HOMOGÉNÉITÉ
La nature est homogène et géomètre dans toutes ses opérations et dans ses créations. Jamais elle ne compose un tout dont les parties soient discordantes; et de même que la progression de la section d'un cercle ou d'une parabole est toujours uniforme, do même aussi nous devons supposer que la progression d'une section du visage pris dans son état de repos ne saurait varier. Telles sections du profil exactement données, excluent absolument tels autres contours dans le reste du profil.
Il en est ainsi du corps tout entier.
Je commence à peine, disait Lavater, à saisir et à déterminer les diiï'érens rapports entre les traits. C'est une étude dans laquelle je n'ai fait encore que les premiers pas ; mais je pressens avec une persuasion qui approche de la certitude morale, qu'un physionomiste mathématicien du siècle prochain , apprendra à déterminer l'ensemble d'un profil d'après un nombre donné de sections exactes.
Nous attendons encore le grand physionomiste dont Lavater est le Saint-Jean : et la science de tous les rapports harmoniques et nécessaires de l'organisation hominale n'est pas jusqu'ici fort avancée. Il nous semble même que les phrénologistes proprement dits la négligent quelque peu ; mais elle viendra certainement de la combinaison des sciences phrénologique et physiognomique. Elle a déjà été tentée, mais sans beaucoup de philosophie, par plusieurs naturalistes, qui ont adopté la dénomination fort exacte d'Antropologie. (Yoyez antropologïe.)
« Chaque partie d'un tout organique est semblable a l'ensemble et en porte le caractère. Le sang qui coule dans l'extrémité des doigts a le caractère du sang qui circule dans le cœur ; il en est ainsi des nerfs et des os. Tout est animé d'un même esprit. Et comme chaque partie du corps se trouve en rapport avec le corps auquel elle appartient ; comme la mesure d'un seul membre, d'une seule petite jointure du doigt, peut servir de règle pour trouver et pour déterminer les proportions de l'ensemble , la longueur et la largeur du corps dans toute son étendue: pareillement aussi, la forme de chaque partie séparée sert k indiquer la forme de l'ensemble. Tout devient oval , si la tête est ovale; si elle est ronde, tout s'arrondit ; tout est quarré, si elle est quarrée. Il n'y a qu'une forme commune, un esprit commun, une racine commune. C'est ce qui fait que chaque corps organique compose un tout dont on ne peut rien retrancher et auquel on ne peut rien ajouter, sans que lharmonie soit troublée, sans qu'il résulte du désordre ou delà difformité. Tout ce qui tient à l'homme dérive d'une même source. Tout est homogène en lui : la forme, la stature, la couleur, les cheveux, la peau , les veines, les nerfs, les os , la voix, la démarche, les manières, le stvle, les passions, l'amour et la haine. Il