs adjoints et 4 institutrices adjointes non brevetés, soit 13.4 0/0; dans le personnel congréganiste des écoles libres, qui compte 630 membres, dont 143 instituteurs et 487 institutrices, on trouve encore 56 instituteurs adjoints et 320 institutrices, dont 68 titulaires et 252 adjointes, non brevetés, soit 59.7 0/0.

On voit, par la comparaison de ces moyennes, que le niveau intellectuel des maîtres de l'enseignement public est moins élevé dans le département de la Loire que dans beaucoup d'autres départements français. Et le rapport d'inspection académique fait cette remarque : « Si on compare les congréganistes attachés à des écoles importantes, à ceux h qui on confie des écoles communales, on trouvera le plus grand nombre des premiers munis du brevet de capacité. Pour des écoles communales, c'est assez de congréganistes dépourvus de titre. Cet abus des facilités que leur accordait la législation précédente est un fait général. » Ce qui est infiniment rare dans le département, ajoute le rapport, c'est un instituteur ou une institutrice possédant le brevet supérieur. Il n'en existe qu'une vingtaine pour toutes les écoles publiques.

« 11 paraîtra singulier, lit-on plus loin, qu'il y ait de la difficulté même i connaître le nombre des congrégations enseignantes existant dans le département de la Loire. C'est que, sur les confins du monde laïque et du monde congréganiste, il y a une population intermédiaire ayant un caractère, ou, plutôt à divers degrés, des caractères congréganistes, et se rattachant faiblement ou même ne se rattachant point à une autorité supérieure ; ces personnes, pour nous, ne sont que des laïques, mais elles sont autre chose pour les populations, car à leurs yeux elles ont un caractère religieux qui remplace les connaissances les plus élémentaires, même celle du français et de l'écriture : telles sont en grande partie les personnes qu'on appelle béates.

» Quoi qu'il en soit, nous comptons dans les écoles publiques des instituteurs appartenant à cinq congrégations d'hommes : des Ecoles Chrétiennes, des Maristes, de l'Institution chrétienne, des clercs du Saint-Viateur et de la Croix de Jésus ; à dix congrégations de femmes : de Saint-Joseph, de Saint-Charles, de la Sainte- Enfance, de l'Enfant Jésus du Puy, du Saint-Sacrement, de la Charité de Nevers, de Saint- Vincent-de-Paul, de l'Enfant Jésus de Claveisolles, du Verbe Incarné, du Sacré-Cœur de Jésus. »

Maison d'école et mobiliers scolaires. — Sur 653 maisons d'école que comptait le département de la Loire en 1881, 399 appartenaient aux communes, 66 étaient prêtées, 188 étaient louées. Le montant des sommes payées pour frais de location de ces dernières s'élevait à 66 017 francs; 200 des maisons appartenant aux communes étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelc(tnque.

« La situation matérielle des écoles publiques a été justement dénoncée bien des fois, dit le rapport d'inspection académique, en particulier en 1879 et en 1880.

» Les mobiliers scolaires étaient signalés aussi à peu près partout comme devant être transformés ou même créés.

M Mais l'heureuse impulsion provoquée par le gouvernement, l'administration préfectorale et le Conseil général, et déjà sensible l'année dernière, a des effets déplus en plus marqués. Ce n'est que chez des municipalités très peu nombreuses que l'on a rencontré iiidiff'érence ou mauvais vouloir.

» Le progrès est bien accentué aujourd'hui. Mais l'œuvre, quoique suscitée dans toutes les parties du département, n'est encore qu'engagée.

» Ainsi on peut évaluer à l'heure actuelle comme travaux nécessaires à l'enseignement primaire dans le département :

» 1' La construction de :

17 écoles primaires supérieures pour les

deux sexes; 117 écoles primaires de garçons; 219 — de filles;

99 — mixtes ;

44 — materaelles ;

Total.... 496

« 2° Et l'amélioration de :

82 écoles primaires de garçons ; 26 — de filles;

8 — mixtes;

4 — materaelles ;

Total

» La dépense totale de ces travaux atteindrait 15 ou 18 millions de francs.

M En reconnaissant que les propositions ci-dessus dépassent le strict nécessaire, en faisant l'observation que la commune de Saint-Etienne seule projette de se procurer 3 de ces millions pour ses écoles, il reste constant que des sacrifices sérieux et des résolutions fermes sontindispensables pour que toutes les communes puissent ouvrir à la jeunesse des écoles en nombre suffisant et convenablement installées. »

Nous donnons ci-dessous le tableau des subventions accordées par TEtat à diverses communes du département de la Loire, pour construction ou réparation de maisons d'école et pour achat de mobilier scolaire pendant les cinq dernières années écoulées :

Nombr<% Subveatioas

des écoles. de l'Etat.

57 100 fr.

Totaux....

764 000 fr.

Enseignement, méthodes et résultats. — Nous empruntons au rapport de l'inspecteur d'académie les renseignements suivants :

« L'enseignement primaire, dans le département de la Loire, a eu besoin d'être créé ou au moins appelé à une existence légale sur bien des points du département... Mais même dans les lieux où il existe il a, à l'heure qu'il est, encore besoin d'être régularisé. Une organisation d'ensemble est encore attendue.

» Aussi les résultats, loin d'être ce que nous ne pouvons espérer que dans un avenir prochain, ne sont pas même ce qu'ils pourraient être avec les instruments actuels. De ces instruments, le premier, le pei'sonnel, a besoin :

» 1» D'un règlement plus précis et plu^détaillé qui comprenne même les articles principaux de l'ordre du temps;

» 2° D'un programme d'enseignement

» Plan d'études. — Le plan d'études ou programme d'enseignement doit être un des premiers soins des instituteurs : un plan officiel le leur laissera toujours à faire, et ils ne doivent pas l'attendre pour s'en faire un. Cependant il manque dans l'immense majorité des écoles.

» L'enseignement va donc un peu à l'aventure, et il en résulte qu'on ne trouve aucune simultanéité dans la marche quand on passe d'une école h une autre. Môme dans une école, l'instituteur semble quelquefois capricieusement avancer, puis

LOIRE

LOIRE

revenir sur ses pas. Faute d'une raarclic en avant prévue et assorée, des maîtres d'une certaine valeur n'obtiennent pas les résultats qu'on peut attendre d'eux.

» l/cmploi du temps manque aussi souvent : chaque leçon n'a pas sa place assurée dans l'ordre des cxorcices, ni une durée déterminée.......

Toutefois je reconnais que c'est le service de l'inspection qui se dénonce lui-même ici. Parmi tout ce qui était à faire, il y avait peu d'objets plus impérieux que celui-là Bientôt seront données aux instituteurs ces indications qu'ils savent trop peu se marquer à eux-mêmes.

M II y a des efforts incontestables pour employer une métliode rationnelle; un appel aux jeunes intelligences, à leur intérêt, là où régnait la routine. Mais que d'écoles où ce que l'on appelle enseignement est encore la récitation du livre!

» Beaucoup d'instituteurs sont entravés après leurs occupations professionnelles par d'autres occupations, des leçons particulières, etc. D'autres ont des connaissances trop peu étendues, ou trop peu d'aptitudes, ou môme trop de tiédeur. Cette dernière disposition est constatée en particulier chez les congréganistes.

» Ainsi la plupart de ceux-ci gardent obstinément les livres reconnus pour défectueux ou surannés. II est vrai que des laïques prennent quelquefois le nouveau pour le progrès, et changent trop aisément.

» On donne de longs devoirs écrits, qui sont une occupation machinale pour les enfants, tandis que les plus jeunes restent inactifs, la majeure partie de la classe, parce qu'on ne sait pas les occuper.

» L'accumulation de ces tâches fastidieuses, qu'il est à peine possible de corriger et qu'on ne corrige guère, est, autant que les besoins des familles, la cause de ces désertions des écoles que nous combattons aujourd'hui

» Les leçons de choses sont connues à présent, mais bien plus que réalisées encore.

» En entrant dans une classe, la vue de tableaux noirs quadrillés et réglés pour les dessins des petits enfants et pour la musique, à côté des tableaux noir^ destinés au calcul, annonce déjà qu'il règne autre chose que la routine et la tiédeur.

» Instruction morale et civique. — L'éducation morale et civique ne doit pas avoir ses heures fixes et mesurées ; elle doit être répandue, vivifiante, dans tout l'enseignement.

» L'instruction morale et civique devra avoir sa place déterminée. Dans plus d'une école, des enfants déjà grands n'ont pu nommer leur patrie. On voit s'il est besoin d'une instruction spéciale.

» Je suis heureux de dire que cette place nécessaire lui est déjà donnée, et avec succès, dansplusi !urs écoles.

w Lecture. — Trop souvent on la néglige après les cours élémentaires, comme si elle consistait <ians la connaissance matérielle des signes de la P'-nsée. On ne sait pas quel enseignement elle ré-

tlame La leçon de lecture n'est pas une leçon

ilo choses ou une leçon de grammaire. Elles peuvent se rapprocher, mais non se confondre; cet enseignement si important et si délicat donne des résultats satisfaisants dans la plupart des écoles...

» Ecriture. —J'en dirai autant de l'écriture, surtout chez les congréganistes. Mais on vise plus à une écriture scrupuleusement dessinée qu'à une bonne et ferme courante. On n'emploie pas le tableau noir, c'est-à-dire l'enseignement collectif et raisonné. L'élève apprend à force de copier et son travail est loin d'être corrigé. C'est encore de la routine.

» Langue française. — Les résultats sont loin de ce qu'ils devraient être. C'est qu'on y arrive par un chemin long et lassant. La grammaire n'est pas, en général, enseignée au tableau noir, , Ji-c Partie.

par les exemples. Elle l'est parles longues et fréquentes dictées, les interminables pages de conjugaisons et d'analyses dont la correction est souvent aussi fastidieuse que la confection. On se sert pour cela de livres nouveaux, mais quelque fois c'est encore la routine qui les emploie. Les exceptions que l'on est heureux de coustaier se trouvent surtout dans les écoles de Saint-Etienne, Saint-Ghamond, Rive-de-Gier et Roanne. Peutêtre même, dans quelques-unes de celles où on constate ce désir d'amélioration, va-t-on d'un excès à un autre, en rejetant presque absolument des exercices qu'il faut restreindre, mais non proscrire. Les rédactions sont encore bien rares, et c'est un travail donné trop souvent sans méthode.

» Histoire. — C'est ici surtout qu'on trouve, à la place de l'enseignement, le découpage d'un volume en petites portions de lignes à introduire une à une dans la mémoire. Il faudrait au moins que chacune de ces portions fiit l'occasion d'un exposé, l'objet d'explications ; fût éclaircie aussi par le recours à la carte. Mais la tâche imposée à la mémoire n'est pas animée et ennoblie par l'exposition des causes et l'enchaînement des faits et par le souffle patriotique. Il n'y a guère à constater de profit de cet enseignement, et surtout le profit que l'éducation civique en doit retirer.

» Géographie. — Cet enseignement est plus satisfaisant que celui de l'histoire. Dans certaines écoles, les cartes murales sont encore peu utilisées. Cependant la libéralité du gouvernement en accorde partout où la demande en est faite et justifiée.

» Mais en général on les emploie, et la construction des cartes, les tracés au tableau et sur les cahiers se sont répandus...

» Avec la nomenclature et le tracé, un troisième point, important aussi, n'a pas encore la place qu'il lui faut : c'est la géographie agricole et industrielle.

» Arithmétique. — C'est la faculté qui présente le plus de résultats, surtout chez les garçons. Ils sont, en général, satisfaisants aussi dans les écoles de filles.

» Il y a aussi ordinairement, chez les laïques, supériorité sur les congréganistes.

» Mais on prend trop souvent les problèmes tels qu'ils sont dans les livres,

» La théorie ou le raisonnement laisse à désirer, et souvent n'est que répétée d'après les livres (en particulier dans les écoles de filles confiées à des congréganistes).

» Le matériel pour l'enseignement du calcul, et en particulier du système métrique, manque à beaucoup d'écoles ; là où il est on ne l'utilise pas toujours. Dans bien des écoles les applications du système métrique sont ignorées.

» Au début même de l'étude du calcul, le calcul mental, si précieux et si attrayant pour les jeunes enfants, est négligé, il y a toutefois progrès sous ce rapport (en particulier dans la circonscription de Roanne).

» Gymnastique et exercices militaires. — Cet enseignement, devenu obligatoire depuis peu de temps, est déjà organisé à Saint-Etienne. Il a pris des développements satisfaisants dans un certain nombre d'autres localités, surtout à la Pacaudière, Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Roanne, Charlieu. Les progrès sont marqués dans la circonscription de Roanne. Ailleurs il y a un bon vouloir marqué qui fait espérer des résultats plus généraux.

ï Travaux à ^aiguille. — On a la satisfaction de constater un progrès général sous ce rapport, et pour la place qui est faite à cet enseignement, et pour la nature des travaux... L'établissement d'un cours normal à Saint-Etienne, datant d un an, nous donne l'assurance qu,e ces progrès seront bientôt plus marqués encore.

LOIRE

LOTRR

» Mnfièves fucullatives. — La plus répandue est

lo des.fin, qui l'est encore bien peu. Trop souvent on présente des images scnipuleuscment copiées par des élèves qui ne sauraient pas construire une tigure géométrique. Mais il se propage des travaux plus simples et pins sérieux, en particulier dans la circonscription de Roanne.

« Les applications de la géométrie sont enseignées dans quelques écoles de garçons.

» Le chant manque presque complètement.

Des cours de musique existent dans les écoles de Saint-Etienne et de Roanne; mais le chant, sous la forme la plus simple et la plus accessible, habitude, dirais-je presque, plus qu'art, tel qu'il peut se populariser, mêlé à la vie de l'école, élément d'allégresse autant que de moralisation, voilà ce qui est inconnu et que nous espérons voir bientôt compris et propagé. »

Certificat d'études primaires. — Le certificat d'études primaires a été introduit dans la Loire en 1876. A celte époque 420 candidats, dont 402 garçons et 18 filles, s'étaient présentés aux examens, 350 garçons et 16 filles avaient été admis. Quatre ans plus tard, en 1880, le nombre des candidats atteignait 1311, dont 846 garçons et 465 filles : 667 garçons et 332 filles, en tout 999, obtinrent le certificat. En 1881, par suite de l'application du nouveau lèglement sur la matière qui a rendu les épreuves plus difficiles, il n'y a eu que 821 certificats d obtenus (.497 garçons et 324 filles) quoique le nombre des candidats ait été plus élevé que celui de l'année précédente (1456, dont 78i garçons et 672 filles). Les garçons ont donc passé dans la proportion de 63.4 0/0 et les filles dans la proportion de 48.2 0/0. Le nombre des certificats obtenus représente 0.98 0/0 du total des élèves inscrits dans toutes les écoles primaires; pour toute la France la proportion est de 1.36 0/0. Le département de la Loire se trouve donc, sous ce rapport, dans un état d'infériorité notoire.

En 1882, sur 1464 candidats (784 garçons et 680 filles), il n'a été obtenu que 675 certificats, 365 par les garçons et 310 par les filles. La proportion des admis a été moindre de 50 0/0.

Ecoles normales. — Le département de la Loire possède une école normale d'instituteurs et une école normale d'institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à Montbrison en 1833, reçoit actuellement 52 élèves-maîtres. L'enseignement y est donné par le directeur, cinq maîtres adjoints et trois professeurs externes. L'école normale d'institutrices a été ouverte le 23 février 1882 à Saint-Etienne. Elle contient actuellement 31 élèves-maîtresses. L'enseignement y est donné par la directrice, quatre maîtresses adjointes et quatre professeurs externes. Malgré ses deux écoles normales, le département recrute difficilement son personnel enseignant et les recrues laissent parfois à désirer :

« Il serait à souhaiter, dit le rapport d'inspection académique, que les écoles normales pussent suffire au recrutement de l'enseignement public. Pour cela il faudrait qu'elles fournissent au moins 30 instituteurs et 30 institutrices par an. La laïcisation des écoles de filles paraît, il est vrai, devoir être moins prompte que celle des écoles de garçons. Mais il faut prévoin* la création d'écoles ou de classes enfantines qui seront confiées à des femmes.

» Il n'y a à l'école normale d'instituteurs de Montbrison que 52 élèves-maîtres, et c'est absolument tout ce qu'elle peut contenir; encore estce un grand progrès, puisqu'auparavant elle n'en avait que 39, puis 40.

» Néanmoins elle ne fournit que la moitié des sujets nécessaires. Les travaux qui doivent la transformer et la mettre en état de recevoir 120 élèves viennent de comoiencer.

» De plus, par la mesure toute nouvelle de l'admission d'externes, nous pouvons espérer qu'à la rentrée 65 ou 70 élèves suivront les cours.

» L'école normale d'institutrices, qui n'a pn s'ouvrir qu'à la fin de février 1882, avec 31 élèves, peut en loger près de 60. Des plans sont proposés qui permettraient de porter ce nombre à plus de 80. En en attendant l'exécution, l'admission d'externes permettra d'accueillir, dès la rentrée prochaine, de 70 à 80 élèves.

» Naguère on aurait pu objecter contre ces augmentations d'efi'octif la pénurie des aspirants et des aspirantes, que l'on comptait par 30 ou 40.

» Heureusement il n'en est plus ainsi; les appels que nous avons faits à la jeunesse ont été entendus. Dès l'an passé on a eu la satisfaction d'enregistrer les noms de plus de 90 aspirants et aspirantes, et cette année (1882) leur nombre s'est élevé à près de 150.

» En ce moment même, la nouvelle école d'institutrices, ouverte trop tard pour être responsabh; des résultats de cette année scolaire, qui n'a été pour elle que de cinq mois, nous présente cependant, pour 10 élèves de première année, 9 succès à l'examen pour le brevet élémentaire. Les autres élèves de cette promotion en étaient munies déjà. »

Ecoles supérieures et écoles professionnelles. — Il n'y a encore qu'une école primaire supérieure, celle de Roanne. Encore n'est-elle qu'à ses débuts. Elle existe depuis moins d'un an et compte 9i> élèves. Mais la division qui reçoit l'enseignement supérieur ne se compose que de 12 élèves. « La modestie de ce nombre, dit l'inspecteur dacadémie, n'a rien qui doive étonner, et il est a prévoir qu'il sera plus que doublé à la rentrée.

)' Nous devons espérer que l'école supérieure de

Montbrison s'ouvrira incessamment L'usage

donne le nom d'écoles supérieures ou cours supérieurs à des divisions de certaines écoles communales ou libres à Saint-Etienne, Roanne, Rive-de- Gier et ailleurs encore. Mais cette appellation n'est justifiée ni par la valeur réelle de l'instruction ni par les résultats. Il n'y a que deux étîjblissements libres, tous deux à Saint-Etienne et tous deux congréganistes, qui donnent véritablement cet enseignement.

» Cette lacune parait devoir être prochainement comblée, au moins en ce que concerne Saint- Etienne. »

Le département ne possède qu'une école professionnelle: c'est celle de Saint- Chamond, dont les ateliers et les classes recevaient en 1881 70 élèves répartis en 3 ans. Le cours complet est de 4 ans. La quatrième année existe depuis la rentrée de 1882, et, par conséquent, le nombre des élèves est devenu plus grand.

A Saint-Etienne et dans d'autres communes on se préoccupe de la construction d'écoles professionnelles.

Brevet de capacité. — Nous donnons ci-dessous, par nature et par sexe, le nombre des brevets de capacité délivrés dans le département de la Loire depuis 1833 jusqu'à 1881 inclusivement :

Instituteurs.

1833-1850. 352 brevets élémentaires, 10 brevets supérieurs. 1831-1867. 522 — obligatoires, 23 — complets. 1868-1880. 315 — — 27 — facultatifs

ou complets.

1881 i3l — élémentaires, 7 — supérieurs.

Institutrices.

1836-1850. 132 brevets élémentaires, 1 brevets supérieurs, 1851-1867. 233 — obligatoires, 20 — complets. 1868-1880. 440 — — 62 — facultatifs

ou complets.

1881 147 — élémcutaires, 5 — supérieur».

LOIRE

LOIRE

En 1881, 365 aspirants s'étaient préflentés pour l'obieiition du brevet de capacité élémentaire : «38 l'ont obtenu, soit 37.8 0/0. Les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 267, sur lesquelles 147 ont été admises, soit 55.1 0/0. La moyenne des admissions par rapport aux candidats est, pour toute la France, de 49.9 0/0 pour les aspirants et de 62.2 0/0 pour les aspirantes.

Pour les brevets de capacité comme pour le certificat d'études primaires, nous trouvons le département do la Loire dans une infériorité notoire vis-à-vis des autres départements en général.

Il y a lieu de diviser en deux catégories les aspirants et les aspirantes qui ont pris part aux examens du brevet de capacité dans la Loire : les laïques et les congréganistes. Les aspirants laïques, au nombre de 152, ont obtenu 75 brevets, fioit 49.3 0/0, atteignant presque à la moyenne générale qui est de 49.9 0/0 ; mais l'insuffisance do préparation des aspirants congréganistes était telle qu'ils n'ont emporté que 63 brevets pour 213 candidats, c'est-à-dire 29.6 (/O.

Il y a un moins grand écart entre les aspirantes laïques et les aspirantes congréganistes, qui toutes sont beaucoup trop au-dessous de la moyenne générale. Les laïques ont obtenu 132 brevets pour 236 aspirantes, soit 55.9 0/0, et les congréganistes, qui du reste s'étaient présentées en petit nombre, n'ont obtenu que 15 brevets pour 31 aspirantes, soit 48.4 0/0.

Salles d'asile ou écoles maternelles. — Le département de la Loire comptait 2 salles d'asile en 1837 ; 13 en 1850; 45 en 1863 ; 51 en 1867 et 60 en 1876-1877. Le nombre des élèves reçus dans les salles d'asile était de 400 en 1837; de 28:i0en 1850; de 6 974 en 1863 ; de 5 691 en 1867 et de 11 078 en 1876-1877. En 1881-1882 le département possédait 87 salles d'asile, dont 52 publiques et 35 libres; 10 salles d'asile publiques et 1 libre étaient dirigées par des laïques, toutes les autres étaient aux raains des congréganistes. Ces 87 établissements avaient reçu 3 294 élèves de plus qu'en 1816-1877, soit 14 372, parmi lesquels il y avait 1 694 enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire.

Les élèves des écoles maternelles étaient répartis comme suit :

libres.... M*^^""- Icongrég.

« Les écoles maternel1es,dit le rapport d'inspection académique, ne répondent pas à un besoin universel comme l'école primaire, et il n'est pas nécessaire de les multiplier de façon à recevoir les 63 910 enfants de 2 à 7 ans que compte le département. On doit toujours se rappeler qu'une partie considérable de ces enfants n'aura pas besoin de i'école maternelle, et qu'une autre partie, éparpillée à la campagne, n'en pourra profiter.

» Mais avec toutes ces réserves, il y aurait lieu fle créer environ 50 écoles maternelles de plus (dont une dizaine sont déjà ouvertes ou à l'étude depuis octobre 1881). Un règlement des écoles maternelles particulier au département a été rédigé. »

Cours d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863 :

Nombre de cours Hommes

Femmes

Nombre d'auditeurs Hommes Femmes

Pendant l'hiver 1881-1882, 190 cours d'adultes hommes et 'A cours d'adultes femmes ont été ouv<irts et ont été suivis par 6564 auditeurs, dont 51 14 hommes et 1450 femmes. Ces chiffres offrent une augmentation assez sensible sur ceux de l'année préri^dente.

€ Ce relèvement des chiffres, dit le rapport d'inspection académique, est un symptôme heureux en ce qui regarde les femmes, car l'an dernier il avait fallu constater une diminuiion de 9 cours et de 278 élèves en ce qui les concerne.

» Quelle que soit l'amélioration dans les nombres, il faut reconnaître que l'objet, de l'institution des cours d'adultes est imparfaitement atteint. Le mélange entre les adultes qui désirent continuer l'instruction acquise régulièrement à l'école primaire et ceux qui, voulant réparer le passé, ont besoin d'acquérir les notions les plus élémentaires, est une cause de confusion et de langueur.

» Le poids de cette tâche ajouté à celui des classes ordinaires excède souvent les forces d'un instituteur consciencieux. Aussi un grand nombre de ces cours se font irrégulièrement, sans intérêt, et sont désertés ou fermés bien avant le terme réglementaire du 31 mars...

» Une autre confusion bien plus fâcheuse encore est celle qui réunitdes adultes et des enfants sous l'appellation soit de cours d'adultes, soit de cours d'apprentis, appellation qui à elle seule condamne pourtant ce mélange. »

Les graves inconvénients signalés par ce dernier paragraphe ont pris fin par suite de la promulgation de l'arrêté ministériel du 4 avril

Bibliothèques scolaires. — Le département de la Loire possédait, en 1864, 34 bibliothèques contenant ensemble 759 volumes. Au 1°' janvier 1882 ou trouvait dans le même département 2.^9 bibliothèques, avec 15 762 livres de lecture, plus 7145 livres scolaires pour les besoins des élèves. 11 y avait eu pendant l'année 15 154 prêts.

« L'administration, dit le rapport d'inspection académique, est décidée à hâter le plus possible le développement de ces bibliothèques qui ajoutent indéfiniment à l'instruction primaire et sans lesquelles elle serait vite oubliée par les jeunes gens sortis de l'école.

» Nous constatons avec regret (et c'est un blâme pour les instituteurs) que le nombre des prêts a diminué dans la circonscription de Montbrison ; c'est là aussi qu'on a constaté le plus de bibliothèques disparues. En général, les instituteurs congréganistes montrent à cet égard une regrettable insouciance. »

Musées scolaires. — Ils sont encore peu nombreux. On en compte 47. Les autorités scolaires ne poussent pas à ce qui ne répondrait pas au but l'on poursuit. On préfère encourager la formation lente et loyale par le maître et par les élèves. La circonscription de Roanne compte 24 musées scolaires formés de cette façon.

Bibliothèques pétiagogiques. — Le département de la Loire en possédait 27 au 1" janvier Ii>82. il ne lui en manquait plus que 3 pourque chaque canton eût la sienne. Il en possède actuellennont 3o. Certains cantons en ont deux, qu'il vaudi*ait mi» ux réunir en une seule afin que les livres qu'elles possèdent fussent tous à la disposition de tous les maîtres du canton. Le nombre de volumes que contiennent ensemble toutes ces bibliothèques est de 4GI4.

Conférences pédagogiques. — Les conférences cantonales pédagogiiiues se tiennent trois fois par an dans la Loire. La troisième a pour objet le choix des livres classiques. Elles sont suivies avec exactitude.

T.OTRR

LOIRE

Caisses d'épargne scolaires. — L'institution des caisses d'épargne scolaires s'est implantée dans la Loire en 1874. Au !«' janvier 1879, 23 écoles seulement avaient ouvert une caisse d'épargne, et 624 élèves épargnants, sur lesquels 498 possédaient le livret de la grande caisse d'épargne, avaient opéré pour 10 565 francs de versements.

Au l*r janvier 1882 on trouve des caisses d'épargne dans 142 écoles seulement (sur 825), et 4102 élèves épargnants ayant effectué ensemble pour .ji 310 francs déversement. L'institution n'est pas restée stationnaire, mais elle est loin d'avoir pris le développement qu'elle aurait pu atteindre dans une population aussi essentiellement ouvrière que celle du département de la Loire, où il y aurait un si profond intérêt social à propager le principe moralisateur de la petite épargne.

« Les instituteurs congiéganistes, dit le rapport d'inspection académique, et les institutrices tant laïques que congréganistes, s'intéressent trop peu à cette œuvre de moralisation. »

Caisses des écoles. — Le département en possède 18, dont 17 dans la circonscription de Roanne. On ne connaît pas leur actif. La loi du 28 mars 1882^ qui rend ces caisses obligatoires pour toutes les communes, donnera un peu de ressort à cette institution qui n'avait été qu'autorisée par la loi du 10 avril 1867.

Société de secours mutuels. — Le département de la Loire possède une société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1865 et qui depuis cette date fournit à ses adhérents nécessiteux des secours variant de 100 à 600 francs par an. Le taux de la cotisation annuelle est de 12 francs. Au l*"" janvier 1879 le nombre des membres participants était de 205. L'actif de la société était de 53 785 francs, dont plus de 50 000 francs étaient déposés en fonds de retraites à la caisse des dépôts et consignations. Mais l'association avait quelque peu périclité depuis, et quoique l'actif se lût augmenté dans une certaine proportion, le nombre des sociétaires était tombé de 205 en 1879 à 177 en juin 1881.

« Il y avait, dit le rapport de l'inspecteur d'académie, un découragement véritable en tout ce <iui la concernait, soit chez ses membres, soit dans l'administration universitaire, surtout en se rappelant qu'elle avait compté jusqu'à 26 i membres dont 35 honoraires. J'ai la satisfaction de pouvoir annoncer un réveil moral et même d'heureuses conséquences matérielles. Malgré les vides faits par les décès et les règlements de pensions de retraites, le nombre des membres est remonté à 197. L'accroissement a été remarquable en ce qui concerne les institutrices. La société n'en comptait que 6 l'an passé; elle en compte aujourd'hui 21. Du reste son avoir n'a pas cessé de grossir; aujourd'hui elle paie une pension à 33 anciens maîtres. Nous espérons que le Conseil général lui rendra les témoignages de sympathie dont elle a été déjà favorisée. Elle le mérite par les améliorations récentes de ses statuts et par le réveil en sa faveur qui vient se produire dans le corps de l'enseignement primaire. »

Bulletin scolaire. — Le Bulletin de l'instruction primaire de la Loire,, fondé en 1865, de format in-8*, paraît à intervalles irréguliers; il est envoyé gratuitement à tous les instituteurs et institutrices publics du département. Il reçoit à cet effet une subvention du Conseil général. Le public peut s'y abonner moyennant 3 francs par an.

Cette publication contient les lois, décrets, arrêtés et circulaires ministériels, ainsi que tons les documents émanant des autorités scolaires et administratives du département, les sujets do conférences pédagogiques, en un mot, tout ce

qui intéresse le service de l'enseignement primaire.

Résultats de Vinstruction. — Nous donnons dans les tableaux ci-dessous les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :

ANNÉES

CONSCRITS

Examinés

Sachant

\\x moins

lire

Combien pour 100

En 1827 et 1829, la moyenne de l'instruction des conscrits en France était de 44.8 0/0; dans la Loire, cette moyenne était de 42.1 0/0, soit de 2.7 0/0 au-dessous de la moyenne générale. La classe de 1880, en portant l'instruction des conscrits dans la Loire à 86.4 0/0, atteint ainsi un progrès total de 44.3 0/0 pour la période de 51 années qui s'est écoulée de 1829 à 1880, soit un progrès annuel de 0.87 0/0, tandis que, pour toute la France, le progrès annuel n'a été pendant la même période que de 0.85 0/0. On doit reconnaître que ce résultat est satisfaisant pour un département où l'organisation de l'enseignement primaire laisse encore tant à désirer, même à l'heure présente.

Les opérations du conseil de révision, pour la classe de 1881, ont porté sur 4863 conscrits, dont 42 16 ont déclaré savoir au moins lire, soit 86.7 0/0. Cette moyenne serait sensiblement dépassée si le département de la Loire n'était pas retenu dans un rang inférieur par l'arrondissement de Saint- Étienne, qui représente à lui seul la moitié de la population de ce département. Voici l'état de l'instruction des conscrits pour les trois dernières années écoulées, dans les trois arrondissements de la Loire :

Conscrits sachant au moins lire en 1879 en 1880 en 188t

Roanne 90.7 0/0 90.» 0/0 92.» 0/fr

Montbrison 85.10/0 89.4 0/0 88.5 6/0

Saint-Étienne 82.9 0/0 82.6 0/0 82.3 0/0

Nombre de conjoijits, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Années

Hommei

Femmes

Homo et et feames

Budget de l'instruction primaire. — Le département de la Loire est toujours resté au-dessous de la moyenne générale pour les dépenses de l'instruction. Cependant, les sommes consacrées à cet objet sont montées de 317 221 francs, en 1855,

LOTRE

à 1225093 en 1881. Kn 18G3, les dépenses ordinaires atteignaient 348 201 francs, ce qui représentait, pour les 54 413 élèves inscrits à cette époque dans les écoles publiques, 6''/»0 par tête, supportés par la rétribution scolaire pour 2", 15, par les centimes communaux pour 3",42, par le budget départemental pour0^80, et par l'Etat pour zéro. La dépense moyenne par élève était à la môme époque pour toute la France de 9f',47.

La loi du 10 avril 1867, en rendant obligatoire la création et l'entretien d'une école publique d(3 filles pour toutes les communes de 500 habitants et au-dcs8U8,a eu pour premier résultat d'augmenter dans une proportion considérable les dépenses de l'enseignement primaire, qui sont montées dans la Loire de 315 319 francs en 18G7 à 466 944 francs en 18(i8. Malgré cette augmentation de charges, le département a continué à faire presque seul les fonds de l'enseignement primaire, car il n'a eu recours aui subventions de l'État que pour des sommes variant de 16 362 francs en 1868 à 76 052 en 1876.

A cette dernière date, le prix de revient de chaque élève des écoles publiques était pour toute la France de 17'',83. Les ressources Communales et départementales fournissaient 15''',08, et la subvention de l'Etat donnait le complément, soit 2', 75. Pour le département de la Loire, dont la dépense par tête d'élève n'était que de 14'%83, 3 francs audessous de la moyenne générale, il y était pourvu comme il suit : par la rétribution scolaire, 3"',73; par les budgets communaux, 8^',18; par le budget départemental, V^,G3 ; par la subvention de l'Étït, r%29.

En 1881, les dépenses ordinaires des écoles primaires s'élèvent, comme nous l'avons dit, à 1 225 09:A39, tout près de quatre fois plus qu'en 1855, et quoique le nombre des élèves des «coles publiques se soit considérablement augmenté aussi depuis cette date, le prix de revient par tète d'élève n'en est pas moins porté de 14'',83, cote de 1876, à W%S3 pour les 65 057 élèves qui forment le contingent des écoles communales en 1881.

Toutefois, grâce à la loi du 16 juin 1881, qui a établi la gratuité absolue, l'augmentation de dépenses de ces dernières années retombe à la charge de l'État qui fournit (au lieu de 76 000 francs en 18:6, et do 177 000 francs en 1880) une subvention de 355 703 francs, représentant plus de 29 0/0 du total des dépenses ordinaires, et qui devra fournir encore plus pour les prochains budgets, quand la ressource de la rétribution scolaire en aura complètement disparu. Mais dès à présent, les ISf^SS que coûte en moyenne chaque élève des écoles publiques sont supportés par la commune et le département pour IZ^%ZQ au lieu de 13",5'» en 1876, et l'appoint formé par la subvention de l'Etat atteint 5'S46 au lieu de l'',29 en

En 1863, les dépenses ordinaires, communales et départementales réunies, des écoles publiques, représentaient dans la Loire un impôt moyen par habitant de 67 centimes. Pour toute la France, les mêmes dépenses représentaient un impôt moyen de l"-,45 par habitant. En 1876, l'impôt moyen de ce chef aurait été pour toute la France -de 1"-,61, et pour la Loire de 1^34.

En 1881, les dépenses communales et départementales réunies s'élevaient à 869 390 francs. La population de la 1 oire étant, d'après le dernier recensement, de 599 833 habitants, cette somme représente un impôt moyen de l'',45 par habitant, soit 11 centimes seulement de plus qu'en

Il existe beaucoup de départements où la loi du IG juin 1881, sur la gratuité absolue, a eu pour €flet de faire tomber les charges des budgets

communaux et départementaux au-dessous de ce qu'elles étalent en 1876.

Nous donnons, dans le tableau ci-dessous, les chiffres des dépenses ordinaires c'e l'instruction primaire dans le dcparlement de la Loire, de 1855 à 1881 inclusivement :

RÉTRIBU

SUBVENTIONS

TION

scolaire

A. PART

RESSOIRCKS ce

iioa con

lu réiributio

du département

de l'Étal.

11 f'il

206 'JOl

LOIRE (Département de la HAUTE-). — Superficie : 4962 kilomètres carrés. Population en I87G: 313 721 habitants, au lieu de 312661 en 1866. Densité moyenne de la population : 63 habitants par kilomètre carré, au lieu de "0, qui est la moyenne générale de la France. Trois arrondissements, formant cinq circonscriptions d'inspection primaire; 28 cantons et 264 communes, dont 202 de 500 habitants et au-dessus.

Population d'âge scolaire. — En 1812 on comptait dans la Haute-Loire 45 556 enfants de 6 à 13 ans (23 081 garçons et 22 475 filles), soit 14.8 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.

En 1876 on y comptait 43 928 enfants de 6 à 13 ans, 22109 garçons et 21 819 filles, soit I4 enfants d'âge scolaire par 100 habitants. Malgré cette diminution de la population d'âge scolaire, le département se trouvait encore sensiblement au-dessus de la moyenne générale qui était, à la même époque, pour toute la France, de 12.2 enfants de 6 à 13 ans par 100 habitants.

Le recensement de 1881 a relevé une population générale de 316 461 habitants, et une population d'âge scolaire de 46 382 enfants, 23 097 garçons et 23 285 filles, ce qui donne une proportion de 14.66 enfants de 6 à 13 ans par 100 habitants.

ï. État de l'instruction primaire avant 1789. — V. Languedoc et Auvergne.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — In^f^ection pr:maire. — Tout récemment encore il n'y avait que trois inspecteurs primaires pour la Hauio-Loire, un par arrondissement. Depuis le commencement de l'année scolaire 1880-1881, le service de l'inspection primaire dans le département est réparti comme suit :

LOIRE (IHAUTE-)

CIRCONSCRIPTIONS

Le Puy

Brioiide

Langeac

Lemonastier. . . .

Yssinffcaux . . . .

NOMBRE

dVroles )iiibli(|ues et libres.

de cla«?es publiques.

de kilom.

carrés en superficie.

de kilom.

de \oie ferrée.

Malgré cette nouvelle répartition, le serviee de l'inspection est encore très pénible dans la Haute- Loire par suite de la difficulté des communications, même entre les communes importantes, n C'est bien autre chose, dit ''inspecteur d'académie dans son rapport au Conseil général, session d'août 1882, quand il s'agit de visiter les hameaux écartés par des sentiers à peine accessibles aux piétons et rendus absolument impraticables pendant une grande partie de l'hiver par les accumulations de neiges qui ne fondent que très lentement à de telles altitudes. Aussi c'est à l'époque où les inspections devraient surtout être fréquentes, où les écoles sont le plus peuplées, que les inspecteurs se voient souvent condamnés par les rigueurs de l'hiver à un repos forcé. Lorsque vient la belle saison et que les tournées sont plus faciles, la plupart des écoles sont à moitié désertes et l'inspection ne peut produire de résultats sérieux.

» De plus, la nécessité de régulariser la situation des Béates, les examens du brevet et du certificat d'études, les conférences cantonales, les enquêtes pour les créations et constructions d'écoles... absorbent la plus grande partie du temps de nos inspecteurs primaires. 11 n'est donc pas possible, quels que soient leur dévouement et leur activité, qu'ils inspectent sérieusement en une année toutes leurs écoles publiques. »

Nombre des écoles. — Le tableau ci-dessous indique le nombre des écoles primaires depuis les dernières années du premier Empire, mais surtout depuis la fin de la Restauration, premier régime à partir duquel nous possédions des statistiques officielles relatives à l'enseignement primaire, jusqu'à nos jours :

Éc?l" Écoles Total publiques libres 1813 (d'après l'almanach de l'université impériale) 45

1821 (d'après l'almanach de l'université royale) 70

1829 (d'apr. la statistique offic"»).. 47 1834 ~ — .. 33 91 125 i837 — .. 89 383 472

En 1876-1877, les 358 écoles publiques de la Haute-Loire comptaient ensemble 487 classes; en 1881-1882, les 526 écoles publiques comptent 685 classes. La situation du département de la Haute-Loire sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe dans les écoles publiques est satisfaisante, ainsi que le montre le tableau ci-dessous, dressé d'après les étais de situation pour l'année 1881-1882 :

Classes de 50 élèves et au-dessous 422, soit 6J.CO/0

— de plus de 50 élèves 146, — 21.3 0/0

— — de 60 — 60, — 8.80/0

— - — de 70 — 42, — 6.10/0

— — de 80 — 15, — 2.2 0/0

Les moyennes correspondantes pour toute kr France sont respectivement : 55.2 0/0, 18.9 0/0, 12.3 0/0, 7.2 0/0, 6.6 0/0.

En 1837, sur un total de 472 écoles, on comptait 201 écoles de garçons, 96 écoles mixtes et 175 écoles de filles. En 1876-1877, les 547 écoles de la Haute-Loire se décomposaient en 287 écoles spéciales aux garçons, 64 mixtes et 196 écoles spéciales aux filles. En 1881-1882, les chiff'res sont : écoles spéciales aux garçons, 314; spéciales aux filles, 266; mixtes, 115.

Les Béates. — Outre les 169 écoles libres relevées par la statistique, le département possède un nombre presque cinq fois plus considérable d'écoles clandestines, désignées sous le nom d'assemblées, et dirigées par les Béates*.

Nous venons de voir plus haut que la principale occupation des inspecteurs primaires de la Haute- Loire était actuellement de a régulariser la situation des Béates ». Les détails qui suivent, empruntés à un rapport de- M. l'inspecteur général Leyssenne (1880), seront lus, croyons-nous, avec intérêt :

a Les béates, il y a moins de deux ans, étaient absolument inconnues de l'immense majorité des Français... Aujourd'hui elles ont acquis une certaine célébrité à la suite d'un débat assez retentissant qui eut lieu, en mars 1879, à la Chambra des députés, où elles furent mises en cause par M. le ministre de l'instruction publique... Qu'estce donc qu'une béate?...

» On a beaucoup dit que la béate est une institutrice. Sans doute elle est institutrice à certaines heures et à sa façon, mais elle est bien autre chose encore. Elle enseigne la dentelle aux jeunes filles et le catéchisme aux enfants des deux sexes. Auxiliaire avouée du curé, elle préside aux ptières communes et à tous les exercices de piété pour lesquels un prêtre n'est pas indispensable, comme le chemin de la croix, le chant des vêpres, la lecture de la messe, les offices de l'avent, du carême et du mois de Marie, etc. Elle garde les^ malades, fait de la médecine et de la pharmacie ; enfin, veille et ensevelit les morts.

» Comment a pu s'établir, se répandre et se fortifier cette singulière institution? La configuration du pays, le grand nombre de ses hameaux, la pauvreté des populations et leur assujettissement séculaire au clergé séculier ou régulier l'expliquent parfaitement.

» Le département de la Haute-Loire n'a que 263 communes, mais il a jusqu'à 3250 villages ou hameaux, ce qui fait plus de 12 sections par commune. Et il y a des communes qui ont 50, 80 et même jusqu'à 100 sections. Un grand nombre de ces hameaux n'ont qu'une dizaine ou une vingtaine d'habitants, mais il y en a environ 950 qui ont une population de 50, lOO ou 150 habitants et qui sont éloignés de plusieurs kilomètres des chefs-lieux où résident le curé ou l'instituteur et quelquefois, mais trop rarement, l'institutrice. Les chemins sont difficiles en toute saison et absolument impraticables pendant les longs mois d'hiver. Dans ces conditions les paysans se trouveraient privés des offices et des cérémonies religieuses ; les enfants ne seraient pas préparés à la première communion.

» C'est, en eflTet, ce qui devait avoir lieu il y a deux siècles, lorsqu'en 1662 un directeur du séminaire du Puy, l'abbé Tronson, puissamment secondé dans son œuvre par une religieuse du nom de Martel, songea à arracher toutes ces populations à cette vie sauvage. Il est permis non seulement de croire, mais encore d'affirnier qu'au milieu du xyii» siècle, dans les montagnes du Velay, les pieux promoteurs de l'institution qui nous occupe n'avaient nullement en vue le développement intellectuel des malheureux

1C51 — LOIRE (HAUTE-

«opfs do la contrée. Savoir par rœur la prière et pouvoir liro le catéchisme et le livre de messe, voilà assurément ce que nos deux novateurs durent leur demander. Et cela môme était un prand bienfait. Telle fut l'origine des religieuses de l'Instruction ou sœurs de l'Enfant Jésus, plus connues sous le nom vulgaire de Béates. Faut-il s'étonner que ces modestes filles, dont les statuts ne paraissent pas avoir changé depuis cette époque, soient plus préoccupées des services qu'elles ont à rendre à l'Eglise que de l'enseignement de la grammaire ou du calcul? Ne leur faisons donc aucun crime, ni d'être là, ni d'enseigner si peu. Elles n'ont que le malheur de ne plus répondre nux besoins des temps nouveaux et d'être un obstacle inconscient à un développement plus rapide de l'instruction primaire dans les campagnes de la Haute-Loire

» Les béates changent volontiers de village lorsqu'elles y trouvent leur intérêt. Il arrive souvent que, pour les mutations, leurs supérieures doivent céder devant les exigences des habitants, soit sous la pression du clergé de la paroisse, soit en face du désir fortement exprimé par les béates, qui ne sont pas toujours des modèles de docilité.

» Quant à la lecture, on peut hardiment affirmer que la plupart des béates ne la savent pas, du moins comme on l'entend aujourd'hui dans nos écoles et comme on devrait toujours l'entendre. Elles se bornent à faire assembler des lettres et réunir des sons; mais les enfants qui sortent de leurs écoles ne peuvent lire bien couramment que dans le catéchisme, qu'ils savent -^ar cœur, et dans l'Evangile qu'ils ont lu cent fjis.

» Il y a peu de béates qui se hasardent jusqu'à enseigner l'écriture et l'orthographe. Souvent la chambre qui leur sert de classe n"a que des bancs sans tables. Je n'ai vu des enfants écrivant que chez une seule béate, et voici le travail auquel ils se livraient : ils mettaient des noms au pluriel, et tous avaient déjà une page pleine de mots pareils aux suivants, que j'ai scrupuleusement copiés : un capital, des capitals; un cheval, des chevals; un total, des totals ; un tribunal, des iribunals; un animal, des animais ; un canal, des canal s ^ etc.

» Avez-vous vu ce qu'ils font là? dis-je à la maîtresse : regardez. Elle regarda, puis elle me répondit, sans comprendre mon observation : Je les habitue à mettre un s au pluriel des noms.

» Une autre béate, à qui je demandais quelques renseignements sur ses moyens d'existence, me répondit à deux ou trois reprises que le métier serait encore assez bon si elle n'avait pas un si grand nombre d'élèves gratifs,

» Il serait trop facile, mais trop désobligeant pour ces excellentes femmes, de multiplier ces exemples. Le fait notoire, patent, éclatant comme la lumière du jour, c'est la profonde ignorance des béates. Pourquoi le nier?

» Le meilleur moyen de les défendre, c'est d'avouer qu'elles ne sont pas préparées pour la fonction d'institutrice, qu'elles ne la remplissent que subsidiairement et par surcroît.

» La loi ne reconnaît que doux sortes d'écoles : les écoles publiques, fondées et entretenues par les communes, les départements ou l'Etat, et les écoles libres fondées ou entretenues par des particuliers ou des associations. Si les écoles de béates ne sont pas des écoles publiques, elles ne peuvent pas non plus prétendre à être des écoles libres. En effet:

» 1» Elles ne portent pas le nom d'écoles, mais celui d'assemblées;

» 2° Personne n'a jamais fait pour elles aucune déclaration d'ouverture;

» 3° Les béates n'ont pas de brevet de capacité, et leurs supérieurs ne se donnent même pas toujours la peine de leur délivrer des iettros d'obédience, qui pourtant ne sont que t'es ordres pour remplir telle on telle mission et nullement une constatation d'un degré quelconque d'instruction ;

» 4° Elles ne reconnaissent pas l'autorité universitaire, elles ne sont soumises à aucune surveillance au point de vue de l'Iiygiène, de la morale et du respect de la constitution et dos lois;

» 5° Non seulement elles reçoivent des filles de 5 à 25 ans et des garçons de .'> à 15 ans, mais encore des hommes faits et surtout des vieilles femmes, des mères de famille qui viennent clierclier sous leur toit un abri pour travailler à la dentelle;

» 6" Ces prétendues écoles, qui sont aussi bien des ateliers de dentelle, se transforment à certaines époques et même toute l'année en sanctuaires religieux avpc chapelles et autels.

» Donc ces assemblées de béates, en tant qu'écoles, sont absolument illégales, et elles pourraient être supprimées par un simple arrête préfectoral, sur l'avis de l'inspecteur d'acadéraip. La longue tolérance dont elles ont joui jusqu'ici s'explique non seulement par l'appui énergique que leur prête le clergé, mais aussi par le bien qu'elles ont fait et par les sympathies qu'elles ont conquises dans les populations rurales.

» Cette institution singulière, qui a son passé, ses traditions, sa popularité, est très curieuse à étudier, comme un vestige des temps anciens égaré dans notre civilisation moderne. Qui croirait, par exemple, que toutes ces béates ne sont pas des religieuses? Or, non seulement il y en a de laïques, absolument laïques, et en assez grand nombre (1*29 sur 882), qui ne dépendent d'aucune congrégation, qui tout simplement ont pris un costume quasi-religieux et ont été agréées par le curé de la paroisse; mais presque aucune des béates ne contracte de vœux. La plupart restent presque indépendantes et libres de rompre à leur gré les liens qui les unissent à la congrégation dont elles ont accepté le patronage. Celles qui trouvent un parti convenable quittent le célibat et se marient; mais le fait, à vrai dire, est assez rare.

» La congrégation à laquelle elles sont généralement affiliées est la congrégation de Vlnstruction de l'Enfant Jésus, dont la maison mère est au Puy, et dont elles forment en quelque sorte le tiers-ordre. Quelques-unes relèvent de l'ordre de la Présentation, dont le siège n'est pas dans la Haute-Loire.

» Enfin, comme tout doit être étrange dans cette institution, les locaux même qu'occupent les béates ne suivent pas la loi commune de propriété; ils n'appartiennent ni aux béates, ni à leurs communautés, ni aux communes, mais bien aux habitants des hameaux, qui les ont construits ordinairement de leurs propres mains, avec leurs propres matériaux. Tous ces locaux sont modestes, quelques-uns trop misérables, mais pas plus que les habitations voisines, et l'on pourrait facilement les approprier pour en faire des écoles très convenables. Dans chaque hameau la maison de la béate ou de la sœur est facilement reconnaissable à un petit clocheton qui la surmonte et à la cloche qui se détache dans le ciel entre ses deux supports.

» La béate ne reçoit aucun traitement; son revenu se compose d'abord de la rétribution scolaire que lui paient ses élèves, laquelle est ordinairement de 50 centimes par mois pour ceux qui apprennent à lire, et de GO ou 75 centimes, ou môme l franc, pour ceux qui reçoivent des leçon

d'écriture, et, en second lieu, des dons et quêtes de denrées, qui consistent en pain, beurre, fromage, œufs, lait, graisse, lard, pommes de terre, légumes, grains, farine, etc. La dignité de ces pauvres femmes en souffre bien un peu, mais elles ne s'en aperçoivent pas trop et vivent à peu près à leur aise. Quelques-unes même font des économies, trop souvent insuffisantes pour les garantir de la misère dans leur vieillesse.

» Quant à la statistique de leurs élèves, il est très difficile de la faire, car il est rare que la béate tienne un registre régulier d'inscriptions, et elle dissimule volontiers le nombre des enfants qu'elle reçoit. Grâce à une enquête minutieuse faite par les inspecteurs primaires, et bien qu'un certain nombre de béates se soient refusées à leur donner le moindre renseignement, nous avons pu établir très approximativement la situation suivante :

Statistique des assemblées de béates.

Laïques. Con^réjanistes. Total

LePuy 104 364 468

Brioude 10 174 184

Vssingeaux 15 215 230

Totaux 129 753 882

Elèves admis dans les assemblées de béates.

Garçons. Filles. Total.

LePuy 2 289 7 124 9413

Brioude 821 2 404 3 225

Yssingeaux 1 470 2 687 4 157

Totaux... 4 580 'l2 215 " 16 795

n Le premier tableau ne donne que 882 béates, bien que l'on compte 920 bourgs, villages ou hameaux pourvus de logements qui leur sont destinés. Cette différence tient à ce que, au moment du recensement, il n'avait pas été pourvu à un certain nombre d'emplois vacants pour cause de départ ou de décès. Il paraît qu'aujourd'hui le nombre des défections est encore plus grand,

» Parmi ces 882 béates, il n'est signalé qu'un brevet de capacité et à peine une centaine de lettres d'obédience.

» Le second tableau montre que le nombre des filles admises auï assemblées est presque le triple du nombre des garçons... »

Cette situation une fois officiellement constatée, il devenait indispensable de la régulariser dans la limite du possible. M. Leyssenne fut chargé, en octobre 1881, d'aller en étudier sur place les voies et moyens.

Un moyen très simple et parfaitement légal eût été la fermeture pure et simple de toutes les assemblées de béates. Mais une semblable mesure eût blessé les populations, et on ne pouvait priver, même provisoirement, de toute instruction les IGOOO ou 17 000 enfants auxquels les béates enseignent au moins les rudiments de la lecture. Le parti auquel on s'arrêta fut le suivant : Obliger toutes les béates en fonctions à faire une déclaration d'ouverture d'école libre ; pour celles qui étaient affiliées à une congrégation, se contenter de la lettre d'obédience, aux termes de la loi existant alors; pour les béates laïques, leur accorder un délai d'un an pour se pourvoir du certificat d'aptitude à l'enseignement dans les salles d'asile. Accorder des subventions aux meilleures écoles de béates, qui seraient considérées comme tenant lieu d'écoles publiques. Travailler à la transformation graduelle des assemblées des béates en écoles publiques de hameau, en nommant institutrices-adjointes de hameau les béates qui se seraient distinguées à l'examen du certificat d'aptitude et qui consentiraient h se laïciser.

Ce plan fut aussitôt mis à exécution. Des lettres d'obédience furent délivrées par la supérieure de la congrégation de V Instruction de l'Enfant Jésus à celles des béates qui relèvent de cet ordre et qui forment les cinq sixièm«s environ du nombre total; et en conséquence, à une vingtaine près, les déclarations d'ouverture d'école libre purent être faites comme l'administration le désirait. D'autre part, environ 150 béates laïques se présentèrent à l'examen du certificat d'aptitude à l'enseignement dans les salles d'asile, et après la session d'août 1882 le nombre de celles qui l'avaient obtenu s'élevait à 138. Le mouvement de régularisation se continue, et grâce à la création des deux nouvelles circonscriptions d'inspection primaire de Langeac et du Monastier, une surveillance efficace est maintenant exercée sur les écoles des béates.

Situation scolaire des communes. — Sur les 264 communes du département, 263 possédaient en 1882, au moins une école publique de garçons, de filles ou mixte. Une commune était légalement réunie à une autre commune pour l'entretien d'une école publique. Par conséquent, aucune commune n'était complètement dépourvue d'école.

Cent quatorze communes de 500 habitants et aa-dessus ne possédaient pas d'école publique de filles, savoir : 21 dans la circonscription du Puy ; 19 dans celle de Brioude ; 19 dans la circonscription de Langeac ; 26 dans la circonscription du Monastier et 29 dans celle d'Yssingeaux. Par contre, 17 communes de moins de 500 habitants étaient pourvues d'une école publique^de filles.

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Ecoles la

iques

Écoles congréganistes

de garçons ou mixtes

de filles

de garçons ouniixtes

de filles

Tetal

SU

Les 344 écoles laïques de garçons ou mixtes se subdivisent en 343 publiques et 1 libre ; les 86 écoles congréganistes de garçons ou mixtes se subdivisent en 7 4 publiques et 12 libres. On voit par ces chiffres que les congréganistes sont en minorité dans les écoles publiques de garçons ou mixtes : 74 contre 343, soit 17.7 0/0. Les 86 écoles laïques de filles se divisent en 85 écoles publiques et 1 libre; les 180 écoles congréganistes de filles se divisent en 24 écoles publiques et 156 écoles libres : c'est donc 22.1 0/0 seulement des écoles publiques de filles aux mains des congréganistes ; mais ces dernières ont presque tout l'enseignement libre (156 écoles contre 1), et en fin de compte les trois quarts des jeunes filles de la Haute-Loire sont élevées par les corporations religieuses.

Voici d'ailleurs le résumé exact de la situation réciproque des laïques et des congréganistes tant au point de vue des écoles qu'au point de vue des élèves qu'elles reçoivent :

Garçons ^ Laïques., ou mixtes. | Congrég.

Écoles

Fillpe ) Laïques.. 86 = 32.40/0

'^"^^•••* ) Congrég. 180 = 67.60/0 13 342 = 79.40/0

tJombre total (V élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèvei

Élèves gratuits

!832 (année civile)

Manque.

1876-77 (annéo scolaire).

Manque.

Pour la gratuité, il y a lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Los élèves admis gratuitement dans ces dernières étaient en 1881, si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que les autorités scolaires n'ont pas à contrôler, au nombre de 2559 sur 13744, soit 18.60/0. Dans les écoles publiques, la gratuité avait atteint rapidement une proportion très élevée. En 1833, elle était accordée à 51 0/0 et en 1837 à 55.4 0/0 des élèves; noûs avons exposé la cause de cet état de choses dans notre article Gratuits {Élèves). En 18G3, soit que les municipalités fussent devenues plus dociles aux remontrances préfectorales, soit que les instituteurs aient pu faire entendre leurs doléances, la gratuité était retombée à 40 0/0, se maintenant toutefois de 1.6 0/0 au-dessus de la moyenne générale, qui était alors pour toute la France de 38.4 0/0. Mais elle s'est promptement relevée, et en 1872 nous la retrouvons à 6.S.2 0/0 (moyenne générale, M 6/0), et en 1876-1877 à 67.1 0/0 (moyenne générale, 57.4 0/0).

Enfin, au moment de lu promulgation de la loi du 16 juin 1881 qui a établi la gratuité absolue, le nombre dos élèves admis gratuitement dans les écoles publiques était de '10 079 sur 28 373, soit 70.7 0/0. C'est donc un peu plus du quart des élèves des écoles publiques de la Haute-Loire qui sont ajoutés à la charge du budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire, par l'application de la loi précitée.

Les 44 KIG élèves des écoles primaires de la Haute-Loire peuvent se décomposer : en 31 438 élèves des écoles publiques et 13378 élèves des écoles libres; en 25 825 garçons et 18991 filles; en 20522 élèves des écoles laïques et 24294 élèves des écoles congréganistes ; en 40289 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe et 4527 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces derniers pour les écoles publiques est, par rapport au total des élèves, de 13.7 0/0, soit exactement 3.10/0 au-dessous de la moyenne générale qui est pour la France de 10.8 0/0.

Les élèves d'âge scolaire (6 à 13 ans) figurent, dans ce nombre de 44 816, pour 31 717. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de la Haute-Loire est de 46 382, d'où il résulterait que 14G65 enfants d'âge scolaire ne fréquentent pas les écoles primaires. 11 convient toutefois de retrancher de ce nombre 395 enfants de 6 ans et au-dessus inscrits dans les salles d'asile, et ceux qui reçoivent l'instruction dans un établissement d'enseignement secondaire quelconque (159 en 1881-1882); en admettant que quelques centaines û'enfanls reçoivent sérieusement l'instruction dans leurs familles, il n'en resterait pas moins près de 1 4 000 enfants de 6 à 13 ans privés de toute instruction ou la recevant des Béates, ce qui est à peu près la même chose.

Cependant, la fréquentation ou tout au moins l'inscription a fait assez rapidement des progrè.

dans la Haute-Loire. En 1832, le nombre des élèves incrits dans toutes les écoles était de 8S par 10000 habitants. En 1837, il était de 700; d»i 9S8 en 1840; de 978 en 1867 et de 1149 en 1870- 1877. En 1880-1881, si l'on ajoute aux 41 117 enfants inscrits dans les écoles 424 enfants de 6 ans et au-dessus qui sont reçus dans les salles d'asilf% on obtient une proportion de 1356 élèves inscrit» par 10000 habitants.

Personnel enseignant. — Les instituteurs laïques ont la majorité dans l'enseignement public; dans l'enseignement libre, qui compte 77 membres, il n'y a qu'un seul instituteur laïque. Les institutrices laïques sont en majorité dans l'enseignement public et en minorité dans l'enseignement libre ; mais, dans l'enseignement public, la minorité congréganiste est relativement considérable, 09 contre 134, tandis que la minorité laïque dans l'enseignement libre est insignifiante, l contre

Instituteurs

Institutrices

Total

laïques

congrégan.

laïques

eongrégan.

Pour 1881-1882, les nombres se subdivisent comme suit : les 333 instituteurs laïques en 332 publics et 1 libre; les 240 instituteurs congréganistes en 163 publics et 77 libres. Les 135 institutrices laïques en 134 publiques et 1 libre: les G51 institutrices congréganistes en 69 publiques et 582 libres.

Dans le personnel laïque des écoles publiques il n'existe plus que 6 instituteurs adjoints et 18 institutrices, dont 16 adjointes, non brevetés. Dans le personnel congréganiste on trouve encore 96 non brevetés, dont 57 instituteurs adjoints, 20 institutrices titulaires et 19 institutrices adjointes. La proportion des non brevetés est de 5.2 0/0 chez les laïques des écoles publiques et de 41.4 0/0 chez les congréganistes.

L'instituteur et l'institutrice qui représentent l'enseignement laïque libre dans la Haute-Loire sont pourvus de brevet ; dans le personnel congréganiste des écoles libres, qui compte un efi'ectif de G59 membres dont 77 instituteurs et 582 institutrices, on trouve encore 24 instituteurs adjoints, 77 institutrices titulaires et 287 adjointes non brevetés. La proportion des non brevetés est donc de 58.9 0/0 chez les congréganistes des écoles libres.

On ne peut tirer aucune conclusion exacte de la comparaison des non brevetés laïques de l'enseignement public avec ceux de l'enseignement libre, l'effectif du personnel libre laïque étant trop faible ; mais en ce qui concerne les congréganistes il est à remarquer que, contrairement à ce que l'on constate dans beaucoup d'autres départements, ce sont les membres de l'enseignement public qui ont le pas sur les autres au point de vue des titres de capacité.

Au point de vue moral et intellectuel, voici ce que dit l'inspecteur d'académie de son personnel : « Nos instituteurs et nos institutrices sont en général honnêtes, laborieux, pleins du désir de bien faire.... Ce qui est malheureusement trop fréquent chez nos maîtres, c'est l'apathie ou l'indifférence. Au point de vue de la capacité ils offrent des garanties sérieuses ; mais ce qui manque dans leur enseignement, c'est la méthode,

1p mouvement, l'initiative, la vie enfin. Il n'ost même pas rare de voir des élèves de notre école normale, deux ou trois ans à peine après leur sortie, oublier l'esprit des nouvelles méthodes qui leur ont été enseignées et reprendre, pour plus de commodité, les errements routiniers de leurs prédécesseurs plus excusables qu'eux.... Les modifications considérables apportées aux programmes de nos écoles normales ont déj.'i produit de sérieux résultats ; nos élèves-maîtres commencent à apporter à leurs études plus d'ardeur et d'entrain et nous donnent tous les jours des preuves de leur désir de mieux faire et de renoncer définitivement à des méthodes surannées. Mais il serait à craindre que les anciens abus ne reparussent si nos jeunes maîtres restaient livrés à eux-mêmes à leur sortie de l'école »

Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur les 418 maisons d'école que comptait le département de la Haute-Loire en 1881, ?,96 appartenaient aux communes, 28 étaient prêtées, 94 étaient louées. Des 296 maisons appartenant aux communes, 134 étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelconque. Le montant des sommes payées pour les 94 maisons en location s'élevait à 14882 francs, soit 134 francs par école. « C'est un chiffre relativement élevé, fait remarquer le rapport d'inspection académique, si l'on considère la mauvaise installation de la plupart de ces locaux, presque partout étroits et humides, d'une aération et d'un éclairage insuffisants. Un assez grand nombre de communes se préoccupent, il est vrai, de mettre fin à un tel état de choses, et de nombreux projets de construction sont à Tétude ; mais il n'en est que trop qui n'ont aucun sonci de l'hygiène, et qui oublient volontiers que la location des maisons d'école n'est autorisée, aux termes de la loi, qu'à titre tout à fait provisoire. L'administration a le devoir de rappeler aux municipalités qu'il y a pour elles obligation de construire au plus vite, faute de quoi nous serions obligés de frapper d'interdiction un assez grand nombre de locaux absolument insalubres et insuffisants....

» Pendant l'année 1881, vingt-deux constructions nouvelles ont été faites : 4 dans la circonscription du Puy, 4 dans celle de Brioude, 7 dans la circonscription d'Yssingeaux, 6 dans celle du Monastier et 1 dans celle de Langeac. Ces locaux s'appliquent à 17 écoles de garçons, à 2 écoles de filles, à 3 écoles mixtes. Ces résultats ne peuvent être considérés comme satisfaisants que par comparaison avec les années précédentes... Il n'existe pas de département où il y ait tant d'écoles à créer que dans la Haute-Loire...

» Le peu d'empressement que les communes mettent à voter des fonds pour des constructions nouvelles s'explique, en bien des cas, par leur peu de ressources en face des nombreuses créations nécessaires pour assurer d'une façon complète le service de l'instruction primaire ; mais, il fant bien le dire, un trop grand nombre de municipalités ne font rien sous prétexte qu'il y aurait trop à faire, et n3 sont pas toujours les plus pauvres. On pourrait citer plusieurs chefs-lieux de canton qui se refusent à l'installation d'une école publique de filles, sans alléguer aucun motif sérieux et malgré les instances les plus pressantes de l'administration. Il ne nous reste qu'un moyen de sortir de cette situation illégale; c'est d'assurer la création et la construction de ces écoles par une imposition d'office....

» Trop souvent aussi les travaux des constructions scolaires n'ont pas été surveillés d'assez près, quelquefois môme ils ne l'ont pas été du tout; il en est résulté que l'exécution a été défectueuse, les matériaux employés de qualité très inférieure, et, chose plus grave, que des modifi-

c»ti«i}« importantes ont été apportées aux plans et devis, sans autorisation aucune et au grand détriment de la bonne installation des écoles.... Désormais chaque construction nouvelle sera inspectée soigneusement et les subventions de l'Etat ne seront versées dans la caisse des communes qu'autant que les constructions auront été terminées conformément aux plans et devis approuvés par le ministère de l'instruction publique.

» Outre les constructions d'école qui se sont faites en 1881, un certain nombre de communes ont exécuté dans leurs locaux scolaires des appropriations ou des réparations. Vingt communes ont fait réparer 25 maisons d'école, dont 14 spéciales aux garçons, 8 spéciales aux filles et 3 mixtes...

» Mais ce ne sont pas seulement les locaux qui sont en mauvais état; le mobilier scolaire est encore plus défectueux. Il y a cependant sous ce rapport un progrès sérieux. Les écoles de construction récente ont été, en général^ pourvues d'un matériel conforme aux prescriptions réglementaires, et, pour tous les projets actuellement à l'étude, cette dépense sera comprise dans le devis total.

» Malheureusement, dans la plupart des anciennes maisons d'école, il est loin d'en être ainsi. Je ne reproduirai pas ici toutes les critiques justement formulées contre ces tables massives, longues et étroites, fortement inclinées, dont les bancs incommodes et rejetés trop en arrière obligent les enfants à prendre les positions les plus nuisibles à leur développement physique non moins^ qu'à leurs progrès. Ce sont, on l'a dit avec raison, de véritables instruments de supplice, qu'il faudrait supprimer partout au nom des règlements qui interdisent les mauvais traitements envers les enfants. Il y a donc là une réforme urgente à opérer...

B Pour que tous les enfants que reçoivent nos écoles fussent installés commodément, il faudrait acquérir 73(!0 mètres linéaires de bancs-tables; il a été constaté en effet que plus de 3000 enfants ne trouvent pas place aux tables ou n'y trouvent pas la place qui leur serait rigoureusement indispensable.

» Je dois pourtant constater qu'en 1881 quinze mobiliers scolaires ont été réparés ou remplacés en partie, et dix-sept complètement renouvelés. Ce mouvement s'est encore accentué depuis 1882 et, grâce aux efforts de nos inspecteurs primaires, un grand nombre de mobiliers nouveaux vont être construits.

» Quant au matériel d enseignement, c'est-àdire aux globes, cartes, collections et tableaux, compendium métrique, etc., les communes s'en sont peu ou point préoccupées jusqu'ici. Toutefois, grâce aux nombreuses concessions de l'Etat, nos écoles seront bientôt pourvues du nécessaire.... »

Depuis 1877 l'Etat a accordé aux communes, sous certaines conditions, des subventions pour construction ou réparation de maisons d'écoles et pour acquisition de mobilier scolaire. Voici le montant des subventions accordées à ce titre au département de la Haute-Loire :

Nombre des écoles.

Subvention»

oe l'Etat.

12 700fr.

Totaux... .

428 865 fr.

Enseigneme?it, méthodes et résultats. — Nous empruntons les passages suivants au rapport de

LOmE (HAUTE-) — 1Cu5

LOinE (HAUTE-)

rinspecteur d'académie au Conseil général (session d'août 1882) : .

«... L'enseignement élémentaire a suivi la môme progression que la valeur pédagogique du personnel. C'est dire que l'amélioration n est pas rapide. Toutefois les récents examens pour le certificat d'études ont prouvé un progrès notable dans la composition française, si négligée jusqu'ici. Les instituteurs ont, pour la plupart, compris que ce n'est pas en obligeant l'élève à surcharger sa mémoire de définitions arides, aussitôt oubliées qu'apprises et qui ne disent rien à l'imagination, qu'on r intéressera à l'étude d'une langue dont il ne fait h. peu près aucun usage en dehors de l'école et qu'il a déjà beaucoup de peine à comprendre. On a donc restreint le nombre et l'étendue de ces devoirs de grammaire, d'analyse grammaticale et soi-disant logique, qui ont été jusqu'ici le principal exercice de nos élèves dans un trop grand nombre d'écoles, et qui y sont encore trop en honneur. On abuse aussi un jJeu moins de l'enseignement par le livre, plus commode, il est vrai, pour le maître, mais plutôt nuisible qu'utile à l'élève. De petits récits courts et intéressants, faits parle maître ou lus par lui, et accompagnés de commentaires simples et faciles à saisir; voilà ce qui doit faire le sujet des petites rédactions que nous devons demander aux enfants, et qu'on leur rendra plus faciles à l'aide d'un canevas développé ou restreint suivant les âges différents.

» On s'était plaint beaucoup jusqu'ici de la manière dont ïhistoire de France était enseignée. Nos inspecteurs avaient constaté qu'on faisait beaucoup plus l'histoire des rois que de la nation. Justement préoccupés d'améliorer un enseignement si important, ils ont insisté vivement, soit dans les conférences, soit dans le cours de leurs inspections, sur la nécessité de passer rapidement sur les premiers siècles de notre histoire pour donner plus de développement aux temps modernes. Leurs observations ne sont pas demeurées lettre morte, et plusieurs candidats au certificat d'études primaires ont pu donner des détails sur les coutumes et les institutions, sur les grands citoyens qui ont le plus honore la jiatrie. Il est encore un point trop négligé, c'est ! l'étude des xviii« et xix* siècles ; ce sont des épo- j ques qu'il faut faire connaître à tout prix à nos I enfants; )ious arriverons ainsi peu à peu à dis- j siper les fâcheux préjugés que cette histoire mal ' connue a laissés dans nos campagnes. j

» V enseignement géographique est toviouvs fai- j ble dans la majorité des écoles. On se sert encore beaucoup trop du livre et l'on oublie trop que c'est perdre son temps que de vouloir apprendre i la géographie aux enfants sans le secours des i cartes murales ou encore mieux des cartes tracées j au tableau soit par l'instituteur, soit, mieux encore, | par les élèves eux-mêmes. C'est cette dernière ! méthode que nous voudrions voir partout en usage, et il faut reconnaître qu'elle est en progrès dans bon nombre d'écoles.

» La lecture, cette partie de l'enseignement qui donnerait le plus de résultats si elle était bien traitée, ne donnait, jusqu'à ces dernières années, aucun résultat appréciable. Cela tient à ce que nos maîtres n'en soupçonnaient pas eux-mêmes l'importance et ne savaient pas la rendre intéressante par le choix des sujets, par la variété du ton et par les explications qui seules peuvent la rendre profitable... Je suis heureux de constater qu'il y a, sur ce point, un progrès réel. Presque partout on commence à expliquer soigneusement le texte et à le faire ensuite résumer, soit oralemont, soit par écrit. Le ton est encore bien défectueux, mais, dans les écoles de filles notamment, on a déjà beaucoup gagné sous ce rapport. L'importance considérable qui est donnée à la

lecture dans l'examen du brevet, contribuera puissamment à confirmer et à développer les progrès déjà constatés.

» L'écriture nous donne des résultats de plus en plus satisfaisants; cette épreuve a obtenu les meilleures notes au certificat d'études. C'est à l'écriture cursive qu'est demeurée la palme. Nos instituteurs ont reconnu qu'elle seule réunit les trois qualités essentielles : rapidité, lisibilité, élégance ; aussi l'ont-ils définitivement adoptée.

» Le calcul laisse généralement peu à désirer; on s'habitue à ne donner aux élèves que des exercices présentant une utilité pratique et, pour ainsi dire, immédiate; mais il est encore nombre d'écoles où les élèves posséderont fort bien la nomenclature des poids et mesures avec leurs multiples et sous-multiples, sans pouvoir distinguer un décalitre d'un hectolitre, etc. ; encore un effet de l'enseignement exclusif par le livre.

« La gymnastique commence à prendre un rang honorable dans l'enseignement de nos écoles rurales ; si les progrès ne sont pas rapides, cela lient à ce que bon nombre de maîtres n'ont ni des notions théoriques suffisantes, ni la pratique des exercices du corps...

» Je ne parle que pour mémoire du dessin et du chant, qui ne sont enseignés que dans un très petit nombre d'écoles, et n'ont donné jusqu'ici que des résultats insignifiants.

» La loi du 28 mars 1H82 a rendu obligatoires plusieurs matières autrefois facultatives ; de ce nombre est V agriculture. C'est là une excellente réforme. On aurait peine à croire que, dans un pays essentiellement agricole comme la Haute- Loire, renseignement de l'agriculture a été à peu près complètement négligé jusqu'ici... L'agriculture aura désormais à l'école la place qui lui est légitimement due.

» Le niveau de l'enseignement dans les écoles li' bres présente plus d'inégalités encore que dans les écoles publiques. Un petit nombre, bien dirigées, font une concurrence sérieuse à nos écoles publiques et entretiennent une émulation féconde dont tous les esprits libéraux n'ont qu'à se féliciter; mais celles qui sont établies dans les communes rurales, et qui toutes sont spéciales aux filles, ne donnent que des résultats fort médiocres. Il faut bien reconnaître aussi que le personnel des petites classes n'a à peu près aucune aptitude pédagogique et connaît mieux le travail du carreau que le programme de l'insiruciion primaire. »

Certificat d'études primaires. — Le certificat d'études primaires s'est implanté dans la Haute- Loire en 1872. A cette date les garçons seuls, au nombre de 152, s'étaient présentés aux examens ; 76 avaient obtenu le certificat. Les filles n'ont commencé qu'en 1873, et bien timidement encore, à prendre part au concours pour le certificat d'études primaires. Douze filles avaient osé affronter les examens, huit avaient obtenu le certificat. L'institution n'a pas fait de bien grands progrès depuis, puisque en 1881 le nombre total des candidats n'a été que de 751 , dont 553 garçons et 198 filles, sur lesquels 259 garçons et 116 filles ont obtenu le certificat. Il faut remarquer cependant que les filles ont mieux réussi que les garçons; ceux-ci ne se sont fait admettre que dans la proportion de 46.9 0/0, tandis que les filles ont passé dans la proportion de 5S.6 0/0. Comparée, dans son ensemble, aux autres départements, la Haute-Loire se trouve, au point de vue du certificat d'études primaires, dans un état d infériorité notoire : pour toute la France^le nombre des certificats obtenus reprcs'Dte 1.3G 0/0 des élèves de toutes les écoles primaires, tandis qua dans la Haute-Loire il ne représente que 0.89 V/0. Les résultats de la session de 1S82 ont été salis*

faisants. « L'institution du certificat d'études, dit le rapport d'inspection académique, qui a eu tant de peine à s'acclimater dans la Haute-Loire, commence enfin à être connue et appréciée. Les garçons se sont présentés en 1882 au nombre de 661, dont 385 ont été admis. L'augmentation du nombre des aspirantes (262, dont 189 admises) est surtout d'un bon augure pour le recrutement, jusqu'à présent si laborieux, de nos élèves-maîtresses, que facilitera aussi la multiplication des ■écoles laïques de filles. »

Ecole normale et cotœs normal. — Le département de la Haute-Loire possède une école normale d'instituteurs et une école normale d'institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée au Puy <în 1833, reçoit actuellement 41 élèves. L'enseignement y est donné par le directeur, quatre maîtres adjoints et quatre professeurs externes. « La maison actuelle date de 1846, dit le rapport d'inspection académique, et l'on peut affirmer que peu d'établissements construits à cette époque réunissent au même degré toutes les conditions d'hygiène et de salubrité ; grâce aux modifications et aux additions opérées depuis quelques années, l'installation est très convenable ; seulement le service a de nouvelles exigences, le nombre des élèves doit être augmenté, en sorte que le local est devenu trop étroit. D'un autre côté, le jardin est très exigu et ne peut rendre de grands services, soit pour les expériences agricoles, soit pour l'enseignement de la botanique.

» Le mobilier des classes... est en mauvais état et peu approprié à sa destination ; il devra être remplacé dans un temps peu éloigné.

» ... Nos cabinets de physique, de chimie et d'histoire naturelle se sont complétés de telle sorte que les professeurs disposent de tout le matériel nécessaire pour donner un enseignement clair, intéressant et fructueux. »

Le recrutement des élèves maîtres s'opère facilement. « Le nombre des candidats va en augmentant depuis quelques années; il était de 53 en 1879, de 57 en 18*0, de 63 en 1881 ; 80 sont déjà inscrits pour 1882. Les avantages attachés à la position des instituteurs ne sont certainement pas étrangers à ce progrès ; quoi qu'il en soit, nous constatons avec plaisir qu'en même temps le niveau des connaissances acquises s'élève sensiblement...

» L'école-annexe continue à remplir sa double mission... La première division de l'école annexe est devenue un cours préparatoire à l'école normale : elle a été confiée à un maître spécial, zélé et capable^ qui a déjà obtenu les meilleurs résultats. Au mois d'août 1881, sur treize candidats admis, onze sortaient de l'école annexe; il faut constater de plus que la préparation était beaucoup plus satisfaisante. »

Avant la création de l'école normale d'institutrices, le département ne possédait qu'un cours normal, dirigé par les sœurs de llnstruclion du Puy.

Le nombre total des élèves du cours normal était de 19 en 1881. Le cours normal disposait de 15 bourses de l'Etat; 7 élèves jouissaient d'une bourse entière, 8 autres de trois quarts de bourse, et les 4 dernières d'une demi-bourse. L'établissement comptait en outre une quarantaine d'élèves libres.

« Les religieuses attachées au cours normal, dit le rapport d'inspection académique, remplissent leurs devoirs avec un zèle et un dévouement que tous mes prédécesseurs ont reconnu hautement et dont témoignent les résultats si remarquables obtenus aux examens du brevet.

» Le cours normal est établi dans une maison appartenant aux religieuses mômes ; ce local est très sain, aussi les maladies y sont rares; à peine y a-t-on constaté quelques indispositions dans le 'Courant de l'année .

» Depuis que les dames de l'Instruction ont été chargées du cours normal, elles ont toujours été satisfaites de l'état moral des élèves, soit dans l'établissement, soit après leur sortie. Celles do ces dernière» qui sont institutrices publiques conservent avec la maison des rapports généralement suivis, qui contribuent à aff"ermir leurs bonnes dispositions et les idées libérale^ dans lesquelles elles ont été élevées.

» L'inauguration d'une école normale de filles à la rentrée des classes amènera probablement la suppression du cours normal. Les avantages que le département retirera de cette création ne peuvent nous faire oublier les services rendus par le cours normal pendant de longues années. C'est de là, en eff'et, que sont sorties les meilleures de nos institutrices laïques, dont un grand nombre ont été élèves libres. Accueillies d'abord avec défiance dans les localités qui n'avaient jamais eu que des institutrices congréganistes, elles ont grandement contribué à réconcilier avec l'enseignement laïque des populations presque toujours hostiles au début et livrées sans contrepoids depuis des siècles à l'influence du clergé. Elles ont su conserver leur indépendance sans heurter les opinions religieuses des habitants, et ont ainsi fait faire de grands pas à la question de la laïcité dans un département qui ne comptait en 1878 qu'une écolo laïque de filles et qui en possède aujourd'hui près de cent. »

L'école normale d'institutrices s'est ouverte en octobre 1882 avec 39 élèves.

Ecoles primaires supérieures. — Il n'existe actuellement dans la Haute-Loire ni école publique ni cours public d'enseignement primaire supérieur. Toutefois la municipalité de Brioude a décidé qu'une partie de sa nouvelle école de garçons serait affectée à cet enseignement, et on espère que d'autres municipalités ne tarderont pas à suivre cet exemple, entre autres celle du Puy.

Caméristats. — Les came'ristats*, cette institution qu'on ne rencontre qu'en Auvergne et en Bretagne, sont, avec les assemblées de béates, l'un des traits caractéristiques de la Haute-Loire. « Le caméristat, dit M. l'inspecteur général Leyssenne, diffère du pensionnat ordinaire en ce que les parents fournissent eux-mêmes directement la nourriture de leurs enfants, laquelle est préparée dans la maison moyennant une légère rétribution. Dans tous les pays pauvres et dans les pays de montagnes, on ne saurait trop encourager ce moLe d'internat moins onéreux pour les parents. »

Il n'y a que 8 pensionnats ou caméristats laïques de garçons, contre 53 congréganistes; quant à ceux de filles, ils sont au nombre de 148, et tous, sauf une exception, sont congréganistes. Le chiiïre des élèves reçus dans ces caméristats dépasse 6000.

Brevets de capacité. — Nous donnons ci-dessous, par nature et par sexe, le nombre de brevets de capacité obtenus dans le département de la Haute- Loire, depuis 1833 jusqu'à 1881 inclusivement:

lîistituteurs.

1835-1850. 294 brevets élémentaires, 14brevets supérieurs. 1851-1867. 363 — obligatoires, 14 — complets. 1868-1880. 310 — — 59 — facultaliis

ou complets.

1881 197 — élémentaires, 15 — âupérieui's.

bistitutrices.

1836-1850. 232 brevets élémentaires, 13 brevets supérieurs. 1851-1867. 235 — obligatoires, 1 — complet. 1868-1880. 459 — — 23 — facultatifs

ou complets.

1881 280 — élémentaires, 12 — • supérieurs.

En 1881, 406 aspirants se sont présentés aux examens pour le brevet de capacité élémentaire;

LOIRE (HALTE-

197 ont été admis, soit 48.5 0/0. Les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 539, sur lesquelles 280 ont été admises, soit 51.9 0/0. La moyenne des admissions, par rapport aux candidats, étant pour toute la France de 49.9 0/0 pour les aspirants, et de 62.2 0/0 pour les aspirantes, le département de la Haute-Loire se trouve encore sous ce rapport dans une situation d'infériorité assez marquée vis-à-vis des autres départements. .

Détail curieux à noter et contraire à tous les précédents, ce sont les laïques-hommes qui étaient le moins bien préparés : sur 138 aspirants laïques, 62 seulement ont réussi aux examens, soit U.9 0/0, tandis que sur 268 aspirants congréganistes 135 ont réussi, soit 50.4 0/0.

Pour les aspirantes, ce sont les laïques qui ont éprouvé le moins d'échecs, quoiqu'elles soient restées au-dessous de la moyenne générale; 122 ont passé sur 214, soit 57 U/0, tandis que les congréganistes n'ont obtenu que 158 brevets pour .325 aspirantes, soit 48.6 0/0.

Les résultats connus des examens de 1882 (sessions d'avril et juillet) sont encore moins satisfaisants. La moyenne des admissions, pour les aspirants, n'est plus que de 20 0/0, et pour les aspirantes de 38 0/0.

Ecoles maternelles. — - Le département de la Haute-Loire ne comptait encore aucune école maternelle (salle d'asile) en 1837.

En 1850 on en trouve une; en 1863, 37; en 1867, 38; et 48 en 1876-1877. Le nombre des élèves reçus dans les écoles maternelles était de ?50 en 1850; de 3000 en 1863; de 3324 en 1867 et de 2585 en 1876-1877. En 1881-1882, le département possédait 53 salles d'asile, dont 23 publiques et 30 libres, toutes congréganistes. Ces 55 établissements avaient reçu 4318 élèves répartis comme suit :

SaUci d'asUe pubUques. [ Fm?s?!*. î ^32 ) * ^**

Garçons Filles...

Les enfants de six ans et au-dessus, c'est-à" dire d'âge scolaire, figuraient dans ce nombre pour 395.

« L'enseignement des écoles maternelles, dit le rapport d'inspection académique, est encore dans une période de transition et varie beaucoup avec l'aptitude des maîtresses.

» Quant à l'installation matérielle, je ne ferai que répéter ce que j'ai déjà dit pour les écoles piimaires, et constater le peu d'empressement que mettent les communes à développer une œuvre si utile et si bienfaisante. Il existe certainement dans la Haute-Loire plus de cinquante communes où l'agglomération de la population justifierait la création d'une école maternelle ou enfantine...

» Presque aucune de ces écoles n'est installée dans des conditions absolument satisfaisantes. Même au Puy, les salles d'exercices sont à peine suffisantes; le matériel est passable, mais les cours et les préaux n'occupent qu'une surface dérisoire. Cette observation pourrait s'appliquer également à près de la moitié des écoles maternelles situées dans les communes rurales. »

Cour.f d'adultes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863 :

Nombre des cours

Nombre des auditeurs

Hommes Femmes Hommes Femmes

Ik

Pendant l'hiver 1881-1882, 153 cours d'adulte» ont été ouverts, dont 137 aux hommes et 16 aux femmes; ils ont été suivis par 3295 auditeurs, dont 3004 hommes et 291 femmes. Il y a donc eu augmentation sur l'année précédente, mais celle des élèves n'est pas en rapport av 'c celle des cours. « Cela tient , dit le rapport d'inspection académique, à l'éloignement des hameaux et au mauvais état des chemins pendant la saison d'hiver. Il n'y a guère que les adultes du village où est établie l'école qui puissent en profiter. D'un autre côté, les instituteurs ne recevant qu'une rémunération insignifiante pour ce travail supplémentaire, n'y apportent pas tout le zèle désirable, et la fréquentation s'en ressent... » L'inspecteur d'acndémie espère que l'arrêté ministériel du 4 avril 1882 rendra aux cours d'adultes leur vitalité, et qu'ils donneront à l'avenir de meilleurs résultats.

Bibliothèques scolaires. — Le département de la Haute-Loire possédait, en 1863, 58 bibliothèques scolaires contenant ensemble 3963 volumes. Au pr janvier 1882 on trouvait dans le mémo département 16G bibliothèques, avec 9136 livres de lecture, plus 5063 livres scolaires pour les besoins des élèves. « C'est encore bien peu, dit le rapport d'inspection académique, si l'on songe qu'à la même date il y avait 461 écoles publiques...

» Le ministère de l'instruction publique a accordé, pendant cet exercice, 61 concessions, 2 dans la circonscription du Puy, 8 dans celle de Brioude, 24 dans celle d'Yssingeaux et 27 dans celle du Monastier.

» Quelques conseils municipaux ont eu l'heureuse pensée d'inscrire à leur budget une petite somme pour des acquisitions de livres: 489 fr. en 1881, auxquels il faut ajouter 286 francs 60 cent, provenant de dons faits par des particuliers...

» Le nombre des prêts, qui avait été de 6658 en 1880, a été de 8385. C'est là une amélioration sérieuse, mais qui n'est pas encore suffisante. Le goût de la lecture est bien peu développé parmi nos populations. Cela tient à ce que la leçon de lecture n'est pas toujours faite, dans nos classes, de manière à provoquer, chez les enfants, le désir de lire en dehors de l'école... L'installation matérielle des bibliothèques laissait aussi, jusqu'à présent, beaucoup à désirer... A l'avenir les devis d'écoles nouvelles ne seront approuvés qu'à la condition d'affecter un crédit à l'acquisiiioft d'une armoire-bibliothèque... »

Bibliothèques pédagogiques. — Le département de la Haute-Loire en possède actuellement 28, une par canton. Le nombre de volumes est aujourd'hui de plus de 70u0; il ne s'élevait qu'à 6334 au 31 décembre 1881.

« Les maîtres et les maîtresses, dit le rapport d'inspection académique, ont compris combien il leur importe d'étendre etd'afi'ermir leurs connaissances, et n'ont pas reculé devant des sacrifices personnels pour enrichir le fonds de ces bibliothèques j>

Conférences pédagogiques, — « Ces conférences, peu goûtées au début, sont aujourd'hui régulièrement suivies; les instituteurs libres eux-mêmes y assistent avec empressement. On peut déjà constater dans la préparation des sujets une amélioration très sensible. Tandis que dans le principe on avait une très grande peine à décider un instituteur à exposer ses vues personnelles sur telle ou telle question , et que l'inspecteur primaire en était réduit à garder la parole constamment, on voit aujour d'hui nos maîtres s'oflVir volontiers à lire leurs mémoires, à discuter les opinions émises, et provoquer des résolutions. Los questions de discipline, do pédagogie, de méthode, d'orgunisation des classes, sont ainsi successivement traitées au profit de tous, et nous pouvons affirmer que ces

«onférences contribueront pour une grande part à transformer le personnel enseignant, et à le rendre plus capable de remplir la mission, toujours difficile et souvent ingrate, qui lui est confiée. »

Musées scolaires. — « Dans les conférences pédagogiques, les instituteurs ont à l'unanimité reconnu l'utilité de ces collections qui sont l'instrument indispensable des leçons de choses. Ils savent maintenant qu'on ne leur demande que des objets peu coûteux : les produits du sol et de l'industrie du pays, les instruments de culture, des écliantillons de pierres, des principales essences de bois, voilà ce qui doit faire le fond de tout musée scolaire. Les instituteurs l'ont compris ; aussi le nombre de ces musées, qui n'existaient que dans une vingtaine d'écoles, s'élève-t-il aujourd'hui à près de cent, et l'on peut espérer <iu'avant la fin de Tannée tous les instituteurs se seront mis à l'œuvre. »

Caisses d'épargne scolaires. — L'institution des -caisses d'épargne scolaires s'est implantée dans la Haute-Loire en 1876. Au 1" janvier |879, 32 écoles avaient ouvert une caisse d'épargne, et 384 élèves •épargnants, sur lesquels 366 avaient le livret de la grande caisse d'épargne, avaient effectué des versements s'élevant à 4143 francs. On retrouve cette institution, au l^r janvier 1882, dans la situation suivante : 97 écoles ayant une caisse -ouverte, 1134 élèves épargnants, versements effectués : 14 905 francs. Comme on le voit, l'œuvre n'a pas pris de bien grands développements pen- ■dant ces cinq ans. Les raisons que donne le rapport d'inspection académique sont certainement très justes : v« L'œuvre des caisses d'épargne scolaires ne semble pas avoir été bien comprise dans ce département ; aussi a-t-elle beaucoup de peine à s'acclimater, et les résultats en sont-ils peu satisfaisants. Il semble aussi que les instituteurs ne se soient chargés qu'à contrfe-cœur d'une ijjuestion qui, grâce aux difficultés multiples du versement dans les caisses d'épargne publiques, ne laissait pas de leur prendre un temps considérable. En cfiTet, elle imposait à nos maîtres une comptabilité et des courses qui étaient loin d'être favorables à la tenue régulière des classes. Il faut espérer que la loi sur les caisses d'épargne postales, en faisant disparaître de trop nombreuses formalités, donnera une nouvelle impulsion au •développement des caisses d'épargne scolaires. »

Caisses des écoles. — Cette institution, autorisée seulement par la loi du 10 avril 1867, n'existait pas dans la Haute-Loire au moment où la loi du 28 mars 1882 l'a rendue obligatoire. La promesse faite par l'Etat de verser autant que les communes, jusqu'à concurrence d'une somme de 30O francs, va certainement donner à l'institution de la caisse des écoles un développement en rapiport avec les services qu'elle est appelée à rendre surtout dans les pays pauvres.

Société de secours mutuels. — Le département de la Haute-Loire ne possède pas encore de société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices. « Le 16 août 1880, dit le rapport d'inspection académique, les instituteurs de la -Haute-Loire, réunis en congrès pédagogique, sous la présidence de l'inspecteur d'académie, ont décidé la création d'une société de secours mutuels. Les statuts élaborés par la commission nommée à cet effet ont été approuvés le 12 novembre par le préfet, et le bureau d'administration a été constitué. Malheureusement, tout s'est borné à des votes platoniques, et rien n'a été fait pour assurer le fonctionnement de cette sociJté aussitôt morte que née. L'autorité académique se propose de faire une nouvelle tentative à la rentrée €t de rallier les indifférents à une œuvre des plus utiles et des plus moralisatrices. Puissent jses efforts être couronnés de succès 1 »

Bulletin scolaire. — A ses débuts, le Bulletin scolaire du déparlement de la Haute-Loire était une publication bi-mensuelle, petit in 8°, adressée i gratuitement à toutes les écoles publiques et recevant à cet effet du Conseil général une subvention annuelle de 400 francs. On n'a pas tardé à reconnaître que pour remplir son but cette publication devait paraître tous les mois, de façon à tenir les maîtres et maîtresses des écoles publiques au courant des lois, décrets, arrêtés et circulaires ministériels ainsi que de tous les documents émanant des autorités scolaires et administratives du département qui peuvent intéresser le service de l'enseiment primaire. Mais on a doublé la périodicité du Bulletin scolaire et augmenté son tirage en raison de l'accroissement des écoles publiques, sans augmenter le crédit qui lui était alloué. Aussi « la publication du bulletin départemental a dû être suspendue en 188i dès le mois d'août,» et l'inspecteur d'académie prévoyait qu'il en serait de môme en 1882, « malgré le soin que l'on apporte à n'insérer que des communications indispensables. » Il conclut que publié dans ces conditions, le bulletin scolaire ne remplit pas son but et « si le Conseil général, ajoute^t-il, ne nous vient pas en aide, nous serons obligé de suspendre le service gratuit du ^w//e<m et de demander à tous nos fonctionnaires une petite cotisation destinée à assurer et à étendre cette publication si utile. »

Résultats de l'instruction. — Les tableaux cidessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :

CONSCRIT

Combien pour 100.

RANG du

DBPABTE- MENT.

Examinés

Sachant

au moins

lire.

1846-bU

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits en France était de 44.8 0/0; dans la Haute-Loire cette moyenne était de 31.3 0/0, soit 13.5 0/0 au-dessous de la moyenne générale. L.i classe de 1880, en portant l'instruction des conscrits dans la Haute-Loire à 80.9 0/0, atteint ainsi un progrès total de 49.6 0/0 pour la période de cinquante et une années qui sest écoulée de 1829 à 1880, soit un progrès annuel de 0.97 0/0, tandis que le progrès n'a été, pour toute la France, pendant la même période, que de 0.85 0/0 par an. Ce résultat pourrait être considéré comme satisfaisant dans un département où l'instruction primaire est encore si incomplètement organisée, si l'on n'était obligé de se dire que savoir au moins lire, qui est si peu de chose, représente certainement le maximum d'instruction des élèves sortant des écoles de béates.

Les opérations du conseil de révision pour la classe de 1881 ont porté sur 2575 conscrits, dont 20G1 ont déclaré savoir au moins lire, soit 80 0/0. Il semblerait toutefois que ces résultats ne soient pas définitivement acquis. Le progrès n'est pas

— lGo9 —

constant et définitif comme dans les autres départements. Ainsi de 40 0/0 en 1841-1843 on monte tout d'un coup à .'.3 0/0 en I84G-18r»0 pour retomber brusquement à 40 0/0 en ISôl-ISôô et y rester dix ans. On pasge ensuite sans transition de 02 0/0 en 180(;-18(;8 à 7U.5 0/0 en I87I-1875, et deux ans plus tard on est redescendu à 77 0/0. Enfin si l'on veut connaître la situation par arrondissement, tout en constatant que c'est celui d'Yssingeaux qui est le plus arriéré, on retrouve encore les mêmes à coup, ainsi que le prouve le relevé suivant fait pour ces deux dernières années :

CoQScrils tachant au moins lire.

Arrondissement du Puy ,

— de Brioude...,

— d'Yssingeaux . ,

89,SO/o 81,5 0/0 68,2 0/0

De ces observations le lecteur tirera lui-même les conclusions.

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Années ï 854-55...

Hommes

Hommes et Femmes 54,5 57,7 61,6 66,2 73,1 77,1 75,5

Budget de l'instruction primaire. — Le budget des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire dans la Haute-Loire s'est élevé de 155 738 fr. en 1855 à 480 410 francs en 1881.

En 1863 les dépenses ordinaires atteignaient 216 820 francs, ce qui représentait, pour les 16 290 élèves inscrits à cette époque dans les écoles publiques, 13'^3I par tête. La môme dépense pour loute la France était alors de 9''",47 par élève. Non que l'on s'imposât, dans la Haute-Loire des sacrifices plus grands qu'ailleurs, mais ses écoles étaient moins fréquentées ou trop disséminées. On sait, en effet, que les quinze seizièmes environ des dépenses ordinaires (77 millions sur 82) sont absorbés par les traitements des maîtres. Or dans la Haute-Loire il y avait en 1863 un maître pour 38 élèves des écoles publiques, tandis que la moyenne générale à la même date étaitde un maître pour 48 élèves.

Sur les 13 ''.31 que coûtait alors chaque élève des écoles publiques, la rétribution scolaire fournissait 4'',12; les dépenses communales proprement dites, 4",05; le budget départemental, 0'',76, et la subvention de l'Etat, 4'%38. Pour toute la France la moyenne de la subvention de l'Etat par tête d'élève était à la même date de 0",75.

La loi du 10 avril 1867, en rendant obligatoire la création et l'entretien d'une école publique de filles dans toutes les communes de 500 habitants et au-dessus, a eu pour premier résultat d'augmenter dans des proportions considérables les dépenses ordinaires de l'enseignement primaire, qui sont montées de 33 800000 francs en 1867 à 48 900 000 francs en 1808.

Les finances de la Haute-Loire n'ont nullement été entamées par ce mouvement, par la raison toute simple qu'on ne s'est pas conformé à la loi du 10 avril 1867, et que, comme nous l'a/ons vu au commencement de cet article, sur 202 communes de plus de f)00 habitants, il n'y en a encore actuellement que 44 qui soient pourvues d'une école publique de filles. Aussi on retrouve les dépenses ordinaires, qui étaient de 225 000 francs en 1807, à 196000 francs en 1808.

En 1876, la situation s'était modifiée en ce qui

concerne la comparaison avec les autres départements. Le prix de revient de chaque élève des écoles publiques pour toute la France était monté à I8f',83, sur lesquels la subvention de l'Eiat fournissait 2''.75; tandis que pour la Haute-Loire le prix de revient par élève s'était arrêté à l6'',58 malgré une subvention de l'Etat de o'',50, soit le tiers de la dépense. H n'y avait plus alors qu'un maître pour 45 élèves, au lieu de un maître pour 38 élèves, en 1863.

En 1881, les dépenses ordinaires des écoles primaires dans la Haute-Loire s'élèvent, comme nous l'avons dit, à 480 410 francs, ce qui représente, pour les 28 373 élèves des écoles publiques, une dépense moyenne de 10'',93 par tête, supportée comme suit : par les ressources communnies et la rétribution scolaire (qui va disparaître), 5'r,70; par le budget départemental, 1",63; par la subvention de l'Etat, 9'',60, soit 56.7 0/0 du total des dépenses ordinaires.

En 1863, les dépenses ordinaires (communales et départementales réunies) des écoles primaires publiques représentaient pour toute la France un impôt moyen de l'S45 par habitant; pour la Haute-Loire cet impôt moyen aurait atteint 0*',47.

En 1876, les mêmes dépenses auraient donné un impôt moyen de 0'',7o par habitant dans la Haute-Loire, tandis que cet impôt aurait atteint pour toute la France 1",61.

En 1881 les dépenses ordinaires, communales et départementales réunies, s'élèvent à 208 088 fr. La population de la Haute-Loire, d'après le recensement de 1881, est de 316461 habitants. L'impôt moyen par habitant ressort donc à 66 centimes, soit 10 centimes de moins qu'en 1870. H convient d'ajouter que sur le budget de 1882, les 33 513 fr. de ressources communales représentés par la rétribution scolaire devront être fournis par la subvention de l'Etat, conformément à la loi du 16 juin 1881.

Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire de 1855 à 1881 inclusivement :

iLES aire

RÉTRIBU-

SUBVENTIONS

TION

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département

LOIRE-INFÉRIEURE — i660

LOIRE-INFÉRIEURE

LOlRE-l>FKiUli:iIi\F. (Département de la). — Superficie : 08"5 kilom. carrés. Population en I87(): 612 972 liabitants au lieu de 598 598 en 18G6. Densité moyenne de la population par kilomètre carré: 89 habitants, soit 19 au-dessus de la moyenne générale de la densité en France, qui est de 70 habitants par kilom. carrés. Cinq arrondissements, formant six circonscriptions d'inspection primaire; 45 cantons; 217 communes dont 216 de 500 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département de la Loire-Inférieure est réparti comme suit :

CIRCONSCRIPTIONS

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