SENSIBILITÉ
Cet excellent docteur Gai! , qui avait tant de préjugés à combattre . et qui a été forcé de lutter pied-à-pied pour faire admettre son génie et ses découvertes, a pris une peine inouïe, afin de prouver qu'il y avait chez l'homme une bienveillance naturelle. Il explique la raison providentielle de cette faculté dans un morceau aussi simple de style qu'il est sublime de pensée : Le créateur, dit-il, a destiné les bommes h vivre en société ; il fallait donc les lier étroitement par le moyen d'un principe de sympathie : ils devaient partager leurs plaisirs et leurs peines, et souvent même souffrir plus du malheur d'autrtii que de leurs propres maux. La providence se manifeste en cela d'une manière frappante; si les souffrances de nos semblables excitaient en nous de l'aversion, la première chose que nous ferions, à l'aspect d'un malheureux, d'un homme souffrant , serait de l'éloigner de nous, au lieu de courir à son secours. Cette sympathie, ce sentiment de bienveillance, est donc le ciment de la société humaine, de la félicité publique. » Mais plus loin , Gall confond cette faculté avec le sentiment du juste et de l'injuste et avec la conscience; les observations phrénologiques postérieures ont distingué avec raison ces trois qualités inhérentes à la nature humaine. (Voyez justice et consçiensciosité.) La bienveillance peut s'exercer en dehors du sens de la Justice i c'est quelque chose d'analogue à ce que le langage chrétien appelait la charité; c'est, cette impulsion pour ainsi dire excentrique et abnégative, qui transporte l'individu dans la vie de son prochain; c'est elle qui a engendré le précepte duquel découle toute la mo? raie humaine : « Fais aux avives ce que lu voudrais qu'on te fit » La Bienveillance, si on l'étudié isolée, ne s'enquiert pas de l'entourage des faits: elle compatit aux souffrances d'autrui sans en examiner les causes ; le dévouement est un besoin pour elle, mais elle peut se combiner à l'infini avec les autres facultés et produire
Bou m
des manifestations complexes. Ainsi la Circonspection arrête son essor ; la Combativité la pousse a l'action ; les facultés réflectives l'éclairent , etc.
L'organe de la Bienveillance est une circonvolution allongée du haut en bas, le long de la ligne médiane; elle est bornée en avant par la Comparaison, en arrière par la Religiosité, en côté par la Mimique, elle se traduit sur le crâne au sommet de l'os frontal. (Voyez len° 13 figures 4, 1 et 2).
Comme tous les organes situés le long de la ligne médiane, les deux Circonvolutions de la Bienveillance forment tantôt deux proé-5 minences distinctes , tantôt une seule,, selon que les deux hémisphères cérébraux sont plus ou moins séparés.
BOITEUX- — Voyez jambe.
BONTE. — Voyez bienveillance.
BOSSU. — Voyez dos. — monstre.
BOUCHE. — lèvres,
Une bouche délicate est peut-être une des plus grandes recommandations. La beauté du portail annonce la dignité de celui qui doit y passer. Ici c'est la voix interprète du cœur et de lame, l'expression de la vérité , de l'amitié et des plus tendres sentimens. La lèvre supérieure caractérise le penchant, l'appétit, le sentiment de l'amour. L'orgueil et la colère la courbent; la finesse l'aiguise; la bonté l'arrondit; le libertinage l'énervé et la flétrit. L'amour et le désir s'y attachent par un attrait inexprimable. [Herder.)
Une bouche resserrée dont la pente court en ligne droite et où le bord des lèvres ne paraît pas, est l'indice du sang-froid, d'un esprit appliqué, ami de l'ordre, de l'exactitude et de la propreté. (Le profil d'Erasme justifie cette observation.) Si elle remonte en même temps aux deux extrémités, elle suppose un fond d'aiïectation , de prétention et de vanité. Une bouche bien close annonce I«
m BRA
courage. La bouche est la partie qui, de tout le visage, marque le plus particulièrement les mouvemens du cœur. (Lebrun.)
Les lèvres sont le siège du dédain, selon les anciens poètes. ( Winch.) (Voyez fig. 13).
Une bouche en avant avec des lèvres très-grasses , rondes et renversées en dehors, indique des penchans ignobles. [Suitti.) Analogie avec le porc.
La bouche ouverte est le signe de la sottise. Aristophanes emploie le mot grec xskwotïç ( Ore hiantes) dans l'acception de sots.
La lèvre supérieure fort avancée est le signe de la prudence.
« Est mutua partium corporis corresponsio, ut oris scissio et labiorum crassities vel tenuitas , mulierum naturse scissuram et lahiorum crassitiem vel tenuitatem indicat. » [Porta.)
Une lèvre inférieure qui se porte en avant dénote un homme fanfaron et stupide. (Citation de Lavater.)lNous pourrions dire avec plus de certitude, qu'elle annonce un homme sensuel et gourmand. Nous croyons ce signe infaillible. Quelquefois , combinée avec d'autres signes , elle est l'indice de la bienveillance et de la bonhomie.
Le caractère est d'une trempe analogue aux lèvres ; ferme comme elles , mou ou mobile comme elles ; de grosses lèvres bien proportionnées répugnent à la fausseté et à la méchanceté, mais elles penchent à la sensualité.
Lorsqu'à la première ouverture des lèvres, les gencives de la rangée supérieure paraissent en plein , on peut pronostiquer beaucoup de froideur et de flegme. Cela se rencontre souvent dans le type anglais.