COLORIS
Les rapports des couleurs, les lois de leurs proportions n'ont point été inventés par l'homme; ils existent dans la nature et chaque individu a été doué , a des degrés différens , d'un organe au moyen duquel il reconnaît ces lois. On a cru longtemps que l'appréciation des couleurs dépendait de l'œil. Mais il arrive quelquefois qu'on est très-mauvais coloriste avec une vue excellente, et
vice-versâ. Il faut donc chercher dans le cerveau une virtualité intérieure qui perçoit et réfléchit l'impression transmise par le sens de la vue.
L'organe du coloris est situé dans la région perceptive, k la partie antérieure inférieure et mitoyenne du lobe antérieur, entre les circonvolutions de l'Ordre et de la Pesanteur. Il s'allonge en dessous du cerveau et repose sur le plancher orbitaire. (Voy. lig. 5 et 9.)
Il correspond sur le crâne au milieu de l'arc orbitaire et le rend plus ou moins proéminent, suivant qu'il est plus ou moins développé. (Voyez fig. 1 et 2. )
On cite de curieux exemples du défaut de cette faculté. M. Spurzheim a vu a Dublin un homme qui ne pouvait pas distinguer le rouge d'avec le vert. Il a vu aussi, k Edimbourg , trois frères et le cousin germain , qui ne font pas de différence entre le vert et le brun.
Le grand développement de cet organe produit les coloristes éminens qui discernent les nuances les plus délicates et qui ont le sentiment de Y harmonie des tons. Peut-être, dit Gall , parviendra-t-onun jour a rendre par des signes ces lois des proportions des couleurs , comme on rend celles des proportions des tons en musique ; peut-être parviendra-t-on k noter un tableau du Titien comme un morceau de Mozart, et k conserver ainsi les chefs-d'œuvre de la peinture, comme ceux de la composition musicale.
MM. Delacroix et Decamps, nos deux plus grands coloristes, ont le sourcil très-proéminent a l'endroit de cet organe. Presque tous les portraits des peintres qui ont eu le talent de la couleur , Titien, Rubens , Paul Véronèse, Rembrandt, offrent la même conformation.
COURAGE. — Voyez combativité.