MÉMOIRE DES MOTS. ÉLOQUENCE. LOQUACITÉ. — NOMS PROPRES
La communication au moyen du langage articulé n'est pas propre seulement à l'homme. Les animaux ont entr'eux des langues naturelles a tous les individus d'une même espèce , pour se transmettre leurs idées et leurs impressions ; ils ont même une aptitude incontestable a entendre les langues arbitrairement formées de l'homme. « J'ai fait à ce sujet, dit Gall, les observations les plus suivies. J'ai parlé souvent avec intention d'objets qui pouvaient in* téresser mon chien, en évitant de le nommer lui-même, et sans laisser échapper aucun geste qui put réveiller son attention. Il n'en témoignait pas moins du plaisir ou du chagrin, suivant l'occasion ; il manifestait enfin par sa conduite qu'il avait très-bien compris que la conversation le concernait. J'avais amené une chienne de Vienne h Paris : au bout de très-peu de temps, elle comprenait le français aussi bien que l'allemand; je m'en suis assuré en disant devant elle des périodes entières dans l'une et l'autre langue. »
La parole, le Verbe, est la transmission de la pensée qui vit au sein de l'humanité. Toutes les langues en sont des traductions relatives. L'histoire de la pensée humaine est donc tout entière dans les langues qui se sont absorbées successivement. L'intelligence du Verbe donne l'intelligence des pensées. M. Ballanche, qui a compris si profondément les traditions religieuses, a un sens merveilleux de la langue, et sa conformation cérébrale présente une preuve éclatante de la phrénologie.