‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 87 sur 573 · État de l'instruction primaire avant · texte numérisé non relu

État de l'instruction primaire avant

— V. Ortéannis.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Nombre des écoles.

— Le tableau ci-dessous indique le nombre des écoles primaires depuis les dernières années du I remier empire, mais surtout depuis la Restauralion, premier régime à partir duquel nous possédions des statistiques officielles relatives à l'enseignement primaire, jusqu'à nos jours :

d'après ralmanach de l'université impériale

d'après l'almanach de l'université royale

d'après la statistique offic"® . .

Écolei

Écoles

Total

publiques

libres

En 1876-1877, les 549 écoles publiques du Loiret formaient ensemble 69ii classes. En 18^1-1882, les 573 écoles publiques forment 762 classes. Il y a donc eu, entre les deux dates, augmentation de 24 écoles seulement, mais de 66 classes, ce qui montre que la tâche des maîtres a été allégée par le dédoublement d'une quarantaine de classes trop nombreuses. Il reste cependant beaucoup à faire sous ce rapport dans le département du Loiret, dont voici la situation actuelle exacte en ce qui concerne les écoles publiques :

Classes de 50 élèves et au-dessous 220, soit 28,90/0

— de plus de 50 élèves 174, — 22,7 0/0

Les moyennes correspondantes pour toute la France sont, respectivement: 65.2 0/0, 18.5) 0/0, 12.3 0/0, 7.2 0/0 et 6.6 0/0.

En 1837, sur un total de 439 écoles on comptait 110 écoles spéciales aux garçons, 21(; éceles mixtes et 113 écoles spéciales aux filles; En 1876-1877 les écoles se répariissaient en 227 écoles de garçon:s, i;i8 écoles mixtes et 275 écoles de filles. En 1881- J882, les chiffres sont: écoles spéciales aux garçons, 238; spéciales aux filles, 301 ; mixtes, 133.

Situation scolaire des communes. — Sur les 3i9 communes du département, 3:58 possédaient, en 1881, au moins une école publiciue de garçons, de filles, ou mixti.' ; 11 étaient réunies légalement à une autre commune pour l'entretien d'une école publique. Aucune coujuiune n'était comp.ètement dépourvue de moyens d'insiruction.

Vingt-six communes de 500 habitants et audessus n'étaient pas pourvues d Une école publique de filles, savoir : 7 dans la deuxième circonscription d'Orléans, 5 dans celle de Gien et 14 dans la circonscription de Montargis. Par conirc, 14 comuiunes de moins de 500 habitants avaicni. une écolo de filies : dans la deuxième circonscription d'Orléans 2 ; dans celle de Gien 4 ; dans celle de Montargis 3, et 5 dans celle de Pithiviers.

Division dfs écoles publiques et libres de garçons et de filles en écoles laïques et écoles cong7'éga^ nistes.

Écoles laïques Écoles congréganistes llÇl\T„? demies l«.g!r5?"» demies ^"'"^

ou mixtes

ou mixtes

ae unes

ISO

Les 351 écoles laïques de garçons ou mixtes sedivisent en 348 écoles publiques et 3 écoles libres ; les 18 écoles congréganistes de garçons ou mixtes se divisent en 11 publiques et 7 libres. On voit par ces chiffres que l'élément congréganiste n'entre que pour une bien faible proportion dans l'effectif des écoles publiques de garçons ou mixtes : 11 contre 348, soit 3 0/0. Les 149 écoles laïques de filles se subdivisent en 124 écoles publiques et 25 écoles libres; les 152 écoles congréganistes do filles se subdivisent en 90 publiques et 62 libres. De même que pour les écoles de garçons ou mixtes, la majorité est du côté des laïques pour les écoles publiques de filles ; mais la minorité congréganiste est bien plus considérable : 90 contre I2i, soit 42 0/0. Dans l'enseignement libre des garçons et des filles, les congréganistes sont en majorité.

Voici d'ailleurs le résumé exact de la situation respective des laïques et des congréganistes tant au point de vue des écoles qu'à celui des élèves qu'elles reçoivent :

Ecoles. Elèves.

Garçons i Laïques, ou mixtes. / Congrég,

Filles \ Laïques.,

/ Congre g

Nombre total d'élèves et nombre des élèves gratuits dans les écoles pritnaires de toute nature :

Total des élèves Élèves gratuits

(année civile)

Manque

•JS50

Manque

Gratuité

Pour la gratuité il y a lieu de distinguer entre les élèves des écoles publiques et ceux des écoles libres. Le nombre des élèves admis gratuitement dans les dernières était, si l'on veut bien s'en rapporter à des déclarations que les autorités scolaires n'ontpas àcontrôler,de2169 en 1880-1881.

Dans les écoles publiques la gratuité a monté très lentement dans le département du Loiret, et elle est toujours restée au-dessous de la moyenne générale. En 1833, la gratuité était de 29.:i 0/0 pour toute la France , dans le Loiret elle était de '2S l»/0. En 1863, elle était montée pour toute la Fraj)ce à 38,4 0/D; elle était retombée à 26.9 0/0 dans le Loiret. En Is76-I877 elle était bien remontée, il est, vrai, à 43.7 0/0; mais elle était encore de 13.7 0/U au-dessous de la moyenne génciale qui était alors de 57.4 0/0. Enfin au moment de la promulgation do la loi du 16 juin 1881 ()ui a établi la giaïuité absolue, le nombre des élèves admis gratuitement dans les écoles publi

LOIRET

LOIRET

ques était de 20 762 sur 44 412, soit 46.7 0/0 )20 0/0 au-dessous de la moyenne générale qui était à la môme date de 66 0/0). C'est donc plus de la moitié des élèves des écoles publiques du Loiret que l'Eiat a pris à sa charge par l'application de la loi précitée.

Les 5't 507 élèves du département du Loiret peuvent se décomposer : en 47 857 élèves des écoles publiques et 6 050 élèves des écoles libres; en 2G 717 gHrçons et 27 TJO filles ; en 3'J 030 élèves des écoles laïques et 15 477 élèves des écoles congréganistes : en 46 031 élèves des écoles spéciales à l'un ou à l'autre sexe et 8476 élèves des écoles mixtes. La proportion de ces deiniers pour les écoles publiques est, par rapport au total des élèves, de 17.6 0/0, soit 0.8 0/0 audessus de la moyenne générale qui est pour toute la France de 16.8 0/0.

Les élèves d'âge scolaire figurent, dans ce nombre de 54r)07, pour 44 536. D'après le recensement de 1881 le nombre des enfants de cet â^^e, pour le département du Loiret, est de 45 357. D'où une diflTérence de 821 entre le nombre des enfants recensés et celui des inscrits. Mais le nombre des enfants d'âge scolaiie reçus dans les salles d'asile et dans les établissements d'enseignement secondaire comble cette difi'érence. C'est un progrès considérable pour le département et qui est dû certainement à la promulgation de la loi du 2s mars 1882, car à la fin de l'année scolaire 1880-1881 la situation était moins bonne, ainsi que le prouve l'extrait suivant du rapport présenté au Conseil général (session d'août 1882) par l'inspecteur d'académie : « A prendre comme exacts les chiffres fournis par les tableaux de recensement, 5462 enfants d'âge scolaire ne fréquentaient pas les écoles. Mais le lycée dOr- Itans, le collège de Montargis et les institutions secondaires en recevaient quelques TJOO; une centaine d'autres s'instruisaient à domicile ; enfin 3000, sinon davantage, avaient quitté la classe sans attendre leurs treize ans. Ainsi l'on peut évaluer de 1000 à 1200 au plus le nombre des enfants privés d'instruction. Peut-être s'en trouve-t-il la moitié dans les hameaux éloignés de toute école. »

Personnel enseignant. — Les instituteurs laïques ont la majorité dans renseignement public; dans l'enseignement libre, qui se compose de 31 membres seulement, les instituteurs laïques sont au nombre de 9. Les institutrices laïques sont en minorité dans l'enseignement public et dans l'enseignement libre.

Nombre dCinstituleurs et d'institutrices^ y compris les adjoints et les adj<jintes :

Instituteurs

Laïques. Congrég. Laïques. CoDgrég.

ToUl.

Pour 188 l-1882,les nombres se subdivisent comme suit : les 425) instituteurs laïques en 42 ;j publics et 6 libres; les 50 instituteurs congréganistes en 25 publics et 25 libres; les 254 institutrices laïques en 169 publiques et 85 libres ; les 313 institutrices congréganistes en 154 publiques et 159 libres.

Dans le personnel laïque des écoles publiques, il n'existe plus que 6 institutrices titulaires et 1 institutrice adjointe non brevetées. Dans le personnel

congréganisteon trouve encore 10 instituteurs adjoints, 47 institutrices titulaires et ^4 adjointes qui n'ont aucun titre de capacité. La proportion des non brevetés est de 1.2 0/0 chez les laïques des écoles publiques et de 5G.4 0/C chez les congréganistes.

Dans le personnel laïque des écoles libres, aur 91 membres, dont 6 instituteurs et 85 institutrices, on troyve 1 instituteur adjoint et 9 instituti ices dont 5 adjointes, non brevetés, soit 1 1 0/0. Dan» le personnel congréganiste des écoles libres qui compte 184 membre.s, dont 25 instituteurs et 159 institutrices, on trouve encore 11 instituteursadjoints, 35 institutrices titulaires et 40 adjointe» n'ayant aucun brevet, soit 46.7 0/0.

On voit par la comparaison de ces moyennes que si le personnel laïque de l'enseignement public offre plus de garanties, au point de vue intellectuel, que le personnel laïque de l'enseignement libre, il n'en est pas de même pour lepersonnel congréganiste, qui est mieux trié pour l'enseignement libre que pour l'enseignement public.

Maisons d'école et mobilier scolaire. — Sur 573 maisons d'école que comptait le Loiret en 1882, 503 appartenaient aux communes, 38 étaient prêtées ; 32 étaient louées. Le montant des sommes payées pour frais de location de ces dernières était de 8276 francs. 16i des maisons appartenant aux communes étaient l'objet d'une demande de réparation ou d'amélioration quelconque. Le rapport d'inspection académique constate que la situation matérielle s'améliore. Le nombre des maisons convenables augmente: 25 maisons d'école ont été construites en 1880, et 23 en 1881 ;. 31 maisons ont été réparées pendant les deux mêmes années; 21 projets de construction sont en voie d'exécution et 99 en préparation. « Quoique satisfaisants que ces chiffres paraissent, dit le rapport, on pourrait souhaiter mieux. Trop souvent les projets mal conçus et plus dispendieux que de raison doivent retourner aux communes,, faute d'une entente préalable de l'architecte avec l'inspecteur primaire... »

Le nombre des mobiliers convenables est de 495, celui des non convenables se réduit à 71 ;. 147 écoles sont pourvues d'un gymnase, soit 48 de plus que l'année précédente, a Une augmentation de 48 gymnases dans l'espace d'une année, continue le rapport, paraît beaucoup trop faible, si l'on considère le nombre des écoles qui restent privées de tout appareil. Les communes, pour obtenir du ministère la concession des agiès, n'ont qu'à faire la dépense d'un portique. Maisen général l'utilité de la gymuastiiue leur échappe. Il faut espérer qu'on finira par venir à bout de cette indifférence. Sans doute les exercices militaires y contribueront puissamment. »

Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du Loiret, pour construction ou réparation de maisons d'(!Cole et pour acquisition de mobilier scolaire durant les cinq dernières années est le suivant :

Nombre d"écoles. Subventioas dElat.

Page 1