LIBERTÉ
La question de la liberté humaine est la question fondamentale delà religion et de la morale. Elle est inscrite en tête de Y Ecriture* Sainte , dans le symbole de la tentation et de la chute ; elle reparaît dans toutes les discussions théoîogiques , philosophiques ou politiques. Elle a occupé tous les pères et les scoliastes. Reprise par Luther au XVIme siècle, elle devint le champ de bataille de la réforme, sous le nom de 'prédestination.
C'est dans la constitution même de l'homme qu'il faut chercher la solution du problème de la liberté. Les philosophes qui admettaient Y âme humaine comme une table rase, devaient croire h une liberté illimitée. Au contraire, ceux qui défendirent l'innéïté des facultés furent entraînés logiquement à restreindre la liberté , ou même à la nier tout a fait. La phrénologie nous fournit de précieux matériaux pour décider cette grande dispute. Si l'homme , en naissant, apporte dans son organisation des virtualités déterminées , il est certain que sa vie sera la déduction nécessaire de sa nature originelle. On ne peut admettre d'autre liberté que celle qui est d'accord avec les lois générales de l'univers et l'organisation de l'homme. Dieu a tracé le cercle dans lequel l'homme doit agir. Leibnitz compare la liberté à une aiguille aimantée , qui aurait du plaisir a se diriger vers le nord. Dans ce cas , dit-il, elle s'imaginerait aussi qu'elle se meut librement et indépendamment de toute autre cause ; car elle n'apercevrait pas les mouvemens imperceptibles du fluide magnétique.
La liberté, dit Grall avec M . de la Romiguière , est le pouvoir de