‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 86 sur 573 · Etat de l'instruction primaire avant · texte numérisé non relu

Etat de l'instruction primaire avant

— V. Bretagne.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Nombre des écoles.

— Le tableau ci-dessous indique le nombre des écoles primaires à partir de la Restauration, le premier régime qui ait laissé une statistique officielle de l'enseignement primaire, jusqu'à nos jours :

1821 d'après l'almanach de l'université royale

1 829 d'après la statistique office'» . . 1834 — ..

On remarquera que la statistique de 1876-1877 donne beaucoup plus d'écoles publiques que n'en relève celle de 1880-1881. C'est le résultat d'une erreur de classement imputable à la première de ces statistiques, erreur que l'on a redressée dès l'année suivante en faisant rentrer dans la catégorie des écoles libres un certain nombre d'écoles libres qui, autorisées par le Conseil départemental à tenir lieu d'écoles publiques, avaient été indûment comprises dans la caté-

coles )liques

Écoles Jibrei

Total

gorie des écoles publiques proprement dites. Un autre sujet d'étonnement est la diminution du nombre des écoles publiques pendant les années suivantes. L'autorité académique consultée en 1880 à ce sujet a répondu : « La ville de Nantes a été autorisée, par décision ministérielle du l*r septembre 1879, à n'entretenir que 12 écoles publiques de garçons. Par suite de cette décision, 7 écoles publiques congréganistes sont redevenues écoles libres à partir du 1*"^ janvier 1880. D'autre part une nouvelle école publique de filles a été ouverte le 1*' octobre 1879 à Nantes : différence en moins, 6 écoles publiques. » Il y avait eu d'autres créations, puisque la différence totale en moins n'était que de 3; mais ce mouvement de création, malgré des besoins réels, est moins prononcé dans la Loire-Inférieure que dans beaucoup d'autres départements.

« La loi du 28 mars 1882, dit l'inspecteur d'académie, qui a établi l'obligation de l'instruction primaire, doit avoir pour corollaire l'augmentation du nombre des écoles afin de permettre aux enfants de se rendre à la classe sans excès de fatigue; aussi le gouvernement s'est-il préoccupé de cette nécessité. Pour le département de la Loire-Inférieure le nombre des écoles de section à ouvrir serait d'environ 55, et presque nulle part les communes ne seraient en état d'y suffire. Il y a donc lieu d'attendre du temps la réalisation de cet utile projet. Heureusement la configuration du sol, qui est peu accidentée, et la situation générale de la viabilité atténuent dans une mesure appréciable les effets de la distance. »

Cependant si le nombre d'écoles n'a pas augmenté et s'il a même diminué, celles qui existent actuellement sont mieux tenues. Les 516 écoles données comme publiques en 1876-1877 n'avaient ensemble que 711 classes; les 428 écoles publiques relevées par la statistique de 1881-1882 en contiennent 809. Cette augmentation de personnel peut être considérée comme une amélioration considérable apportée à la situation des maîtres et aussi à celle des élèves. Néanmoins il reste encore sous ce rapport énormément à faire, ainsi qu'on peut le voir par le tableau ci-dessous, relevé dans les états de situation des écoles publiques pour l'année scolaire 1881-1882 :

Classes de 50 élèves et au-dessous... 238, soit 32.90/0

— — de 60 — 122, — 15.50/0

— — de 70 — 118, — 15.»0/0

— — de 80 — 86, — il.»0/O

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont respectivement: 55.2 0/0; 18.9 0/0; 12.3 0/0; 7.2 0/0 et 6.6 0/0.

En 1837, sur un total de 452 écoles, on comptait 197 écoles de garçons, 73 écoles mixtes et 182 écoles de filles; en 1876-1877, les 661 écoles se décomposaient en 285 écoles de garçons, 20 écoles mixtes et 356 écoles de filles.

En 1881-1882, les chifl'res sont : écoles spéciales aux garçons, 292 ; écoles spéciales aux filles, 362 ; écoles mixtes 16.

Situation scolaire des communes. — Les 217 communes de la Loire-inférieure sont pourvues d'une école publique de garçons, de filles, ou mixte; mais sur les 216 communes de 500 habitants et au-dessous, 141 seulement possédaient en 1882 une école publique de filles. Il en restait donc 75 qui ne s'étaient pas encore conformées à l'article 1" de la loi du 10 avril 1867, savoir: dans la l'« circonscription de Nantes, 7 ; dans la 2*, 25; dans la circonscription d'Ancenis, 9; dans la cir conscription de Chateaubriant, 8 ; dans celle de Paimbœuf, 11 ; et dans celle de Saint-Nazaire, 15. Il convient de dire que 73 des communes de plus de 500 habitants, sur 75, avaient une école U-

LOIRK-INFÉRIEURE

ICGl — LOIRE-INFÉRIEURE

bre de filles tenant lieu d'école publique, et qu'une commune de moins de 500 habitants, la seule du département, possède une école publique de filles.

La situation n'en restait pas moins fort irrégulière et devait appeler l'attention de l'inspecteur d'académie, qui s'exprime ainsi dans son rapport au Conseil général (session d'août 1882) : « 75 communes, c'est-à-dire plus d un tiers des communes du département, n'avaient pas déféré aux prescriptions si formelles de la loi de 1867 ; il y était suppléé à l'entretien d'une école publique de filles par l'admission gratuite des élèves pauvres dans une école libre, en vertu de la dispense accordée par le Conseil départemental (loi du 15 mars 1850). Cette dispense d'entretenir une ^cole publique n'est jamais que temporaire et peut toujours ôtre retirée. L'administration avait infructueusement insisté pour qu'à un état exceptionnel et tout provisoire il fût substitué une situation légale et désormais permanente par la création d'une école publique de filles, installée dans un local communal...

» La loi sur la gratuité de l'enseignement primaire, qui faisait disparaître la distin( tion entre les élèves gratuites et les élèves payantes, rendit plus nécessaire encore l'observation de la loi de 1867 ; il ne s'agissait plus seulement de procurer à un certain nombre d'enfants le bénrfice de la gratuité; toutes y ayant droit, il fallait que toutes pussent se trouver dans les mêmes conditions et recevoir, dan» les mêmes proportions, l'enseignement de toutes les matières obligatoires du programme. L'objection tirée de la pénurie des finances communales disparaissait de son côté, les contribuables se trouvant sensiblement déchargés par la suppression de la rétribution scolaire...

» Par suite, le maintien de la dispense n'avait plus sa raison d'être et, dans sa séance du 14 mars 1882, le Conseil départemental mit fin à toutes ces exceptions. Invitées à remplir les obligations de la loi, les communes ont paru d'abord décidées à n'en tenir aucun compte; mais peu à peu, mieux éclairées bur leurs vrais intérêts, considérant qu'il faudra toujours de gré ou autrement obéir à une loi d'une si grande importance, et qu'il valait mieux s'y résoudre pendant que la caisse des écoles leur allouait des subventions qui pourraient faire défaut plus tard, plusieurs conseils municipaux ont voté la création eflfective d'une école publique de filles. A Châteaubriant a été ouverte une école laïque, au Parlet une école congréganiste; des constructions sont entreprises sur plusieurs points, et d'autres sont décidées avec présentation de dossiers en règle...

D Dans la plupart de ces communes, une convention conclue entre la municipalité et l'institutrice libre procure à toutes les jeunes filles les avantages de la gratuité absolue par l'allocation, sur les fonds de l'Etat, d'une indemnité à la directrice et, s'il y a lieu, à l'adjointe de l'école libre, qui r* çoit tous les enfants pendant la durée des travaux de construction de l'école publique. »

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles talques Écolei congréganistes

de garçons ou mixtes

2ol

1" Partie.

de fiUei

de garçons ou mixtes

de ûiles

Total

Les 235 écoles laïques de garçons ou mixtes, se divisent en 221 écoles publiques et 15 libres; les 73 écoles congréyaniates de garçons ou mixtes se divisent en 45 écoles publiquer et 28 libres. On voit par ces chiffres que les congréganistes ont encore une minorité considérable dans les écoles publiques do garçons ou miites : 45 contre 2^1, soit environ 20,4 0/0. Les i29 écoles laïques de filles se divisent en 65 écoles publiques et 6i écoles libres. Les 233 écoles congréganistes de filles se divisent en 93 écoles publiques et 140 écoles libres. De ce côté la majorité appartient aux congréganistes aussi bien dans l'enseignement public que dans l'enseignement libre.

Voici le résumé exact de la situation respective des laïques et des congréganistes tant au polot de vue des écoles qu'ils dirigent qu'au point de vue des élèves que ces écoles reçoivent :

Écoles

Élèi

Garçon» I Laïques.. 235 = 76.3 0/0 28 086 = 68.4 0/0 ou mixtes.! Congrég. 73 = 23.70/0 12 948 = 31.6 0/0

5 Laïques.. 129 = 35.6 0/0 '^"^®' ) Cougiég. 233 = 64.4 0/0

Nombre total d'élèves^ et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature:

Total des élèves

Élèves gratuits

1832 (année civile)...

Manque

1876-77 (année scolaire

Manque.

Gratuité.

Pour la gratuité il y avait lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Les élèves admis gratuitement dans ces dernières étaient en 1881, si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que l'autorité scolaire n'a pas à contrôler, au nombre de UU16 sur 23 552, soit 4.21 0/0.

Dans les écoles publiques le mouvement de la gratuité est loin d'être régulier. En 1833, elle était appliquée à 46.8 0/0 des élèves et à 56.8 t/0 eu 1837. 11 e^t vrai qu'il n'y avait à cette dernière époque que 5878 élèves garçons dans les écoles publiques. Les filles n'avaient pas été comptées. i£u 1863, la statistique accuse a0 445 élèves dans les écoles publiques, sur lesquels 28.2 0/u seulement sont admis gratuitement. En 1867, la gratuité s'applique à aO.8 0/0 des élèves des écoles publiques; à 42.1 0/0 en 1872, et à 50.3 0/0 en 1»76-I878. En 1881. au moment de la promulgation de la loi du 16 juin qui a établi la giatijité absolue, le nombre des élèves gratuits dans les écoles publiques était de 24583 sur 46143, soit 53.2 0/0. C'est donc près de la moitié des élèves des écoles publiques de la Loire-Inférieure qui sont ajoutés à la charge du budget des dépeiibcs ordinaires de l'enseignement primaire.

Les 78 6Ô2 élèves du département peuvent se déconiposor : en 53367 élèves des écoles publiques et 25 285 élèves des écoles libres; en 40o^^ garçons et 38 2<i3 filles ; en 37 580 élèves des écoles laïques et 41072 élèves des écoles congréganistes; en 77 083 élèves des écoles spéciales à l'un ou à 1 autre sexe, et 1569 élèves des écoles niixtes. La proportion de ces derniers pour les écoles publiques est, par rapport au total dos élèves, de l.U 0/0, soit exactement 14.9 Ojii audcs^jous de la moyenne générale qui est de 16.8 U/0.

LOIRE-INFÉRIEURE

LOIRE-INFÉRIEURE

('/est le seul département qui ait si peu d'écoles niixtes.

Les élèves d'âge scolaire (6 à 13 ans) figurent dans ce nombre de 78 652 pour 68 871. D'après io recensement de 1881, le nombre des enfants (le cet âge pour le département de la Loire-Infélieure est de 80866, d'où il résulterait que 11995 enfants d'âge scolaire ne fréquentent pas les écoles primaires. Il convient toutefois de retrancher (le ce nombre 947 enfants de 6 ans et au-dessus inscrits dans les écoles maternelles, et ceux qui reçoivent l'instruction dans un établissement secondaire quelconque (492). En admettant que ([uelques centaines d'enfants reçoivent l'instruction dans leurs familles, il n'en resterait pas moins le chiffre énorme de 10 000 enfants de 6 il 13 ans privés de toute instruction dans le dél)artément de la Loire-Inférieure.

D'après le rapport d'inspection académique au Conseil général (session d'août 1882), la situation serait encore plus mauvaise : « Le recensement de 1881 a accusé un chiffre de 80456 enfants de 6 à 13 ans, dont 41663 garçons et 38 793 filles. (Le chiffre donné ici par l'inspecteur est légèrement trop faible : le chiffre officiel définitif, on l'a vu, est de 80 866 enfants).

» D'autre part, il a été relevé sur les registres scolaires un effectif inscrit de 60 720 enfants, aussi de 6 à 13 ans; d'où un écart de 19 736. En 1880, cet écart avait été de 22044; il y aurait progrès sensible, bien qu'il paraisse pénible de reconnaître que 19736 enfants auraient été privés d'instruction. Même en ajoutant, aux 60 720 enfants des écoles, ceux que les familles aisées élèvent chez elles ou qu'elles confient aux établissement secondaires, et dont nous ne pouvons évaluer exactement le nombre ; même en faisant la part des erreurs possibles du recensement, erreurs qui seraient beaucoup moins vraisemblables dans l'inscription nominative sur les registres matricules des instituteurs, il resterait bien des milliers d'enfants qui, au cours de l'année, auraient été dénués de tout moyen d'instruction. Mais, encore une fois, je dois faire toutes réserves au sujet de ce chiffre de 19 736 enfants; il y a sans doute une faible erreur dans les relevés du recensement. Il est de notoriété que le nombre des enfants qui, dans chaque commune, sont absolument privés de l'école est assez faible, et ne constituent réellement qu'une exception. »

Personnel enseignant. — Les instituteurs laïques ont la majorité dans l'enseignement public ; dans l'enseignement libre, qui compte un effectif de 193 membres, les instituteurs laïques sont au nombre de 70 seulement. Les institutrices laïques sont en minorité dans l'enseignement public et dans l'enseignement libre.

Nombre d'instituteurs et d'îjistitutriceSy y compris les adjoints et les adjointes :

Instituteurs

1ns

titutrices

la'iques

congrégan.

laïques

congrégan.

Pour 1882, les nombres se subdivisent comme suit : les 427 instituteurs laïques en 357 publics ft 70 libres; les 2^2 instituteurs congrcganistes en 109 publics et 123 libres; les 256 institutrices laïques en 130 publiques et 126 libres; les 685

institutrices congréganistes en 249 publiques et 436 libres.

Dans le personnel laïque des écoles publiques, il n'existe que 34 instituteurs adjoints et 6 institutrices adjointes non brevetés. Dans le personnel congréganiste on trouve encore 45 instituteurs adjoints et 151 institutrices, dont 53 titulaires et 98 adjointes, qui n'ont pas de brevet. La proportion des non brevetés est de 8.2 0/0 chez les laïques des écoles publiques et de 55 0/0 chez les congréganistes.

Dans le personnel laïque des écoles libres, sur 196 membres dont 70 instituteurs et 126 institutrices, on trouve 35 instituteurs (1 titulaire et 34 adjoints) et 27 institutrices (1 titulaire et 20^ adjointes) non brevetés, soit 31.6 O/o. Dans le personnel congréganiste des écoles libres, qui compte 559 membres dont 123 instituteurs et 436 institutrices, il existe encore 38 instituteurs adjoints et 271 institutrices (98 titulaires et 173 adjointes) non brevetés, soit 55.3 0/0.

On voit par la comparaison de ces moyennes que le personnel enseignant laïque, soit public^ soit libre, laisse encore beaucoup à désirer dans le département de la Loire-Inféricura sous le rapport des titres de capacité, et que le personnel enseignant congréganiste libre et public est dansune situation d'infériorité qui exige une application énergique de la loi du 16 juin 1881.

« Si la proportion des instituteurs peu ardents h atteindre le progrès et médiocrement doués d'un© sérieuse aptitude est encore trop considérable,, dit le rapport d'inspection académique, des effort» vers le mieux ont été faits; on a recherché le& meilleures méthodes consacrées par l'expérience,, la pédagogie a été plus étudiée et des résultats appréciables ont été obtenus; dans beaucoup d'écoles de filles, notamment, tant laïques que congréganistes, ces efforts ont été constatés. Maîtres et maîtresses ont montré plus de déférence que jamais aux conseils de MM. les;

inspecteurs prin.aires Malgré la modicité

des ressources des familles, bon nombre d'institutrices ont réussi à obtenir de la bonn« volonté des parents une assez prompte amélioration en fait de livres classiques. Les relations' n'ont pas cessé d'être faci-les entre l'administration et les administrés de tout ordre, qui nous donnent fréquemment des preuves de confiance. Quelques défaillances, et il est inévitable qu'il s'en produise dans un corps aussi nombreux, ont été relevées, mais presque toujours un avis » suffi pour ranimer le zèle trop chancelant, et nous n'avons eu que très rarement l'occasion de recourir aux peines disciplinaires.

» Quant à la conduite des instituteurs, je suis heureux d'avoir à le dire, elle a été excellente ; de rares plaintes ont été formulées et le plus souvent elles ont été reconnues exagérées par des inimitiés locales... »

Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 423 maisons d'école que comptait le département en 1882,326appartenaientauxcommunes,32étaient prêtées, 65 louées. Le prix de location de ces dernières s'élevait à 14 704 francs. 71 des maisons appartenant aux communes étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelconque. <« Ce qui peut malaisément être ajourné plus longtemps, dit le rapport d'inspection académique, c'est l'amélioration du matériel scolaire et des locaux dans un certain nombre de communes ;tantùt lajmaison seule est défectueuse, délabrée ou trop exiguë; ailleurs, c'est l'outillage, mobilier des élèves ou maiéiiel d'enseignement; il est aussi des écoles où tout réclame une très prompte réfection. L'intérêt de la santé des élèves autant que celui de leur instruction exige des travaux immédiats. iNos eflort3 pour amener

LOIRE-INFÉRIEURE — 'ïCCIi — LOIRE-INFÉRIEURE

1p3 communes à remédier elles-mômes au mal qu'elles ne sauraient contester no sont pas toujours sans résultats; et les demandes adressées à l'Etat ou au département eu vue de réparations aux maisons d'école ou d'acquisitions de mobilier ont été assez nombreuses cette année. Nous devons compter sur l'influence de ces exemples. Peut-être, cependant, l'administration se trouverat-ellc contrainte de faire application de l'art. 9 du décret du 7 octobre 1850, si les instances qu'elle ne cesse de renouveler auprès de quelques communes trop indifférentes n'obtiennent pas des résultats à bref délai. »

Les subventions accordées par l'Etat à diverses communes de la Loire-Inférieure pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire se sont élevées aux chiflTres ci-dessous, dans les cinq années de 1877 à 1881:

Nombre

Subventions

des écoles.

de l'Elat.

172 800 fr

Totaux.

Subventions allouées i 1882..

par décrets spéciaux . 1 1883..

Total.

1 077 790 fr.

1 355 390 fr.

Outre l'amélioration des locaux et des mobiliers existants, ces dépenses ont eu pour résultat les créations suivantes:

Écoles

Emplois

Totaux

Enseignement. Méthodes et résultats. — Nous empruntons à ce sujet, au rapport de l'inspecteur d'académie, les passages suivants : « ... La leçon du livre remplace encore dans un trop grand nombre de classes la leçon orale; beaucoup de nos maîtres et de nos maîtresses n'osent pas parler d'abondance, causer avec simplicité ; leur enseignement reste dogmatique, par conséquent froid, et produit moins de résultats qu'on ne devrait l'attendre de leurs eiîorts... Cependant la lecture expressive tend de plus en plus à remplacer la psalmodie monotone et inintelligible; on fait moins de ces fastidieuses et longues analyses grammaticales et de ces conjugaisons de verbes qui remplissaient une grande partie des cahiers ; les élèves sont mieux exercés à la rédaction française sur des sujets usuels; les résultats sont encore bien modestes, il est vrai, mais c'est là un exercice qui demande une préparation première habilement graduée ; chaque année le progrès s'accentuera davantage. On s'applique un peu plus à l'étude méthodique de la géographie par le tracé des cartes, non pas de ces grandes cartes laborieusement dessinées et lavées, qui flattent les parents, sans doute, mais qui tiennent plus de la calligraphie et du dessin que de la géographie : on s'essaie au croquis sur le cahier et sur le tableau noir.

» L'histoire reste malheureusement en retard ; le texte du livre à apprendre par cœur est trop généralement la seule leçon qui soit donnée; quelques maîtres et quelques maîtresses s'exeiceut à

conter simplement, mais c'est une exception encore bien rare. L'arithmétique est la partie du programni'! la mieux cultivée, l'utilité immédiate en est plus facilement appréciée.

» Si la loi du 28 mars 188? a nvé ['instruction religieuse du programme des matières obligatoires et a réservé à ces seules matières les 6 heures de la classe pendant cinq jours de la semaine, rien dans la loi n'interdit aux maîires de faire réciter, cohame par le passé, la leçon de catéchisme, à la condition que cette récitation se fasse en dehors du temps ainsi réservé; à raison de 12 heures par jour où l'on peut se consacrer à un travail utile, la semaine se compose de 8i heures sur lesquelles le programme obligatoire n'en revendique que 30 ; il en reste donc 5'», près du double, où toute facilité est laissée au clergé et aussi à l'instituteur, s'il tient à se rendre utile et agréable aux familles, pour faire réciter des leçons de catéchisme. Le respoct le phis absolu de la liberté de conscience est formellement prescrit aux instituteurs; et nous n'avons pas reçu de plaintes, émanant de personnes autorisées, avec articulations précises, établissant qu'en aucune circonstance des instituteurs ai^intpar le choix des devoirs et des leçons, par leurs explications, par leur langage, troublé en quoi que ce soit le sentiment religieux des enfants.

» L'instruction morale et civique, introduite dans le programme obligatoire, est encore peu répandue; c'est chose nouvelle, et les maîtres ont besoin d'une certaine étude préparatoire pour se trouver en état de donner cet enseignement.

» Les prescriptions ministérielles sur l'organisation, dans toutes les écoles, de l'enseignement de la gymnastique, rencontrent dans la pratique des difficultés nombreuses ; les deux principales sont l'insuffisance d'installation des gymnases qui existent, le défaut môme d'un gymnase dans la très grande généralité des école% et la pénurie du personnel en état de diriger les élèves.

» Des fusils légers ont été distribués dans chacune des écoles les plus considérables ; plus ta.d il sera organisé un système permettant de former les plus grands élèves à la pratique raisonnée du tir. »

Certificat d'études primaires. — Le certificat d'études primaires est d'institution déjà ancienne dans la Loire-Inférieure : il remonte à 1868. Toutefois, en 1872, date des premiers relevés que nous possédions, les garçons seuls se présentaient aux concours et encore étaient-ils peu nombreux : 65, sur lesquels 5>S avaient réussi. C'est en 1873 que les filles ont commencé à prendre part aux examens. A cette date 272 candidats s'étaient présentés, 179 garçons et 93 filles: 109 garçons et hO filles furent admis. Depuis ce temps l'Institution a pris du développement, et en 1881 le nombre des candidats au certificat d'études primaires a été de 1185, dont 791 garçons et 394 filles; 47S garçons et 259 filles, en tout 737, l'ont obtenu. Quoique ces chifi'res puissent paraître satisfaisants, ils laissent, sous ce rapport, la Loire-Inférieure dans un état d'infériorité par rapport à la moyenne générale. En effet le nombre des certificats délivrés dans toute la France représente 1.3G 0/0 du total des élèves des écoles primaires, tandis que pour la Loire-Inférieure les certificats obtenus sont dans la proportion do l.OG 0/0 du total des élèves. Le nombre des postulants en 18S2 a été de 1673, 1052 garçons et 621 filles :723 garçons et 419 filles, en tout 1 141, ont obtenu le certificat. « Cette utile institution, dit le rapport d'inspection académique, a fonctionné selon îles prescriptions du règlement ministériel du 16 juin 18-0 ; ici encore le progrès a été marqué...

» Le progrès constaté dans l'alfluence des candidats ne pourra que se pro lOJicer d'année en

LOniE-LNFÉRIEURE — 1664 - LOIRE-INFÉRIEURE

année; les familles ont grand intérêt à pousser leurs enfants à obtenir le certificat qui leur permet de quitter l'école un an, et môme quelquefois deux ans avant le terme fixé par la loi du 28 mars I882 ; et elles ne manqueront pas de rechercher ce bénéfice : ce calcul légitime a déjà eu son effet à la dernière session... »

Ecoles normales. — Le département de la Loire- Inférieure possède une école normale d'instituteurs et une école normale d'institutrices; cette dernière remplace, à partir de 1883, le cours normal installé à Campbon.

Tu école normale d'instituteurs^ fondée à Savenay en 1872, est commune aux deux départements de la Loire Inférieure et du Morbihan. En 1881-82 elle contenait 86 élèves-maîtres. L'enseignement y était doiiné par le directeur, cinq maîtres-adjoints et un professeur externe.

Le recrutement de l'école normale s'opère difficilement, ainsi qu'on peut le voir i)ar l'extrait suivant du rapport de l'inspecteur d'académie: « Le décret du 29 juillet 1881 a établi la gratuité absolue pour l'entretien des élèves-maîtres dans les écoles normales primaires, où le nombre des admissions peut être aussi considérable que le permettra l'insiallaiion des bâtiments. Les avantages de cette dernière disposition, qui augmente les ressources d'un bon recrutement des instituteurs, ne pourront se faire sentir à Savenay qu'après l'ouverture de l'école normale que le département du Morbihan fait construire à Vannes : notre école contient en efl'et son maximum numéri(|ue d'élèves-maîtres, La commission de surveillance a constaté la possibilité de recevoir, pour 1882-88, une promotion de 29 élèves nouveaux : malheu reusement, sur les 53 candidats qui se sont présentés, 21 seulement ont obtenu, à la suite des examens, la moyenne nécessaire; il devra donc être fait appel aux autres départements, conformément à la circulaire ministérielle du 20 mai 1882, qui a prévu le cas où le nombre des candidats admissibles dans un département serait inférieur aux besoins, tandis que dans un autre il y aurait excédent. »

Le nombre des élèves qui ont obtenu le brevet élémentaire à leur sortie de l'école normale, de 1873 à 1883 inclusivement, est de 211, dont 1G7 pour la Loire-Inférieure et 4i pour le Morbihan ; le nombre de ceux qui ont obtenu le brevet supérieur est de 16, dont 12 pour la Loire-Inférieure et 4 pour le Morbihan.

Le cours normal d'institutrices de Campbon (arrondissement de Saint-Nazaire), fondé en 18i9, est dirigé par la congrégation des sœurs de Saint- Gildas. Les rapports dont il était l'objet s'accordaient à le montrer comme insuffisant. M. l'inspecteur-général Baudouin, en 1880, disait :« Les institiitrices laïques ne sont pas toutes à la hauteur de h'ur mission ; leur instruction est généralement très faible ; elles arrivent directement des écoles primaires ordinaires ou du cours normal de Campbon, qui est k peine supérieur à une école primaire ordinaire ; les pauvres filles qui en sortent n'ont aucune théorie, aucune prati(|U'! de l'enseignement, mais elles font, en général, preuve de bonne volonté. » Le rapport d'inspection générale de 1881 disait : « Le cours normal de Campbon est complètemf^nt insuffisant, malgré le dévouement des maliresses qui le dirigent... »

V, école normale d'institutrices, récemment créée à Nantes, a ouvert ses cours pour la rentrée de l'année scolaire 1883-1884.

Breuets de capa'iié. — Nous donnons ci-dessous, par nature et par sexe, le non)brc des brevets de capacité délivrés dans le départciuHnt do la Loire-lnféneure, depuis 1833 à 1881 inclusivement :

Instituteurs.

1833-1850. 141 brevets élémentaires, 10 breyets supérieurs. 1851-1867. 137 — obligatoires, 13 — complets. 1868-1880. i91 — — 20 — facull.ilils

ou complets.

i881 108 — élémentaires, 13 — supérieurs.

Institutrices.

1836-1850. 231 brevets élémentaires, 6 brevets supérieurs. 1851-1867. 434 — obligatoires, 21 — complets. 1868-1880. 711 — — 97 — facultuiifs

ou complets.

1881 116 — élémentaires, 12 — supérieurs.

En 1882, î99 aspirants s'étaient présentés pour l'obtention du brevet de capacité élémentaire ; 101 ont été admis, soit 33.8 0/0. Les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 292, sur lesquelles 158 ont été admises, soit 54.1 n/O.

La moyenne des admissions par rapport aux candidats est, pour toute la France, de 36.9 0/0 pour les aspirants, et de 52 9 0/0 pour les aspirantes. D'où il résulte que sous le rapport de la préparation aux examens du brevet de capacité élémentaire, les aspirants dans la Loire -Inférieure sont restés au-dessous de la moyenne générale, tandis que les aspirantes l'ont dépassée.

Si l'on divise les candidats en laïques et en congréganistes, on constate que l'infériorité des aspirants est due surtout aux congréganistes qui n'ont réussi à faire passer que 45 des leurs sur 191, c'est-à-dire 23.4 0/0, tandis que les laïques ont fait admettre 56 de leurs postulants sur lOS, soit 51.9 0 0. Chez les aspirantes, les laïques ont obtenu 132 brevets sur 230 postulantes, soit .'•7.4 0/0, tandis que les congréganistes n'ont eu que 26 brevets sur 62 postulantes, soit 41.9 0/0. Il faut ajouter, comme conclusion, que les nombres, soit des candidats, soit des brevetés, ne sonpas en rapport avec la population du départen;cnt de la Loire-Inférieure, si on compare ce départet ment avec d'autres, tels que l'Aveyron, le Finistère et même la Haute-Loire, qui ont, le premier, 1022 candidats et 354 brevets, le second, 14:0 candidats et 627 brevets; et enfin le troisième, un tout petit département dont la population équivaut à peine à la moitié de celle de la Loire- Inférieure, 1430 candidats et 469 brevets.

Sales d'asile {écoles maternel/es). — Le département de la Loire-Inférieure comptait 4 salles d'asile en 1«37, 39 en 1850, 41 en 1863, 42 en 1867 ; en 1876-1877, ce nombre était resté le même. Les enfants reçus dans les salles d'asile étaient au nombre de 5il en 1837; 2660 en 1850; 4573 en 186 {; 5281 en 1867, et 4'57 seulement en 18*6-1877.

En 1881-1.S82 le département comptait 46 écoles maternelles, dont 23 publiques et 23 libres. 9 écoles maternelles publiques et 1*2 libres étaient dirigées par des laïques; 14 écoles maternelles publi(|ues et 11 libres étaient dirigées par des congréganistes. Ces 46 établissements avaient reçu 697 enfants de plus qu'en 1876-1877, soit 5454, répartis comme suit :

Écoles maternelles ( laïques 1 351 ) j jgj \

publiques j congrég 2 202) ( ^ ^^^

Écoles maternelles | laïques 466 I i «oi (

libres j congre ijauistes 1 435 i /

Les enfants de six ans et au-dessous, c'est-àdire d'âge scolaire, figuraient dans co total pour 9'»7.

On remarquera combien peu est proportionné aux besoitis de la population ce nombre de 46 écoles mateniellcs, pour un départeiuent essentiellomeui industriel.

LOIRE-INFÉRÏEURE — ^«65

LOIRE-INFÉHIEUnE

On cherche h y suppléer par la création des c/rtvfCî enfantines prévues par la circulaire ministcrielle du 29 mai 1.882, et annexées le plus souvent à l'école des filles :

« Déjà, dit l'inspecteur d'académie, le département possède quelques-unes de ces divisions dirigées par une femme; depuis plus d'un an l'essai en a été fait successivement dans diverses villes et communes, et les familles paraissent gofitor cette innovation. Des dossiers en vue de création de nouveaux emplois d'institutrices adjointes nous sont parvenus, et, dans bien des cas, il sera possible, sans grosses dépenses spéciales, de doter les communes d'une division enfantine. »

Cours dndiiltes. — Voici la statistique des cours d'adultes à partir de 1863 :

Nombre Hommes

de cours

Femmes

Nombre d Honinie*

aiiiliienrs Femmes

Une assez sensible reprise des cours d'adultesfcmmes a marqué l'hiver 1880 1881. Pendant l'hiver 1881-1882, i93 cours d'adultes-hommes ont été ouverts et ont reçu 8313 auditeurs; 67 cours d'adultes-femmes ont été suivis par 1779 élèves. « Il ne faudrait pas cependant se faire de trop grandes illusions, ajoute le rapport, sur la valeur de ce chiffre de 261 cours avec 10 092 élèves; c'est un maximum atteint pendant quelques semaines seulement de l'hiver; rien n'est plus commun que des cours qui débutent avec un groupe nombreux d'auditeurs et qui ne tardent pas à décliner si rapidement qu'ils ne comptent plus, à la clôture, que 5 ou 6 élèves. Les exigences de la vie, qui réclament souvent ailleurs la présence même des plus zélés parmi ces volontaires de l'étude, un certain découragement chez les moins bien doués d'intelligence et de fermeté dans le vouloir, expliquent cette décadence. Tels qu'ils existent, toutefois, les cours d'adultes rendent des services appréciables. »

Bibliot/iègues scolaires. — Le département de la Loire-Inférieure possédait, en 1863, 52 bibliothèques contenant ensemble 824 volumes. Au l"" janvier 1883, on trouvait dans le même département 183 bibliothèques scolaires, contenant 18 875 livres de lecture, plus 23 336 livres scolaires pour les besoins des élèves. M. Baudouin, dans son rapport d'inspection générale, en 1880, constatait que la situation des bibliothèques n'était pas prospère : « Le nombre des prêts annuels ne dépasse pas 28 880. Cette situation n'est pas favorable ; cela vient de ce que les communes ne font rien pour augmenter ou compléter leurs bibliothèques; que les instituteurs eux-mêmes ne travaillent guère à leur développement^ et qu'en outre, à la campagne, l'instruction étant fort en retard, les familles n'éprouvent pas le besoin de lire. Dans les villes, au lieu de livres, on lit les journaux à cinq centimes; aussi, là encore les bibliothèques sont délaissées. Enfin, il faut dire aussi qu'un certain nombre de bibliothèques n'ont qu'une quantité insuffisante d'ouvrages k prêter, de 20 à 30 par exemple ; dans certaines écoles même on trouve une armoire depuis longtemps installée, mais elle attend toujours le premier livre à venir, parce que les communes ne s'en occupent pas, que le département ne fait rien et que toute la charge retombe sur l'Etat, qui, d<' son côté, ne peut cependant témoigner de bonne volonté qu'en raison des sacrifices faits par les nimniuncs.

» Les instituteurs-directeurs conservent avoi assez de soin les livres confiés à leur garde, mais ils nf mettent aucun zèle à en propager la lecture. » Les ouvrages plus parliculièrement demandés sont, comme dans tous les autres départements, ceux qui ont rapport aux aventures, aux voyages, à la vie des grands hommes, ou ceux dans lesquels la science et les connaissances utiles sont présentées sous forme de romans. On ne demande presque jamais les livres d'histoire proprement dits ou de science pure.

» L'agriculture, qui pourtant aurait grand besoin de se développer, n'est pas étudiée, précisément parce qu'on n'en comprend pas le besoin. En général les livres scientifiques «ont délaissés; ils sont sans doute au-dessus de l'intelligence et du jugement des lecteurs habituels des bibliothèques scolaires. »

Bililiothèques pédagogiques. — Le département de la Loire-Inférieure devrait en po.sséder 45, autant que de cantons; il n'en compte que2i, en moyenne une pour deux cantons. Au 1*^ janvier 1883 elles contenaient ensemble 5 412 volumes.

Conférences pédagogiques. — Les conférences pédagogiques doivent se ressentir de cette insuffisance de bibliothèques spéciales; cependant elles fonctionnent régulièrement: « Par les conférences cantonales, dit le rapport d'inspection académique, il est créé et entretenu un échange constant d'observations précieuses ; et, mis en contact entre eux. les maîtres sentent mietix qu'ils forment un corps que doit animer la communauté du dévouement à une œuvre bienfaisante. »

Caisses d'épargne scolaires. — L'institution des caisses d'épargne scolaires s'est implantée dans la Loire-Inférieure en 1875. Elle y a pris un assez prompt développement. Au l'^ janvier I87i), 148 écoles avaient déjà ouvert une caisse d'épargne, et 5VI3 élèves épargnants, sur lesquels 4I«1 possédaient le livret de la grande caisse d'épargne, avaient effectué ensemble pour lOilU^^eT de dépôts. On retrouve cette institution, au l*"" janvier 1883, dans la situation suivante : 165 caisses d'épargne, 5412 élèves épargnants, sommes déposées I7S 398 francs.

« Celte création éminemment moralisatrice, écrivait en 1880 M. l'inspecteur général Baudouin, ne demande qu'à se développer dans la Loire-Inférieure ; malheureusement elleesttoujours entravée par les difficultés qu'éprouvent les instiiuteurs pour opérer leurs versements; MM. les percepteurs n'aiment pas à se charger de ces fonds, et les caissiers des caisses d'épargne sont loin de se montrer complaisants et empressés à réunir ces petites épargnes. Le fonctionnement n'en sera facile et bien assuré que lorsque les receveurs des postes seront obligés de faire gratuitement ta transmission de ces précieuses économies. »

Caisses des écoles. — Au l^r janvier 1882, le département en comptait deux avec un encaisse de 1450 francs. La loi du 28 mars 1882, en rendant obligatoire la création d'une caisse des écoles dans chaque commune et en promettant à toute commune subventionnée dont le centime n'excède pas 30 francs le concours de l'Eut par part égale jusqu'à concurrence de 300 francs, va donner à cette utile institution un essor qui la mettra à même de rendre de grands services aux enfants nécessiteux que le manque de pain quel- (luefois et le manque de vêtements souvent em- |)èchaient de fréquenter les écoles. Au l"" janvier 18 3 il en existe déjà 47 avec un solde en caisse de 3,204 francs.

Société ne secours mutuels. — Le département de la Loiro-Inférieure possède une Société (le secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 18.)9 ; depuis cette

LOIRE-INFÉRIEURE — 1666

LOIRE-INFÉRIEURE

époque elle distribue annuellement à ses adhérents nécessiteux des sommes variant de vOO à 2400 francs. Au 1«' janvier 1870, la Société comptait 207 membres participants et un certain nombre de membres honoraires ; l'actif de la Société en titres ou numéraire était de 43 807'%45, dont 24 159 francs étaient versés à la caisse des retraites pour la vieillesse. Le taux de la cotisation est de 12 francs par an. Au 1" janvier IS83, le nombre des sociétaires n'est plus que l>03; l'actif général toutefois est monté de 42 807 francs à 55349 francs.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin de Vinstruction primaire de la Loire-Inférieure a été fondé en 1874. Au début le prix de l'abonnement était de S francs par an pour les instituteurs comme pour le public. Mais actuellement le Bidletin est envoyé gratuitement à tous les instituteurs et institutrices publics du département, et il reçoit à cet effet du Conseil général une subvention annuelle de 500 francs. Malheureusement cette subvention est tout à fait insuffisante pour une publication mensuelle, et c'est tout au plus s'il peut paraître quatre ou cinq fois par an. Malgré cela le bulletin publie les lois, décrets, arrêtés et circulaires ministérielles, ainsi que tous les documents émanant des autorités scolaires et administratives du département, les sujets de conférences pédagogiques, en un mot tout ce qui intéresse le service de l'enseignement primaire.

Résultats de Vinstruction. — Les tableaux cidessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettres :

ANNÉES

CONSCRITS

Examinés

Sachant

au moins

lire

Combien pour 100

RANG du

DÉPAR- TEMENT

Les opérations du conseil de révision pour la classe de 1881 ont porté sur 5464 conscrits, dont 4305 ont déclaré savoir au moins lire, soit 78.8 0/0.

En 1S27-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits en France était de 44.8 0/0; dans la Loire-Inférieure cette moyenne était de 33.5 0/0, soit 11.3 0/0 au-dessous de la moyenne générale. (Il y a lieu d'écarter du calcul qui va suivre la période do 1871-1875 et l'année 1879 dont les résultats sont évidemment erronés. La première erreur s'explique par le trouble qui a suivi la guerre franco allemande, quoiqu'elle ne se soit pas produite dans d'autres départements; la seconde accuse, de la part de ceux qui sont chargés de faire ces relevés, une légèreté blâmable.) La classe de 1881, en portant l'instruction des recrues dans la Loire-Infcrienre à 78.8 0/0, réalise un progrès total de 45.3 0/0 pour la période de cinquante-deux années qui s'est écoulée de 1829 h 1881, ou un progrès annuel de 0.87 0/0 par an, soit U.02 0/0 au-dessus du progrès annuel géné-

ral qui n'a été pour toute la France, pendant la. même période, que de 0.85 0/0. Cette supériorité de deux centièmes sur la moyenne du progrès annuel n'a pas suffi pour faire gagner à la Loire- Inférieure un meilleur rang dans le classement des départements au point de vue de l'instruction des conscrits, au contraire : en 1827-1S29 elle occupait le 60^ rang, en 1851-1845 elle était tombée au 68e. et au 72* en 1876-77. En 1880 le département de la Loire-Inférieure occupe le 74* rang. Ce classement serait plus favorable si tous les arrondissements pouvaient rivaliser avec ceux de Paimbœuf et de Nantes ; mais l'arrondissement de Ghateaubriant, et celui d'Ancenis surtout, pèsent d'un poids assez lourd sur le reste du département), ainsi qu'on peut le voir par le relevé suivant fait pour les années 1880 et 1881 :

Conscrits

sachant au moins lire.

Classes de

Ancenis 71,2 74,1

r.hateaubriant 74,4 75,8

Paimbœuf 77,3 80,8

Nantes 78,1 79,6

Saint-Nazaire 77,4 79,7

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage:

Années

Hommes

Femmes

29,2 35,8 44,4 oO,l 50,1 72,9 92,3

Hommes et femmes

Budget de Vinstruction primaire. — Les dépenses ordinaires de l'instruction primaire dans la Loire-Inférieure se sont élevées de 165 236 francs en 1855 à 805 835 francs en 1881. En 1863 les dépenses ordinaires atteignaient 299 866, ce qui ne représentait, pour les i30 445 enfants inscrits à cette époque dans les écoles publiques, que 9'',85 par tête. Ces 9^^85 étaient fournis : par la rétribution scolaire, 6'',52 ; par les ressources communales, 2'',57 ; par le budget départemental, 0'',76. L'Etat no donnait aucune subvention au département de la Loire-Inférieure, qui a fait au moyen de ses propres ressources les fonds nécessaires à son instruction primaire jusqu'en 1879, c'est-à-dire jusqu'au moment où une nouvelle législation changea de fond en comble l'organisation de l'enseignement public.

La dépense moyenne par tête d'élève à l'époque ci-dessus indiquée (1863) était pour toute la France de b'%47 : 4'','i2 venant de la rétribution scolaire ; J'ydd des ressources communales, 0^^,83 des budgets départementaux et 0'%75 de l'Etat. On remarquera la grande différence qu'il y a entre l'appoint fourni par la rétribution scolaire en moyenne (4'',*22) et ce qu'elle donnait dans la Loire-Inférieure (6"",52) ; c'est du reste, la conséquence naturelle du peu d'extension donnée aux listes de gratuité, qui ne comprenaient, en 1880, que 53 0/0 des élèves.

La loi du 10 avril 1867, en rendant obligatoire la création et l'entretien d'une école publique de filles dans toutes les communes de 500 habitants et au-dessus, a eu pour premier résultat d'augmenter dans de notables proportions les dépenses ordinaires de l'instruction primaire, qui se sont élevées presque d'un tiers pour l'ensemble de la France en 18GS. Dans le département de la Loire- Inlérieure les dépenses sont restées les mêmes, par la raison toute simple que la loi de 1867 n'y a été

LOIRE-INFÉRIEURE — 1067

LOIRET

appliquée quo fort longtemps après et très lentement, puisque, comme nous l'avons déjà vu, sur 217 communes de 500 habitants et au-dessus il en restait encore en 1882, c'est-à-dire quinze ans après k mise en vigueur de la loi de I8(J7, 79 qui avaient su se soustraire à son application.

r4ependant, il est juste de reconnaître que malgré le peu d'empressement que l'on mettait, dans la Loire-Inférieure, à appliquer la loi du 10 avril 1867, de gros sacrifices pécuniaires avaient été faits de 1863 à 18G8 en faveur de l'instruction primaire. La rétribution scolaire était montée de 198 000 francs à 254 000 francs; les ressources communales de 79 000 francs à 119 000 francs, et la subvention départementale dé 21 OfiO francs à 31000 francs. La situation devait certainement s'être améliorée, puisque les dépenses s'étaient augmentées de 85 0/0, tandis que le nombre des élèves de 1867 n'était supérieur à celui de 1863 quo de 6.8 0/0.

En 1876, le prix de revient de chaque élève des •écoles publiques était pour toute la France de 17'',83. Les ressources communales et départementales fournissaient 15'',08, et la subvention de l'Etat donnait le complément, soit 2'',75.

Pour le département de la Loire-Inférieure, dont la dépense par tôte d'élève ne dépassait pas I5'%67, il y était pourvu par la rétribution scolaire pour 6''",63 ; par les fonds communaux pour 7",53, et par le budget départemental pour 1"',49. Rien n'était demandé à la subvention de l'Etat, qui fournissait en moyenne, pour les élèves des autres départements, 2^',75 par tête.

En 1881, les dépenses ordinaires des écoles primaires se sont élevées, comme nous l'avons dit, à 805 8 .5 francs, cinq fois plus qu'en 1855. Le nombre des élèves était d'un peu plus du double seulement de ce qu'il était en l850 (46 14:i au lieu de 20 474). Le prix de revient par tête d'élève s'est irouvé porté à 17'%45. Toutefois, grâce à la loi du 16 juin 1881, qui a établi la gratuité absolue, l'augmentation de dépenses de cette année est retombée à la charge de l'Etat, qui a fourni une subvention de 173 370 fr., représentant une somme de 3f'",76 par tôte délève, ramenant ainsi la part des budgets communaux et départementaux à 13",70, c'est-à-dire à l'',97 au-dessous de ce qu'elle était en 1876.

En 1882, la rétribution scolaire a cessé d'exister, «tpourtant ladépense à la charge des communes a été inférieure de plus de moitié à celle de Tannée précécente ; la part du département a été à peine augmentée, tandis que la subvention de l'Etat s'élevait au chiffre de 875 526 fr.

Mais c'est surtout en comparant le chiffre des dépenses et celui des habitants que l'on constatera que le département de la Loire-Inférieure est bien réellement au-dessous de la moyenne pour l'organisation de l'enseignement primaire.

En 1863, les dépenses ordinaires, communales et départementales réunies, des écoles publiques représentaient, dans la Loire-Inférieure, un impôt moyen de 0ff,52 par habitant. Pour l'ensemble de la France ces dépenses représentaient un impôt de i",45.

En 1876, l'impôt moyen de ce chef aurait été pour toute la France de l'%61 par habitant, et pour la Loire-Inférieure de l'%ll.

En 1882 les dépenses ordinaires communales et départementales réunies s'élevaient à 168 0,.'2fr. La population de la Loire-Inférieure étant, d'après le recensement de 1881, de 625 625 habitants, cette somme représente un impôt moyen de 0^,46 par habitant, soit Of',05 de moins qu'en 1876.

Nous donnons dans le tableau ci-dessous les chiffres des dépenses ordinaires de l'enseignement primaire dans la Loire-Inférieure depuis 1855 jusqu'à 1882 inclusivement:

RÉTRIBU-

SUBVENTIONS I

TION

ai a- "

ANNÉES

icolaire

CRUS non c ribut

du

de l'Etat

départemcDt

LOIRET (Département du). — Superficie :

6771 kilomètres carrés. Population en 1881 : 368 526 habitants au lieu de 360 903 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 54 habitants, au lieu de 71 qui est la densité moyenne pour toute la France. Quatre arrondissements formant cinq circonscriptions d'inspection primaire, savoir Orléans lr% Orléans 2% Gien, Montargis et Pitliivier; 31 cantons, 349 communes dont 212 de plus de 500 habitants.

Le service de l'inspection primaire dans le Loiret est actuellement réparti comme suit :

cmco^scRlPIloxs.

NOMBRE

d'écoles publiques et libres.

de classes

dans les écoles publiques.

de kilom.

carrés eo superûcie.

de kilom | de voie ferrée.

Orléans (1").. .

Gien • . . . .

Montargis

Pithiviers

Population d'âge scolaire. — En 1872 on comptait dans le Loiret 47 Oo5 enfants de 6 à 13 ans, 23 630 garçons et 23 375 niles, soit 13.3 enfants d'âge scolaire pour lOO iiabitants.

En 1876 on y comptait 46 6)3 enfants de 6 à 13 ans, 23 576 garçons et 23 057 tilles, soit 12.9 enfants d'âge scolaire par 100 habitants. .Malgré cette diminution dans la proportion de la population d'â;;û scolaire, le département se trouvait encore sous ce rapport au-dessus de la moyenne gonérale, qui était alors de 12.2 enfants de 6 à 13 ans par 100 habitants.

D'après le recensement de ISSl, le nombre

LOIRET

LOIRET

d'enfants d'âge scolaire dans le Loiret est de 45 357 (22775 garçons et 22582 filles), ce qui donne, pour une population générale de 3(8 526 habitants, une proportion de 12,31 enfants de 6 à 13 ans pour 100 habitants. La moyenne générale est de 12,17 0/0.

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